Mai 1993 : Stéphan Grégoire entre dans la légende d’Indianapolis Imprimer
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Mercredi, 30 Mai 2018 17:33

Trois mois plus tôt, le jeune pilote vittellois ne savait même pas qu’il allait disputer les 500 Miles d’Indianapolis. Le 30 mai, il termine l’une des plus grandes courses du monde à la dix-neuvième place.


Gregoire-Indy-1993-actionStéphan Grégoire (Lola-Buick) durant les 500 Miles d’Indianapolis. Près de 400 km/h en pointe…

 

Pari insensé ? Défi ? L’annonce de la participation de Stéphan Grégoire aux 500 miles d’Indianapolis est diversement reçue tant le pilote paraît inexpérimenté au regard d’une telle épreuve. Sa carrière il est vrai se résume à la Coupe AX, la Coupe Porsche, la Formule Renault et enfin la Formule 3, disciplines aux puissances et aux vitesses très éloignées des courses américaines. A Indianapolis, on roule à près de 400 km/h dans les lignes droites…

Et pourtant, Grégoire est dans le coup. Il le prouve durant tout le long mois qui précède la course du 30 mai avec son catalogue de séances d’essais libres puis d’essais chronométrés permettant la composition de la grille de départ.


Gregoire-Indy-1993-paradeLa parade d’Indianapolis, en ville. Cent pour cent « à l’Américaine ».

 

Le jeune vittellois franchit les obstacles un à un : d’abord le roockie-test, destiné à vérifier les aptitudes des pilotes n’ayant jamais participé aux 500 Miles (Grégoire boucle un tour à 333 km/h de moyenne), les essais chronométrés au terme desquels il se qualifie en sixième ligne et enfin la course qu’il termine dix-neuvième.

Pour la petite histoire, il est même en tête au dix-huitième tour, profitant des ravitaillements des premiers. Une position dont il ne profite pas longtemps puisqu’un arrêt au stand lui est imposé par la direction de course pour avoir doublé sous régime de pace car. Il dit ne pas s’en être aperçu.
Gregoire-Indy-1993-arriveeSouffrant de douleurs aux hanches, Grégoire doit se faire aider pour marcher après s’être extirpé de sa voiture.

La course terminée, il sort totalement rincé de sa voiture avec l’aide de deux membres de son équipe. Incapable de marcher en raison de fortes douleurs aux hanches, il révèle qu’il était beaucoup trop serré dans son baquet et qu’il a dû lutter pour aller jusqu’au bout. « Survivre à l’expérience des 500 sera le plus grand exploit de ma carrière » avait confié Nigel Mansell dans la semaine. On comprend pourquoi.

Grégoire quant à lui confie « avoir vécu un truc grandiose, inimaginable ».

Le Brésilien Emerson Fittipaldi, 46 ans, accueille sa victoire devant le Néerlandais Arie Luyendick et Nigel Mansell avec à peine moins d’enthousiasme. Il faut dire qu’avec 400 000 spectateurs dans les tribunes, Indianapolis n’est vraiment, vraiment pas une course comme les autres.

 

Rallye de Lorraine : un doublé tranquille pour Kruger

L’originalité du Rallye de Lorraine 1993, cinquième manche du Championnat de France  de 2e division, est de ne pas venir dans les Vosges. L’ASAC Lorrain est coincée par son manque de moyens et se rabat donc sur un parcours cent pour cent meurthe-et-mosellan qui au demeurant ne fait pas fuir les concurrents puisqu’une centaine sont engagés dont Philippe Kruger, le vainqueur 92 avec sa Toyota Celica et Jan-Hug Hazard avec une Sierra Cosworth groupe A, tous deux candidats à la victoire. En groupe N, le grand favori, le Stéphanois Jacques Tasso, aligne une Escort Cosworth et c’est aussi le cas des Lorrains Jean-Luc Martinazzo ou encore Bruno Houzelot, un ancien Volant Elf, qui s’annoncent comme ses principaux rivaux.

 

Kruger-Lorraine-1993Philippe Kruger n’avait plus d’adversaire après quatre spéciales.

 

Après trois épreuves spéciales, les leaders ne sont pas contents. En tête avec une seconde d’avance, Hazard se plaint de la température de son moteur qui a tendance à s’affoler et Kruger estime que la Celica est trop sous-vireuse du fait du montage de pneus plus étroits que la saison passée, montage rendu obligatoire par la nouvelle réglementation. Seul Tasso, troisième, paraît satisfait de son sort : il a déjà creusé un écart de vingt secondes sur son plus proche adversaire, Houzelot, et paraît inattaquable.

Une spéciale plus loin, Hazard explose un disque de freins et abandonne. Kruger n’a plus qu’à gérer tranquillement sa course jusqu’à l’arrivée. En rien menacé, il s’offre même le luxe, si l’on peut dire, d’une coupure moteur dans la dernière spéciale, coupure résolue d’ailleurs de manière virile : « J’ai dit à Philippe Souchal de mettre des coups de pied dans la voiture et c’est reparti » indique Kruger.

Tasso de son côté révèle avoir essayé de revenir sur Kruger dans la nuit : « J’ai tenté le tout pour le tout dans deux spéciales mais à chaque fois Kruger m’a pris vingt secondes. Il faut croire que ce n’était pas possible de faire mieux ».

Christian Hot, troisième scratch, sait qu’il aura du travail dans la semaine car son moteur a fini à l’agonie. Il lui reste la satisfaction d’avoir décroché une dernière marche du podium qui a été très convoitée puisque José Adam puis Bruno Houzelot l’ont tour à tour occupée avant qu’il ne s’en empare. Mais Adam ensuite est sorti de la route et a abandonné, rejoignant ainsi la liste des malchanceux du jour aux côtés de Patrois (mécanique) et Bouquet (sortie).

Dans le Trophée Citroën ZX, Lionel Didierlaurent a pris la tête dès les premiers kilomètres et l’a conservée durant six spéciales. Mais la suite de sa course l’a déçu puisque de son propre aveu il a « craqué sous la pression » et abandonné la victoire à De Favéri. Consolation pour le rallyman vosgien, il reste en tête du Trophée ZX.

Classement scratch

1. Kruger – Souchal, Toyota Céllica, 1h 18’ 58’’, 1er groupe A
2. Tasso – Ranchoux, Ford Escort Cosworth, à 1’ 42’’, 1er groupe N
3. Hot – Paréja, Opel Astra, à 3’35’’
4. Vilte – Hocquart, Renault R GT turbo, à 3’ 54’’
5. Houzelot –Sol, Ford Escort Cosworth, à 3’ 58’’
6. Dumas – Diague, Peugeot 309, à 6’ 12’’
7. De Faveri – Renaud, Citroën ZX, à 6’ 16’’
8 . Vauthier – Cattant, Ford Sierra Cosworth, à 6’ 47’
9. Virlat – Emond, Peugeot 309, à 6’ 54’’
10. Didierlaurent – Perrin, Citroën ZX, à 6’ 57’’

 

Rallye de la Plaine : les groupe F ont de la chance

La FFSA a bien fait de renoncer à son projet, envisagé fin 92, d’interdire les groupe F. Au Rallye de la Plaine, celles-ci représentent en effet plus de quarante pour cent d’un plateau qui comprend une centaine de voitures ! L’une d’elles, la Porsche 911 de Pascal Voirin, permet d’ailleurs à son pilote de remporter la première victoire scratch de sa carrière. Et une autre groupe F, la Renault 5 Maxi de Vanneyre, signe même la deuxième place.

 

Voirin-Plaine-1993Sa « bonne vieille » Porsche groupe F offre à Pascal Voirin sa première victoire scratch.

 

C’est vrai que les dieux du sport auto se montrent très cléments envers ces « bonnes vieilles autos » lors de cette épreuve. Vainqueurs au chrono, Ehlinger et sa BMW M3 groupe A sont rétrogradés à la troisième place en raison d’une pénalité de dix secondes, consécutive à un pointage en retard. De son côté, le grand favori, François Grandjean, commence par un tout-droit dans le prologue et casse ensuite sa boîte de vitesses. José Adam (205) lui aussi laisse une grosse poignée de secondes dans un tout-droit et Thierry Ligibel (Golf) sort de la route.

Énervement d’Ehlinger : « Je prends une pénalité pour avoir perdu du temps à monter des pneus pluie avant une spéciale qui finalement n’était pas mouillée… »

Pascal Colin (R5 GT turbo) confirme son bon début de saison en enlevant le groupe N et en signant le meilleur temps scratch du premier tronçon chronométré.

Classement scratch

1.    Voirin – Voirin, Porsche 911, 13’ 33’’ 40, 1er groupe F
2.    Vanneyre – Vanneyre, Renault 5 turbo , 13’ 41’’ 40
3.    Ehlinger –Joigny, BMW M3, 13’ 42’’10, 1er groupe A
4.    Adam – Bretard, Peugeot 205 GTI, 13’ 43’ 30
5.    Colin- Contal, Renault 5 GT turbo, 13’ 53’’ 30, 1er groupe N
6.    Heresse – Dapoigny, Renault 5 GT turbo, 13’ 56’’ 20
7.    Gavoille – Hurter, Renault 11 turbo, 13’ 56’’ 60
8.    Riblet – Wandann, Peugeot 309, 14’03’’ 90
9.    Brocard – Lagrange, Alpine A310, 14’ 05’ 30
10.    Alfieri – Jasmin, Renault 5 GT turbo, 14’ 05’’ 50

En mai toujours

Inédit, Grobot battu ! Les défaites de Bernard-Etienne Grobot en Championnat de France de la montagne groupe N se comptent sur les doigts d’une main. L’une d’elles survient à La Pommeraye où le pilote de Saint-Dié s’incline devant François Jakubowski. Un événement. Daniel Boccard signe une nouvelle victoire scratch devant Christian Debias tout en battant le record de Marcel Tarrès qu’il retrouvera au mois de juin.