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Christian Hot ne s’arrête jamais Imprimer Envoyer
SPORTS - RETRO SPORTS
Mercredi, 05 Janvier 2011 16:05

Côté sport, une carrière de rallyman qui s’est étalée sur une trentaine d’années. Côté professionnel, la création d’un nouveau garage pratiquement tous les 10 ans. A mi-chemin entre ces deux activités, la fondation d’une structure de compétition connue aujourd’hui dans toute la France. Le repos ? Christian Hot pourrait répondre : « connais pas ».


Il avoue avoir pris « 5 jours de vacances en 5 ans » mais pour Christian Hot, les heures ne comptent pas dès lors qu’il s’agit d’automobile. Cet univers, il l’a choisi et il a payé de sa personne pour s’en faire adopter. Très jeune, afin de se donner toutes les armes,  il alla jusqu’à passer une année gratuitement dans un garage (Poirat à Granges-sur-Vologne) pour apprendre la carrosserie, puis se fit embaucher par une marque d’électroménager pour découvrir les arcanes du commerce. Quelques mois de vente en porte-à-porte n’ont pas forcément fait de lui un chef d’entreprise mais lui ont sans doute forgé le caractère avant la création, en 1978, de son premier garage, Opel à Rambervillers, localité choisie, dit-il, « tout simplement parce que mon épouse, Marielle, en était originaire ». 

Première course au slalom de Saint-Dié

Hot R8 GHot R12 GA ce moment il avait déjà tâté de la compétition. Sept années s’étaient écoulées depuis le slalom de Saint-Dié de 1971 qui fut sa première course, disputée à 17 ans et demi sur une R8 Gordini engagée sous le nom de son frère Jean-Sébastien, faute de posséder lui-même le permis de conduire. Côté résultats, rien de bien bouleversant à écouter l’intéressé : après le slalom de Saint-Dié, il y eut plusieurs marbres et la R8 fut détruite à Saint-Maurice-sur-Moselle. Lui succéda une R12 Gordini en 1974 avec laquelle furent disputés le Rallye de Lorraine et la Ronde du Vercors en compagnie de Maurice Yung, membre, avec Pierre Mény et Pascal Goury, d’un noyau de copains de Gérardmer avec lesquels Christian Hot demeura toujours lié. Lui revient au passage, une anecdote sur le Rallye de Lorraine 1974 : « d’abord, je perds 10 places à cause de la rupture d’un roulement de roue dans la spéciale des Verrières. Ensuite, à l’arrivée à Nancy, un commissaire me demande de couper le moteur sachant très bien que mon démarreur est mort. Pour la première fois de ma vie, j’ai eu envie de tuer quelqu’un ».

Il y eut encore deux courses avec une Ford Escort prêtée par...Michel Thiriet, un boucher de Laveline-devant-Bruyères qui aida de nombreux pilotes de la région à courir, peut-être d’autres courses, mais Christian Hot, manifestement peu enclin à tenir le cahier de ses exploits, n’est pas sûr. Il cherche dans sa mémoire, rien ne vient, sinon ce constat : « faute de moyens je courais peu. J’ai tout de même compris que je ne pouvais pas rouler suffisamment pour me faire remarquer. »

Champion de Ligue en 1983 et 1986

A défaut, il devint donc garagiste et, n’ayant pas renoncé pour autant à courir, se forgea une solide réputation en amateurs, par ailleurs ambassadeur itinérant de la marque Opel dans les rallyes de la région qu’il écuma d’abord avec des Kadett GTE 1900 groupe 2 et 2 litres (79 à 81) puis des Ascona I 2000 (82 à 84). C’est la période où il conquit son premier titre de Champion de la Ligue Lorraine-Alsace. « Un titre qui à l’époque  voulait dire quelque chose» précise Christian Hot, qui l’emporta, si ses souvenirs sont bons, devant Henri Vittemer lors de la dernière spéciale de la dernière épreuve de la saison à Longwy.

Hot AsconaHot Kadett 2En 1986, retour à la Kadett mais cette fois une GSI 1800, qui lui offrit son second titre de champion de Ligue. Une version 2 litres 16 soupapes lui succéda en 1989 dans le but de combler les handicaps de puissance et de couple que la version précédente rendait à la concurrence. De fait, dès sa première course à son volant, Christian Hot remporta le scratch au Rallye Plaines et Cimes.

Première course de l’Astra et première victoire

En 1991, début de la période Astra (GSI 2 litres 16 soupapes) et répétition à l’identique du scénario de 1989 avec la Kadett, à savoir une victoire dès la course « inaugurale » au Rallye Plaines et Cimes. « Comme c’était la première victoire d’une Astra, une voiture qui était alors quasiment inconnue du grand public, ce résultat fut très remarqué par Opel » indique Christian Hot qui poursuivit donc pendant plusieurs années avec cette voiture. Une deuxième Astra fut inaugurée en 1995 et une troisième (une ex-Loubet) en 1996, avec laquelle Christian Hot remporta le Rallye Vosgien National 1997. Le pilote note avec amusement que Karine, sa fille, lui avait promis qu’elle arrêterait de fumer s’il gagnait « mais qu’elle a un peu attendu… »

Durant toutes ces années, il faut le préciser, Opel lui avait facilité les choses. Le pilote avait été aidé tantôt par Opel France, tantôt par le groupe Sama qui commercialisait la marque dans la région, ou encore par le groupement des concessionnaires Opel. Ce petit Français singulier qui courait sur Opel, on était aussi venu le chercher pour courir à l’étranger, au Rallye du Condroz, au Rallye de Wallonie, au Saarland Rallye, en Italie ou en Tchécoslovaquie. Sans oublier la Suède que Christian Hot s’est offert avec Jean-Louis Balland, un autre copain, parce que, dit-il, « quitte à faire une grande épreuve, autant que ce soit exotique ».

De l’autre côté de la barrière

Hot 2 HP« Je préparais mes voitures de A à Z, je les achetais en pièces détachées pour les monter moi-même et les faire évoluer » précise Christian Hot. C’était l’un des grands plaisirs que ce professionnel de l’automobile, et surtout grand amoureux de la mécanique, pouvait s’offrir.  L’heure de sa retraite de pilote approchant, il poursuivit donc dans cette voie en créant la structure 2HP Compétition avec son frère (Jean-Sébastien), un de ses anciens navigateurs (Philippe Cattant) et un de ses amis (Philippe Egline), l’objectif avoué étant « de révéler de jeunes talents et de se faire plaisir sans perdre d’argent ». En 1997, la structure était devenue réalité avec les deux Opel Astra ex-usine cédées à bon prix, ainsi que deux camions, par les Belges de Motorsport International.

En 1998,  initiative inédite, 2HP organisait sa propre sélection afin d’offrir un volant en Championnat de France Amateur à un jeune pilote prometteur, en l’occurrence Christophe Voirin. Ce fut le début d’une grande saga. N’ayant jamais cessé de grandir depuis sa création, 2HP Compétition (devenu 2HP Compétition-Veloperfo.com) a terminé en effet 3e au championnat Teams 2010.  Au Rallye de France, 8 voitures et 32 mécanos arboraient ses couleurs. D’ici à susciter quelques jalousies... « Même si ça commence à s’atténuer, on nous a longtemps appelés « l’écurie des milliardaires » confirme Christian Hot. Les gens se sont fiés aux apparences, à la qualité de notre matériel, mais on nous a mal compris. On peut venir sans problème chez nous pour discuter ou même pour se faire prêter une pièce. C’est ce que nous avons fait cette année avec Gilles Nantet au Rallye du Var alors qu’il roulait pour la concurrence. »

Encore un projet en cours

Pour autant, si Christian Hot est toujours présent dans 2HP Compétition, le propriétaire de la structure est désormais Romain Meslier depuis janvier 2010. Envie de se reposer ? Pas le moins du monde. Une évolution de plus dirons-nous. Christian Hot en est manifestement friand, lui qui, en 1997, a cédé progressivement Opel Rambervillers à son neveu Alexandre Crouvisier pour créer un garage spécialisé dans l’occasion (Rambervillers Automobiles). Dix ans plus tard, il a lancé un garage Peugeot. Son dernier projet en date, actuellement en cours de réalisation, est un bâtiment de 1600 m2 dans lequel seront abritées plusieurs activités, automobiles bien sûr, dont un nouveau panneau sur lequel il tenait à se montrer discret au moment où nous l’avons rencontré.

Courir de nouveau ? « Je suis vraiment très occupé » confie-t-il, tout en reconnaissant avoir fait un essai avec la Porsche de son fils Jean-Nicolas pour se tester. Ce galop s’est révélé non concluant car cette voiture ne lui convient pas mais l’envie apparemment ne manque pas.

Michel Thiriet

Un grand merci à Philippe Cattant dont les archives ont pour beaucoup contribué à la réalisation de cet article.

Une bonne dizaine de navigateurs


Philippe Cattant et Yves Paréja sont les deux navigateurs qui ont accompagné Christian Hot le plus longtemps dans sa carrière. Mais d’autres se sont installés occasionnellement dans le baquet de droite du rallyman rambuvetais. Ainsi, Bernard Vincent-Viry, Maurice Yung et Christian Théveny l’ont-ils accompagné à l’époque de ses débuts. Plus tard, leur succédèrent Alain Larruy, Raphaël Miclot, Karine Hot, Jean-Nicolas Hot et Jacky Kieffer. Christian Hot révèle qu’il disputa également le Critérium des Cévennes dans les années 70 en compagnie de Pierre Mény sur l’Alpine A110 de ce dernier. Une course où le terme d’équipage a pris tout son sens puisque les deux copains se sont partagé le volant (Pierre Mény dans les spéciales et Christian Hot sur le routier) et donc le baquet de navigateur.
 

Commentaires 

 
#1 Helene muller 2012-07-05 18:27 Merci a maurice yung de me contacter Citer
 

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