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Jacques Henry s’était montré le plus rapide sur le terrain mais une pénalité s’est abattue sur lui pour avoir poussé sa voiture pour la faire démarrer.
Tempête sous les cranes à l’arrivée de la Ronde Luronne 1987. Au chrono, le vainqueur est Jacques Henry puisque sa R5 turbo Tour de Corse termine avec 20 secondes d’avance sur la Porsche 911 de François Grandjean. Mais tout le monde sait depuis le matin qu’Henry a été contraint de faire redémarrer sa voiture, batterie à plat, en la poussant, ce qui est passible d’une pénalité de 30 secondes. Avance de 20 secondes, pénalité de 30 secondes, le calcul est vite fait. Invité à sanctionner l’un des rallymen français les plus prestigieux - sociétaire de l’ASA Luronne de surcroît - pour une stupide histoire de poussette, le président du collège des commissaires, Jean-Charles Bidal, est embarrassé : « Soit nous n’appliquons pas la sanction, auquel cas on peut se demander pourquoi il y a un règlement, soit nous l’appliquons, et dans ce cas nous faisons perdre à un pilote une victoire qu’il a conquise sur le terrain. La décision n’est pas simple ».
Finalement, la punition tombe, que Jacques Henry admet difficilement : « D’accord je n’aurais pas dû me faire pousser mais franchement, que fait-on du sport ? Vous gagnez un rallye, vous faites des temps, du spectacle, et on vous déclasse parce que vous vous êtes fait pousser au parc fermé. Sur le plan sportif, je dis que ce n’est pas juste ».
De son côté, François Grandjean adopte un profil bas, estimant sans doute que les conditions dans lesquelles il récupère la victoire ne se prêtent pas à l’exubérance. Etait-il moins rapide qu’Henry ? Informé qu’une pénalité planait sur son adversaire, ne s’est-il pas contenté de gérer tranquillement la situation ? Le doute subsiste.
Une certitude en revanche, Jan-Hug Hazard n’a pas réussi à se mêler à la bataille des leaders. Il faisait au départ un vainqueur possible mais le boîtier électronique récalcitrant de sa BMW M3 l’a empêché de jouer ce rôle. Pour le Nancéien cependant, la troisième marche du podium acquise dans ces conditions n’est pas totalement négative puisqu’elle est assortie d’une victoire en groupe A aussi confortable que celle remportée en groupe N par Benoit Duchene avec sa R5 GT Turbo.
Le Haut-Saônois a tout de même été chanceux car un contact rugueux, tôt le matin, avec un rocher qu’il n’a pas vu à cause du brouillard a failli ruiner sa course et ajouter son nom à la liste des abandons, dans laquelle on trouve entre autres Bos (panne de turbo), Zele (joint de culasse) et Jakubowski (moteur). Jean-Louis Riblet pour sa part a inauguré sa nouvelle 205 GTI 1900 avec une sortie de route et Claude Dormoy a été éliminé par une collision avec Grangeret. M.T. Classement scratch 1. Grandjean – Ruer, Porsche 911, 1 h 24’’29 2. Henry – Sainty, R5 Turbo, à 10’’ 3. Hazard – Caizergues, BMW M3, à 2’32’’ 4. Duchene – Brunella, R5 GT Turbo, à 4’58’’ 5. Guyot – Berthier, R5 GT Turbo, à 7’ 6. Chauzy – Mondésir, Porsche 911, à 7’34’’ 7. Serrière – Pfleghaar, R5 GT Turbo, à 7’56’’ 8. Leroy – Richallet, R5 GT Turbo, à 9’08’’ 9. Loye – Navarro, R5 GT Turbo, à 9’23’’ 10. Guyot – Cacon, Peugeot 205 GTI, à 9’30’’
Classement par groupes Groupe B : 1. Grandjean, Porsche 911 ; 2. Henry, R5 Turbo ; 3. Chauzy, Porsche 911. Groupe A : 1. Hazard, BMW M3 ; 2. Guyot, Peugeot 205 GTI ; 3. Jacquot, R11 Turbo. Groupe N : 1. Duchene, R5 GT Turbo ; 2. Guyot, R5 GT Turbo ; 3. Serrière, R5 GT Turbo. Groupe F : 1. André, Opel Kadett ; 2. Flageollet, Opel Kadett ; 3. Charton, Rallye II.
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