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Mai 1992 : au Rallye de Lorraine, Hazard sème et Kruger récolte Imprimer Envoyer
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Samedi, 13 Mai 2017 16:48

Philippe Kruger s’était fait à l’idée de terminer deuxième du Rallye de Lorraine. Jusqu’à ce que les ennuis de Jan-Hug Hazard lui offrent la première place.

Kruger-Lorraine-1992-actionAu Rallye de Lorraine, Philippe Kruger a gravi les marches une à une : quatrième en 1988, troisième en 1989, (absent en 1990), deuxième en 1991, premier en 1992.

 

Jan-Hug Hazard est un solide leader à l’issue de la deuxième étape du 38e Rallye de Lorraine. La Ford Sierra Cosworth 4 roues motrices qu’il a louée à Pierre Bos s’est montrée à ce point dominatrice que sa pression de turbo a même été diminuée de 500 grammes pour se donner une petite marge de fiabilité supplémentaire. En tout cas, Philippe Kruger, installé à la deuxième place, ne paraît pas suffisamment menaçant pour justifier une prise de risques. Relégué à quarante secondes, il doit s’habituer à une Toyota Celica sans doute très performante mais pénalisée par l’inexpérience de son conducteur à son volant, derrière lequel il est en effet installé pour la première fois. Quant à son navigateur, Philippe Souchal il vit sa première expérience dans le baquet de droite d’une voiture de course.

 

Kruger-Lorraine-1992-portraitPhilippe Kruger : première course avec la Toyota Celica et première victoire.« Aller chercher Hazard ça m’étonnerait » confie d’ailleurs Philippe Kruger à l’entame de la dernière étape qui doit ramener les concurrents à Nancy. Sauf qu’un coup de théâtre se produit dans l’avant-dernière spéciale, à Corcieux : le pont avant de la Ford Sierra casse. Bilan : quarante-trois secondes perdues sur Kruger. L’équipe de Hazard répare mais pas dans les temps car le pilote pointe dix secondes en retard au CH suivant. Pénalité. Là-dessus, Kruger enlève la dernière spéciale, l’affaire est pliée.

Le Lorraine est trop long, trop cher

« Quand j’ai su que j’avais gagné j’ai chialé comme un gosse » reconnaît Philippe Kruger, tout surpris de sortir vainqueur d’un duel qui manifestement n’était pas parti pour tourner en sa faveur.  Hazard lui, se contente d’encaisser, il sait qu’il était le plus rapide ce jour-là.

 

Hazard-Lorraine-1992Jan-Hug Hazard était intouchable à la régulière. Sa Ford Sierra Cosworth lui a joué un mauvais tour.

 

Derrière les deux leaders incontestés, Gazaud et Vernet sur leurs Peugeot 309 groupe A se sont positionnés d’entrée de jeu pour les troisième et quatrième place et Jean-Paul Bouquet  (Citroën AX Sport) pour la cinquième. Ils finissent d’ailleurs dans cet ordre à l’arrivée après trois jours d’une course qui selon Gazaud – et il n’était pas le seul - aurait pu tenir en une seule journée compte-tenu du faible kilométrage de tronçons chronométrés. Ce Rallye de Lorraine avait en effet débuté le vendredi soir avec trois spéciales aux portes de Nancy puis il s’était poursuivi le lendemain dans les Vosges avant un retour à Nancy seulement le dimanche matin. De quoi avoir les paupières un peu lourdes sur le routier ramenant place de la Carrière. Quant aux dépenses d’organisation générées par ce découpage, n’en parlons pas. Dès le lendemain, l’ASAC Lorrain révélait d’ailleurs que les probabilités de revoir le Lorraine dans les Vosges étaient faibles, sauf à ce que les collectivités locales mettent la main à la poche.

 

Panizzi intouchable dans le groupe N

Dans le groupe N, Gilles Panizzi (Peugeot 309), leader du Volant Shell et récent vainqueur scratch du Rallye de Lozère, faisait figure d’épouvantail et il a confirmé ce statut car personne ne l’a approché, pas même Pascal Mackerer (Clio 16S) qui évoluait pourtant sur un terrain qu’il connaissait bien. Il reste que le véritable objectif de l’Alsacien était ailleurs, à savoir marquer un maximum de points dans la Coupe Renault Sport et de ce point de vue, il était comblé.

 

La remontada de Patrois. Vendredi soir, Marcel Patrois finit la première étape en 128e position suite à la rupture d’un support moteur de sa Clio 16S. Dimanche matin, à force d’obstination, il est parvenu à remonter au 23e rang (6e place de la Coupe Renault Sport). C’est la remontée de l’année.

Grandjean interdit de départ. Engagé sur une BMWM3, François Grandjean s’est vu refuser le départ pour cause d’arceau non conforme. Le pilote a eu beau expliquer que cet arceau était fait d’un « acier très complexe », rien n’y a fait.

Classement scratch

1.    Kruger – Souchal, Toyota Celica, 1 h 36’ 52’’, 1er groupe A
2.    Hazard – Brissart, Ford Sierra Cosworth, à 4’’
3.    Gazaud – Jaffeux, Peugeot 309, à 3’11’’
4.    Vernet – Bouzat, Peugeot 309, à 3’32’’
5.    Bouquet – Bouquet, Citroën AX Sport, à 6’15’’
6.    Panizzi – Panizzi, Peugeot 309, à 6’52, 1er groupe N
7.    Mackerer – Rissier, Renault Clio 16S, à 8’28’’
8.    Bermand – Bermand, Ford Sierra Cosworth, à 8’47’’
9.    Samuel – Macario, Renault Clio 16S, à 9’08’’
10.  Barbara – Barbara, BMW M3, à 9’20’’

 

Eric Mauffrey score en Corse et confirme à Antibes

Au Tour de Corse, que Didier Auriol, sur Lancia Delta, remporte pour la quatrième fois devant François Delecour (Ford Sierra Cosworth) et l’autre Lancia Delta de Philippe Bugalski, Jean Ragnotti se classe 9e, Alain Oreille 10e, Claude Balesi 11e et Eric Mauffrey 12e. Au détour de cet étonnant tir groupé des pilotes Renault, il y a les premiers points marqués cette saison par Eric Mauffrey après ses abandons au Rallye des Garrigues et au Grasse-Alpin. « Je crois que j’ai bien réagi » commente le Vosgien, d’autant plus soulagé qu’il a soutenu la comparaison avec Claude Balési, appelé en renfort par Renault.

Le jour de l’arrivée, les esprits sont ailleurs car, la veille, le drame de Furiani a endeuillé l’île. Les quatre dernières épreuves spéciales ont d’ailleurs été annulées afin d’aller renforcer les équipes de secours à Bastia.

Dans la foulée, Eric Mauffrey signe une très belle sixième place au Rallye d’Antibes remporté par César Baroni (Lancia Delta). Son résultat en Corse paraît avoir définitivement libéré le Vosgien qui révèle : « avant, j’avais le trac la veille d’une course, maintenant j’ai hâte d’y être. »

Lors de ce même Rallye d’Antibes, Jean-Paul et Monique Bouquet sont hospitalisés à Nice dans un état grave après une sortie de route dans le col de la Couillole. Un premier diagnostic fait état de multiples lésions osseuses et de suspicions de lésions viscérales pour Jean-Paul. Quant à Monique, elle souffre d’un traumatisme crânien et de plusieurs fractures d’une jambe et d’une main.

 

Briche-Plaine-1992Sur un tracé qui nécessitait de nombreuses relances, Jean Briche avait la voiture pour gagner.

 

Rallye de la Plaine : Jean Briche intouchable

Trois semaines plus tôt, Jean Briche est reparti du Rallye des 500 Nocturnes assez fâché, estimant avoir été privé d’une victoire qui lui tendait les bras du fait de conditions de course inéquitables (voir aussi la rétrospective d'avril 1992). Le Verdunois se rattrape au Rallye de la Plaine où cette fois tout se passe normalement. Il confie même s’être fait plaisir au volant de la R5 Turbo que lui prête l’un de ses amis pilotes, une auto, selon Christian Hot, deuxième sur l’Opel Astra qu’il continue de mettre au point, « intouchable sur un tracé qui nécessitait de nombreuses relances. »

Thierry Ligibel casse l’autobloquant de sa Golf et Jean-Pierre Jacques n’arrive pas à tirer parti de la boîte de vitesses à rapports courts de sa toute nouvelle Peugeot 309 groupe A. Si bien que la troisième place échoit à la R5 GT turbo groupe N de Daniel Forès, grand vainqueur d’un match très intense où les autres R5 GT turbo de Dominique Fade, Marc Vilte et Pascal Colin ont tenu les rôles principaux. Tous ont quelque chose à raconter à l’arrivée : Fade dit que son navigateur a dû tenir le levier de vitesses tout en lisant ses notes, Vilte confie qu’il a fait une « figure » sur une flaque d’huile non signalée, enfin Colin a vu son capot s’ouvrir devant lui dans les derniers hectomètres de la dernière spéciale !

 

Classement scratch

1.    Briche – Briche, Renault 5 turbo, 13’17’’80, 1er groupe F
2.    Hot – Cattant, Opel Astra, 13’28’’30, 1er groupe A
3.    Forès – Bretar, Renault 5 GT turbo, 13'034’’00, 1er groupe N
4.    Colin – Gauthier, Renault 5 GT turbo, 13'38’’09
5.    Fade – Courroy, Renault 5 GT turbo, 13'40’’20
6.    Vilte – Henry, Renault 5 GT turbo, 13'40’’70
7.    Dubois – Schleppi, Peugeot 205 GTI, 13'43’’30
8.    Gavoille - Vaxelaire, Renault 11 turbo, 13'46’’50
9.    Jacques – Waldmann, Peugeot 309 GTI, 13'48’’70
10.  Mermoz – Kersten, Peugeot 309 GTI, 14'03’’00

 

Grandjean-La-Bresse-1992Déclaré non conforme au Rallye de Lorraine, l’arceau de la BMW M3 de François Grandjean est devenu conforme au Sprint de La Bresse. L’affaire est close.

 

La Bresse : François Grandjean tient sa revanche

Refusé au Rallye de Lorraine, François Grandjean est au départ du Sprint de La Bresse où cette fois l’arceau de sa BMW M3 n’est pas jugé non conforme. Le pilote aurait-il changé d’arceau ? Non, c’est la FFSA qui a changé puisqu’elle a décidé de mettre au rencart le test dit « de l’aimant », justement destiné à s’assurer que les arceaux sont en acier « pur ». Conclusion, ce n’est pas l’arceau qui n’était pas conforme (en réalité, il était réalisé en acier-carbone, alliage plus résistant que la norme imposée), c’était le test. On aurait pu en rire si François Grandjean n’avait pas été exclu du Rallye de Lorraine pour cette raison. Mais on n’a pas ri car ce n’était pas drôle.

A La Bresse donc, Grandjean avec son fameux arceau conforme inaugure un moteur neuf, et, aux dires du pilote, « pas plus puissant que le précédent mais plus pointu ». On constate vite qu’il fait parfaitement l’affaire sur les kilomètres pentus de la Route des Américains, route sur laquelle s’abat une violente averse de grêle lors du premier passage. Les ordinateurs de l’organisation n’apprécient pas car ils « avalent » les chronos des vingt premiers concurrents et obligent de ce fait la direction de course à annuler cette boucle. Mais ce n’est que partie remise pour l’homme à la BMW M3 qui se montre intouchable tour après tour. Jean-Pierre Jacques a beau se sentir mieux qu’au Rallye de la Plaine dans sa Peugeot 309 GTI, il concède chaque fois quelques secondes au leader. Pascal Voirin (Opel Kadett) et Thierry Ligibel (Golf GTI) sont encore plus loin mais sont déjà contents de se battre pour une troisième place que finalement Voirin enlève – et en même temps la victoire dans le groupe F - pour avoir opté pour des pneus slicks malgré la chaussée mouillée.

François Wehrlé (R5 GT turbo) a fait le même choix et il remporte le groupe N où l’opposition il est vrai n’a pas été féroce. A défaut de victoire éclatante, l’Alsacien se console en constatant qu’il a devancé la Clio groupe A de Jean-Marc Durr de un dixième de seconde.

 

Classement scratch

1.    Grandjean – Mauffrey, BMW M3, 8’13’’9, 1er groupe A
2.    Jacques – Waldmann, Peugeot 309 GTI,, 8’20’’2
3.    Voirin – Voirin, Opel Kadett GTE, 8’28’’04, 1er groupe F
4.    Ligibel – Kien, VW Golf GTI, 8’29’’6
5.    Vanneyre – Vanneyre, Renault 5 turbo, 8’30’’0
6.    Gavoille – Vaxelaire, Renault 11 turbo, 8’34’’4
7.    Wehrlé – Roetsch, Renault 5 GT turbo, 8’34’’7
8.    Durr – Graff, Renault Clio 16S, 8’34’’8
9.    Villemin – Valentin, VW Golf GTI, 8’41’’7
10.  Brocard – Lagrange, Alpiune A 110, 8’42’’6


En mai 1992 toujours

Grobot encore, Grobot toujours. Une petite victoire en passant à Abreschviller (Championnat de 2e division) et Bernard-Etienne revient aux affaires courantes à La Pommeraye où impose sa Ford Sierra Cosworth en groupe N devant celle de François Jakubowski. Conséquence, le pilote déodatien se retrouve en tête du Championnat de France du fait de l’absence momentanée de Marcel Tarrès, occupé jusqu’alors par la Coupe Alfa en circuit. Mais Tarrès justement est de retour à La Pommeraye où il enregistre sa première victoire de la saison en battant Christian Debias et Daniel Boccard. A la clé, le nouveau record de la montée à 147 km/h de moyenne !

Grégoire sort la tête de l’eau à Dijon. Sixième place à Lédenon puis abandon à Nogaro après avoir été sorti de la piste par un autre concurrent : le bilan du début de saison de Stéphan Grégoire est loin d’être encourageant. Or, il ne risque pas de s’arranger si l’on croit les déclarations du pilote qui continue en effet de se plaindre des piètres performances de sa Dallara 392 à moteur Alfa Roméo. Confirmation hélas à Magny-Cours puisque Grégoire signe seulement le septième chrono des essais avant une course calamiteuse qui le voir rater son départ puis abandonner après une sortie de piste. Et puis arrive Dijon. Comme il le demandait depuis le début de la saison, Grégoire dispose enfin d’un nouveau moteur et surtout il adopte de nouveaux réglages pour son châssis. Résultat : il signe le cinquième chrono des essais puis la quatrième place en course. « Il y a encore du boulot mais c’est déjà mieux » constate Stéphan Grégoire. Sûr qu’il y a encore du boulot car lors de la course de prestige disputée en lever de rideau du Grand Prix de Monaco de F1 il ne se qualifie pas. Mais il n’est pas le seul car Franck Lagorce, l’un des ténors actuels du Championnat de F3, ne passe pas non plus la barrière des qualifications.

 

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