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RETRO SPORTS
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Jeudi, 15 Avril 2010 16:14 |
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après 33 ans de compétition, Jean-Paul Bouquet est passé à la restauration de voitures anciennes. l’ambiance y est nettement plus calme et l'ex-pilote apprécie.
Quand il était pilote, son style était plutôt la discrétion. Jean-Paul Bouquet n’était pas de ceux qui pourchassaient les journalistes pour leur livrer ses dernières impressions ou se faire tirer le portrait. On se dit qu’il n’a pas changé en découvrant le sobre local où il restaure des voitures anciennes : pas d’enseigne clinquante proclamant sa raison sociale « Bouquet Auto Passion », nulle installation voyante ou superflue. Le tout se trouve à Charmois, petit village de Meurthe-et-Moselle pas très éloigné de Saint-Nicolas-de-Port où se trouvait son premier garage, détruit le 20 août 2007 par un incendie.
Tout le monde aime les autos anciennes
Il confie avoir beaucoup hésité avant de s’installer dans cette activité dont l’idée lui fut suggérée un jour par de deux de ses amis collectionneurs. Il travaillait alors dans un garage et ne se voyait guère passer ses journées à restaurer des voitures anciennes, métier qu’il considérait, pour reprendre ses propres termes, comme « un truc de vieux ». Pourtant, ce cliché n’a pas tenu longtemps car, divine surprise, la clientèle qui fréquente son garage comprend nombre de gens assez jeunes, tel ce couple venu ce jour-là s’inquiéter de la santé d’une Rallye 2 qu’il est allé dénicher à Nice, une auto de 40 ans qui permet à Monsieur de réveiller le bon temps où son père roulait en Simca 1000. « Un exemple parmi tant d’autres, indique Jean-Paul Bouquet qui confirme qu’il voit « des gens de tous les âges, parfois sportifs, parfois non. » En fait, il voit « de tout.»
« Tu ne sais jamais ce qui t’attend »
La restauration exige de savoir tout faire, ou presque. Il n’y a guère que la carrosserie, qui n’est pas, comme il le dit, « son métier », dont Jean-Paul Bouquet n’accepte pas de s’occuper. Le reste – moteur, boîte, pont, freinage, électricité – est ordinaire pour ce mécanicien de formation qui, tout en menant sa carrière de rallyman, a effectivement exercé sa profession dans trois entreprises de la région : chez Iveco pour commencer, chez René Mathiot ensuite et chez Richard Mény pour terminer.
Il a de quoi s’occuper en ce moment avec les deux autos qu’il a recouvertes de bâches pour les protéger. L’une est un Simca CG qu’un collectionneur est allé dénicher dans les Vosges et qui a bien besoin d’être rajeuni, l’autre une Datsun 240 Z qu’il a fallu démonter pièce après pièce du fait qu’elle était truffée de sable. « La restauration de voitures anciennes c’est ça, indique-t-il, tu ne sais jamais ce qui t’attend quand tu récupères une voiture. Ce qui sûr, c’est que tu y passes des heures. »
Le sport n’est plus qu’un beau souvenir
On croit deviner qu’il a tiré avec regret un trait sur le milieu sportif, lequel, d’après lui, « ne lui a jamais rien demandé » après son arrêt de compétition. Il estime sans doute qu’il aurait pu se rendre utile avec les connaissances acquises au cours de carrière, ses 33 années passées dans toutes les régions de France et parfois à l’étranger où le conduisaient les épreuves auxquelles il était engagé. On le connaît surtout comme un spécialiste du rallye mais, plus jeune, il a couru aussi en course de côte. Pro, on lui a demandé de s’aligner en circuit. Le pilotage d’une quinzaine de voitures de compétition différentes et de voitures exceptionnelles en essais lui a procuré une formidable expérience. Mais c’est ainsi. Hormis la Formule 1 dont il dit suivre les résultats, Jean-Paul Bouquet s’est désormais placé « en dehors du sport » qui, de toute façon, « a trop évolué » pour qu’il y connaisse encore quelque chose. D’ailleurs, n’allez pas lui parler des rallyes de voitures anciennes auquel il participe comme d’un sport. « Ah non, réplique-t-il, ça c’est uniquement du plaisir. Je dis souvent qu’un rallye de voitures anciennes se résume à aller vite d’un restaurant à l’autre, le résultat n’a aucune importance. »
Soit, mais il y a quand même un doute car, à cause de ces rallyes soi-disant sans enjeu, Jean-Paul Bouquet confie qu’il a déjà failli divorcer plusieurs fois avec Monique, son épouse et pour l’occasion navigatrice. Il dit ça pour rire, évidemment.
Michel THIRIET
Rallye de Printemps 71 : des débuts cocasses
Si Jean-Paul Bouquet ne s’intéresse plus au sport auto, il a quand même de la mémoire quand il s’agit de sa carrière. Ainsi se souvient-il avec précision de sa première course, le Rallye de Printemps 1971, qu’il disputa avec une Simca 1100 achetée à Daniel Mermod. L’épreuve était conforme aux standards de l’époque : une grosse partie de la course était disputée de nuit, les moyennes en liaisons étaient à peine moins élevées qu’en spéciales et le parcours ressemblait à une épopée avec départ à Nancy et détours par Verdun et Pierre-Percée. « Vu ce qui nous attendait, raconte Jean-Paul Bouquet, Daniel Mermod m’avait dit avant le départ : si tu es à l’arrivée, tu seras déjà un bon ! J’ai effectivement réussi à rejoindre l’arrivée mais hors délais à cause d’une panne d’essence pas banale : la nuit, impossible de retrouver le bouchon du réservoir après avoir fait le plein à l’assistance ! Je suis reparti comme ça et toute l’essence s’est évidemment échappée dans les virages. Ce bouchon, nous l’avons retrouvé plus tard : il était dans mon baquet, j’étais assis dessus… »
Deux ans plus tard, Jean-Paul Bouquet conduisait une Simca 1000 Rallye 2. Il conservait pendant 4 saisons cette voiture dont la particularité était son look cabossé. Explication fournie par le pilote : « Je n’ai jamais pris le temps de refaire la carrosserie. C’était auparavant une voiture de démonstration du garage Mermod. Je l’avais rachetée - un peu obligé il faut le dire - après l’avoir mise sur le toit lors d’un essai avec un client… »
Le site internet de Jean-Paul Bouquet : bouquet.autopassion.free.fr
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Commentaires
Bravo pour cette article sur lui. Citer
Merci Popol
Gérard
PS : Félicitations au rédacteur de l'article Citer
Merci pour ces magnifiques moments passés ensemble.
Un garçon calme, agréable et surtout très doué qui n'était pas impressionnant en conduite mais d'une efficacité redoutable ! Citer
et sa discrétion n'ont d'égale que son immense talent rallystique Citer