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Septembre 1993 : Hazard et Mauffrey tournent la page Imprimer Envoyer
SPORTS - RETRO SPORTS
Mardi, 04 Septembre 2018 15:05

Jan-Hug Hazard et Eric Mauffrey tirent un trait sur le Championnat de France des rallyes, le premier par déception, le second après un différend avec son préparateur. Hazard se console en remportant le Rallye des Brimbelles dès son retour dans la région.

 

Hazard-Brimbelles-1993-actionÀ l'occasion de son retour dans la région, Hazard a retrouvé le volant d'une BMW M3, sa voiture fétiche.

 

Fin de l’épisode Championnat de France pour Jan-Hug Hazard. Déçu par son expérience au volant d’une Ford Escort Cosworth groupe N qui ne lui a apporté aucune satisfaction, le Nancéien a décidé de revenir aux bons vieux rallyes de sa région, ceux qu’il connaît si bien, et dont il a même, pour certains, gagné plusieurs éditions comme ce Rallye des Brimbelles déjà enlevé à trois reprises et dans lequel il s’aligne de nouveau avec sa voiture fétiche, une BMW M3. Celle-dont il dispose pour cette course a été pilotée récemment par Mourgues au Rallye des Garrigues et elle est annoncée comme étant très performante.

Les deux premiers tronçons chronométrés laissent planer un léger doute à ce sujet puisque Hazard est devancé à deux reprises par la Toyota Celica de Philippe Kruger : une fois de sept secondes et une fois de cinq secondes. Mais la hiérarchie s’inverse rapidement. Hazard refait son retard dans les deux tronçons suivants et s’installe à une première place qu’il n’abandonnera plus jusqu’à l’arrivée, franchie avec une confortable avance sur la Toyota.

Hazard révèle que son entame de course a été prudente, d’où ces deux chronos abandonnés à Kruger ; ne pas monter trop haut dans les tours, anticiper les freinages, limiter les appuis… Le Nancéien souhaitait se donner le temps de se réhabituer au pilotage de la BMW après les longs mois passés en Championnat de France au volant d’autres montures.

Kruger de son côté explique qu’il n’a pas pu se battre à la régulière du fait d’une collection de pépins entamée, ce n’est pas banal, par la perte de son bouchon de réservoir à une assistance, ce qui selon lui provoqua : d’une part des problèmes d’alimentation de son moteur, ensuite son énervement. A la clé, une sortie de route et deux tête-à-queue dans la même spéciale. Pour ne rien arranger, la puissance de la Toyota se serait dégradée au fil des kilomètres, vraisemblablement en raison de la rupture d’un composant électronique.

 

Voirin-Brimbelles-1993-actionUn scratch en spéciale pour Pascal Voirin, à Girmont évidemment, chez lui.


Pascal Voirin en forme

Sur le papier, Alibert était aussi un candidat à la victoire mais son chrono de la première spéciale est loin d’avoir confirmé ce pronostic, sans doute en raison des problèmes de boîte de vitesses de sa R5 turbo qui l’ont contraint à abandonner dès la deuxième spéciale. Pascal Voirin (Porsche 911) en revanche était un gros outsider et il l’a confirmé en s’emparant d’une  troisième place que nul ne lui a contestée. Il avait déjà pris l’avantage sur Marcel Patrois (Clio) lorsque ce dernier abandonna, privé d’assistance de direction. Dominé aussi, Christian Hot (Opel) jeta l’éponge lors de la dernière spéciale à la suite d’une crevaison. Jacques Gavoille (Renault 11 turbo) sauta sur l’occasion pour s’emparer de la quatrième place scratch.

 

Vauthier-Brimbelles-1993-actionAlain Vauthier : vainqueur du groupe N malgré les caprices de sa Ford Sierra.


Groupe N : Vauthier de justesse

Le groupe N revient à Alain Vauthier qui toutefois franchit la ligne d’arrivée en poussant un gros « ouf » de soulagement. Des problèmes de pression de turbo à répétition sur sa Ford Sierra Cosworth lui ont fait craindre d’abandonner la victoire à Gérard Garilli (Honda Civic) qui ne l’a pas lâché d’une semelle. Lionel Didierlaurent, qui avait choisi ce rallye comme « épreuve joker » dans le cadre du Trophée Citroën ZX, finit troisième du groupe.

Hess (Ford Escort) et le débutant Pereira (Ford Sierra) ont quitté la course dès le premier tronçon chronométré, Hess en raison de problèmes mécaniques, Pereira après plusieurs tonneaux suivis de l’incendie de sa voiture. Martinazzo (Ford Escort) a renoncé après la deuxième spéciale, trahi lui aussi par sa mécanique.

En Coupe Renault, Pascal Mackerer était sur son terrain. L’Alsacien en a profité pour signer une victoire qui lui a permis de marquer de précieux points au classement général. Les deux hommes qu’il redoutait le plus lui ont facilité le travail, l’un, Deborde, sortant dans la deuxième spéciale (abandon) et l’autre, Samuel, crevant dans la troisième. Mackerer dès lors n’avait plus qu’à assurer.


Classement scratch

1.    Hazard – Jaffeux, BMW M3, 1h 06’ 25’’, 1er groupe A
2.    Kruger – Souchal, Toyota Celica, 1h 08’ 17’’
3.    Voirin – Voirin, Porsche 911, 1h 09’ 07’’, 1er groupe F
4.    Gavoille – Gauthier, Renault 11 turbo, 1h 12’ 11’’
5.    Mackerer – Risser, Renault Clio 16S, 1h, 12’ 40’’
6.    Villemin – Géhin, VWGolf 16S, 1h 13’ 50’’
7.    Samuel – Biju, Clio 16S, 1h 14’ 32’’
8.    Vauthier – Petitjean, Ford Sierra Cosworth, 1h 14’ 32’’, 1er groupe N
9.    Garilli – Marandel, Honda Civic, 1h 14’ 38’’
10.  Didierlaurent – Perrin, Citroën ZX, 1h 14’ 53’’

 

Eric Mauffrey jette l’éponge

La trêve estivale a permis à Eric Mauffrey de se remettre de son accident au Rallye du Rouergue. Si le pilote vosgien a annoncé sa ferme intention de jouer la gagne à la rentrée, les faits ne lui donnent pas raison car il ne termine qu’à la sixième place du Rallye du Mont-Blanc, assez loin de Philippe Bugalski, qui a profité de l’absence du leader du championnat, Bernard Béguin, pour emmener sa Lancia Delta à la victoire pour la première fois de la saison. Espéré un temps, César Baroni était lui aussi absent.
Mauffrey-1993-portraitLes relations entre Eric Mauffrey (photo) et son préparateur n’ont jamais été bonnes.Eric Mauffrey vient de participer à sa dernière course de la saison. La raison de ce retrait n’est pas fournie par les intéressés mais les langues se délient au fil des jours et révèlent que les relations entre le pilote et son préparateur, Pierre Bos, étaient mauvaises depuis le début de leur collaboration. Eric Mauffrey, pour résumer, estimait que le préparateur en question ne mettait pas à sa disposition tous les moyens accordés par le « fonds tabac » créé par le ministère de la Jeunesse et des Sports pour soutenir quelques pilotes. Le principe de fonctionnement de ce fameux fonds, à savoir que le budget était versé aux préparateurs et non aux pilotes, favorisait ce type de querelle. La preuve.
Dans un tel contexte, le moindre incident supplémentaire ne pouvait que faire éclater l’incendie. Il survint donc au Mont-Blanc, lorsque Bos réclama une rallonge de budget.
Outre les conséquences immédiates de sa décision, Eric Mauffrey redoutait celles à venir : « J’espère que je ne vais pas payer pour cela l’année prochaine si de nouvelles aides sont distribuées. Je ne suis en rien responsable de ce qui se produit mais qui s’en souviendra dans un an ? »

En septembre toujours

Didierlaurent garde la main. Même s’il n’a terminé que deuxième derrière De Favéri au Rallye de la Chataigne, Lionel Didierlaurent reste en tête du Trophée Citroën ZX. Le Vosgien ne s’en sort pas trop mal car son attitude trop attentiste dans la deuxième spéciale disputée sous des trombes d’eau lui a coûté trente secondes. Il s’est repris par la suite et il a fini par revenir à une deuxième place généreuse en points pour le Trophée. Celle-ci lui assure même de terminer premier ou deuxième après les deux dernières épreuves à courir dans le Limousin et dans l’Yonne.

 

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