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Avril 1994 : Kruger tient enfin son Vignoble Imprimer Envoyer
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Lundi, 08 Avril 2019 14:46

Philippe Kruger s’y est repris à trois fois pour remporter le Rallye du Vignoble Alsacien. Une belle preuve de persévérance.

 

Kruger-1994Philippe Kruger aurait voulu remporter le Rallye du Vignoble Alsacien avec une vraie opposition. C'est raté. Mais la victoire au moins était là.

 

Philippe Kruger n’est ni rancunier ni superstitieux et il le prouve en s’engageant une fois de plus au Rallye du Vignoble Alsacien qui ne lui a vraiment pas réussi lors des deux éditions précédentes : en 92, une erreur de pointage de son navigateur l’a privé d’une victoire qu’il avait conquise au chrono. Puis, en 93, une répétition de défaillances de sa Toyota Celica a provoqué son abandon alors qu’il était, là encore, en tête.

Songe-t-il à cette mauvaise série alors qu’il vient de franchir la ligne d’arrivée ce jour d’avril 94, et cette fois enfin en vainqueur ? « Je serais mal venu de sauter au plafond » lâche-t-il, avec un visage de marbre.

 

Kruger devant et tous les autres derrière

La vérité est que le pilote de la Toyota souhaitait se libérer avec une « vraie » victoire mais cela n’a pas été le cas. Après deux spéciales, soit une vingtaine de kilomètres chronométrés seulement, il a creusé un écart décisif sur le deuxième, Jean-Marc Durr (Clio) pointé à quarante secondes, et Jean-Paul Bouquet (Citroën ZX) à quarante-trois secondes. Il ne peut même plus compter sur Martinazzo (Ford Escort Cosworth) pour le sortir de l’ennui puisque celui-ci a plié bagage dès la première spéciale en raison d’une panne de pompe à essence.

On se rabat sur le duel pour la deuxième place pour se passionner encore pour cette course mais, pas de chance, il perd l’un de ses protagonistes, Jean-Paul Bouquet, moteur HS. Durr finit tranquillement mais avec plus de deux minutes et demi de retard sur Kruger.

Pour respecter la tradition selon laquelle il fallait quand même que quelque chose ne tourne pas rond, Kruger révèle ensuite que des soucis d’injection lui ont fait craindre le pire en début de course mais à tort puisque ces soucis se sont envolés comme par enchantement. L’embrayage ensuite a fait des siennes et, à en croire le pilote, il n’aurait pas tenu une spéciale de plus. D’où ce commentaire ironique de Kruger selon lequel « la Celica est une gentille voiture, elle casse lentement ».

 

La totale pour Daniel Forès

Les concurrents de la Coupe Renault Sport étaient de la fête, heureusement pour le plateau qui n’était pas bien lourd avec 51 partants. L’un d’eux, Daniel Forès, se félicita d’avoir fait le déplacement, s’emparant en effet de la troisième place scratch, de la victoire en groupe N et de la victoire en Coupe Renault. Le Lorrain bénéficia d’un sérieux coup de pouce de la chance car Deleuze dominait les débats jusqu’à ce qu’il commette une erreur grossière (un tour de trop) lors de la spéciale en ville de Sélestat.

 

Classement scratch

1.    Kruger – Souchal, Toyota Celica, 1h 06’ 21’’, 1er groupe A
2.    Durr – Graff, Renault Clio, à 2’ 32’’
3.    Forès – Dart, Renault 5 GT turbo, à 3’ 21’’, 1er groupe N
4.    Rochelle – Chary, Renault 5 GT turbo, à 3’ 33’’
5.    Vauthier – Petitjean, Ford Sierra Cosworth, à 3’ 40’’
6.    Goettelmann – Wasser, Alfa GTV6, à 4’ 21’’, 1er groupe F
7.    Jene – Jene, BMW M3, à 4’ 25’’
8.    Hess – Hess, Ford Escort Cosworth, à 4’ 54’’
9.    Pereira – Cossin, Ford Escort Cosworth, à 5’ 54’’
10.  Schaellebaum – Matter, Ford Sierra Cosworth, à 6’ 38’’, etc

 

Ronde du Florival : Ligibel toujours

La Ronde du Florival est la chasse gardée de Thierry Ligibel, vainqueur trois fois consécutivement avec une Golf groupe F. Le pilote alsacien continue sur sa lancée en 94 mais avec une BMW M3. À défaut de se hisser au niveau du leader, Deniset (R5 Turbo) et Gavoille (R11 Turbo) se contentent de la bagarre pour la deuxième place, laquelle revient à Deniset d’un souffle.

 

Classement scratch

1.    Ligibel – Kien, BMW M3, 15’40’’, 1er groupe A
2.    Deniset – Voutaz, Renault 5 Turbo, 16’05’’, 1er groupe F
3.    Gavoille – Sompayrac, Renault 11 turbo, 16’08’’
4.    Goettelmann – Brion, Alfa GTV, 15’16’’, 16’16’’
5.    Weiss – Jacquat, Renault 5 GT turbo, 16’27’’, 1er groupe N
6.    Mosser – Kuntz, Renault 5 GT turbo, 16’29’’
7.    Brunn – Haberer, Ford Escort RS, 16’47’’
8.    Remy – Vinel, Peugeot 205 GTI, 16’57’’
9.    Ehrhardt – Zingle, Honda Civic, 17’04’’
10.  Viry – Humbertclaude, Renault 5 GT turbo, 17’05’’, etc.

 

Eric Mauffrey sans budget

Eric Mauffrey a participé à la saison 1993 grâce au « fonds tabac » mis en place par le Ministère de la jeunesse et des sports pour soutenir quelques pilotes français au talent reconnu. Cette aide est reconduite mais pas pour le pilote vosgien qui figurait pourtant dans une liste dite « prioritaire ». On se pince en écoutant les explications fournies par Eric Mauffrey puisqu’à ses dires, il paierait le fait d’avoir présenté son dossier avec une Ford. Or, toujours selon Eric Mauffrey, le ministère aurait décidé d’aider uniquement les pilotes  alignant des voitures « tricolores ». On se précipite donc sur la liste des pilotes bénéficiaires du fameux  « fonds tabac », et là, surprise : Baroni, Bernardini, Polo et Cazeau ont choisi des Ford, Loubet une Opel et Bourion une Golf…

La saison précédente, un conflit  a opposé Eric Mauffrey à son préparateur Pierre Bos et s’est conclu par l’arrêt prématuré du programme du pilote. Mauffrey se dit persuadé « qu’on tire un trait sur Bos et dans la foulée sur Eric Mauffrey parce qu’il a eu le malheur de se retrouver au milieu d’une sale histoire ».


En avril toujours

Ouverture victorieuse pour Debias. Christian Debias était-il plus affûté que Daniel Boccard grâce à sa saison de Trophée Andros ? C’est la théorie avancée par le champion en titre pour expliquer sa défaite face au Nancéien lors de la manche d’ouverture du Championnat de France de la Montagne au Col Saint-Pierre. On ne savait pas que le pilotage sur glace et celui d’une Martini F2 sur l’asphalte étaient comparables mais pourquoi pas. La course après tout s’est disputée dans des conditions hivernales… Ces conditions, François Jakubowski s’en accommode fort bien en groupe N puisqu’il impose sa Ford Escort Cosworth devant celle de Pernot.

 

Le Rallye de Lorraine toujours sans les Vosges. Restrictions budgétaires obligent, le Rallye de Lorraine boude les Vosges pour la deuxième année consécutive. Le président de l’ASAC Lorrain, Jean-Claude Hector, se dit décidé à y revenir dès qu’on l’y aidera ; en clair, lorsque le Conseil Général des Vosges sera disposé à mettre la main à la poche, à l’exemple du Conseil Général de Meurthe-et-Moselle et du Conseil régional de Lorraine. En attendant, le Lorraine va essayer de faire payer l’entrée des spéciales, opération qui selon Jean-Claude Hector, s’est révélée « très rentable » lors du précédent Rallye Alsace-Vosges.

 

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