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Janvier 1994 : Chatriot très content, le patron du Trophée Andros beaucoup moins Imprimer Envoyer
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Mercredi, 02 Janvier 2019 15:04

Déjà vainqueur l’année précédente avec une Mercedes, François Chatriot domine encore la manche vosgienne du Trophée Andros avec une Opel Astra. L’ex-rallyman doit cependant partager la vedette avec la piste en très mauvais état. Le patron du Trophée Andros menace de ne pas revenir à La Bresse si des travaux ne sont pas engagés.


Andros La Bresse 1994 Chatriot podiumBattues à Val Thorens, les Opel prennent leur revanche grâce à François Chatriot (au centre). Les Méga et Maurice Chomat (à gauche) marquent tout de même de gros points et les Citroën AX (Christophe Vaison à droite) surprennent en accédant au podium.


« Ce sera très tendu cette année, aucune équipe ne pourra se détacher ». À La Bresse où il venait de s’imposer, François Chatriot résumait le sentiment général après les deux premières épreuves du Trophée Andros cuvée 1994. Il est vrai que si le deuxième rendez-vous de la saison avait tourné à l’avantage de l’ancien rallyman et de l’équipe Snobeck qui alignait désormais des Opel Astra V6, le premier, à Val Thorens, avait tourné à la démonstration pour l’équipe Méga, auteur d’un spectaculaire triplé avec Chomat, Chauche et Gache. Une très belle entrée en matière pour cette équipe qui avait porté son choix sur des moteurs Ford Cosworth 2 litres à la puissance modulable (de 280 à 400 chevaux) selon la pression de turbo. Dans cette manche alpine, François Chatriot avait dû se contenter d’une cinquième place certes pas catastrophique mais quand même annonciatrice de gros travail pour la mise à niveau des Opel.


Vatanen est là et il signe le meilleur temps des essais

La victoire de La Bresse signifiait-elle qu’elles l’étaient, au niveau ? C’est ce que dira plus tard Dany Snobeck, leur préparateur. Quant à l’affirmer de manière péremptoire, c’était oublier que les conditions de course avaient été pour le moins particulières. Dans les Vosges, et comme le voulait, semble-il, une nouvelle « coutume » météo début janvier, la température avait été très douce, et en tout cas trop élevée pour une épreuve du Trophée Andros. Passé les essais, le peu de glace encore présent au coup d’envoi avait disparu, si bien qu’aucune équipe n’avait échappé aux crevaisons et casses de toutes sortes. Deux exemples parmi d’autres : un tonneau de Jacques Lafitte provoqué par un trou; ou encore le renoncement prématuré des deux Mercedes 190 de l’équipe Monaco Racing Team faute de pièces pour finir le week-end. L’abandon du MRT était passé d’autant moins inaperçu que celui-ci, à la surprise générale, était venu avec Ari Vatanen dans ses bagages et que ledit Vatanen avait signé le meilleur chrono des essais.

 

Deux manches sur trois pour Chatriot

Andros La Bresse 1994 LaffiteUne des « victimes » les plus illustres de la piste de La Bresse : Jacques Lafitte, parti en tonneaux à cause d’un trou.Or, le grand Finlandais n’avait même eu pas le loisir de participer à la première manche qualificative, faute de volant : lancé avant Vatanen sur cette même voiture, Patrick Tambay avait cassé l’ancrage d’un amortisseur et la réparation n’avait pu être effectuée à temps. Du coup, le Champion du monde des rallyes 1981 s’était trouvé réduit au rôle de simple spectateur de cette manche enlevée à la surprise générale par la Citroën AX de Jean-Pierre Malcher devant la Méga de Maurice Chomat et l’Opel Astra de François Chatriot.

Les cartes étaient totalement rebattues quelques heures plus tard lors de la deuxième manche qualificative puisque Chatriot  s’imposait devant l’AX de Christophe Vaison et la BMW 318 de Bertrand Balas. Si Vatanen cette fois avait couru, son bilan était catastrophique puisque sa voiture était désormais au bord du K.O. technique. Le lendemain matin, le Finlandais apparaissait certes dans la troisième manche mais pas longtemps. Après une nouvelle casse, le MRT pliait bagages faute de pièces pour terminer. Chatriot en revanche exultait : il remportait cette dernière manche devant Chomat (Méga) et Bugalski (BMW 318) et sa victoire était assurée, un an après celle acquise sur une Mercedes 190.

Disputées pour la bonne bouche, les finales en peloton faisaient se lever les 15 000 spectateurs massés autour du circuit. Mais leur enthousiasme n’était pas partagé par tout le monde. Songeant au prix de revient de ce week-end, les responsables d’écuries faisaient grise mine en assistant aux tortures que la piste à la limite du praticable infligeait à leurs voitures.

 

Andros La Bresse 1994 vue finale Circuit de glace ou spéciale de rallye ? La piste de La Bresse avait pris comme un coup de vieux à l’heure des manches qualificatives et à plus forte raison lors des finales.


Mamers : « j’ai dix stations dans les Alpes qui m’attendent »

Si Bernard Darniche, quatrième pilote Méga, affirmait que la course de La Bresse « c’était la loterie », Dany Snobeck ne retenait pas la même leçon. Pour lui, « les voitures qui marchent dans les terrains difficiles marchent partout ». L’étape vosgienne, poursuivait Snobeck, révélait d’abord « le travail entrepris sur le moteur, la direction et les suspensions des Opel Astra depuis Val Thorens ».

L’analyse de Darniche était celle de la plupart des équipes. C’est d’ailleurs celle que le patron du Trophée Andros, Max Mamers, relayait en demandant aux organisateurs bressauds d’engager des travaux sur le circuit du Pont de Brâmont, ce qui voulait dire non seulement goudronner la piste mais aussi améliorer l’état du paddock. « Je n’aurai pas de mal à trouver un autre endroit pour courir, expliquait-il avec force, j’ai dix stations dans les Alpes qui m’attendent ». Directement visée par son attaque, la mairie de La Bresse expliquait que ce goudronnage ne pouvait s’affranchir de certains préalables actuellement à l’étude (bilan financier de l’épreuve, échange de terrains, etc) mais que l’affaire était en bonne voie.

Trois semaines plus tard, Mamers indiquait clairement qu’il ne se contenterait pas de paroles. Il adressait un courrier recommandé aux organisateurs dans lequel il indiquait que le Trophée Andros ne reviendrait pas si la piste n’est pas goudronnée à la date du 1er juin. De quoi faire tomber de haut les Bressauds, persuadés que trois années consécutives d’une incontestable réussite populaire les avaient installés définitivement dans le calendrier du Trophée Andros.  


Classement scratch

1.Chatriot François, Opel Astra V6 ; 2.Chomat Maurice, Méga ; 3. Vaison Christophe, Citroën AX ; 4. Bugalski Philippe, BMW 318 ; 5.Malcher Jean-Pierre, Citroën AX. 6. Balas Bertrand, Méga ; 7. Gache Philippe, Méga ; 8. Ferté Michel, Opel Corsa ; 9. Chauche François, Méga ; 10. Tarrès Marcel, BMW 318

 

Opel-Méga : 2-2

Après La Bresse, François Chatriot signe sa deuxième victoire consécutive à Isola 2000 et les Opel enlèvent même la deuxième place grâce à Dany Snobeck. Le vent aurait-il tourné depuis la manche d’ouverture ? Non car Méga réplique avec une victoire de François Chauche à Lans-en-Vercors. François Chatriot, devancé par l’AX de Christophe Vaison, ne finit que troisième mais il reste leader du Trophée à deux épreuves de la fin.

 

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