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Gérard Sainpy, un homme Ford Imprimer Envoyer
SPORTS - RETRO SPORTS
Mercredi, 07 Juillet 2010 14:08
Pendant 25 ans, il a pleinement profité de la chance qui lui permettait d’assouvir sa passion du sport auto. Tel se dépeint lui-même Gérard Sainpy, homme fort – et homme Ford - des rallyes et courses de côte des années 65 à 80.
Evoquer sa carrière de coureur automobile ? Drôle d’idée a dû penser Gérard Sainpy en recevant notre appel. Ce n’est pas que le sport auto ne l’intéresse plus mais le temps a passé : trente ans exactement depuis cette année 1980 où il a aligné pour la dernière fois sa Ford Escort groupe 4 au départ des courses de côte de Belleau, des Hautes-Vosges et de Montgueux, toutes conclues par une victoire de groupe, ou encore Turckheim où il s’est classé deuxième. « Le sport auto, je n’en parle plus tous les jours » concède l’ex pilote dont les souvenirs s’estompent insensiblement derrière ceux de sa nouvelle passion, le golf, qu’il pratique quasi-quotidiennement et de surcroît à un très bon niveau. Aujourd’hui handicap 13, il a légèrement régressé puisqu’il fut un moment classé 10. « Mais bon, ce n’est encore pas si mal » indique-t-il, tout en citant cette partie récente « avec un petit jeune » dont les balles lui ont fait comprendre qu’il a, hélas, perdu en longueur…

Vous ne comprenez rien au golf ? Pas grave. Après cet échauffement – un peu provoqué il est vrai -, la conversation finit tout de même par atterrir sur l’automobile. Gérard Sainpy avait préparé l’interview en exhumant quelques articles de l’époque et des photos, en noir et blanc, comme on en faisait le plus souvent en cette année 1965 où il effectuait ses débuts à la course de côte de Belleau sur la Lotus Super Seven de l’ « Opération Ford Jeunesse » destinée à révéler des jeunes de talent. Faute d’avoir pu essayer la voiture, le pilote débutant connut là ses premières grosses impressions, « à la vue, dit-il, des roues qui se baladaient devant… »

Son père dirigeait alors la concession Ford de Nancy qu’il reprendrait lui-même plus tard, prolongeant ainsi une saga familiale qui avait commencé par la fondation du garage par son grand-père maternel, mécano avions sur le plateau de Malzéville. « Il s’est même occupé de l’avion de Guynemer » précise Gérard Sainpy qui, pour courir, puisa donc le plus souvent dans le catalogue Ford ou dans ceux de marques « amies ». Une Cortina Lotus le révéla en 1966 au travers de plusieurs victoires de classe dans les courses de côtes de la région (Belleau, Ballon d’Alsace, Arry…) On le vit également sur une Ford Capri RS au Rallye de Lorraine 1973.

Gerard Sainpy après le Rallye du VarSon nom toutefois reste attaché à la Ford Escort puisque c’est avec elle qu’il effectua l’essentiel de sa carrière. La première fut une version Twin Cam en 1970 qui selon ses dires « n’était pas une auto pour gagner ». En 1973, il la remplaça par une RS 1600 qu’il mit 3 ans à fiabiliser avant qu’elle lui offre, en 1975, le titre de Champion de France groupe 2 devant Jean-Louis Clarr qui disposait alors d’une Opel Kadett officielle.

Du championnat de France au championnat du Monde il n’y avait qu’un pas - enfin presque, qui fut franchi dès l’année suivante. En 1976, Ford lui confia en effet le volant d’une Escort RS 2000 groupe N avec laquelle il disputa, avec le statut de pilote officiel, le Rallye du Maroc, le Rallye des 1000 Lacs et le Rallye de Côte d’Ivoire. Il abandonna au Maroc (rupture d’un arbre de roue) et en Côte d’Ivoire (pont arrière cassé) mais se classa 10e aux 1000 Lacs. La même année, il aligna aussi une 1800 RS dans les courses de la région Est et termina notamment 3e scratch du Rallye de Lorraine devant Michèle Mouton, ce qu’il n’a évidemment pas oublié.

Aucune infidélité à Ford durant tout ce temps ? Eh bien si car Gérard Sainpy se souvient au moins avoir tenu le volant d’une BMW 2002 Ti en 1975. Beaucoup plus significatif, il disputa deux saisons complètes (1971 et 1972) sur une Alpine 1600 S groupe 4 avec laquelle, comme il le dit, « commencèrent les choses sérieuses ». « Jusque-là, explique-t-il, je courais plutôt en dilettante, là j’ai décidé de mettre la barre plus haut. Avec mon nouveau navigateur, Jean-Jacques Gibault, nous participions à 8 à 10 courses par an dans toute la France. Nous avons signé plusieurs victoires scratch durant ces deux années : le Critérium des Cévennes, le Rallye de Moselle, le Lorraine National, les Ardennes, la Ronde des Vosges. En somme, tout allait bien pour nous. Si ce n’est que ça ne faisait pas trop bien dans le décor qu’un type estampillé Ford comme je l’étais roule sur une Alpine. J’ai donc repris une Escort l’année suivante… »

On lui demande quel regard il porte sur sa carrière sportive. On veut savoir s’il aurait voulu par exemple être pilote professionnel, un statut qu’il eut l’occasion d’approcher, ne l’oublions pas, durant quelques rallyes de championnat du Monde en 1976. « Pro non, je n’y ai jamais pensé. A un certain moment, le sport a peut-être pris un peu le dessus sur mes activités professionnelles mais je savais que cela ne durerait pas. Même lorsque j’ai roulé en championnat du Monde, je n’ai jamais imaginé que cette aventure se poursuivrait. D’ailleurs, la question a été réglée d’elle-même lorsque notre garage a connu sa période de pleine expansion. A ce moment, je ne me suis même plus demandé si je pouvais en faire un métier, mais tout simplement si j’allais continuer à courir ou pas. Comme dans l’intervalle, le sport auto à tous les niveaux était devenu de plus en plus exigeant en temps et en budget, ce n’était plus possible. Les choses n’ont fait qu’empirer puisque, sur ce que j’en sais, les rallyes modernes engloutissent en deux courses des sommes qui à mon époque permettaient de faire une saison complète. »

On devine comme un regret mais il balaie aussitôt cette idée : « Non, surtout pas. Pour moi, le sport auto n’a jamais été autre chose qu’un hobby. Je m’y suis peut-être jeté à fond mais c’est ce que je fais toujours quand quelque chose m’intéresse. Si je devais tirer le bilan de cette époque je dirais tout simplement : je me suis bien amusé. »

Michel THIRIET

Côte d’Ivoire : le chrono qui fâche

Lors du programme de championnat du Monde de 1976, les Escort groupe N du team Ford France confiées à Gérard Sainpy, Guy Chasseuil et Anne-Charlotte Vernay étaient préparées par la concession Ford de Nancy et ses mécanos.

Fureur du responsable de l’équipe lorsque Gérard Sainpy réalisa le meilleur temps du prologue du Rallye de Côte d’Ivoire dans la célèbre spéciale de la ‘‘Djibi’’. « Ta voiture est mieux préparée que les autres » lui expliqua-t-il, tout en ordonnant que les pilotes échangent leurs voitures pour la suite de la course. Pour le Nancéien, « il voulait faire gagner Chasseuil, donc quand j’ai signé le meilleur temps du prologue ça l’a énervé. »

Changement de voiture ou pas, les pilotes Ford France abandonnèrent. Makinen quant à lui remporta l’épreuve devant Jean-Pierre Nicolas et Henry Pescarolo, les trois sur Peugeot 504.

Printemps 1972 : battu d’un souffle par Roussely

S’il s’est éloigné du sport auto, Gérard Sainpy n’en a pas moins gardé quelques attaches dans le milieu. Avec Francis Roussely par exemple qui, il s’en souvient avec précision, parvint à le battre « pour 2 cinquièmes de seconde » au Rallye de Printemps 1972, la décision se produisant dans la dernière spéciale à Belleau au terme d’une bagarre qui dura une nuit complète. Les autres pilotes, il les croise… au golf lors des compétions organisées par un petit club regroupant d’anciens champions et comptant entre autres dans ses rangs Jean Ragnotti, Bruno Saby, Gérard Larrousse, Bernard Béguin, Dany Snobeck et Christian Debias. Un beau plateau n’est-ce pas ?
 

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