Octobre 1992 : Mauffrey, Ehlinger, Patrois, Courtois, Grégoire et les autres Imprimer
SPORTS - RETRO SPORTS
Vendredi, 06 Octobre 2017 14:50

Championnat de France des rallyes, Régionaux, coupes de marques, Formule 3 : en octobre, tout le monde est encore sur le pont.

 

César Baroni abandonne le Championnat de France des rallyes faute de budget : c’est la première information marquante du Rallye du Limousin que Bernard Béguin aborde donc sans véritable adversaire. Sinon lui-même. A l’issue de la première étape, le pilote de la BMW M3 est effectivement en tête et il confirme lors de la deuxième étape…jusqu’à la sortie de route qui le contraint à l’abandon dans la dix-septième épreuve spéciale. Ses freins arrière se seraient bloqués.

Le vainqueur ? Jean Ragnotti soi-même. En embuscade derrière Béguin depuis le début de la course, le pilote Renault a effectué comme d’habitude une course brillantissime. Eric Mauffrey, pointé à seulement vingt-et-une secondes de lui après sept spéciales, a réussi à rester dans son sillage en début de course mais le huitième tronçon lui a été fatal puisqu’il est sorti sur un virage humide en bosse abordé à trop grande vitesse et a abandonné. Ensuite, personne n’a pris le relais, pas même Delage (BMW M3), finalement deuxième à près d’une minute.

Les abandons ont fait le reste. À la trappe, la M3 de Béguin, les Clio de Oreille et Hazard, la Peugeot 309 de Doenlen. De quoi laisser le champ libre à Jordan qui s’est emparé de la dernière marche du podium et enlevé au passage le groupe N.

 

Coupe Renault Sport : Patrois s’accroche

Ce même Rallye du Limousin a offert une victoire à Rémi Samuel en Coupe Renault Sport. Pas de quoi remettre en cause le leadership de Philippe Orsucci puisque celui-ci, deuxième dans le Limousin, a conservé sa première place du classement général mais Marcel Patrois lui, a reculé d’un cran (troisième). Le Vosgien a connu une course difficile avec une pénalité pour un pointage tardif et des soucis de boîte de vitesses.

Octobre décidément ne réussit pas à Orsucci puisqu’il est de nouveau battu au Rallye Loire-Atlantique, cette fois par Deborde. De plus, le classement n’est pas officialisé puisque Orsucci est soupçonné d’avoir anticipé le départ d’une spéciale. Seulement quatrième, Marcel Patrois paye ses mauvais choix de pneus du début de course mais il reste troisième au général.

 

Rallye Stanislas : Ehlinger d’un souffle

Avec ses 16 km chronométrés, le Rallye Stanislas n’est pas plus long qu’une spéciale de Championnat de France. Ses cinq spéciales sont effectivement avalées en neuf minutes par Daniel Ehlinger (BMW M3), vainqueur d’un souffle devant Dubois (205) qui le devançait d’une seconde avant la dernière spéciale. Si l’Alsacien est surpris, car il ne pensait pas l’emporter dans une épreuve qui proposait une portion de terre, le Lorrain lui ne l’est pas car il estime que sa voiture tirait trop court.

Troisième scratch, Dominique Fade enlève un groupe N qui aurait pu revenir à Lusurier sans une sortie de route qui lui a coûté 7 secondes. Et le même scénario s’est reproduit en groupe F avec la victoire de Marquis dont l’horizon s’est éclairci considérablement lors de l’abandon de Jacques Gavoille. Le Vosgien avait réussi un grand coup puisqu’il avait signé le meilleur chrono de la première spéciale avec sa Renault 11 Turbo.

 

Classement scratch

1. Ehlinger – Keller, BMW M3, 9’00’’20, 1er groupe A

2. Dubois –Schleppi, Peugeot 205 GTI, 9’01’’30

3. Fade – Courroy, Renault 5 GT turbo, 9’07’’, 1er groupe N

4. Lusurier – Gauthier, Renault 5 GT turbo, 9’09’’40

5. Virlat – Emond, Peugoet 309 GTI, 9’10’’90

6. Roy – Simon, Renault 5 GT turbo, 9’18’’10

7. Hocquaux – Hocquaux, Renault 5 GT turbo, 9’18’’30

8. Ehrhardt – Burger, Honda Civic, 9’21’’90

9. Marquis – Jeanpierre, Simca Rallye 3, 9’23’’70, 1er groupe F

10.Sarrazin – Marchal, Ford Escort, 9’24’’90

 

Ronde de Sewen : retour victorieux de Courtois

Olivier Courtois n’a pas choisi la météo la plus clémente pour effectuer sa rentrée avec sa Renault 11 Turbo car la neige et la pluie sont présentes lors de la Ronde de Sewen. Toutefois, le début de course le rassure car, après avoir signé le meilleur chrono du tour de reconnaissance , il récidive lors du premier tour chronométré au cours duquel il devance la Rallye 3 de Perry, l’Alpine A310 de Brocard et la Golf GTI de Ligibel.

Première surprise, Ehlinger n’est plus dans le coup, un tout-droit l’a expédié au fond du classement.

Courtois pour autant n’a pas gagné. Il n’est plus que troisième à l’issue d’un deuxième tour où il a été devancé par Ligibel et Voirin et il se voit donc contraint à une remontée dont l’épilogue survient dans les derniers kilomètres, lorsque Ligibel, à qui la victoire paraissait promise, crève après une touchette. Courtois l’emporte avec un coup de pouce de la chance mais il l’emporte.

En groupe N, la bataille des Renault 5 GT turbo a tourné à l’avantage de Wehrlé, alors qu’en groupe F, une Alpine A310 (Brocard) s’impose devant une Porsche 911 (Voirin).

 

Classement scratch

1. Courtois – Dondin, Renault 11 turbo, 11’06’’90, 1er groupe A

2. Ehrhardt – Burger, Honda Civic, 11’13’’90

3. Leuvrey – Leuvrey, Peugeot 205 GTI, 11’14’’10

4. Brocard – Lagrange, Alpine A310, 11’14’’60

5. Wehrlé – Roetsch, Renault 5 GT turbo, 11’ 15’’80, 1er groupe N

6. Voirin – Voirin, Porsche 911, 11’17’’00

7. Venturini – Gerrer, VW Golf GTI, 11’20’’80

8. Ehlinger – Keller, BMW M3, 11’’24’’60

9. Mosser – Kuntz, Renault 5 GT turbo, 11’27’’7

10. Goettelmann – Wasser, Alfa GTV 6, 11’29’’00

 

Formule 3 : Grégoire a déjà la tête ailleurs

Baisser de rideau pour le Championnat de France de Formule 3. Les pilotes se retrouvent une dernière fois à Croix-en-Ternois sur un circuit qui fait peine à voir tant il est démodé. Pour ne rien arranger, il pleut et la piste est parsemée de flaques d’eau. Stéphan Grégoire ne peut même pas se consoler avec ses chronos des essais : première séance, 13e temps, deuxième séance, 12e temps. Il finit neuvième d’une course disputée sous des trombes d’eau et de surcroit avec une auto sous-vireuse. Sa place finale au Championnat de France : cinquième.

À ce moment, le jeune Vittelois sait déjà qu’il ne reviendra pas en Formule 3. Il étudie en effet une proposition de son équipe, Formula Project, de participer l’année suivante au championnat américain Indylight. L’idée est totalement inattendue mais avec Formula Project rien ne surprend, ses dirigeants ayant résolument pris le parti de ne rien faire comme les autres. Grégoire n’avait qu’un objectif, la Formule 1, mais il semble avoir tiré un trait dessus. « À toute prendre, confie-t-il, je choisis les Etats-Unis ».


En octobre toujours

Alain Vauthier respire. Quatrième scratch du Rallye de la Châtaigne, Alain Vauthier s’est fait peur en heurtant un rocher dans l’avant-dernière spéciale, perdant du coup sa place de leader du groupe N, mais au moins il est à l’arrivée. C’est sa première satisfaction depuis ses débuts avec cette Sierra Cosworth qu’il a inaugurée lors du Rallye des Brimbelles 1991, soit un an auparavant. Il confie avoir songé à laisser tomber cette voiture mais selon lui, Pierre Bos l’a transformée. Juste à temps.

Lionel Didierlaurent entre froid et chaud. Sa sixième place du Trophée AX au Rallye d’Oyonnax l’a laissé très déçu. Lionel Didierlaurent reconnaît en effet avoir disputé cette épreuve crispé, n’osant pas prendre le moindre risque. Il se reprend au Rallye Jeanne d’Arc dont il termine deuxième, confortant ainsi sa troisième place au classement général du Trophée. Pour Lionel Didierlaurent, il ne fait pas de doute que la semaine passée à reconnaître le Rallye Jeanne d’Arc a fait la différence.

Grandjean chanceux en Haute-Saône. François Grandjean paraissait condamné à la deuxième place du Rallye de la Haute-Saône mais Dalloz qui le précédait de dix secondes est sorti de la route dans la dernière spéciale. Victoire Grandjean. Chanet finit deuxième et remporte le groupe N.

Forès bat Briche à Longwy. Une R5 GT turbo peut battre une R5 Maxi. La preuve au Rallye de Longwy, remporté par Daniel Forès au nez et à la barbe de Jean Briche. Le groupe N est enlevé par Daniel Mermod sur 309 GTI.

Jacques Rousselot avant Benoit. Son fils Benoit n’a pas encore fait ses débuts de rallyman quand Jacques Rousselot, son père, décide de participer au Raid Paris-Pékin au sein d’un team de six Land Rover. Associé à Jacques Clatot, il se classe trente-cinquième, avec l’aide précieuse d’un duo d’assistance très expérimenté puisque composé de « Nounours » Chiaravita et Willy Alcaraz. En maintes occasions, Jacques Rousselot peut vérifier que les deux compères connaissent toutes les ficelles des rallyes-raids…