HOME SPORTS RETRO SPORTS Juin 1994 : Polo attaque mais à la fin c’est Chatriot qui gagne
Juin 1994 : Polo attaque mais à la fin c’est Chatriot qui gagne Imprimer Envoyer
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Lundi, 03 Juin 2019 14:14

Sylvain Polo mène la danse devant François Chatriot durant la première étape du Rallye Alsace-Vosges mais cède dans la deuxième étape.

 

Chatriot-Alsace-Vosges-1994-actionDéjà vainqueur 1988 et 1990 sur une BMW M3, François Chatriot (photo) signe sa troisième victoire au Rallye Alsace-Vosges avec une Toyota Celica.

 

Le Championnat de France 1994 a débuté par une victoire de François Chatriot (Toyota Celica) au Rallye Grasse-Alpin puis une victoire de César Baroni (Ford Escort Cosworth) au Rallye d’Antibes mais ni l’un ni l’autre n’est en tête à l’issue de la première étape du Rallye Alsace-Vosges. En remportant cinq des sept spéciales du jour, dont les trois premières d’affilée (Bagenelles, Fréland et Riquewihr), Sylvain Polo a montré d’entrée de jeu qu’il faudra compter avec lui et avec sa Ford Escort sur ces routes rendues glissantes et piégeuses par l’humidité ambiante. Comme il ne pleut pas franchement, le choix des pneus est très compliqué. Entre gommes slicks, mixtes ou pluie, tout le monde se trompe à un moment ou à un autre. La course tourne au casse-tête. Même Polo s’en plaint.

Si Chatriot, deuxième, et Baroni, troisième, ont pris position, le premier nommé occupe toutefois une situation plus enviable puisqu’il ne compte que vingt-quatre secondes de retard sur Polo. César Baroni est déjà à une minute et une seconde, ce qui n’est pas rédhibitoire mais un peu préoccupant tout de même après six spéciales. Bernardini, (Ford Escort Cosworth) ne paraît déjà plus concerné par la victoire puisqu’il est pointé à une minute trente-cinq. Ensuite viennent les Clio Williams de Bugalski, Jordan et Oreille partis à l’assaut du classement des 2 litres 2 roues motrices. Un classement dont on remarque tout de suite que Jean Ragnotti, éliminé prématurément par une défaillance de son carter moteur, est absent. Ragnotti est la deuxième grosse tête d’affiche à quitter la course après Bernard Béguin, engagé sur une Citroën ZX avec laquelle le champion de France en titre a eu à peine le temps de prendre contact puisqu’elle s’est immobilisée au premier kilomètre de la première spéciale, boîte de vitesses cassée.

 

Chatriot passe les bons pneus
 
Le lendemain, les routes des environs de Saint-Dié où se dispute la deuxième étape sont toujours aussi compliquées pour les choix de pneus. Même s’il garde la main durant les premiers tronçons, Sylvain Polo avec ses réglages résolument orientés « pluie » trouve que la route n’est pas assez mouillée pour faire la différence sur Chatriot. Le pilote de la Toyota effectivement résiste. Et quand il décide de changer de type de gommes (il utilisait jusqu’alors celles utilisées en Corse), tout change : en l’espace de trois spéciales (Col du Hantz, Raids de Robache et Corcieux 2) son retard sur Polo est effacé et il est en tête.

Mais Sylvain Polo ne renonce pas. « Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour venir à bout de ces petits jeunes, il s’accroche le bestiau ! » lâche le toujours rigolard Chatriot devant la résistance de son adversaire. Les deux pilotes se rendent effectivement coup pour coup. Jusqu’à ce que la course bascule. La fin de course de Polo est carrément cauchemardesque avec un choc contre une roche dans l’avant-dernière spéciale, ce qui lui ôte ses dernières illusions. Pire, son moteur casse dans la dernière spéciale. Baroni de ce fait hérite d’une deuxième place selon lui inespérée, sa Ford Escort, à ses dires « poussive », ne pouvant lui offrir mieux. Finalement, aucun pilote de Ford Escort n’est satisfait car Bernardini, troisième, confie de son côté qu’il n’a cessé de batailler contre des problèmes de boîte de vitesses.

Jordan et Oreille, les pilotes Renault, ont passé leur temps à surveiller la température (trop élevée) de leurs moteurs. Mais c’était le seul souci du clan Clio vu son avance sur l’Opel Astra de Loubet, la meilleure des autres 2 litres. Seule contrariété du clan au Losange, avoir perdu Philippe Bugalski, trahi par sa boîte de vitesses dès les premières heures de la journée.

Pour Eric Mauffrey, les Alsace-Vosges se suivent et ne ressemblent pas. Lui qui bataillait pour la victoire avec Béguin l’année précédente, n’a pas rejoint l’arrivée avec sa Ford Escort RS 2000 qui dès le premier jour lui a posé des problèmes de surchauffe moteur. Le deuxième jour, la rupture d’un cardan a entraîné son abandon.

 

Le groupe N à Rémi Samuel

En groupe N, une Ford Escort en cachait une autre. Celle de Jacques Tasso, le grand favori, a été retardée par une crevaison lors de la première étape et son moteur a lâché dans la deuxième. Celle de Rémi Samuel a donc pris le relais. Pascal Mackerer (Clio Williams) termine deuxième et Lionel Didierlaurent troisième avec une Citroën ZX terminée deux  jours avant la course.

 

Classement scratch

1.    Chatriot – Giraudet, Toyota Celica, 2h 40’ 27’’, 1er groupe A
2.    Baroni – Bathelot, Ford Escort Cosworth, à 3’ 17’’
3.    Bernardini – X, Ford Escort Cosworth, à 5’ 27’’
4.    Jordan – Boyère, Renault Clio Williams, à 6’ 20’’
5.    Oreille – Andrié, Renault Clio Williams, à 7’ 10’’
6.    Orsucci – Savignoni, Lancia Delta Integrale, à 7’ 37’’
7.    Loubet – Brissart, Opel Astra GSI, à 12’ 38’’
8.    Bourion – Roba, VW Golf GTI, à 13’ 59’’
9.    Doenlen – Sauvage, Peugeot 106 Rallye, à 15’ 33’’
10.  Samuel – Canot, Escort Cosworth, à 17’ 07’’, 1er groupe N
11.  Jalouzot – Néri, Peugeot 309 16S, à 17’ 32’’
12.  Mackerer – Risser, Renault Clio Williams, à 18’ 41’’
13.  Didierlaurent – Perrin, Citroën ZX 16V, à 20’ 24’’
14.  Jene – Jene, BMW M3, à 23’
15.  Durr – Chary, Renault Clio Williams, à 24’ 40’’, etc.


Ronde Luronne : et de cinq pour Grandjean

Grandjean-Luronne-1994-actionKruger et Peyrache absents, la voie était libre pour François Grandjean (photo).Avec la présence de la Toyota Celica de Kruger et de la BMW M3 de Peyrache, on pouvait admettre que François Grandjean soit un peu inquiet à la lecture de la liste des engagés de la Ronde Luronne. Mais l’horizon du Haut-Saônois s’est éclairci de lui-même avant le départ : Kruger a déclaré forfait et Peyrache a été victime d’un accident violent (choc avec un grumier) en reconnaissances, nécessitant l’hospitalisation de son navigateur.

Et voilà François Grandjean en route vers un succès de plus dans cette Ronde Luronne qu’il a déjà remportée à quatre reprises. Il annonce la couleur dès la première boucle : Benoit Duchène, engagé sur une Ford Sierra Cosworth groupe N de location, est à dix secondes et Thierry Ligibel (BMW M3) à onze secondes. Grandjean explique qu’il n’est pas totalement satisfait car, chaussée de pneus trop tendres, la BMW était difficile à piloter dans les derniers kilomètres. Il rectifie donc le tir, adopte des pneus plus durs. Et les chronos suivent, chaque fois le meilleur. Si Duchène est un adversaire solide, il est clairement condamné à la deuxième place, avouant qu’il ne peut pas aller plus vite avec cette voiture. Contrôler Ligibel suffira donc à son bonheur.

Jean-Paul Bouquet a signé le meilleur temps du prologue et, s’il ne peut se mêler au trio de tête ensuite, il en reste très proche car il représente une menace pour Ligibel jusqu’à la dernière spéciale, celle justement où le moteur de sa Citroën ZX le lâche. Deuxième chrono du même prologue, Francis Roussely ne savoure pas ce chrono longtemps car sa batterie quitte son logement dans la première spéciale et provoque une coupure électrique très coûteuse en temps. Ses chronos dans les tours suivants confirment qu’il n’est pas assez compétitif. À moins que ce soient les Porsche : la meilleure, celle de Rolland, n’est que quatrième, Jean-Pierre Ronfort est huitième, Pascal Voirin dixième.

Dans le groupe N, où on s’est battu pour la deuxième place derrière l’intouchable Duchène, le dernier mot revient à la Nissan GTI de Thiébaut devant celle de Chanet. À l’attaque jusqu’au bout, les deux Franc-Comtois prennent le meilleur sur les Lorrains François et Marchal, tous deux sur R5 GT turbo.

 

Classement scratch

1.    Grandjean-Mauffrey, BMW M3, 46’ 09’’, 1er groupe A
2.    Duchène – Leuvrey, Ford Sierra Cosworth, à 50’’, 1er groupe N
3.    Ligibel – Kien, BMW M3, à 1’04’’
4.    Rolland – Michel, Porsche 911, à 1’30’’, 1er groupe F
5.    Riblet – Waldemann, Peugeot 205 GTI, à 1’ 49’’
6.    Serrière – Jeannin, Alpine A110, à 1’57’’
7.    Dussaucy – Pizzagalli, VW Golf, à 1’58’’
8.    Ronfort – Mouge, Porsche 911, à 2’12’’
9.    Courtois – Buchert, Renault 11 GTS, 2’25’’
10.  Voirin – Voirin, Porsche 911, à 2’51’’, etc.


En juin toujours

Christian Debias vers son deuxième titre. Christian Debias a enlevé les quatre premières manches du Championnat de France de la Montagne mais il subit sa première défaite de la saison au Mont Ventoux face à Daniel Boccard. Et le hasard veut que François Jakubowki (Ford Escort Cosworth) connaisse lui aussi sa première défaite de la saison en groupe N face au Franc-Comtois Eric Pernot (Ford Escort aussi). Une semaine plus tard cependant, Debias comme Jakubowski prennent leur revanche à Fouchy. Le Lorrain fait un pas de plus vers son deuxième titre de Champion de France, 17 ans tout de même après le premier.

Eric Mauffrey quand même subventionné. Premier épisode : Eric Mauffrey se voit refuser une subvention du « fonds tabac » à laquelle logiquement il peut postuler. Deuxième épisode, une subvention lui est finalement accordée mais son montant est réduit. Le rallyman vosgien construit un programme avec une Ford Escort RS 2000 2 litres et 2 roues motrices qu’il alignera dans les épreuves du Championnat de France à partir du Rallye Alsace-Vosges. Dire qu’Eric Mauffrey est mécontent serait exagéré, dire qu’il saute de joie tout autant car certains rapprochements font mal : l’Escort Cosworth de 1993 c’était 300-400 chevaux sous le capot, quatre roues motrices et le reste ; l’Escort RS 2000, c’est 220 chevaux, et deux roues motrices…

 

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