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Juin 1991 : Béguin enlève le Rallye Alsace-Vosges au finish Imprimer Envoyer
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Lundi, 13 Juin 2016 14:56

Deux secondes d’écart à l’arrivée : le duel promis entre Bernard Béguin et Yves Loubet a tenu toutes des promesses.

 

Beguin-Alsace-1991-2Bernard Béguin comptait 22 secondes de retard sur Yves Loubet à l'isue de la première étape mais il n'a pas baissé les bras.

 

Difficile de faire un pronostic lorsque les protagonistes du Championnat de France des rallyes se présentent à l’Alsace-Vosges. Aucune hiérarchie ne s’est dégagée lors des premières courses. Bernard Béguin a été le seul à sauver les meubles aux Rallye des Garrigues (3e), puis Jean Ragnotti s’est imposé à l’Alpin totalement bouleversé par la neige, enfin, le Tour de Corse s’est transformé en un cauchemar dont seul Yves Loubet a réchappé (6e).  

De plus, nul ne sait quelle sera l’influence de la nouvelle réglementation, applicable à partir de cette épreuve, visant à limiter le nombre de pneumatiques. Les tractions désormais devront utiliser un maximum de 28 slicks ou mixtes et les propulsions 24.  Les pilotes sont partagés. Si les « pour » estiment que cette limitation va dans le sens d’une plus grande équité entre pros et amateurs, les « contre » se disent persuadés que les pilotes disposant des plus gros moyens continueront de dominer et parlent donc de « démagogie ».

En dépit de ces incertitudes, il y a deux favoris sur le papier : Béguin (Ford Sierra Cosworth) et Yves Loubet (Lancia Delta Integrale). Bernardini et Mourgues (BMW M3) ne paraissent pas avoir les moyens de les inquiéter, pas plus que Camandona, Burri et Mauffrey (Ford Sierra Cosworth), Baroni (Alfa 75) ou encore  les « Renault boys » Ragnotti et Bugalski présents avec des Clio 16S.

En groupe N, un duel de Ford Sierra est promis, que Jan-Hug Hazard attaque avec la faveur du pronostic face à Jean-François Grobot. Le Nancéien a signé un beau résultat en début de saison en remportant son groupe au Rallye des Garrigues.

La première étape ne fait que confirmer ces pronostics mais avec une surprise tout de même : l’avance de 22 secondes que compte Loubet sur Béguin après seulement six tronçons chronométrés. Il faut dire que le pilote de la Ford Sierra a tapé après une sortie de route et que cet incident lui a valu de concéder 27 secondes à son rival, pas mécontent de se donner de l’air après plusieurs spéciales au coude-à-coude.

Si Camandona, seulement à 13’’ de Béguin, est encore dans le coup, la valeur des actions de Bernardini, à 26’’ a déjà sérieusement baissé. Et que dire de celle de Ragnotti et Bugalski dont les Clio ont été mises à la torture par les spéciales-boulevards alsaciens avalés à plus de 120, voire 130 km/h de moyenne ? La spéciale du Bois de Boersch est couverte par le vainqueur à 123 km/h et le record absolu est atteint à Steige : 132 km/h ! Se plaignant du manque de puissance du moteur de sa Ford Sierra, auteur de surcroit d’un tête-à-queue, Eric Mauffrey fait également les frais de ces spéciales infernales et navigue seulement à la 10e place scratch.


Loubet-Alsace-1991Yves Loubet : battu sur le fil.


Béguin l’emporte au sprint

Preuve qu’il n’a pas renoncé malgré son gros retard, Béguin attaque la deuxième étape le couteau entre les dents et, hormis le premier tronçon chronométré de la journée où il concède une seconde supplémentaire à Loubet, il signe trois fois le meilleur chrono et reprend du coup dix secondes au leader, désormais à treize secondes.

Problème, le turbo de la Ford Sierra lâche dans la spéciale suivante (Col du Hantz - ES 11) et Béguin perd de nouveau cinq secondes, augmentées d’une seconde de plus dans le Col de la Charbonnière (ES 12). Le voilà de nouveau à dix-neuf secondes du pilote de la Lancia qui, du coup, doit penser que les événements ont tourné en sa faveur. D’ailleurs, les cinq spéciales qui suivent entretiennent cette idée puisque les deux pilotes signent tour à tour le meilleur temps sans pratiquement sans faire varier leur écart, qui est encore de dix-huit secondes à l’issue de la dix-septième spéciale.

Or, la course bascule. Loubet, pourtant avec des pneus neufs, lâche six secondes dans les Raids de Robache (ES 18), sept secondes à Moyenmoutier (ES 19), et deux secondes à Chatas (ES 20). En perdant quatre nouvelles secondes au Col du Hantz (ES 21), il voit Béguin passer en tête, Béguin devant lequel il s’incline encore dans l’ultime spéciale au Col de Steige pour une seconde. Ecart final entre les deux hommes : deux secondes. Personne n’était en mesure de rivaliser avec eux : Bernardini, troisième scratch, est à plus de quatre minutes.

Côté lorrain, le bilan n’est pas fameux. Si Eric Mauffrey, après avoir réglé les problèmes moteur de sa Sierra, a signé quelques bons chronos lors de la deuxième étape, notamment le 4e chrono du premier passage à Robache, une crevaison dans l’ES 15 lui a encore fait perdre beaucoup de temps et il se classe finalement dixième scratch, soit juste devant Philippe Kruger et sa BMW M3.

Hazard en revanche a remporté le groupe N comme attendu. Il comptait déjà plus d’une minute d’avance sur Jean-François Grobot à l’issue de la première étape. Il s’est retrouvé sans adversaire dès l’ES 14, lorsque le pilote vosgien, las des faiblesses de sa Ford Sierra (moteur, freins) a préféré jeter l’éponge.

 

Classement scratch

1.    Béguin – Andrié, Ford Sierra Cosworth, 2 h 26’ 25’’
2.    Loubet – Chiaroni, Lancia  Delta, à 2 ‘’
3.    Bernardini – Demedardi, BMW M3, à 3’ 53’’
4.    Bugalski – Giraudet, Renault Clio 16S, à 5’ 24’’
5.    Camandona- Periat, Ford Sierra Cosworth, à 6’ 02’’
6.    Ragnotti – Thimonier, Renault Clio 16S, à 6’ 29’’
7.    Burri – Hofmann, Ford Sierra Cosworth, à 6’ 31’’
8.    Mourgues – Roissard, BMW M3, à 7’ 08’’
9.    Keller – Hofmann, Mitsubishi Galant, à 7’ 18’’
10.  Mauffrey – Chapotot, Ford Sierra Cosworth, à 8’ 21’’
11.  Kruger – Roissard, BMW M3, à 10’ 21’’
12.  Magaud – Brun, Peugeot 309 GTI, à 11’ 06’’
13.  Roux – Besse, Lancia Delta, à 12’ 56’’
14.  Hazard – Caizergues, Ford Sierra Cosworth, à 12’ 59’’, 1er groupe N
15.  Doenlen – Merciol, Peugeot 205 Rallye, à 13’ 13’’


Rallye de Nancy : Hot se surprend à gagner

Pour avoir réparé à toute vitesse son moteur cassé au Rallye Alsace-Vosges, Christian Hot prend le départ du Rallye de Nancy sans beaucoup d’illusions. Selon le pilote vosgien, il manque une vingtaine de chevaux à son Opel Kadett pour qu’il puisse jouer un rôle intéressant face à Thierry Libigel (VW Golf GTI) ou à Gérard Werguet, armé d’une R5 Turbo qui encore fait ses preuves un mois auparavant au Sprint de La Bresse.

Le premier chrono, enlevé par Werguet, confirme le pronostic du Vosgien. Ligibel lui est déjà hors du coup à cause d’un tête-à-queue,.

Hot, à sa plus grande surprise, se retrouve en tête une spéciale plus loin. Retardé par un problème d’allumage, Werguet vient en effet de signer un chrono-catastrophe. Et comme il ne trouve pas la solution, sa marche est ensuite contrariée à un point tel qu’il ne parvient pas à recoller à Hot et qu’il perd de surcroit la deuxième place au profit de Marc Vilte, particulièrement agile avec sa R5 GT turbo sous les averses. Pour avoir choisi les bons pneus lors d’une spéciale copieusement arrosée, le Nancéien réussit même à finir à 5’’ du leader parti quant à lui en slicks.

Vilte signe du coup une victoire en groupe N que ni Virlat (Peugeot 309) ni Forès (R5 GT turbo) ne lui ont contesté.

 

Classement scratch

1.    Hot- Pareja, Opel Kadett GSI, 11’ 31’’, 1er groupe A
2.    Vilte – Hocquart, R5 GT turbo, à 5’’, 1er groupe N
3.    Werguet – Werguet, R5 Turbo, à 14’’, 1er groupe F
4.    Gavoille – Vaxelaire, R 11 Turbo, à 14’’
5.    Virlat – Pierre, Peugeot 309 GTI, à 18’’
6.    Forès – Castello, R5 GT turbo, à 18’’
7.    Brocard – Froissart, Alpine A 310, à 19’’
8.    Colin – Gauthier, R5 GT turbo, à 22’’
9.    Mangel – Andreux, Talbot Lotus, à 24’’
10.  Wehrlé – Roetsch, R5 GT turbo, à 25’’

 

En juin 1991 toujours

Tarrès se multiplie. Parmi les coups d’éclat ayant marqué la carrière de Marcel Tarrès, celui-là n’est pas banal. Ce samedi du mois de juin 1991, saison où il dispute – on pourrait dire, entre autres - la Coupe Alfa des circuits, il est au départ des 24 Heures du Mans au volant d’une Porsche 962. Sa course prend fin sur les coups de 23 heures en raison de problèmes mécaniques. Aussitôt, il se met au volant de sa voiture et se met en route pour l’Alsace, atteinte à temps pour disputer la première manche de la Course de côte de Fouchy. Marcel Tarrès a manqué les essais puisque ceux-ci ont été disputés la veille mais qu’importe, il gagne. Marc Régal se classe deuxième et Christian Debias troisième. Quant à Daniel Boccard, il a été trahi par son moteur lors de la première manche, ce qui lui vaut d’abandonner la tête du championnat à Bernard-Etienne Grobot, auteur d’une nouvelle victoire en groupe N, celle-là devant François Jakubowski. Le Vosgien sait que ça ne durera pas mais il savoure son plaisir.

Grégoire en pleine galère. Stéphan Grégoire sort très perplexe du circuit de Dijon. Lui qui pensait en avoir terminé avec ses déboires à Pau où il a marqué ses premiers points de la saison vient de se contenter d’une modeste 9e place, conforme à ses essais (11e temps). A Charade, la série noire continue et en pire car son moteur casse. La veille pourtant il exultait : 5e temps des essais, il pensait avoir enfin prouvé que ses résultats étaient dus jusque là aux insuffisances de sa voiture, dotée justement depuis Charade de nouveaux ailerons avant et arrière. Espoir de courte durée : à Rouen, il se plaint de nouveau de son moteur lors des essais (13e temps) et s’élance donc d’une 7e ligne qui l’oblige à prendre tous les risques pour remonter. Trop de risques : lors d’une tentative de dépassement de l’un de ses coéquipiers, il l’accroche et finit sa course dans le bas-côté.

Le Trophée Andros annonce son arrivée à La Bresse. Les Vosges n’ont pas encore goûté aux courses sur glace mais ce n’est qu’une question de temps. Du côté de La Bresse, un groupe de copains annoncent qu’ils ont trouvé un accord avec Max Mamers pour faire venir le Trophée Andros sur un terrain prêté par la municipalité. Les amateurs de glisse se régalent par avance.

 

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