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Juin 1992 : zéro faute pour Béguin à l’Alsace-Vosges, une pour Baroni Imprimer Envoyer
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Mardi, 20 Juin 2017 14:45

César Baroni commet une seule erreur au Rallye Alsace-Vosges mais c’est l’erreur de trop car Bernard Béguin de son côté rend une copie impeccable.

Beguin-Alsace-Vosges-1992Dès la septième spéciale, Béguin (Ford Sierra Cosworth) sait qu’il a course gagnée.

 

César Baroni vient tout juste de signer sa deuxième victoire de la saison au Rallye d’Antibes et son moral est au plus haut à la veille du Rallye Alsace-Vosges. Pourtant, Bernard Béguin paraît ne pas s’inquiéter le succès du pilote de la Lancia Delta : expliquant qu’il aurait rencontré des problèmes freins avec sa Ford Sierra Cosworth, l’écart constaté selon lui entre les deux voitures lors de ce rallye ne refléterait pas réellement les valeurs. Du coup, l’Alsace-Vosges tombe à pic pour savoir où se trouve la vérité, et du moins, l’approcher.

Après six tronçons chronométrés, le constat est que les deux voitures et leurs pilotes se valent. Baroni et Béguin ont signé le même temps lors de la spéciale d’ouverture, ensuite ils se sont partagé les victoires (deux pour Béguin, trois pour Baroni) mais sans jamais que l’un ou l’autre creuse l’écart. La preuve, la Lancia n’a que deux secondes d’avance sur la Ford à ce moment. 

Baroni-Alsace-Vosges-1992César Baroni (Lancia Delta Integrale) : une seule faute en deux jours mais elle coûte cher.


Baroni sort de la route et cale

Arrive alors la spéciale de Freland. Baroni sort de la route, cale, et met une éternité à se remettre en piste. Dans l’affaire, il concède 1’18’’ à Béguin et, pour ne rien arranger, le train avant de la Lancia est faussé, si bien que l’écart entre les deux pilotes augmente jusqu’à la fin de l’étape, que Baroni finit à la sixième place scratch et avec 1’57’’ de retard sur Bernard Béguin. Celui-ci caracole sans problème devant les deux autres Ford Sierra Cosworth groupe A de Hazard, dont c’est la deuxième course au volant de cette voiture, et du Suisse Camandona. Devant Baroni, il y a encore la Peugeot 309 de Doenlen et la Clio de Ragnotti, engagés dans un duel homérique qui fait dire à Doenlen : « parfois je baisse la tête en me disant : pourvu que ça passe… » Deux secondes seulement les séparent à l’issue de l’étape.

Un autre duel Peugeot-Renault oppose Eric Mauffrey et Jean-Manuel Beuzelin et pour l’instant, il tourne à l’avantage du pilote de la 309 qui compte vingt-quatre secondes d’avance.


Béguin déroule

Beguin-Alsace-Vosges-1992-portraitBattu à Antibes, Béguin s'est rassuré à l'Alsace-VosgesBernard Béguin sait qu’il a d’ores et déjà course gagnée mais il enfonce le clou dans les premières heures de la deuxième étape : quatre spéciales, quatre victoires. Ensuite il déroule en se contentant de surveiller du coin de l’œil les évolutions de César Baroni, redevenu fringant avec un train avant bien réglé. Décidé à jouer son va-tout, le pilote de la Lancia reprend successivement Ragnotti, Doenlen et Camandona et il parvient même à souffler la deuxième place à Jan-Hug Hazard,  qui se dit pourtant « au taquet », à deux spéciales de l’arrivée. Devant, il ne reste plus que Béguin mais il est trop loin et comme il ne commet pas de faute…

« C’est mieux que ce que j’ai connu à Antibes mais ce n’est pas encore parfait » commente Béguin, tout de même soulagé par cette victoire. Le mano-a-mano des premières spéciales lui avait en effet montré que Baroni ne serait pas facile à dompter.

Fabien Doenlen finit cinquième mais pas devant Jean Ragnotti puisque celui-ci a abandonné après un début d’incendie provoqué par la rupture d’une canalisation d’essence. Alain Oreille s’est contenté de prendre la place laissée vacante par son coéquipier de chez Renault mais, confronté à de multiples soucis techniques (démarreur, échappement) il n’a jamais représenté une menace pour Doenlen.

Mauffrey-Alsace-Vosges-1992A force d’insistance, Eric Mauffrey (Clio) a fini par faire craquer Beuzelin.

 

Eric Mauffrey en revanche était une menace pour Beuzelin et la deuxième étape, qui a vu le Vosgien grapiller seconde après seconde l’a confirmé. Sans doute victime de la pression exercée sur lui par son adversaire, Beuzelin a fini par sortir de la route et a terminé la course avec le train arrière tordu.

 

Jean-François Grobot laisse échapper le groupe N

Il n’a pas fait bon être leader du groupe N. Le premier, le Suisse Marc Hopf (Ford Sierra Cosworth) a abandonné lors de la dernière spéciale de la première étape à la suite d’une violente sortie de route. Le deuxième, Jean-François Grobot  (Ford Sierra Cosworth) a connu une panne d’alternateur qui l’a obligé à céder sa place à Serge Jordan (Clio 16S)… qui a été stoppé par la rupture de son joint de culasse dès la spéciale suivante. Autant dire que le quatrième pilote à se retrouver en tête de ce groupe, le Suisse Althaus (Ford Sierra Cosworth), a dû trembler jusqu’à la ligne d’arrivée de la dernière spéciale.

Classement scratch

1.    Béguin – Chiaroni, Ford Sierra Cosworth, 2h 28’ 06’’, 1er groupe A
2.    Baroni – David, Lancia Delta Integrale, à 1’45’’
3.    Hazard – Brissart, Ford Sierra Cosworth, à 2’ 36’’
4.    Camandona – Periat, Ford Sierra Cosworth, à 3’ 11’’
5.    Doenlen – Merciol, Peugeot 309, à 3’21’’
6.    Oreille – Andrié, Renault Clio, à 8’ 38’’
7.    Mauffrey – Sauvage, Renault Clio, à 8’ 58’’
8.    Burri – Hoffmann, Toyota Celica, à 10’ 01’’
9.    Beuzelin – Bourgoin, Peugeot 309, à 10’ 04’’
10.   Magaud – Brun, Citroën AX, à 12’ 14’’
11.   Merlin – Badi, Mitsubishi Galant, à 12’ 22’’
12.   Driano – François, Citroën AX, à 15’ 18’’
13.   Althaus – Leuenberger, Ford Sierra Cosworth, à 17’ 45’’, 1er groupe N
14.   Grobot – Sol, Ford Sierra Cosworth, à 19’ 17’’
15.   Luisier – Erbeia, VW Golf, à 21’ 45’’

Rallye de la Luronne : tous au tapis sauf Alibert

Placé deux semaines après l’Alsace-Vosges, le Rallye National de la Luronne s’offre un plateau de favoris qui ferait saliver quantité d’épreuves de deuxième division. Hazard (Ford Sierra Cosworth), Kruger (Toyota Celica), Grandjean (BMW M3) et Jean-Claude Alibert (Renault 5 turbo) sont en effet au départ. Si Tasso est en groupe N, on sait que lui aussi est capable du meilleur avec sa Ford Sierra Cosworth. Pour les places d’honneur, les concurrents de la Coupe Renault Sport sont des candidats tout désignés.

Au soir de la première étape, la course a déjà perdu Philippe Kruger, éliminé par une panne électrique. François Grandjean quant à lui a été retardé par une sonde défectueuse et il concède un retard qui ne lui permet plus d’espérer quoi que ce soit. Si bien que la lutte pour la première place se résume désormais à un match entre Hazard et Alibert. Tasso, troisième, ne paraît pas en mesure d’inquiéter les deux hommes de tête.

 

Alibert-Luronne-1992Alibert (R5 Maxi) n’avait plus de concurrence au soir de la première étape.

 

Enorme surprise le lendemain lorsque Jan-Hug Hazard, que rien dans son attitude n’a permis de deviner sa décision, annonce son forfait. (On apprendra plus tard que des discussions avec Pierre Bos, le propriétaire de la voiture, sont à l’origine de ce retrait). Alibert se retrouve donc au commandement, et, pratiquement débarrassé de toute concurrence, il se fait un devoir de gagner. Ne serait-ce que pour enquiquiner, et il le dit, « tous ceux à qui je fais de l’ombre. » Et Alibert d’évoquer la rumeur qui veut que les voitures du groupe F soient prochainement interdites des rallyes nationaux.

Comme rien n’arrive par hasard, il faut dire qu’Alibert a été bien énervé le samedi par la décision de la direction de course de lui interdire de partir avec les pilotes prioritaires, ce qui lui a valu de s’élancer une heure et vingt minutes après Hazard et consorts. D’où, à ses dires, « une route complétement dégradée » à son passage.

D’abord soucieux de prendre des points pour la finale des rallyes régionaux, Tasso n’a pas tenté le diable en essayant d’aller chercher Alibert. Sa quasi certitude de finir deuxième scratch et surtout de remporter le groupe N ne l’ont pas incité à prendre des risques. D’autant que ses rares adversaires dans le groupe ont vite disparu, que ce soit Alain Vauthier (Sierra Cosworth, panne de turbo) ou Marc Vilte (R5 GT turbo, boîte de vitesses cassée).

En poursuivant le classement scratch, on trouve Roland Leuvrey (Peugeot 205 GTI) à la troisième place et Jean-Louis Chanet (R5 GT turbo) à la quatrième. Le jeune Haut-Saônois a réussi l’exploit de terminer devant les Clio de la Coupe Renault Sport, laquelle a connu son lot habituel d’émotions. La première de ces émotions, complétement inattendue, a été l’annonce de l’exclusion de Pascal Mackerer de la Coupe Renault pour utilisation d’essence non conforme lors du Rallye du Touquet. La seconde était plus prévisible : Philippe Orsucci, le leader, s’attendait à une grosse opposition sur le terrain de Marcel Patrois et il n’a pas été déçu car au milieu de la deuxième étape, les deux hommes se tenaient en six dixièmes de secondes. Le mot de la fin est toutefois revenu au pilote corse grâce à un coup de collier décisif dans les dernières spéciales. Réaction admirative de Marcel Patrois, beau joueur : « Il est très fort, je ne serais pas allé le chercher. »


Classement scratch

1.    Alibert – Jeannin, Renault 5 turbo, 1h 07’ 40’’
2.    Tasso, Ranchoux, Ford Sierra Cosworth, 1h 09’ 44’’
3.    Leuvrey – Leuvrey, Peugeot 205 GTI, 1h 11’ 02’’
4.    Chanet – Valentin, Renault 5 GT turbo, 1h 11’ 43’’
5.    Orsucci – Savignoni, Renault Clio, 1h 11’ 55’’
6.    Patrois – Hingray, Renault Clio, 1h 12’ 14’’
7.    Samuel-Coinon,  Renault Clio, 1h 12’ 25’’
8.    Lannefranque – Renaud, Renault Clio, 1h 12’ 36’’
9.    Villemin – Valentin, VW Golf, 1h 13’ 04’’
10.   Leuvrey – Cholley, Peugeot 309 GTI, 1h 13’ 12’’

 

Plaines et Cimes : Ligibel sur le fil

Pour avoir signé le meilleur temps des deux premiers tours, Denis Ehlinger (BMW M3) fait un vainqueur plus que probable du Rallye Plaines et Cimes. Il abandonne bien un petit dixième de seconde à la Golf de Thierry Ligibel au tour suivant mais l’affaire paraît entendue. Jusqu’à ce qu’un orage se déclenche et perturbe totalement les positions en tête. Grand perdant, Ehlinger finit à plus de sept secondes de Ligibel qui l’emporte donc sur le fil. Avec seulement vingt-huit voitures au départ, le Rallye Plaines et Cimes 1992 bat un record d'abstention.

 

Classement scratch

1.    Ligibel – Kien, VW Golf GTI, 10’29’’8, 1er groupe F
2.    Ehlinger – Woebel, BMW M3, 10’33’’4, 1er groupe A
3.    Leuvrey – Cholley, Peugeot 205 GTI, 10’42’1
4.    Wehrlé – Roetsch, Renault 5 GT turbo, 10’44, 1er groupe N
5.    Venturini – Rich, VW Golf GTI,10’48’’7
6.    Goettelmann – Wasser, Alfa GTV, 11’01’’7
7.    Mosser – Kuntz, Renault 5 GT turbo, 11’02’’6
8.    Zimmermann – Bader, VW Golf GTI, 11’08’’1
9.    Meyer – Keller, Toyota Corolla, 11’35’’
10.   Schweitzer – Goerig, Simca Rallye 3, 11’38’’2

 

Rallye de Nancy : Alexandre au dessus de la mêlée

Si gagner un rallye régional avec un écart de dix-neuf secondes sur le deuxième est normal, posséder une telle avance au bout de trois spéciales (sur sept) l’est beaucoup moins. Au Rallye de Nancy, le Dijonnais Christian Alexandre joue les terreurs au volant de sa Jidé à moteur de Renault Maxi. Comme si Alexandre avait besoin de cette aide supplémentaire, ses principaux adversaires commettent des fautes sur la chaussée humide et sale : parti en tête-à-queue, Jean-Pierre Jacques (309) estime qu’il perd trop de temps à revenir sur la route et abandonne ; Christian Hot (Opel Astra), victime de la même mésaventure, ne continue plus que pour une éventuelle victoire de classe ; enfin, le Champenois Jolly, qui pouvait lui aussi convoiter la deuxième place avec son Opel Manta 400 est trahi par son moteur.

Conséquence, la voie est dégagée pour des pilotes que personne n’attendait à ce niveau du classement. Daniel Forès, qui se serait contenté d’une victoire en groupe N, hisse sa R5 GT turbo à la deuxième place scratch devant la BMW M3 de Denis Ehlinger.

 

Classement scratch

1.    Alexandre – Alexandre, Jidé, 14’29’’, 1er groupe F
2.    Forès – Bretar, Renault 5 GT turbo, 15’10’’, 1er groupe N
3.    Ehlinger - Woebel, BMW M3, 15'12’’
4.    Dubois – Schleppi, Peigeot 205 GTI, 15’19’’
5.    Hot – Pareja, Opel Astra GSI, 15’21’’
6.    Colin – Gauthier, Renault 5 GT turbo, 15’24’’
7.    Vanneyre – Vanneyre, Renault 5 turbo, 15’28’’
8.    Voirin – Voirin, Opel Kadett GTE, 15’29’’
9.    Vilte-Henry, Renault 5 GT turbo, 15’30’’
10.   Virlat – Pierre, Peugeot 306, 15’31’’

 

En juin toujours

Bernard-Etienne Grobot en échec à Fouchy. Une nouvelle victoire lors de la Course de côte du Beaujolais et voilà Bernard-Etienne Grobot seul leader du Championnat de France de la montagne devant Daniel Boccard et Marcel Tarrès. Le pilote déodatien se dit enchanté de ce leadership même s’il sait qu’il ne s’agit que d’une situation provisoire, seulement due au fait que Tarrès mène en parallèle une saison en Coupe Alfa des circuits. De fait, Tarrès reprend la main à Fouchy où il domine nettement Boccard et Marc Régal. Dans le même temps, François Jakubowski fait subir à Grobot son premier revers de la saison. Un soulagement pour l’Alsacien, dominé lors des trois premières épreuves au col Saint-Pierre, la Pommeraye et au Beaujolais.

 

Première victoire de Stéphan Grégoire en F3. A Pau, Stéphan Grégoire se classe sixième à l’issue d’une course très sage. Parti en quatrième ligne, le Vittellois a tout de même gagné deux places sur ce circuit en ville où il est très difficile de doubler. Bonne surprise une semaine plus tard à Rouen où, après avoir signé le quatrième temps des essais, il obtient sa première victoire de l’année. D’une certaine manière, il a « survécu » à ce Grand Prix de Rouen qui s’est apparenté à une épreuve de « casse – voitures » avec deux départs et l’élimination de plusieurs ténors. Affirmer que ce résultat est la conséquence de la restructuration de l’écurie Formula Project qui est intervenue dans la semaine serait hasardeux. Toutefois, rien n’interdit de le penser.

Gregoire-Rouen-1992Grégoire ou la preuve qu'il ne faut jamais désespérer.

 

Des hauts et des bas au Touquet. Quatrième scratch au Rallye du Touquet, Pascal Mackerer (Clio) signe sa deuxième victoire de la saison en Coupe Renault Sport après celle remportée en mai au Rallye de Lorraine. L’Alsacien réalise une bonne affaire car, dans le même temps, ses principaux rivaux rencontrent des problèmes ; c’est le cas de Marcel Patrois qui a abandonné, boîte de vitesses cassée. Problème, Mackerer a utilisé une essence non conforme, il est donc exclu de la Coupe Renault. Dans le Challenge Citroën (groupe A) Gilles Ruer galère : un pointage en retard et les dernières spéciales avec la boîte à moitié bloquée gâchent complétement sa course. En groupe N, sur des routes qu’il ne connaît pas, Lionel Didierlaurent assure la troisième place faute de pouvoir concurrencer Bessaou et Lombard.

 

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