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Mai 1994 : Kruger inquiet, Grandjean serein, Grosjean batailleur... Imprimer Envoyer
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Samedi, 04 Mai 2019 16:09

… mais tous les trois vainqueurs : Philippe Kruger au Rallye de Lorraine, François Grandjean au Rallye de la Plaine et Philippe Grosjean au Sprint de La Bresse.

 

Grandjean-La-Plaine-1994-action-bisFrançois Grandjean (photo) partait grand favori du Rallye de La Plaine. Le pronostic était juste.

 

À croire que Philippe Kruger s’était préparé à un Rallye de Lorraine tranquille. Sa nervosité est patente au sortir d’une première étape qui l’a vu pourtant creuser un écart de quinze secondes sur Pierre Bos et sa Ford. Kruger s’en prend à sa voiture, qu’il qualifie de « vieux clou », d’auto totalement dépassée » comparée à l’Escort Cosworth de Pierre Bos à laquelle il rendrait au bas mot « deux secondes au kilomètre ».

Précisons qu’après une panne radio pas si anecdotique que ça dès la première spéciale, la pompe à essence de la Celica a effectivement fait des siennes dans la deuxième spéciale. Kruger du coup se demande si sa voiture ne serait pas en train de lui préparer un mauvais coup, un peu comme la Citroën ZX de Jean-Paul Bouquet ou l’Opel Astra de Christian Hot dont les boîtes de vitesses défaillantes ont provoqué l’abandon de leurs pilotes.

Dans le groupe N, Olivier Virlat, au volant d’une Clio Williams qu’il ne conduit que pour la deuxième fois, a pris la tête devant Jean-Luc Martinazzo (Ford Escort Cosworth), Alain Vauthier (Ford Sierra Cosworth) et Marc Vilte (R5 GT turbo). Rien n’est fait entre les quatre hommes car aussi bien Martinazzo que Vauthier estiment qu’ils pourront passer à l’offensive dès lors qu’ils auront réglé les soucis techniques (boîte de vitesses pour Martinazzo et freinage instable pour Vauthier) qui les ont retardés lors cette étape. En attendant, Virlat a l’avantage. Et le Nancéien, qui vient de signer une victoire de groupe aux 500 Nocturnes, promet d’être un gros client le lendemain.

 

Kruger et Virlat confirment

Même si Kruger trouve que sa Celica n’est pas parfaite, il fait avec. Et plutôt bien car il accroit d’entrée de jeu son avance sur Bos en enlevant les deux premières spéciales de la deuxième étape. Porté à vingt-trois secondes, l’écart n’est pas encore décisif mais suffisamment confortable pour compenser une erreur éventuelle. Kruger d’ailleurs la commet, cette erreur, en partant en pneus slicks sous la pluie dans la dernière spéciale, ce qui vaut à Bos, qui a choisi des gommes mixtes, de lui reprendre quatre secondes. Mais ce n’est pas suffisant pour priver Kruger de sa troisième victoire consécutive. Une victoire qu’il aurait certes préférée paisible mais le dernier mot lui est resté.

Et il est aussi resté à Virlat en groupe N. La R5 GT turbo de Marc Vilte, moteur en panne, n’a pas pu sortir du parc fermé. Puis au cours de la journée, le lot des candidats à la victoire a encore perdu une unité lorsque Jean-Luc Martinazzo est sorti de la route. Le niveau de performance de la Sierra de Vauthier s’est certes accru depuis que son pilote a changé les freins arrière mais ce changement est intervenu trop tard, si bien qu’à l’arrivée, Virlat l’a emporté de six secondes.

 

Le Lorraine n’est plus ce qu’il était

Avec ses trente pauvres voitures rescapées, le parc fermé d’arrivée du Rallye de Lorraine fait grise mine. Il reflète le niveau auquel est tombée ce qui fut la course la plus prestigieuse du quart nord-est de la France, inscrite un temps au Championnat d’Europe des rallyes. L’ASAC Lorrain invoque « la conjoncture économique mauvaise » et « le fait que les rallyes ne soient plus très populaires auprès des autorités ». Quant à la décision de se passer de nouveau des routes du massif vosgien, elle est justifiée par le même ASAC Lorrain par « l’absence de subvention du département des Vosges ».

 

Classement scratch

1.    Kruger – Souchal, Toyota Celica GT, 1h 25’ 51’’, 1er groupe A
2.    Bos – Brissard, Ford escort Cosworth, à 12’’
3.    Virlat – Meyer, Renault Clio Williams, à 5’ 06’’, 1er groupe N
4.    Vauthier – Petitjean, Ford Sierra Cosworth, à 5’ 12’’
5.    Besançon – Théveny, Citroën ZX, à 7’ 08’’
6.    Aulenbacher – Ruf, Subaru Impreza, 9’ 56’’
7.    Wehrlé – Roetsch, Renault 5 GT turbo, à 10’ 38’’
8.    Kridel – Gitzinger, Ford Escort Cosworth, à 11’ 07’’
9.    Marchal – Rappine, Renault 5 GT turbo, à 12’ 06’’
10.  Lehmann – Fries, VW Golf GTI, à 12’ 14’’, etc

 

Gavoille-Plaine-1994--actionJacques Gavoille (photo) souffle la deuxième place du Rallye de la Plaine à Jean-Marc Durr. Une vraie performance.

Rallye de la Plaine : Grandjean sans rival

Comme en écho, huit jours plus tard, le président de l’ASA Mirecourt se félicite de l’excellent accueil réservé par les collectivités au Rallye de la Plaine : « les municipalités nous aident, c’est un plaisir d’organiser un rallye dans ces conditions » souligne le bienheureux organisateur d’une épreuve qui s’apprête à accueillir une centaine de concurrents. Le double du Lorraine…

Le vainqueur de l’édition précédente, Pascal Voirin, est au rendez-vous avec une Porsche 911 qu’il vient seulement de prendre en mains et qui selon lui n’est pas encore au point. Bon gré mal gré, le Vosgien fait donc de François Grandjean le grand favori et à raison car le Haut-Saônois l’emporte après avoir contrôlé la plus grande partie de la course. Seul Jean-Marc Durr (Clio) a réussi à lui prendre une spéciale, en l’occurrence la première, ce qui a pu faire croire que l’Alsacien pourrait faire un vainqueur possible. Mais Grandjean a vite répliqué, et Jacques Gavoille (Renault 11 turbo) a même fait reculer Durr à la troisième place.

Pascal Voirin se contente de la cinquième place. À ses dires, il ne pouvait pas mieux faire sur les routes très compliquées de cette épreuve où il fallait successivement affronter des parties sèches, humides et de la terre.

Quant au groupe N, il revient à Marc Vilte, grand sorcier incontesté de la tribu R5 GT turbo qui comptait à la Plaine pas moins de vingt unités.

 

Classement scratch

1.    Grandjean – Mauffrey, BMW M3, 18’ 38’’, 1er groupe A
2.    Gavoille – Hurter, Renault 11 turbo, à 14’’, 1er groupe F
3.    Durr – Graff, Renault Clio, à 19’’
4.    Vilte – Hocquart, Renault 5 GT turbo, à 32’’, 1er groupe N
5.    Voirin – Voirin, Porsche 911, à 49’’
6.    Marchal – Rappine,  Renault 5 GT turbo, à 57’’
7.    Goettelmann – Brion, Alfa Romeo GTV, à 1’
8.    Roy – Fombaron, Renault 5 GT turbo, à 1’ 03’’
9.    Chkondali – Hollard, Renault 5 GT turbo, à 1’ 06’’
10.  Gilbert – Dexemple, Renault 5 GT turbo, à 1’ 07’’, etc

 

Grosjean-La-Bresse-1994À La Bresse, Philippe Grosjean (photo) remporte la bataille des Alpine de haute lutte.

Sprint de La Bresse : Grosjean résiste à Serrière

À la fin du mois, le Sprint de La Bresse réunit à son tour une centaine de concurrents. À croire que les rallymen de la région ont désormais jeté leur dévolu sur les épreuves régionales aux budgets il est vrai moins  élevés. Avec sa forte déclivité, La Route des Américains réussit aux Alpine A110 qui signent un doublé avec Philippe Grosjean et René Serrière. Dans le dernier des quatre tours de course, Serrière réalise un temps canon mais il lui manque trente-trois centièmes de seconde pour combler son retard sur Grosjean, plus régulier.

Grosjean et Serrière bénéficient toutefois d’un coup de pouce du destin. Jean-Pierre Rontfort (Porsche 911) est en tête à l’entame du dernier tour mais un travers sur une flaque d’huile lui fait perdre tout le bénéfice de sa course. « Je pense que j’ai perdu trois secondes » explique le pilote belfortain, dont le seul espoir repose alors sur l’arrivée de la pluie (à ce moment les deux Alpine ne se sont pas encore élancées). Espoir déçu puisque Grosjean et Serrière vont courir sur une chaussée totalement sèche.

L’inoxydable Daniel Mermod (Peugeot 309 GTI) signe une victoire inespérée dans le groupe A totalement dominé par Jean-Marc Durr (Clio) jusqu’à ce que ce dernier sorte de la route. L’Alsacien paie cher un instant de déconcentration : quarante secondes.

Enfin, et pour ne pas changer, les premières places du groupe N sont occupées par des R5 GT turbo : Jean-Marie Mosser s’impose devant Jean-Renaud Marchal et Philippe Weiss.

 

Classement scratch

1.    Grosjean – Lemporte, Alpine A110, 11’ 01’’ 28, 1er groupe F
2.    Serrière – Jeannin, Alpine A 110, à 00’’33
3.    Rontfort – Mouge, Porsche 911, à 2’’03
4.    Ruer – Trichot, Simca Rallye III, à 6’’78
5.    Courtois – Buchert, Renault GTS, à 11’’38
6.    Goettelmann – Brion, Alfa Romeo GTV, à 27’’02
7.    Meyer – Hugel, Renault 5 turbo, à 27’’11
8.    Gavoille – Hurter, Renault 11 turbo, à 28’’41
9.    Mermod – Kersten, Peugeot 309 GTI, à 30’’ 24, 1er groupe A
10.  Mosser – Kuntz, Renault 5 GT turbo, à 30’’ 85, 1er groupe N, etc

 

En mai toujours

Stéphan Grégoire en échec à Indianapolis. L’équipe Formula Project avec laquelle Stéphan Grégoire a disputé les 500 Miles d’Indianapolis en 1993 est repartie en France faute d’avoir réussi à monter un programme dans le championnat américain. Convaincu que son avenir est désormais aux Etats-Unis (il s’est installé à Indianapolis), le pilote vittellois a décliné une (hypothétique) participation aux 24 Heures du Mans avec ses anciens employeurs, lui préférant les 500 Miles dont il parvient à disputer tant bien que mal les essais avec une Lola-Buick de l’écurie Dick Simon. Mais 94 ne ressemble pas à 93 : engagé dans de mauvaises conditions et insuffisamment préparé, il ne parvient pas à se qualifier. Il avait rêvé à mieux pour trouver un volant en Indycar ou en Indylight, les championnats dans lesquels il veut maintenant faire carrière.

 

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