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Le Rallye Ruppéen il y a 25 ans : René Heitzler continue d’étonner Imprimer Envoyer
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Jeudi, 28 Juin 2012 16:24

Deuxième apparition dans les Vosges et deuxième victoire : le pilote mosellan assoit sa notoriété en battant Alibert et un excellent Guy Deybach.


Nous étions en plein mois d’août 1987 et le spectateur du Sprint Ruppéen, précédente appellation du Rallye Ruppéen, avait plutôt intérêt à se mettre à l’abri. Trop de soleil pensez-vous ? Erreur, trop de pluie. Même en plein été, la météo vosgienne, fidèle à sa tradition, n’en faisait qu’à sa tête. D’où une condition indispensable pour affronter sereinement les averses durant les quatre tours de la boucle (dont un joker) tracée par l’Ecurie du Mont-de-Fourche : disposer de pneus pluie.

Guy Deybach au Rallye de Lorraine 1987Gérard Werguet les avait oubliés chez lui. Il fallut donc retirer le Nancéien illico de la liste des postulants à la victoire dans laquelle il figurait avec d’autres propriétaires de R5 Turbo, autrement dit Jean-Claude (« Zouzou ») Alibert, dont le palmarès suffisait à en faire le grandissime favori, ou encore René Heitzler, révélé par la victoire en début d’année à la course de côte des Hautes-Vosges sur une 205 et qui, pour l’occasion, avait loué une R5 Turbo 2 à Jacques Henry. En se dotant d’un outil pareil, le moniteur de pilotage mosellan, c’était assez clair, se lançait un défi à lui-même et au reste d’un plateau qui le regardait avec une certaine curiosité.

Alibert s’endort…

A la fin de la journée cependant, la curiosité avait cédé la place à l’intérêt. Heitzler venait en effet de l’emporter, soufflant la victoire à Alibert dont l’erreur avait été, de son propre aveu, « de trop assurer dans le troisième passage » et du coup de « s’endormir ». Sur un aussi faible kilométrage, toute erreur était évidemment interdite face à un adversaire qui lui n’avait jamais baissé de rythme. Heitzler du coup repartait des Vosges avec sa deuxième victoire de la saison et une notoriété qui désormais le rangeait parmi les « gros clients » du secteur.

Deybach obtient enfin un résultat avec la Golf

Son succès en tout cas étonnait plus que la troisième place de Guy Deybach sur une Golf groupe A qu’il avait étrennée en début d’année. C’était le premier bon résultat du Bressaud avec cette voiture qui ne lui avait jusque là apporté que des déceptions : abandons en Lozère (soupape), au Lorraine (cardan) et à l’Alsace-Vosges (débit de la pompe à essence). De quoi regretter d’avoir laissé ces bonnes et solides Porsche avec lesquelles il s’était illustré les années précédentes ? « Non, je reste persuadé du potentiel de cette voiture, si le tracé est très sinueux, elle est super » confiait le pilote qui, tout de même, avait signé un meilleur temps scratch avec Heitzler au troisième tour.

A l’occasion, Deybach obtenait aussi sa première victoire dans un groupe A qui était loin d’être acquis au départ. Christian Hot pourtant ne parvenait pas à l’inquiéter avec sa Kadett, s’offrant même une très grosse chaleur, heureusement sans conséquence fâcheuse, lors de la seconde boucle avec sa fille Karine à ses côtés. A 16 ans, celle-ci découvrait ce que veut dire sortir de la route à fond de quatrième, glisser sur cinquante mètres et s’immobiliser contre un talus... « Sacrée frayeur » reconnaissait le pilote rambuvetais, tout heureux de s’en sortir à bon compte et, toute émotion mise à part, de signer une quatrième place scratch selon lui « surprenante vu le plateau ».  Finir devant la Ford Escort de Claude Guthleben n’était il est vrai pas un mince exploit vu la rapidité de l’Alsacien qui dut tout de même ce jour-là partager sa cinquième place avec la R5 GT Turbo de Bernard Muller.

A propos de R5 GT Turbo, on notera que Marcel Patrois avait aligné la sienne et que celle-ci possédait la particularité d’être une groupe A. C’était une rareté en France (il n’y en aurait eu que deux en tout et pour tout) et sa mise au point était loin d’être commode. Au Sprint Ruppéen, la courroie de pompe à eau cassait et, faute de pièce de remplacement immédiatement disponible, obligeait le pilote vosgien à aller en chercher une autre chez lui. Le temps de réparer, il était hélas hors délai et sa course s’achevait là.

Michel Thiriet

Classement scratch


1. René Heitzler –Philippe Gehrard,  R5 Turbo 2, 7’31’’
2. Jean-Claude Alibert –Marcel Marin,  R5 Turbo, à 2’’
3. Guy Deybach – Cathy Remy, Golf GTI, à 3’’
4. Christian Hot – Karine Hot, Opel Kadett GSI, à 22’’
5. Claude Guthleben –Gérard Wehrey, Ford Escort, à 25’’
5 ex. Bernard Muller – Christiane Winckler, R5 GT Turbo, à 25”
7. Gérard Werguet – Lucette Werguet, R5 Turbo, à 26’’
8. Pascal Colin – Denis Galmiche, R 11 Turbo, à 29’’
8 ex. Joël Juif – Catherine Paget, R5 Turbo, à 29’’
10. Alain Vauthier – Bernard Boulay, Alpine A110, à 30’’

 

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