Mars 1993 : Stéphan Grégoire traverse l’Atlantique Imprimer
SPORTS - RETRO SPORTS
Vendredi, 09 Mars 2018 18:12

Le pistard vosgien participera aux 500 Miles d’Indianapolis avec l’écurie Formula Project.

 

Gregoire-Andretti-1992Fin 92 à Nazareth, Stéphan Grégoire (photographié ici aux côtés de Mario Andretti) assiste à une manche du championnat Indylight auquel il envisage de participer. Il sera effectivement sur la piste le 30 mai 93, mais à Indianapolis.

 

Le 23 mars 1993, l’écurie Formula Project annonce qu’elle sera présente aux 500 Miles d’Indianapolis le 30 mai. Sa voiture sera pilotée par Stéphan Grégoire que Formula Project connaît bien pour avoir disputé avec lui deux saisons de Formule 3 dont la deuxième, sans être enthousiasmante, n’a pas été totalement négative non plus grâce à deux victoires et une pole position. Pour autant, il n’y aura pas de troisième saison de Formule 3 car pas plus Grégoire que Formula Project, qui restent en contact, n’a envie de poursuivre l’expérience dans ce championnat. Fin 92, l’idée qui tient la corde est de monter un programme aux Etats-Unis et plus précisément en championnat Indylight. Dans cette optique, Grégoire et les responsables de l’écurie se déplacent à Nazareth, dans l’état de New York, où se dispute une manche. Le pilote revient enchanté de ce voyage qui lui permet de découvrir une ambiance selon lui totalement différente de celle à laquelle il est habitué. « Dans le paddock, confie-t-il, tout le monde est décontracté, aucun pilote n’est inabordable, même le plus grand ». Comprenez par là : rien à voir avec l’ambiance des courses en France.

 

La chance au rendez-vous

Pourtant ce voyage n’a pas de suite. Grégoire paraît finalement devoir se résoudre à s’aligner dans le championnat 905 Spider, une option qu’il gardait au frais, quand les 500 Miles d’Indianapolis déboulent subitement dans son actualité. Un sacré coup de chance. Dans un premier temps en effet, le volant est proposé Philippe Gache. Et logiquement pourrait-on dire puisque ce pilote a déjà piloté la voiture de Formula Project aux 500 Miles en 92, ce qui lui a valu, au passage, de connaître l’un des accidents les plus spectaculaires de l’histoire des 500 Miles. Problème, Gache lâche Formula Project pour aller disputer le Championnat de France de Supertourisme avec l’équipe Alfa Romeo. Philippe Alliot est approché à son tour mais, après avoir décroché un volant chez Larrousse F1, lui aussi finit par décliner la proposition. Thierry Boutsen est libre mais l’accord ne se fait pas.

 

Le rookie test pour commencer

Stéphan Grégoire est sur un petit nuage lorsque les responsables de l’écurie décident de lui confier le volant. Le voilà propulsé dans la plus grande course américaine alors que quelques semaines plus tôt il ferraillait au sein d’un championnat de Formule 3 ne lui promettant qu’un avenir incertain, bien éloigné en tout cas de son rêve de jeune pilote, qui était d’atteindre la Formule 1.

La course aura lieu le 30 mai mais pour Grégoire elle débutera en réalité un mois auparavant comme le veut le déroulement habituel de l’épreuve. Le coup d’envoi sera donné le 29 avril avec le rookie-test (29 avril) au cours duquel tout pilote débutant doit apporter la preuve de ses aptitudes à un jury. Il est vrai qu’une place aux 500 Miles d’Indianapolis doit se mériter : en 1992, Roberto Guerrero a signé la pole position à 375 km/h de moyenne (près de 400 km/h dans les lignes droites) et la course a été interrompue par treize accidents. Même Nigel Mansell est censé se soumettre à ce test, lui qui sera cette année le troisième Champion du Monde de F1 à disputer les 500 Miles d’Indianapolis après Emerson Fittipaldi et Mario Andretti.

Après le rookie-test viendront les séances d’essais, dont la plus importante est la journée dite de la pole position le 15 mai, et encore un week-end d’essais avant la course et ce fameux moment où le starter prononcera son célébrissime commandement : « gentlemen, start your engines ! »


Eric Mauffrey reprend son bâton de pèlerin

En dépit de sa bonne saison 1992 au volant d’une des Clio officielles, et malgré des relations qu’il dit être toujours « bonnes » avec les responsables de son ancienne équipe, Eric Mauffrey a vainement attendu une proposition de Renault pour 1993.

Depuis le début de l’année, il a donc repris son bâton de pèlerin afin de financer un programme, qui, il l’espère, lui permettra de retrouver le Championnat de France des rallyes au volant d’une groupe A. Laquelle ? Toutes les options sont envisagées à l’exception d’une Clio.


En février - mars toujours

Triomphe Mercedes au Trophée Andros. La finale du Trophée Andros, à Trappes, tourne à la démonstration pour l’équipe Mercedes : ses deux voitures, confiées aux tandems Snobeck-Chatriot et Tambay-Ferté, survolent en effet toutes les courses, depuis les essais jusqu’à la grande finale. Si la piste très cassante met en valeur la robustesse des Mercedes 190, elle révèle aussi la fragilité des BMW (Malcher-Balas et Ferté-Duez), éliminées dès les demi-finales par la casse de leurs amortisseurs arrière. Avec cette victoire, Dany Snobeck remporte le Trophée Andros 92-93. C’est sa deuxième victoire consécutive. François Chatriot finit deuxième et Marcel Tarrès troisième. Christian Debias est seizième.

 

Paul Spillmann reste aux commandes. Malgré cinq heures de débats, en novembre, la Ligue Lorraine-Alsace de sport automobile n’a pas réussi à se mettre d’accord sur le nom de son président. En février, la deuxième assemblée générale est plus productive puisqu’elle désigne Paul Spillmann, qui repart donc pour un tour puisqu’il s’agit du sortant. Le Lorrain profite du désistement en sa faveur de l’un de ses concurrents de novembre, Dominique Thiry, résolu à barrer la route à son « collègue » alsacien, Jacky Jung, par tous les moyens.

 

Patrois et Mackerer commencent bien l’année. Quatrième scratch du Rallye Lyon-Charbonnières derrière trois Ford Sierra (victoire de Oddoux devant Tasso et Voirin), Marcel Patrois ne pouvait espérer meilleur résultat pour sa première sortie au volant de sa nouvelle Clio groupe A. Dans la même course, mais en Coupe Renault Sport, Pascal Mackerer l’emporte devant Daniel Forès, nouveau venu dans cette compétition.

 

Grandjean toujours performant. François Grandjean lui aussi débute bien 93 avec deux victoires consécutives en deux courses. Il impose d’abord sa BMW M3 au Rallye du Lodévois et, une semaine plus tard, au Rallye de Besançon.