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Juin 1989 : Baroni fait un sans-faute au Rallye Alsace-Vosges Imprimer Envoyer
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Vendredi, 20 Juin 2014 15:30

Parcours favorable à sa Ford Sierra Cosworth, concours involontaire de ses deux rivaux : Pierre-César Baroni remporte le Rallye Alsace-Vosges. Sa première victoire de la saison en Championnat de France avec une groupe A.

 

Baroni-Alsace-Vosges-1989Pierre-César Baroni n’était pas le grand favori du Rallye Alsace-Vosges mais il a gagné, aidé par les fautes de Saby et Chatriot.

Un an plus tôt, l’intérêt sportif du Rallye Alsace-Vosges s’est envolé lorsque BMW a figé les positions de ses deux pilotes alors que rien n’était joué. On pensait l’affaire oubliée jusqu’à ce que le forfait de dernière minute de Bernard Béguin, pourtant toujours membre de l’équipe BMW de rallye, vienne la réveiller, le pilote choisissant en effet ce moment pour annoncer son départ en championnat de Supertourisme, donc en circuit. Il est vrai que le début de saison de Béguin n’avait pas été serein puisque marqué par une répétition de soucis mécaniques qui l’avait tellement excédé qu’il était allé jusqu’ à critiquer ses mécanos.


Béguin n’étant pas remplacé, la première conséquence pour BMW fut de se retrouver avec une seule voiture face à la Lancia Delta HF Integrale de Bruno Saby dont la cote était au plus haut après ses victoires au Rouergue et aux Garrigues. Même si son début de saison ne plaidait pas en sa faveur puisqu’il n’avait jamais gagné, Pierre-César Baroni était aussi un adversaire très crédible avec une Ford Sierra Cosworth groupe A qui avait de bonnes chances de trouver le très rapide tracé de l’Alsace-Vosges à son goût. Avec sa voiture de reconnaissances, le pilote avait certes explosé un cerf à Rehaupal (un cerf tué par un « mulet » c’est plutôt cocasse…) mais on ne voyait pas pourquoi cet incident l’aurait refroidi.


Saby et Chatriot éliminés en une seule spéciale


Vainqueur en 88, François Chatriot savait déjà qu’il n’aurait pas la partie facile. Il n’empêche qu’à l’issue d’une première étape de cinq spéciales il était encore dans le coup : Saby ne lui avait pris que 4’’ et lui-même avait réussi à contenir Baroni, devancé de 12’’. Un trou séparait déjà ce trio du reste du plateau puisque l’Alfa 75 de Mourgues était pointée à 1’02’’ et la BMW M3 de Hazard à 1’14’’. L’autre Alfa, celle de Panciatici, manquait déjà à l’appel, tout comme la Ford Sierra Cosworth qu’Eric Mauffrey avait louée pour l’occasion (problème de transmission).


Nul évidemment n’imaginait que, le lendemain, la troisième spéciale (Ormont) éliminerait deux favoris à elle seule : ralenti par une crevaison, Saby n’avait pas encore immobilisé sa voiture que derrière lui survenait Chatriot et le pilote BMW, sans doute déconcentré, sortait de la route. Coup double pour Baroni, désormais seul en tête et encore plus lorsque Saby s’envolerait sur des gravillons dans la seizième spéciale. Chatriot lui avait perdu 6’ et, sauf incident, il ne représentait plus une menace, au mieux, il terminerait deuxième.

 

Deybach-Alsace-Vosges-1989Quand Guy Deybach triomphe d’Alain Oreille à la régulière c’est un exploit.

Guy Deybach héros du groupe N


Il s’y employa dans la dernière partie de la course et finit par atteindre son objectif face à un Jan-Hug Hazard qui, de son propre aveu, « n’espérait pas mieux » que ce classement. Une manière de dire que face aux pros, il connaissait ses chances et ne comptait guère sur les miracles. Or, en groupe N, Guy Deybach venait d’en réaliser un de miracle en imposant, et à la régulière, sa Sierra Cosworth devant la Renault 11 on ne peut plus officielle d’Alain Oreille. La faute à ce parcours décidément trop rapide ? A ces spéciales avantageant décidément trop les voitures telles que la Ford Sierra ? Peut-être. La suite de la saison de César Baroni irait plutôt dans ce sens car l’Alsace-Vosges serait sa seule victoire cette année-là. D’ici à lui reprocher, et à Deybach, d’avoir gagné, c’eut été injuste.


Classement


1.    Baroni – Rousseau, Ford Sierra Cosworth, 2 h 33’34’’, 1er groupe A
2.    Chatriot – Périn, BMW M3, à 4’03’’
3.    Hazard – Caizergues, BMW M3, à 5’18’’
4.    Delecour – Tilber, Peugeot 309 GTI, à 6’13’’
5.    Jaquillard – Jaquillard, Ford Sierra Cosworth, à 7’07’’
6.    Mourgues – Serieys, Alfa 75, à 7’22’’
7.    Deybach – Mairot, Ford Sierra Cosworth, à 9’46’’, 1er groupe N
8.    Oreille – Thimonier, R5 GT Turbo, à 12’52’’
9.    Hoffner – Wrégé, Ford Sierra Cosworth, à 14’07’’
10.    Gazaud – Vincent, R5 GT Turbo, à 14’25’’


Rallye de Nancy : Kruger devant Hazard


En début de mois, le Rallye de Nancy avait vu la victoire de Philippe Kruger au Rallye de Nancy et, événement parce qu’il n’avait jamais réussi à le battre cette saison, devant Jan-Hug Hazard. Il est clair que les routes humides du Saintois inspirèrent plus Kruger que son adversaire puisque celui-ci fut en tête de bout en bout, même un rude assaut de Hazard dans la dernière spéciale ne parvenant pas à renverser le résultat. A défaut de pouvoir suivre le rythme des deux BMW M3, Jean Briche se contenta de la troisième place.


Classement


1.    Kruger – Tassel, BMW M3, 10’ 38’’, 1er groupe A
2.    Hazard – Caizergues, BMW M3, 10’41’’
3.    Briche – Briche, R5 Turbo, 10’53’’, 1er groupe F
4.    Hot – Cattant, Opel Kadett GSI, 11’36’’
5.    Courtois – Sanner, R5 Turbo, 11’37’’
6.    Vanneyre – Vanneyre, R5 Turbo, 11’44’’
7.    Ruer – Hatton, Rallye 3, 11’49’’
8.    Mermod – Mangel, Peugeot 205 GTI, 11’49’’
9.    Masson – Faivre, VW Golf GTI, 11’52’’
10.    Flechsig – Eisenmann, VW Golf GTI, 11’55’’


Rallye de la Plaine : Briche se rattrape


Une semaine plus tard, Briche se rattrapait en remportant le Rallye de la Plaine devant Olivier Courtois. Vainqueur de ce duel de R5 Turbo, le Verdunois expliqua qu’il devait cette victoire à son nouveau moteur, beaucoup moins violent que le précédent, donc plus facile à utiliser sur des routes mouillées et glissantes. Or, le Rallye de la Plaine justement fut copieusement arrosé par des averses d’orages. Olivier Courtois se rapprocha à 2’’ de Briche mais il partit en tête-à-queue et renonça une fois de plus à gagner avec cette voiture, s’attirant ce commentaire de Jean Briche : « il manque encore une qualité à Courtois, la patience, il veut tellement bien faire qu’il commet des fautes ».


En groupe A, Christian Hot fut inquiété par Flechsig jusqu’à ce que ce dernier sorte de la route. Et en groupe N, Etienne Joly l’emporta, d’après lui « en s’ennuyant ». Ce que ne savait pas Joly, c’est qu’il n’avait pas fini de bailler car la première mouture des classements, établis manuellement pour cause de panne d’ordinateur, fut recalée. La seconde intervint quatre heures après l’arrivée de la dernière voiture.


Classement


1.    Briche – Briche, R5 Turbo, 16’ 19’’, 1er groupe F
2.    Courtois – Sanner, R5 Turbo, 16’38’’
3.    Werguet – Werguet, R5 Turbo, 16’41’’
4.    Hot – Cattant, Opel Kadett GSI, 16’42’’, 1er groupe A
5.    Meyer – Aumercier, VW Golf GTI, 17’20’’
6.    Joly – Mauffrey, R5 GT Turbo, 17’31, 1er groupe N
7.    Gilbert – Berger, R5 GT Turbo, 17’35’’
8.    Leuvrey – Schwailbold, 205 GTI, 17’37’’
9.    Bollinger – Esslinger, Talbot Lotus, 17’38’’
10.    François – Cael, Opel Kadett GTE, 17’39’’


Le Rallye de Lorraine au piquet


La révélation du calendrier du Championnat de France de 2e division 1990 est une douche froide pour l’ASAC Lorrain car le Rallye de Lorraine a été sorti de ce championnat. L’édition 1989, dit-on, a été mal notée par l’observateur de la FFSA, mécontent de la lenteur avec laquelle les chronos ont été transmis au PC course et à la presse. Une autre version circule côté ASAC Lorrain où on s’interroge sur une « étrange » répartition géographique  des épreuves, tout en déplorant l’absence totale de soutien de la Ligue Lorraine-Alsace de Sport Auto. Il faut dire que les relations entre les dirigeants de l’association et le président de la Ligue sont loin d’être cordiales…


Formule Renault : Grégoire surnage à Rouen et coule à Charade


Gregoire-portrait-1989-200Un mois de juin en dents de scie pour GrégoireConvaincue par les critiques de son pilote à Monthléry, l’équipe de Stéphan Grégoire a fini par admettre la nécessité de mettre un nouveau châssis à sa disposition. Celui-ci malheureusement ne sera pas disponible pour la course de Rouen que Grégoire aborde donc avec l’unique objectif de sauver les meubles.
En définitive, il fait beaucoup mieux que cela puisqu’il parvient à arracher la deuxième place au terme d’une course où, à défaut d’inquiéter Panis, son grand rival,  il n’a jamais été ridicule. Il se serait contenté de la troisième place mais une sortie de piste de Cano, le poleman du jour, lui a offert la deuxième.


Ce nouveau châssis, un Orion, Grégoire en dispose lors de la course à Charade. Et d’entrée de jeu, le pilote vosgien signe avec lui le meilleur chrono de la première séance d’essais. Les qualifications, allez comprendre pourquoi, sont nettement moins convaincantes. Grégoire en effet ne réalise que le sixième temps bien loin derrière le tout jeune Emmanuel Collard qui vient de faire son entrée dans la compétition. Collard c’est vrai n’est pas le premier venu puisqu’il a été Champion du monde de karting (devant Panis) en 1988.


En course, les choses ne s’arrangent pas car lors du départ, Grégoire escalade une voiture qui le précède sur la grille. Il parvient toutefois à s’élancer et même à s’installer un moment à la troisième place derrière les intouchables Collard et Panis qui se battent en tête. Pourtant, ses espoirs de podium s’envolent insensiblement, ruinés par un châssis qui, probablement endommagé par le choc du départ, se dérègle au fil des tours. Grégoire finit huitième. Il s’attendait à mieux. La seule bonne nouvelle est qu’il n’a pas perdu toute chance au championnat puisque Panis est toujours à sa portée. MT

 

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