Octobre-novembre 1989 : le premier scratch d’Eric Mauffrey Imprimer
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Vendredi, 03 Octobre 2014 16:23

Au Rallye des Vosges du Nord, le pilote vosgien signe la première victoire scratch de sa carrière avec une Ford Sierra Cosworth groupe N. Une mauvaise surprise pour Fabien Doenlen qui partait favori.
Mauffrey-Brimbelles-1989Une victoire de groupe et une victoire scratch en deux courses : la Ford Sierra Cosworth réussit à Eric Mauffrey.

 

Clôture de la saison en Lorraine-Alsace, le Rallye des Vosges du Nord traîne sa peine. Sans doute rebutés par les deux journées de course, de nombreux concurrents ont préféré renoncer à cette épreuve qui décidément collectionne les revers et les coups du sort. Personne n’a oublié que l’édition 87 a été endeuillée par la mort de René Heitzler et de son navigateur Philippe Gehrard lors d’une sortie de route. Quant à l’édition 88, celle-ci n’a pas été organisée car l’ASA Rhin a jeté l’éponge faute de budget.


Pour autant, tous les concurrents ne se plaignent pas du faible nombre d’engagés (une quarantaine). Fabien Doenlen par exemple aurait même plutôt tendance à s’en réjouir puisqu’il est venu chercher la victoire scratch qui lui manque encore pour remporter le Trophée Peugeot-Talbot. Vu l’avancement de la saison, c’est l’une de ses dernières chances de détrôner le leader, le Vosgien Jean-Pierre Jacques, qui lui ne s’est pas engagé pour la bonne raison qu’il a déjà fait le plein de points.


D’ici à faire de Doenlen le grandissime favori il n’y a donc qu’un pas, d’autant qu’on sait que sa 205 GTI est particulièrement performante. De surcroît, les conditions de course vont lui être favorables puisque la pluie est au rendez-vous et promet de rendre les 18 spéciales de ce rallye, spéciales plutôt étroites, très glissantes.


Mauffrey-portrait-Vosges-Nord-1989Etonnement d’Eric Mauffrey : « Pourquoi Doenlen est-il derrière moi aujourd’hui ? »Mais rien ne se passe comme prévu. Après un coup d’éclat d’Olivier Courtois et de sa R5 Turbo dans la première spéciale (sans suite puisque l’Alsacien sort de la route et abandonne dans la deuxième spéciale), Eric Mauffrey prend aussitôt  le relais en tête avec la Ford Sierra qui lui a déjà permis de signer une victoire de groupe au Rallye des Brimbelles et creuse insensiblement l’écart. A la fin de la première journée, son avance sur Doenlen est déjà de 32 secondes, qu’il augmente encore de 30 secondes supplémentaires le lendemain.


Tout heureux de signer la première victoire scratch de sa carrière, Eric Mauffrey s’étonne de ce résultat, expliquant que « la Sierra est délicate à conduire sur des routes comme celles-là, elle est lourde, il faut en tenir compte dans les freinages. Pourquoi Doenlen est-il derrière moi aujourd’hui ? J’ai vraiment du mal à l’expliquer ».


Doenlen surprend encore plus quand il confie qu’il aurait préféré des routes sèches du fait, affirme-t-il, du manque de motricité de sa voiture sur le mouillé. A n’y rien comprendre. Si ce n’est que le pilote, s’il veut encore remporter le Trophée Peugeot-Talbot, devra désormais s’engager au Rallye Charlemagne et le gagner (voir plus loin).


Une autre Ford Sierra est sur le podium du Rallye des Vosges du Nord, celle de Jean-François Grobot qui pourtant s’est battu avec un train avant capricieux. En revanche, trahies par leurs mécaniques, celles de Guy Deybach et François Jakubowski ne sont pas allées jusqu’au bout.


Classement scratch


1.    Mauffrey – Boilloz, Ford Sierra Cosworth, 1 h 08’ 33’’, 1er groupe N
2.    Doenlen – Merciol, Peugeot 205 GTI, 1 h 09’ 35’’, 1er groupe A
3.    JF Grobot – Pebay, Ford Sierra Cosworth, 1 h 10’ 01’’
4.    Hot – Cattant, Opel Kadett GSI, 1 h 10’ 57’’
5.    Rochelle – Chary, Renault 5 GT Turbo, 1 h 10’ 59’’
6.    Sichler – Waldmann, Suzuki, 1 h 14’ 36’’
7.    Remy – Remy, Peugeot 205 Rallye, 1 h 15’ 27’’
8.    Goettelmann – Keller, VW Golf GTI, 1 h 15’ 45’’
9.    Huot – Olivier, Peugeot 205 GTI, 1 h 16’ 11’’
10.   Perrot – Chevalier, Citroën AX Sport, 1 h 16’ 25’’


Trophée Peugeot-Talbot : battu sur le fil, Jean-Pierre Jacques » balance »

Jacques-JP-1989Jean-Pierre Jacques : neuf victoires de classe durant la saison et finalement battu d’un demi-point.A deux spéciales de l’arrivée du Rallye Charlemagne, Philippe Kruger est en tête devant Fabien Doenlen et soudain il abandonne, pont de sa BMW M3 cassé. Doenlen exulte car cette victoire scratch lui permet de remporter le Trophée Peugeot-Talbot 1989 en coiffant sur le fil (un demi-point…) le Vosgien Jean-Pierre Jacques, leader depuis des semaines.


Jean-Pierre Jacques accuse le coup. Très amer, il soigne la réputation de son adversaire en l’accusant d’avoir tenté d’obscures manœuvres pour l’emporter. Ainsi, avant le Rallye Jeanne d’Arc, le Franc-Comtois aurait essayé de rameuter plusieurs pilotes de 205 afin qu’ils s’engagent dans la classe du Vosgien, allant jusqu’à leur offrir l’engagement. Puis, voyant que le Rallye des Vosges du Nord lui échappait, il aurait proposé à Eric Mauffrey de le laisser passer devant.


Aucune de ces tentatives n’a abouti et Doenlen a bel et bien obtenu sa victoire à la régulière. Pour autant, ces révélations plombent l’ambiance.


Rallye Stanislas : Briche devant Hazard

Les victoires de Jean Briche sur Jan-Hug Hazard se comptent sur les doigts d’une main et l’une d’elles a lieu au Rallye Stanislas où le pilote de la R5 Turbo s’impose de trois secondes devant celui de la BMW M3. Gérard Werguet n’est pas dans le rythme des deux ténors de la course et se contente de préserver la deuxième place du groupe F également convoitée par Alain Vauthier et François Brocard. En groupe N, Olivier Virlat profite de l’absence de concurrence pour signer une confortable victoire, assortie d’une belle quatrième place scratch.


Classement scratch


1.    Briche – Briche, R5 Turbo, 14’ 17’’ 05, 1er groupe F
2.    Hazard – Caizergues, BMW M3, 14’ 20’’ 75, 1er groupe A
3.    Werguet – Werguet, R5 Turbo, 14’ 48’’ 37
4.    Virlat – Nazeyrollas, R5 GT turbo, 15’ 15’’ 47, 1er groupe N
5.    Vauthier – Boulay, Alpine A110, 15’ 15’’ 79
6.    Brocard – Sergent, Alpine A310, 15’22’’ 39
7.    Marietton – Dardard, Samba Rallye, 15’ 26’’ 58
8.    Ehrahrdt – Burger, Peugeot 205 GTI, 15’ 30’’ 15
9.    Schrapf – Krebs, VW Scirocco, 15’ 33’’ 11
10.   Kircher – Ciret, Peugeot 104 proto, 15’ 36’’ 61


Formule Renault : Grégoire termine son calvaire

Gregoire-portrait-Nogaro-1989Grégoire avait brillamment débuté la saison, il l’a finie dans l’anonymat le plus total. La fin de saison de Stéphan Grégoire tourne au cauchemar : il termine à la 10e place lors de l’avant-dernière manche (18e temps des essais) où Olivier Panis lui, s’offre définitivement le titre, puis abandonne à Nogaro (15e temps des essais).


Signe du mauvais climat régnant dans son équipe, le Vittellois révèle qu’à Nogaro il a déniché un autre moteur dans une écurie mais que le patron de son écurie, Daniel Gache, a refusé de le monter. « Il ne m’a jamais écouté et il ne s’est jamais réjoui quand j’ai obtenu de bons résultats » indique Grégoire dont la saison restera un modèle de bizarrerie avec une première partie étincelante (victoire à Magny-Cours, 2e à Rouen, 3e à Monthléry et Pau) et une deuxième partie passée dans l’anonymat le plus total.


Au soir de la course de Nogaro, le pilote, 5e du classement final, annonce qu’il changera d’écurie la saison suivante. L’inverse aurait surpris. MT