Avril 1993 : Adam surprend, Ligibel se reprend et Alibert se promène Imprimer
SPORTS - RETRO SPORTS
Mercredi, 23 Mai 2018 16:32

En Lorraine-Alsace, José Adam, Thierry Ligibel et « Zouzou » Alibert remportent les premiers rallyes de l’année. En Championnat de France, Eric Mauffrey et Jan-Hug Hazard troquent leurs Clio pour des Ford Escort Cosworth.

 

Il existe peut-être une recette pour intégrer une équipe pro ou semi-pro en rallye. Les seules aptitudes au pilotage semblent ne pas suffire puisque Renault n’a pas reconduit le bail d’Eric Mauffrey en Championnat de France en dépit de résultats plus que satisfaisants la saison précédente au volant de la Clio groupe A. Jan-Hug Hazard, qui avait rejoint Auto Méca en cours de saison, n’est pas plus heureux et se retrouve lui aussi contraint de monter son propre programme.

Les deux pilotes disposent heureusement d’une notoriété et de moyens personnels qui leur ouvrent des portes. À partir du Rallye Alsace-Vosges, Eric Mauffrey repartira donc en Championnat de France avec une Ford Escort Cosworth groupe A du Bos Racing qu’il alignera dans six épreuves et peut-être huit si tout va bien. Mauffrey sait que la partie sera rude car il devra affronter une autre Ford Escort Cosworth, celle de Bernard Béguin, dont l’équipe a été choisie par Ford Motorsport pour développer la nouvelle machine à gagner de ce constructeur sur l’asphalte.  « Ce qui veut dire que les dernières évolutions ne seront pas pour nous » commente le pilote, pas malheureux toutefois de son sort puisqu’il a eu la bonne fortune d’être intégré à « l’équipe de France » (c’est son nom), bâtie cette année-là par la FFSA et le Ministère de la jeunesse et des sports pour soutenir une dizaine de pilotes nationaux au talent reconnu.

Jan-Hug Hazard reviendra lui aussi dans le championnat national mais avec une Ford Escort Cosworth groupe N de l’équipe Sport Garage. Le projet a vu le jour lorsque le Nancéien a croisé les responsables de cette équipe lors de la remise des prix de la FFSA. Il est prévu que Hazard pilote aussi une Ford Sierra groupe A de Sport Garage au Rallye de Lorraine.

José Adam surprend en Moselle

En attendant les premiers résultats des deux ténors lorrains, les amateurs de sport auto peuvent s’intéresser aux épreuves régionales dont le coup d’envoi est donné sur les routes glissantes du Rallye de l’ASA 57. José Adam, pas vraiment favori du fait de la présence de François Grandjean avec sa BMW M3, surprend tout le monde en imposant sa Peugeot 205 GTI. En tête dès le premier chrono, Adam le reste jusqu’à la fin de l’épreuve malgré les attaques de Vanneyre (R5 Maxi turbo), vainqueur des trois dernières spéciales. La concurrence de Grandjean a été fugitive puisque celui-ci, victime d’une touchette, a jeté l’éponge dès la deuxième spéciale.

Classement scratch

1.    Adam – Crouzier, Peugeot 205 GTI, 14’ 18’’ 40, 1er groupe A
2.    Vanneyre – Vanneyre, Renault 5 turbo, 14’ 20’’ 50, 1er groupe F
3.    Colin – Valentin, Renault 5 GT turbo, 14’ 30’’, 1er groupe N
4.    Virlat – Edmond, 309 GTI, 14’ 30’’ 01
5.    Vilte – Hocquart, Renault 5 Gt turbo, 14’ 31’’ 60
6.    Ehlinger – Joigny, BMW M3, 14’ 36’’90
7.    Bouquet – Bouquet, Citroën AX, 14’ 37’’ 30
8.    Bertoldi – Bernardy, Opel Kadett, 14’ 45’’ 60
9.    « Heresse » - Jung, Renault 5 GT turbo, 14’ 46’’ 50
10.  Roy – Simon, Renault 5 GT turbo, 14’ 55’’ 70

500 Nocturnes : Ligibel se reprend

Le Rallye des 500 Nocturnes commence bien pour Jean-Marc Durr, premier leader. La suite est plus compliquée car l’Alsacien non seulement commet un tout-droit et de surcroît il cale. La poignée de secondes perdues par Durr dans cette mésaventure suffit pour qu’il abandonne sa première place à Thierry Ligibel (Golf GTI) qui a résolu les problèmes de pression d’huile qui l’ont retardé en début de course. Ligibel l’emporte et Durr, qui finit deuxième, ne fait pas le difficile vu la menace qu’a fait peser sur lui la R5 GT turbo de Heresse. Olivier Courtois (11 turbo) était au départ mais, hors du coup puisque malade, il finit seulement dix-septième.

Classement scratch

1.    Ligibel – Kien, VW Golf GTI, 17’ 29’’ 70, 1er groupe F
2.    Durr – Graff, Clio 16S, 17’34’’ 70, 1er groupe A
3.    Heresse – Jung, Renault 5 GT turbo, 17’ 36’’ 80, 1er groupe N
4.    Wehrlé – Roetsch, Renault 5 GT turbo, 17’ 41’’ 10
5.    Leuvrey – Tholey, peugeot 205 GTI, 17’ 41’’ 70
6.    Fade – Courroy, Renault 5 GT turbo, 17’ 44’’ 50
7.    Riblet – Nasazzi, Peugeot 309 16S, 17’ 45’’
8.    Marquis – Jeanpierre, Simca 1000, 17’ 45’’
9.    Voirin – Voirin, Porsche 911, 17’ 47’’ 80
10.  François – Poirot, Renault 5 GT turbo, 17’ 49’’ 10

Le Vignoble Alsacien boude Kruger

Si ivresse de la victoire il y a au Rallye du Vignoble Alsacien, Philippe Kruger n’y goûtera pas encore en 1993. Le Nancéien avait perdu cette épreuve en 92 à cause d’une pénalité (erreur à un contrôle horaire), cette fois il le fait de manière plus classique, c’est-à-dire en raison  d’un ennui mécanique (pédale d’embrayage de sa Toyota Celica cassée) provoquant son abandon. Marquée par des coupures de moteur, sa course a de toutes façons mal débuté et ses chances d’inquiéter la R5 turbo d’Alibert, intouchable dès les premiers kilomètres, ont vite paru minces. Jean-Marc Durr n’avait pas les moyens de rivaliser avec sa Clio 16S, il s’est donc contenté de la deuxième place, dont la conquête a été grandement facilitée par les problèmes de boîte de vitesses de Christian Hot (Opel Astra GSI). Avec quarante-et-une voitures seulement au départ, les critiques s’abattent de nouveau sur le Rallye du Vignoble Alsacien jugé décidément trop cher et trop difficile à reconnaître.

Classement scratch

1.    Alibert – Jeannin, Renault 5 turbo, 1h 03’ 38’’, 1er groupe F
2.    Durr – Graff, Renault Clio 16S, 1h 07’ 17’’, 1er groupe A
3.    Rochelle – Chary, Renault 5 GT turbo, 1h 08’ 28’’, 1er groupe N
4.    Hot – Pareja, Opel Astra GSI, 1h 08’ 42’’
5.    Vauthier – Cattant, Ford Sierra Cosworth, 1h 08’ 45’’
6.    Kastler – Kastler, Peugeot 309 GTI, 1h 09’ 25’’
7.    Stirling – Scholler, Peugeot 309 GTI, 1h 10’
8.    Ehrhardt – Burger, Honda Civic, 1h 11’ 09’’
9.    Schynoll – Jacquot, Renault 5 GT turbo, 1h 11’ 34’’
10.  Heintz – Kuntz, Honda Civic, 1h 12’ 21’’

En avril toujours

Bernard-Etienne Grobot toujours au top. Ce qui a changé, c’est que Bernard-Etienne Grobot a troqué sa Ford Sierra contre une Ford Escort. Ce qui n’a pas changé, c’est qu’il reste le maître incontesté du groupe N, comme le prouvent ses deux victoires consécutives à Bagnols-Sabran et au col Saint-Pierre. Par deux fois, le scratch livre aussi le même verdict : victoires de Daniel Boccard  devant Debias et Chambérod.

Lionel Didierlaurent vainqueur mécontent. Sa victoire dans le Trophée AX 92 lui a offert une voiture pour s’attaquer au Trophée ZX : Lionel Didierlaurent le commence très bien puisqu’il remporte l’épreuve d’ouverture à la Sainte-Baume. Le pilote vosgien trouve moins réjouissant de terminer derrière trois AX. Il y a comme qui dirait un problème.

François Grandjean est partout. Nous ne sommes qu’en avril et pourtant François Grandjean comptabilise déjà trois victoires cette saison : le Rallye du Lodévois, le Rallye de Besançon et le Rallye Monts Dôme.

Stéphan Grégoire se rode pour Indianapolis. En mars, l’équipe Formula Project et Stéphan Grégoire ont créé la surprise en annonçant qu’ils s’engageaient aux 500 Miles d’Indianapolis. Encore faut-il se qualifier. Sur le circuit anglais d’Houlton Park, Stéphan Grégoire dispute donc une épreuve d’entraînement au volant d’une Reynard - Ford de 550 chevaux qu’il juge « impressionnante » dès ses premiers tours de roues. Deux sorties de route lors des essais laissent craindre le pire mais à tort puisque Grégoire finit la course à la troisième place. Deux semaines plus tard, à une cinquantaine de km d’Indianapolis, le pilote vittelois s’installe pour la première fois dans le baquet d’une voiture d’Indycar. Ce test au volant d’une Lola à moteur Chevrolet le rassure, ainsi que ses mécanos américains qui, selon le pilote « le trouvaient vraiment très jeune ».