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Juin 1993 : Mauffrey empêche Béguin de dormir à l’Alsace-Vosges Imprimer Envoyer
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Jeudi, 07 Juin 2018 16:02

Le leader du Championnat de France, César Baroni, ayant renoncé au Rallye Alsace-Vosges, Bernard Béguin se préparait à une course tranquille. C’était oublier la présence d’Eric Mauffrey.

 

Mauffrey-1993-Alsace-Vosges-actionPremière course d’Eric Mauffrey au volant de la Ford Escort Cosworth groupe A et premier coup d’éclat.

 

Sept secondes seulement séparent les Ford Escort Cosworth de Bernard Béguin et Eric Mauffrey à l’issue de la première étape du Rallye Alsace-Vosges. Les deux hommes ont totalement survolé ce début de course puisque le troisième, l’inattendu Suisse Burri (Sierra) accuse déjà un retard de trente-trois secondes sur le leader et Bernardini (Escort) cinquante-cinq. Les Clio d’Oreille et Ragnotti sont à plus d’une minute.

Mauffrey sans ouvreur et avec une assistance insuffisante

Béguin a beau expliquer qu’une soixantaine de kilomètres de spéciales seulement ont été couverts et qu’il ne pouvait pas se mettre à l’abri en si peu de temps, la surprise est tout de même de taille de voir Mauffrey se hisser à son niveau. Leurs Ford Escort d’abord ne sont en rien comparables puisque Béguin, qui roule cette saison pour le team Best, créé avec Dany Snobeck, dispose de la voiture que vient de conduire Biasion au Tour de Corse, donc plus évoluée que celle que le Bos Racing a mis à la disposition de Mauffrey. Outre que le Vosgien n’a effectué que très peu d’essais à son volant et qu’il découvre, entre autres, une boîte à sept rapports inhabituelle pour lui, il s’est élancé dans cette course sans ouvreur. Faute de moyens on l’aura compris.

 

Beguin-1993-Alsace-Vosges-assistanceSi Bernard Béguin (photo) disposait des moyens d’une équipe pro, Mauffrey en était loin.

 

Pour les mêmes raisons, il a dû se contenter d’une assistance réduite et ce handicap est très lourd à porter lors d’une course à la météo capricieuse. Dès le début de la deuxième étape, des averses en effet s’abattent régulièrement sur le massif vosgien et rendent les choix de pneus très hasardeux. « Parfois, les roues dont nous avons besoin se trouvent à dix kilomètres » confirme Eric Mauffrey, contraint de ce fait d’improviser à chaque départ de spéciale. Bien sûr, Béguin commet de temps à autres une erreur, mais il creuse insensiblement l’écart, lequel s’élève à dix-neuf secondes lorsque la barre anti-roulis de l’Escort de Mauffrey cède. À ce moment, la cause est entendue.

« Quand on a eu le goût de la victoire dans la bouche… »

À l’arrivée à Strasbourg, le Vosgien est partagé entre plusieurs sentiments : « Quand on a eu le goût de la victoire dans la bouche, il est certain qu’on éprouve de la déception lorsque cette victoire s’envole » explique-t-il. Côté négatif encore, « ça m’agace quand je vois dans quelles conditions j’ai abordé cette course ». Côté positif en revanche, « nous avons fait une belle course et ce résultat devrait débloquer quelques problèmes de budget qui étaient encore en suspens ». Entendez par là que l’Alsace-Vosges était une sorte de test pour un éventuel sponsor et que grâce à sa course brillante, Mauffrey a pratiquement gagné le budget qui lui permettra de poursuivre en Championnat de France.

Plusieurs têtes d’affiche n’ont pas tenu leur rôle. C’est le cas de Philippe Bugalski (Lancia Integrale), éjecté du haut du classement dès le premier jour en parcourant une dizaine de kilomètres avec une roue crevée, de Dominique De Meyer (BMW M3), victime de plusieurs erreurs de pneus et d’une panne d’essuie-glaces, ou encore d’Alain Oreille (Clio) qui a cassé son moteur, s’est immobilisé sur le bord de la route… où il a été percuté par l’Opel de Christian Hot, surpris par la présence de la Clio à cet endroit. Pas de Philippe Kruger non plus à l’arrivée, le moteur de sa Toyota Celica n’ayant pas tenu. Le Nancéien, pas dans le coup, a probablement quitté la course sans regrets.

Hazard laisse le champ libre à Polo

Dans le groupe N, le duel très attendu entre les Ford Escort Cosworth de Sylvain Polo et Jan-Hug Hazard a tourné court dès le septième tronçon, Hazard devant renoncer, turbo cassé. Du coup, Polo a roulé à sa main, loin devant la Clio de Serge Jordan et l’Escort du Suisse Corboz. Dans ce même groupe, loup d’éclat de Fabien Doenlen (Peugeot 309) n’est pas passé inaperçu puisque le Franc-Comtois, en terminant quatrième, s’est à la fois imposé dans le classement Amateurs et dans le Volant Peugeot.

On notera encore que les organisateurs du Rallye Alsace-Vosges avaient décidé de faire payer l’entrée dans les spéciales. Résultat, l’affluence n’a pas diminué mais la plupart des spectateurs n’ont pas payé.

Classement scratch

1.    Béguin – Chiaroni, Ford Escort Cosworth, 2h 34’ 12’’, 1er groupe A
2.    Mauffrey – Sauvage, Ford Escort Cosworth, à 40’’
3.    Bernardini –Demedardy, Ford Escort Cosworth, à 3’ 17’’
4.    Burri – Zbinden, Ford Sierra Cosworth, à 3’ 46’’
5.    Bugalski – Renaud, Lancia Integrale, à 4’ 04’’
6.    Ragnotti – Thimonier, Renault Clio, à 6’ 09’’
7.    Polo – Chapuis, Ford Escort Cosworth, à 10’ 10’’, 1er groupe N
8.    Orsucci – Savignoni – Renault Clio, à 11’ 43’’
9.    Jordan – Boyère, Renault Clio, à 12’ 30’’
10.  Magaud – Brun, Citroën ZX 16 S, à 16’ 56’’

 

Plaines et Cimes : Ehlinger se rattrape

Un pointage en retard a valu à Ehlinger de perdre le Rallye de la Plaine alors qu’il était le plus rapide au chrono. L’Alsacien n’a répété la même erreur au Rallye Plaines et Cimes et il a donc imposé sa BMW M3 devant la R5 turbo de Vanneyre et la BMW M3 de Grandjean, venu en quelque sorte s'entraîner avant la Ronde Luronne. Confronté à des ennuis de moteur sur sa Porsche, Pascal Voirin confie qu’il a surtout lutté pour ne pas abandonner.

Classement scratch

1.    Ehlinger – Liehr, BMW M3, 10’ 10’’, 1er groupe A
2.    Vanneyre – Vanneyre, Renault 5 turbo, 10’ 20’’, 1er groupe F
3.    Grandjean –Mauffrey, BMW M3, 10’24’’
4.    Deniset – Voutoz, Renault 5 turbo, 10’ 27’
5.    Venturini – Rich, VW Golf GTI, 10’ 28’’
6.    Courtois – Buchert, Renault 11 turbo, 10’ 29’’
7.    Weiss – Jacquat, Renault 5 GT turbo, 10’ 30’’, 1er groupe N
8.    Rochelle – Chary, Renault 5 GT turbo, 10’ 30’’
9.    Wehrlé – Roetsch, Renault 5 GT turbo, 10’ 32’’
10.  Voirin – Voirin, Porsche 911, 10’ 32’’

 

Ronde Luronne : Kruger au petit trot

Démodée en Championnat de France, une Toyota Celica peut encore faire le bonheur de son pilote dans un rallye National. Philippe Kruger en apporte la preuve en remportant une Ronde Luronne qu’il a pourtant entamée assez mollement. Après les deux premiers tronçons chronométrés, il n’est effet pointé qu’en deuxième position derrière l’étonnant Pascal Voirin et son antique Porsche 911, près de rendre l’âme une semaine plus tôt au Rallye Plaines et Cimes.

 

Kruger-1993-LuronneSi Philippe Kruger a attaqué la course timidement, il s’est rattrapé ensuite.

 

Il faut donc attendre la troisième spéciale pour voir Kruger prendre la tête et il le fait plutôt nettement puisque Voirin est relégué à dix-sept secondes en dix-sept kilomètres. Dès lors, Kruger n’a plus qu’à gérer sa course, ce qui veut dire en l’occurrence éviter un éventuel retour de François Grandjean, vite passé devant Voirin. Kruger y parvient d’autant plus facilement que la boîte de vitesses de Grandjean, de toutes manières distancé, s’enraye dans la dernière spéciale et lui fait perdre une grosse poignée de secondes supplémentaires. Voirin quant à lui a des problèmes de transmission et n’a plus qu’un objectif, terminer. En y parvenant, il monte sur la deuxième marche du podium.

 

Duchene-1993-LuronneBenoit Duchène inaugurait une Lancia Delta groupe N.

 

Benoit Duchène inaugure victorieusement une Lancia Delta en groupe N mais Chanet et sa R5 GT turbo ont été de rudes adversaires.

Deux abandons de marque à signaler : ceux des ouvreurs Michèle Mouton (pneus trop usés) et Jean-Claude Andruet (cardan). Vous avez bien lu : Mouton et Andruet.

Classement scratch

1.    Kruger – Charlier, Toyota Celica, 1h 05’ 44’’, 1er groupe A
2.    Voirin – Voirin, Porsche 911, 1h 08’ 28’’, 1er groupe F
3.    Duchène – Leuvrey, Lancia Integrale, 1h 09’ 51’’, 1er groupe N
4.    Chanet – Valentin, Renault 5 GT turbo, 1h 10’ 08’’
5.    Mazzoleni – Lepeule, Renault 5 GT turbo, 1h 10’ 35’’
6.    Grandjean – Mauffrey, BMW M3, 1h 10’ 42’’
7.    François- Poirot, Renault 5 GT turbo, 1h 11’ 26’’
8.    Pierrat – Lemporte, Renault 5 GT turbo, 1h 11’ 33’’
9.    Garilli – Marandel, Honda Civic, 1h 12’ 07’’
10.  Stirling – Kastler, Peugeot 309 GTI, 1h 13’ 34’’

 

En juin toujours

Mauffrey confirme. Son coup d’éclat au Rallye Alsace-Vosges a installé Eric Mauffrey dans la catégorie des gros outsiders du Championnat de France. Il confirme ce statut en se classant troisième du Rallye des Garrigues – Ronde Cévenole, à cinquante-trois secondes de Béguin et vingt-deux secondes de Philippe Bugalski. Le pilote vosgien avoue avoir d’autant plus apprécié ce podium qu’il a été obtenu lors d’une épreuve qui n’était pas vraiment de son goût puisque constituée d’une même boucle à disputer plusieurs fois. Vu le nombre de concurrents, dit Mauffrey, «  au bout d’un moment, il n’y avait plus de trajectoire ».

En groupe N, Jan-Hug Hazard subit une nouvelle déconvenue puisqu’une sortie de route provoque l’incendie de sa voiture. Doenlen en revanche remporte de nouveau le Volant Peugeot.

 

Didierlaurent-1993-actionLionel Didierlaurent tient enfin sa victoire


Didierlaurent est content. Bien que leader du Trophée ZX, Lionel Didierlaurent attend toujours sa première victoire après le Rallye de Vendée qui a vu s’imposer De Favéri. Cette victoire arrive au Rallye des Garrigues – Ronde Cévenole dominé par Bajard jusque ce que celui-ci subisse une crevaison. De Favéri quant à lui est éliminé par sa boîte de vitesses.

 

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