HOME SPORTS RETRO SPORTS Septembre 1992 : Kruger gagne contre Hazard et cafouille contre Nourry
Septembre 1992 : Kruger gagne contre Hazard et cafouille contre Nourry Imprimer Envoyer
SPORTS - RETRO SPORTS
Samedi, 09 Septembre 2017 15:27

Vainqueur du Rallye des Brimbelles, Philippe Kruger comptait bien confirmer au Rallye du Vignoble Alsacien. Une erreur de pointage l’a privé du doublé.

 

Kruger-Brimbelles-1992Philippe Kruger et sa Toyota Celica au Rallye des Brimbelles : vainqueur mais jamais serein face à Jan-Hug Hazard.

 

D’après Philippe Kruger, les coûts d’exploitation d’une Toyota Celica « font dresser les cheveux sur la tête ». Le rallyman nancéien fait donc pour le mieux avec ce qu’il a, c’est-à-dire avec les moyens de son navigateur, Philippe Souchal, dont les envies de se faire plaisir ne vont pas jusqu’à se mettre sur la paille. Illustration au Rallye des Brimbelles dans lequel l’équipage s’engage en limitant les frais au maximum.

Kruger toutefois est confiant, comme peut l’être un homme qui a remporté le Rallye de Lorraine et tout récemment le Rallye de l’Isère. La concurrence de François Grandjean (BMW M3) ne paraît pas plus l’inquiéter que celle d’Alibert (R5 turbo). Quant à Jan-Hug Hazard, la Clio groupe A avec laquelle celui-ci vient d’intégrer le Championnat de France rend une centaine de chevaux à la Toyota, ce qui devrait logiquement limiter les ambitions de son pilote.

Kruger-portrait-1992Philippe Kruger.Kruger perd un adversaire avant même que la course commence : Alibert en effet déclare forfait en raison d’un accident de la route qui le laisse avec un traumatisme crânien et une fracture d’un poignet. Un autre client disparaît, mais cette fois « à la régulière » car dès les premières spéciales, Grandjean perd tellement de terrain qu’on l’élimine aussitôt du lot des vainqueurs possibles. Hazard en revanche est dans le rythme. Mais s’il apparaît désormais comme le seul capable de rivaliser avec le leader, sa connaissance de la Clio est encore limitée. La suite de la course le confirme puisque si Hazard signe deux fois le meilleur chrono en spéciales, il commet aussi plusieurs erreurs très coûteuses au chrono avec sa boîte de vitesses. Kruger, qui ne comptera finalment que vingt-quatre secondes d’avance à l’arrivée, l’aurait-il emporté avec un Hazard plus aguerri avec sa voiture ? Pas sûr.

Plus tard, on apprendra que même si son leadership n’a jamais été remis en question, Kruger n’a jamais été serein. Economies obligent, il a pris le risque de prendre le départ avec des plaquettes usées et celles-ci se sont dégradées à un point tel que le pilote a cru devoir terminer la course sans freins. Kruger s’est évidemment félicité que la concurrence, Grandjean par exemple, ne l’ait pas obligé à élever la cadence. Mais Grandjean on l’a déjà vu, n’était pas dans le coup et il a même « réussi » à se faire éjecter du podium par la R5 GT turbo de Marc Vilte, net vainqueur du groupe N devant l’autre R5 GT turbo de Lusurier. Les Ford Sierra Cosworth de Vauthier et Gabrion auraient dû se mêler à la bagarre dans ce groupe mais la malchance en a décidé autrement pour Vauthier (abandon – durite de turbo) et Gabrion a été retardé par une crevaison.

Jacques Gavoille (Renault 11 turbo) s’impose dans le groupe F. Pascal Voirin (Porsche 911 3,3 l) était donné favori mais ce n’était manifestement pas son jour puisqu’il a été nettement distancé.


Classement scratch

1.    Kruger – Souchal, Toyota Celica, 1h 05’ 24’’, 1er groupe A
2.    Hazard – Roussel, Renault Clio, 1h 05’ 48’’
3.    Vilte – Hocquart, Renault 5 GT turbo, 1h 09’ 02’’, 1er groupe N
4.    Grandjean – Mauffrey, BMWM3, 1h 09’ 02’’
5.    Lusurier – Gissinger, Renault 5 GT turbo, 1h 09’ 23’’
6.    Villemin – Valentin, VW Golf GTI, 1h 09’ 25’’
7.    Gavoille – Sompayrac, Renault 11 turbo, 1h 09’ 54’’, 1er groupe F
8.    Marchal – Rappine, Renault 5 GT turbo, 1h 12’ 13’’
9.    Remy – Remy, Peugeot 205 Rallye, 1h 12’ 18’’
10.  Ruer – Duquet, Citroën AX, 1h 12’ 20’’

 

Vignoble alsacien : Kruger piégé par son navigateur

Une semaine plus tard, Philippe Kruger s’attaque au Rallye du Vignoble Alsacien. Les pilotes ne s’y bousculent pas puisqu’une petite cinquantaine seulement sont engagés, dont certains vont d’ailleurs déclarer forfait. François Grandjean indique aux organisateurs qu’il n’a pas de navigateur et Marc Vilte qu’il n’a pas pu reconnaître. Daniel Ehlinger et Daniel Gabrion quant à eux ne donnent aucune explication.

Pour Kruger, la menace ce jour-là a pour nom Michel Nourry, présent pour glaner les derniers points nécessaires à sa qualification pour la finale de la Coupe de France des rallyes. Le pilote de la Porsche 911 groupe F commence par regretter d’avoir fait autant de kilomètres depuis sa Normandie natale car il écope d’entrée de jeu d’une pénalité pour s’être présenté en retard au départ, piégé comme bien d’autres concurrents par les bus de tourisme qui pullulent encore en cette période de l’année sur les routes alsaciennes. Nourry ne s’était manifestement pas méfié en se rendant dans un garage afin de faire resouder la tringlerie de boîte de sa Porsche 911 juste avant la course.

Comme Kruger, lui, a pointé à l’heure, le Nancéien se dit que les choses commencent bien pour lui. Et il est encore serein après le chapelet des premières épreuves spéciales qui se sont déroulées sans aucun incident. Dix minutes environ avant de pointer, il devise donc devant l’entrée du parc de regroupement d’Obernai avec la sérénité de celui qui sait qu’il va l’emporter.

Problème, son navigateur se trompe dans ses calculs et la Toyota Celica pointe avec trois minutes de retard. Le Nancéien paraît un peu perturbé par ce contretemps mais sans excès toutefois car il est persuadé que cette erreur ne va lui coûter au final que dix secondes.  « Non, c’est dix secondes par minute, soit au total trente secondes » corrige Nourry.

En attendant de savoir qui est le plus au fait du barème FIA, les deux hommes repartent donc pour les quatre dernières spéciales, lesquelles tournent totalement à l’avantage de Kruger. Le Nancéien, qui finit avec dix-sept secondes d’avance, est persuadé d’avoir gagné. Jusqu’à la publication du classement officiel. Nourry avait raison car Kruger écope effectivement de trente secondes de pénalité et perd la première place.

Rien n’est épargné au Nancéien puisque dans le même temps la pénalité de Nourry (et de quelques autres concurrents) est annulée, la direction de course estimant que les retards au pointage ont été provoqués par l’important trafic dû aux touristes et non par la négligence des équipages.

Les organisateurs promettent que l’épreuve aura lieu à une autre date l’année prochaine. Quant à Kruger, il se promet de surveiller d’un peu plus près le travail de son navigateur.


Classement scratch

1.    Nourry – Mortier, Porsche 911, 1 h 03’ 53’’, 1er groupe F
2.    Kruger – Souchal, Toyota Celica, 1h 04’ 06’’, 1er groupe A
3.    Durr – Chary, Renault Clio, 1h 05’ 50’’
4.    Wehrlé – Roetsch, Renault 5 GT turbo, 1h 07’ 52’’, 1er groupe N
5.    Goettelmann – Wasser, Alfa Roméo GTV, 1h 07’ 51’’
6.    Ehrhardt – Burger, Honda Civic, 1h 08’ 34’’
7.    Garilli – Marandel, Honda Civic, 1h 09’ 02’’
8.    Mosser – Kuntz, Renault 5 GT turbo, 1h 09’ 16’’
9.    Schynoll – Jacquot, Renault 5 GT turbo, 1h 09’ 32’’
10.  Remy – Andreux, Peugeot 205 Rallye, 1h 09’ 37’’

 

En septembre toujours

Mauffrey à l’attaque. La période de rodage d’Eric Mauffrey sur la Clio est terminée : le rallyman vosgien estime qu’il connaît suffisamment sa voiture pour attaquer. Confirmation au Rallye du Mont-Blanc qu’il finit à une brillante quatrième place. L’épreuve lui a fourni les conditions de course qu’il affectionne, c’est-à-dire de la grosse pluie et de la neige fondue. Avec Ragnotti deuxième, Oreille troisième et Mauffrey quatrième, Renault réussit un beau tir groupé derrière Béguin qui a perdu son adversaire numéro un, Baroni, en cours de route (tonneaux). Jan-Hug Hazard, qui vient d’intégrer le Championnat de France avec une Clio de l’écurie Automéca n’est pas à l’arrivée non plus (mécanique).

Grobot explose le record de Turckheim. Bernard-Etienne Grobot est déjà assuré du titre en groupe N lorsqu’il aborde la course de côte de Turckheim avec sa Ford Sierra Cosworth. Il s’autorise donc à prendre quelques risques et se surprend à avaler la première montée trois secondes plus vite que l’ancien record du groupe (116 km/h de moyenne !). L’ancien détenteur du record, François Jakubowski (Ford Sierra Cosworth également), est beaucoup moins heureux puisque des ennuis mécaniques ruinent sa course. Grobot évidemment remporte le groupe N ; et Tarrès le scratch et un dixième titre de Champion de France.

Patrois limite la casse. A Vichy, nouvelle étape de la Coupe Renault Sport, Marcel Patrois ne baisse pas les bras après les deux crevaisons en début de course qui l’envoient en fond de classement. A force de ténacité, le Vosgien décroche finalement une cinquième place qui lui permet de rester dans le sillage immédiat de Philippe Orsucci au général. Dans le même temps, le leader est en effet tombé sur un os à Vichy : Pascal Mackerer.

Deuxième victoire de Grégoire. Meilleur temps des deux séances d’essais et pole position : à Albi, Stéphan Grégoire est intouchable. La suite est de la même veine puisqu’il effectue toute la course en tête et signe même le meilleur tour. Franck Lagorce a eu beau rester dans le sillage du Vittellois, jamais il n’est parvenu à l’inquiéter. « Maintenant, ma voiture est au point » affirme Grégoire, dont la cote a évidemment été réévaluée  dans le paddock du championnat de France de Formule 3 depuis sa victoire à Rouen. Le moral du pilote est au beau fixe. Ce qui tombe bien car la course suivante, au Mans, met ses nerfs de nouveau à l’épreuve. Pénalisé par un châssis excessivement sous-vireur, Grégoire signe seulement le huitième temps lors des essais. Positionné en quatrième ligne sur la grille, il retombe au point mort lors du départ, est percuté par l’arrière et, ayant enfin réussi à démarrer, il entame la course avec un aileron complétement tordu. Résultat : une huitième place qui s’apparente à une véritable douche froide. Faible consolation, Grégoire conserve sa cinquième place au championnat avant la dernière épreuve de la saison à Croix-en-Ternois.

Le groupe F rallye ressuscité ? Le groupe F rallye était promis à sa disparition en 1993 par la nouvelle réglementation mais sa majesté Jean-Marie Balestre annonce qu’il n’en est rien. Balestre il est vrai est dans de bonnes dispositions puisqu’il vient juste d’être réélu à la présidence de la FFSA, et triomphalement : 915 voix sur 915 suffrages exprimés ! A moins qu’il soit tout simplement réaliste. Au moment où les plateaux des rallyes sont de plus en plus maigres, l’interdiction des voitures du groupe F, parmi les plus spectaculaires d’ailleurs (Porsche 911, R5 Turbo, Alpine, etc) n’aurait fait qu’aggraver la situation. Prudents, les propriétaires de ces voitures attendent l’officialisation de cette décision dans la revue de la FFSA. On ne sait jamais…

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

AddThis Social Bookmark Button
Bannière
Bannière