Juillet 1993 : Mauffrey, Grosjean, Didierlaurent, Grobot, etc Imprimer
SPORTS - RETRO SPORTS
Mercredi, 11 Juillet 2018 15:39

Eric Mauffrey sort de la route au Rouergue, Philippe Grosjean s’offre la Ronde Ruppéenne, Lionel Didierlaurent reste leader du Trophée ZX et Bernard-Etienne Grobot enregistre sa deuxième défaite consécutive.

Le mois de juin a redistribué les cartes en Championnat de France des rallyes. César Baroni, parti glaner quelques lauriers en Championnat d’Europe, a momentanément laissé le champ libre à Bernard Béguin qui s’est toutefois découvert un nouvel adversaire en la personne d’Eric Mauffrey au Rallye Alsace-Vosges. Même si le pilote vosgien ne dispose pas d’une Ford Escort Cosworth aussi évoluée que celle de Béguin, il est très compétitif, et au moins autant que Philippe Bugalski et sa Lancia Integrale, ce qu’a encore montré la Ronde Cévenole où les deux hommes se sont affrontés dans un duel singulier pour la deuxième place, loin devant le reste du peloton.

Un coup d’arrêt dans la belle série d’Eric Mauffrey.

On prend les mêmes et on recommence au Rallye du Rouergue qui est loin d’être joué  lorsque débute la troisième et dernière étape. Si Bernard Béguin mène la danse, sa marge de manœuvre sur Philippe Bugalski et Eric Mauffrey ne lui permet pas encore de se reposer puisque les trois hommes se tiennent dans une poignée de secondes : la Lancia n’est qu’à quatorze secondes du leader et la Ford à quinze secondes.

Mauffrey-1993-portraitEric Mauffrey.Estimant que la victoire est à sa portée, Eric Mauffrey repart avec la ferme intention de passer à l’offensive. Avec tous les risques que cela comporte. Piégé par une glissade du train avant,  le pilote percute en effet un mur de face. Et plutôt violemment puisque comme Hervé Sauvage, son navigateur, il doit être dirigé vers l’hôpital de Rodez après avoir été extrait de sa voiture. Les examens médicaux révèlent qu’Eric Mauffrey souffre d’une fracture du nez, d’une fracture d’un pied et d’une vertèbre démise, et Hervé Sauvage d’une fracture d’une épaule.

Béguin, lui, est décidément servi par les événements car dans la même spéciale, il bénéficie de l’abandon de Bugalski, turbo cassé. Il signe donc sa troisième victoire consécutive devant Yves Loubet (Ford Escort Cosworth) et Beuzelin (Lancia Integrale). De quoi augmenter sa confiance avant le retour de César Baroni prévu après la trêve estivale, en septembre. Pour sa part, Eric Mauffrey dispose de deux mois pour se remettre de ses blessures et repartir à la chasse au budget en vue de la deuxième demi-saison. Et avec détermination puisqu’il estime désormais « être en mesure de remporter une épreuve ».

Jan-Hug Hazard est nettement moins optimiste : il décide de renoncer au Championnat de France, trop déçu par les résultats de sa Ford Escort Cosworth groupe N.

 

Grosjean-1993-Ruppeenne-actionGrosjean a fait la différence dans la dernière spéciale de la Ronde Ruppéenne.


Ronde Ruppéenne : Grosjean devant

À la surprise générale, la Lotus de Mangel signe le meilleur chrono de la première boucle de la Ronde Ruppéenne. Si l’auto est très rare en rallye, elle est aussi la plus efficace sous la pluie diluvienne qui s’est abattue sur Rupt-sur-Moselle et ses environs. Derrière le leader, Ronfort (Porsche 911), Grosjean (Alpine A110), Gavoille (Renault 11 turbo), Voirin (Porsche 911) et Riblet (Peugeot 309 GTI) sont dans la même seconde et montrent que la course va être indécise.

Problème pour Mangel, sa Lotus est nettement moins compétitive sur une route moins mouillée et comme la pluie a cessé il recule, jusqu’à se retrouver relégué au quatrième rang. Grosjean s’octroie la victoire en signant le meilleur chrono de la dernière boucle et Gavoille souffle la deuxième place à Ronfort pour une poignée de centièmes.

La course a beau s’être déroulée devant sa porte, Jean-Louis Riblet n’a pu suivre le rythme des leaders mais il s’offre une compensation en soufflant le groupe A  à Marcel Patrois. Quant au succès de Dominique Fade en groupe N, il confirme la grande forme du pilote de Moyenmoutier cette saison.

Classement scratch

1.    Grosjean – Schuep, Alpine A110, 9’18, 1er groupe F
2.    Gavoille – Géhin, Renault 11 turbo, 9’23’’
3.    Ronfort – Mouge, Porsche 911, 9’ 23’’
4.    Mangel – Mangel, Lotus, 9’ 24’’
5.    Riblet – Waldmann, Peugeot 309 GTI, 9’ 31’’, 1er groupe A
6.    Patrois – Hingray, Renault Clio, 9’ 43’’
7.    Goettelmann – Wasser, Alfa Romeo GTV, 9’ 45’
8.    Brocard – Lagrange, Alpine A310, 9’ 45’’
9.    Fade – Courroy, Renault 5 GT turbo, 9’ 46’’, 1er groupe N
10.  Remy – Vinel, Peugeot 205 Rallye, 9’ 56’’

 

En juillet toujours

Lionel Didierlaurent toujours en tête du Trophée ZX. Le Rallye du Rouergue ne s’est pas bien passé pour Lionel Didierlaurent qui a perdu six minutes en sortant de la route dans le huitième tronçon chronométré. Cet incident lui vaut de finir au quatrième rang mais avec une consolation, celle de garder la tête du Trophée ZX avec 61 points d’avance sur Joël Thiéry et 71 points sur Bruno De Favéri.

Bernard-Etienne Grobot n’a plus la main. Daniel Boccard devant Christian Debias : c’est le grand classique du Championnat de France de la Montagne 1993 et il se répète comme depuis le début de la saison à Vuillafans. En groupe N, le début de saison très réussi de Bernard-Etienne Grobot et de sa Ford Escort Cosworth (deux victoires consécutives à Bagnols-Sabran et au col Saint-Pierre) commence à s’estomper : confronté à des problèmes de moteur, le Vosgien subit comme à La Pommeraye la loi de l’Alsacien François Jakubowski.