Juin 1990 : Chatriot reprend la main à l’Alsace-Vosges Imprimer
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Samedi, 27 Juin 2015 13:49

Battu par César Baroni dans cette même épreuve en 89, François Chatriot a d’autant plus de raisons d’être inquiet qu’il vient de subir une défaite devant Bruno Saby à Nice. Mais l’Alsace-Vosges 90 lui apporte une double revanche.


Chatriot-Alsace-1990François Chatriot avait de bonnes raisons d'être inquiet mais les premières spéciales l'ont vite rassuré.

 

Dans le duel qui oppose François Chatriot à Bruno Saby pour la conquête du titre de Champion de France des rallyes, les trois premiers épisodes ont tourné à l’avantage du pilote BMW. Après avoir remporté coup sur coup le Rallye des Garrigues et le Rallye Alpin-Behra, Chatriot a encore pris l’avantage lors du Tour de Corse. Pourtant, on se trompe en croyant déjà qu’il est invincible. La preuve, il s’incline lors du Tour Auto de Nice remporté par un Saby soulagé de démontrer enfin que la Lancia Integrale a la capacité de concurrencer la M3.

Les spéciales ultra-rapides de l’Alsace-Vosges étant de surcroit favorables à la Ford Sierra Cosworth de César Baroni, vainqueur en 1989, Chatriot n’est donc pas spécialement serein lors de  l’envolée de l’épreuve qui, au cours de la première étape de 7 spéciales, propose notamment un passage redoutable dans la forêt d’Abreschviller. Si la Sierra et la BMW avalent les 16 km de routes bosselées sans encombre, la Lancia elle, en ressort avec une indigestion du fait du débattement insuffisant de ses suspensions. Saby en effet y abandonne 13 secondes et sans doute beaucoup de ses illusions car à la fin de l’étape, son retard sur les deux leaders que sont Baroni et Chatriot (à une seconde) dépasse déjà les 20 secondes.

 

Saby-Grataloup-alpin-89La Lancia Delta Integrale de Bruno Saby (ici à l'Alpin Behra 1989) n'a pas aimé les bosses d'Abreschviller.

 

Les inquiétudes de Chatriot en revanche ont disparu car il n’a pas été distancé par Baroni, soumis pour sa part à une pression d’autant plus importante que son budget, très limité, ne lui permet aucune fantaisie, notamment dans sa consommation de pneus. D’ici à y voir l’explication de sa sortie de route dans le troisième tronçon de la deuxième étape, le pas est vite franchi. Son abandon en tout cas laisse le champ libre à Chatriot, seulement occupé désormais à éviter tout retour de Bruno Saby, avec lequel il partage effectivement les temps scratch, et à surveiller son embrayage, remplacé à deux reprises. A l’arrivée, la BMW et la Lancia se suivent à 19 secondes, comme au Tour Auto de Nice mais dans l’ordre inverse.

Deybach-Alsace-1990Guy Deybach luttait avec une voiture inconduisible. Elle a fini dans un arbre. En groupe N, Guy Deybach semble courir sur un nuage. La première journée de course le voit creuser un écart conséquent sur l’Alfa Romeo 75 Turbo de Yves Loubet et les Ford Sierra Cosworth de Eric Mauffrey et Philippe Thiry. Pourtant, cette aisance n’est qu’illusoire car le pilote vosgien se bat avec une Ford Sierra de son propre aveu inconduisible. « A Abreschviller, explique-t-il, je suis passé moins vite qu’en reconnaissances avec mon mulet ». Une sortie de route met un point final à sa course dans les premiers kilomètres de la deuxième étape, offrant ainsi le commandement du groupe à Thiry qui vient de prendre l’avantage sur Loubet. Le podium du groupe est complété par Eric Mauffrey qui a disputé le début de la deuxième étape avec ses pneus de la veille. Ses pneus neufs sont restés longtemps bloqués dans un camion d’assistance tombé en panne.

Avec 141 équipages au départ et 71 à l’arrivée, l’épreuve a envoyé la moitié du plateau au tapis. Jan-Hug Hazard et Jean-Paul Bouquet ont eu la malchance d’inaugurer la liste des abandons car tous deux ont été éliminés dès la première épreuve spéciale, Hazard à cause de son moteur et Bouquet d’une sortie de route.

Classement scratch

1.    Chatriot – Périn, BMW M3, 2 h 13’ 31’’, 1er groupe A
2.    Saby – Grataloup, Lancia Delta Integrale, à 19’’
3.    Delecour – « Tilber », Peugeot 309 GTI, à 8’ 01’’
4.    Camandonna – Periat, Ford Sierra Cosworth, à 9’ 57’’
5.    Thiry – Peyroux, Ford Sierra Cosworth, à 11’ 25’’, 1er groupe N
6.    Loubet – Chiaroni, Alfa Romeo 75 turbo Gr N, à 11’ 42’’
7.    Burri – Hoffmann, Ford Sierra Cosworth, à 12’ 11’’
8.    Mauffrey – Main, Ford Sierra Cosworth Gr N à 12’ 14’’
9.    Polo – Sauvage, Renault 5 GT turbo Gr N, à 13’ 23’’
10.   Liechti – Mossaz, Ford Sierra Cosworth, à 14’ 27’’
11.   Doenlen – Merciol, Peugeot 205 Rallye, à 14’ 47’’
12.   Dor – Viale, BMW M3, à 15’ 16’’
13.   Ragnotti – Thimonnier, Renault 5 GT turbo Gr N, à 15’ 44’’
14.   Hoffner – Wrege, Ford Sierra Cosworth Gr N, à 16’ 06’’
15.   Balesi- Cirindini, Renault 5 GT turbo Gr N, à 16’ 35’’
16.   Mackerer – Risser, Renault 5 Gt turbo Gr N, à 16’ 55’’
17.   Montagne – Senzani, Renault R GT turbo Gr N, à 16’ 56’’
18.   Merlin – Baldi, Opel Kadett GSI, à 17’ 07’4
19.   Duchène – Leuvrey, Renault 5 GT turbo, à 17’ 29’’
20.   Driano – Lallement, Citroën AX Sport, à 17’ 38’’


En juin toujours

Tarrès et Grobot sur leur lancée. En Championnat de France de la Montagne, la seule incertitude consiste à savoir qui, de Daniel Boccard, Anne Baverey ou Christian Debias, sera deuxième derrière Marcel Tarrès. Au Beaujolais c’est Boccard, à Fouchy c’est Baverey. Les deux épreuves voient également Bernard-Etienne-Grobot triompher en groupe N. Une habitude.

Arbeit fait du bon travail. Profitant de l’absence de Christian Debias qui l’avait battu l’année précédente, Michel Arbeit remporte la Course de Côte des Hautes-Vosges devant Roland Perrin et Philippe Tranzer. Du côté de l’ASA des Vallées, on croise les doigts pour que cette édition ait atteint son but, à savoir convaincre la FFSA de lui attribuer le label Championnat de France l’année suivante.

Grégoire déchante. En juin, le championnat de France de Formule 3 bat son plein avec trois épreuves à Pau, Charade et Rouen, que Stéphan Grégoire aborde plutôt confiant après avoir repris la tête du classement général du championnat B, réservé aux châssis de la saison précédente.  Le Vittellois déchante dès la course de Pau car il est éliminé peu après le départ dans une collision avec un concurrent parti en travers. 9 concurrents seulement réussissent à franchir la ligne d’arrivée de cette course impitoyable, soit 13 abandons (dont celui d’Yvan Muller). Pour Grégoire, la série noire continue à Charade avec un nouvel abandon, provoqué cette fois à 2 km de la ligne d’arrivée par une panne électrique. Comme il a de surcroit fait de mauvais essais, le moral du pilote en prend en coup. Et il ne remonte pas au soir de la course de Rouen dont il ne finit que 14e, soit 3 places derrière Cayrolle, son adversaire du championnat B. Estimant que son pilotage ne peut mis en cause, Grégoire se montre très critique envers son équipe (la deuxième depuis le début de la saison) qu’il soupçonne de ne pas tout faire pour lui fournir une bonne voiture. MT