Septembre 1994 : Kruger double, Bouquet inaugure et Ligibel se rachète Imprimer
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Dimanche, 01 Septembre 2019 10:57

Philippe Kruger signe sa deuxième victoire au Rallye des Brimbelles, Bouquet offre une première victoire à sa ZX au Rallye de Meuse et Ligibel se rachète à Sewen.

 

Kruger-Brimbelles-1994Philippe Kruger a mal entamé le Rallye des Brimbelles avec une voiture mal réglée mais il a vite remis les pendules à l’heure.

À peine entamé, le Rallye des Brimbelles apporte une surprise de taille puisque Philippe Kruger, favori numéro un, concède un retard de seize secondes sur Jean-Claude Alibert qui ne prévoyait pas un scénario aussi favorable à sa R5 turbo, surtout sous la pluie. Kruger confie qu’il n’a pas fait de faute. Le problème selon lui, c’est sa voiture : le moteur de la Toyota Celica manquerait de punch et ses suspensions seraient trop molles.

Or, une spéciale plus loin, Philippe Kruger a changé d’avis : il faut dire qu’il vient de signer le meilleur chrono, en infligeant de surcroit une véritable punition à Alibert, relégué à vingt-neuf secondes. Kruger prend la tête du rallye et remercie ses mécanos : profitant d’une longue interruption entre les ES2 et 3, ils ont changé les bougies et les amortisseurs avant de la Celica et depuis celle-ci est méconnaissable.

 

Houzelot-Brimbelles-1994Houzelot- le « montagnard » n’est pas venu pour rien : deuxième place scratch et victoire en groupe N.


Trois dauphins boivent la tasse

Curieusement, la tendance du début de course est totalement inversée. C’est au tour d’Alibert d’expliquer que sa voiture glisse trop et qu’il n’a pas les gommes qui lui permettraient de retrouver de la motricité. Alibert en fait renonce à jouer la gagne et son seul objectif est désormais de préserver une place de deuxième qui apparemment lui suffit bien. Ceci implique toutefois de rester devant la ZX de Jean-Paul Bouquet et la 205 groupe F louée par Pascal Mackerer, tous les deux très en verve depuis le début de course. Un temps, Alibert peut penser que la chance est avec lui puisqu’il est d’abord débarrassé de la concurrence de Mackerer, lâché par son moteur. Ensuite, Bouquet écope d’une pénalité pour une réparation trop longue de son levier de vitesses cassé et il disparait de la liste des prétendants à la victoire. Mais Alibert déchante à son tour : une biellette de direction casse dans l’avant-dernière spéciale et le contraint à l’abandon.

 

Un podium inédit derrière Kruger

Sur les sept spéciales, Kruger en remporte finalement quatre - les trois autres ayant été remportées par Alibert. Le Lorrain signe ainsi sa deuxième victoire dans une épreuve qu’il a déjà remportée deux ans auparavant. À l’exception des premiers kilomètres, comme nous l’avons déjà vu, sa domination a été quasi totale, facilitée de surcroit par les abandons successifs des trois pilotes qui étaient en principe capables de le concurrencer.

Conséquence de ces abandons, les deux Ford Escort Cosworth groupe N de Bruno Houzelot, un Déodatien spécialiste de course de côtes, et de Benoit Rousselot, se hissent sur le podium. Rousselot, alors débutant, a surpris tout le monde en réalisant le meilleur chrono du groupe N dans la première spéciale mais une faute lui a fait perdre dix secondes dans la deuxième. Plus expérimenté, Houzelot a fait le trou insensiblement et a fini par s’imposer avec un écart d’une trentaine de secondes. La conquête de la troisième place du groupe N par Armando Pereira a signé définitivement l’hégémonie des Ford Escort Cosworth dans cette épreuve.

 

Pereira-Brimbelles-1994Troisième du groupe N, Armando Pereira signe le premier résultat de sa jeune carrière.

 

Jacques Gavoille (Renault 11 turbo) et Pascal Voirin (Porsche 911) sont crédités du même chrono à l’arrivée. Gavoille est déclaré vainqueur grâce à son temps de la première épreuve spéciale, ce qui lui vaut de s’installer à la quatrième place du scratch et de remporter le groupe F.

Accident à Arches

La remise des prix est sobre car la course a été marquée par la sortie de route d’un pilote dans la traversée de Arches où s’étaient massés de nombreux spectateurs. Une quinzaine d’entre eux ont été blessés dont un jeune garçon dont l’état très préoccupant a nécessité son évacuation par hélicoptère.

 

Classement scratch

1.    Kruger – Souchal, Toyota Celica, 46’58’’, 1er groupe A
2.    Houzelot – Collignon, Ford Escort Cosworth, à 1’47’’,1er groupe N
3.    Rousselot – Fauchille, Ford Escort Cosworth, à 2’21’’
4.    Gavoille – Courroy, Renault 11 turbo, à 2’32’’,1er groupe F
5.    Voirin – Voirin, Porsche 911, à 2’32’’’
6.    Pereira – Cossin, Ford Escort Cosworth, à 2’46’’
7.    Forès – Dart, Renault Clio, à 2’57’’
8.    Vauthier – Petitjean, Ford Sierra Cosworth, à 2’58’’
9.    François – Poirot, Renault 5 GT turbo, à 3’06’’
10.  Bouquet – Bouquet, Citroën ZX, à 3’08’’, etc.

 

Rallye de Meuse : première pour la ZX de Bouquet

Deux semaines avant le Rallye des Brimbelles, Jean-Paul Bouquet avait remporté le Rallye de Meuse. La victoire a paru longtemps promise à Ligibel mais celui-ci a raté un freinage au bas d’une descente très rapide et le tête-à-queue qui s’est ensuivi lui a fait perdre dix secondes. Suffisant pour que Bouquet passe en tête et, grâce à sa résistance dans les deux dernières spéciales, offre sa première victoire à une ZX jusque-là pénalisée par son manque de fiabilité.

Jean-Marc Durr ne s’est pas mêlé pas au duel Bouquet-Ligibel et sa voiture n’y est pour rien. La coupable, à en croire le pilote alsacien, serait une pizza avalée la veille au soir qui ne l’aurait pas mis dans les meilleures dispositions. C’est vrai qu’avoir l’estomac au bord des lèvres à chaque freinage ne prédispose pas à attaquer. Au moins Durr est-il parvenu à préserver sa place sur le podium.

Jacques Gavoille (Renault 11 turbo) remporte le groupe F au détriment de Pascal Voirin, trop contrarié d’après lui par la boîte de vitesses de sa Porsche pour aller plus vite, et le groupe N revient à Jean-Renaud Marchal (Renault 5 GT turbo).

Classement scratch

1.    Bouquet – Bouquet, Citroën ZX 16V, 17’20’’, 1er groupe A
2.    Ligibel – Kien, BMW M3, à 3’’
3.    Durr – Graff, Renault Clio Williams, à 25’’
4.    Gavoille – Courroy, Renault 11 turbo, à 33’’, 1er groupe F
5.    Voirin – Voirin, Porsche 911, à 36’’
6.    Leuvrey – Libman, Peugeot 205 GTI, à 43’’
7.    Sassi –Mougel, Renault R turbo, à 56’’
8.    Marchal – Rappine, Renault R GT turbo, 57’’, 1er groupe N
9.    Laplace – Morel, Talbot Sunbeam, 1’00’
10.  Grenouille – Rouillon, Renault 5 GT turbo, à 1’04’’, etc

 

Ronde de Sewen : Ligibel prend sa revanche

Aux premières heures de la journée, les routes très humides de la Ronde de Sewen donnent le sourire à Jean-Marc Durr (Clio Williams), crédité du meilleur chrono devant Jean-Pierre Ronfort (Porsche 911) et Dominique Ruer (Talbot R3).

Mais le sourire de Durr s’efface lorsque la chaussée s’assèche et permet à Ligibel d’utiliser toute la motricité de sa BMW M3. Passé en tête dès le deuxième tour, Ligibel assoit sa position de leader en signant systématiquement les meilleurs chronos, remportant même le quatrième et dernier tour disputé sous la pluie. Là, Durr a assuré, probablement échaudé par une faute commise au tour précédent.

Troisième scratch, Jean-Louis Riblet (Peugeot 205 GTI) s’offre une victoire en groupe F qu’il attendait depuis longtemps. Jean-Renaud Marchal (Renault 5 GT turbo) en revanche n’a même pas attendu un mois pour signer sa deuxième victoire en groupe N après le Rallye de Meuse.

Classement scratch

1.    Ligibel – Kien, BMW M3, 17’28’’, 1er groupe A
2.    Durr – Leidemer, Renault Clio Williams, à 15’’
3.    Riblet – Riblet, Peugeot 205 GTI, à 21’’, 1er groupe F
4.    Grosjean – Lemporte, Alpine A110, à 41’’
5.    Ruer D. – Lamboule, Talbot Rallye 3, à 46’’
6.    Ruer P. – Trichot, Talbot Rallye 3, à 51’’
7.    Gavoille – Courroy, Renault 11 turbo, à 57’’
8.    Brocard – Lagrange, Alpine A310, à 1’03’’
9.    Marchal – Rappine, Renault 5 GT turbo, à 1’17’’, 1er groupe N
10.    Valdenaire – Vançon, Citroën AX, à 1’19’’, etc.

 

En septembre 1994 toujours

Maudit Mont Blanc. Eric Mauffrey quitte le Rallye du Mont-Blanc dans le septième tronçon chronométré en raison d’un incendie dans le compartiment moteur de sa Ford Escort. Lionel Didierlaurent (Citroën ZX) n’est pas plus heureux puisqu’il sort de la route et abandonne au début de la deuxième étape alors qu’il occupait la deuxième place du groupe N derrière l’Escort Cosworth de Maurin et devant la Clio Williams de Mercier.

Debias déjà champion casse à Turckheim. Déjà sacré champion de France en arrivant à Turckheim, Christian Debias en repart déçu : son moteur a cassé. Daniel Boccard saute sur l’occasion pour remporter cette manche du Championnat d’Europe malgré l’opposition de l’Espagnol Egozkue. En groupe N, François Jakubowski ajoute une victoire de plus à un palmarès déjà très bien fourni.