Mars 1989 : Kruger revient aux affaires et Grégoire débute en Formule Renault Imprimer
SPORTS - RETRO SPORTS
Lundi, 03 Mars 2014 15:21

En rallye, Philippe Kruger et les concurrents de la Coupe Renault sont les premiers sur le pont après la trêve hivernale. En circuit, Stéphan Grégoire s’attaque à une saison de Formule Renault et en côte, Marcel Tarrès reste le « roi ».

Gregoire-Nogaro-1989La première course de Stéphan Grégoire en Formule Renault est une déception. Sa voiture n’est pas dans le coup.

 

Philippe Kruger, le retour. Sa saison 88 ayant été interrompue par un accident au Rallye Alsace-Vosges, Philippe Kruger n’a pas couru depuis plusieurs mois lorsqu’il se présente au départ du Rallye Lyon-Charbonnière. Le pilote nancéien inaugure une nouvelle BMW M3 avec laquelle il se remet en confiance, donc sans prendre de risques inconsidérés derrière les Ford Sierra Cosworth de Rigollet (groupe A) et Oddoux (groupe N). Philippe Kruger, qui a fait du Championnat de France 2e division son objectif de la saison, se dit sans doute que rien ne presse et qu’un podium est déjà bien suffisant après une absence aussi longue. Bilan : 1’13’’ de retard sur Rigollet et 26’’ sur Oddoux. Pas si mal pour un « revenant ».


La Coupe Renault Sport repart. A l’occasion, le Lyon-Charbonnière révèle aussi le plateau de la Coupe Renault Sport dont la précédente édition a provoqué bien des remous - nous les avons relatés dans les rétrospectives de la saison 1988. Si Benoit Duchène, Pascal Mackerer, Stéphane Mougel, Marcel Patrois et Olivier Virlat sont au départ, l’absence d’Eric Mauffrey ne surprend guère puisque le Vosgien a été l’un des principaux protagonistes du conflit de la saison précédente. Des pilotes cités, Benoit Duchène, 7e scratch, obtient le meilleur résultat au Lyon-Charbonnière mais pas la victoire en Coupe Renault puisque celle-ci échoit à Sylvain Polo. Duchène est quand même deuxième. Mackerer est cinquième, Virlat sixième, Mougel dixième et Patrois onzième.

 

Le championnat de France sans Auriol. Le Championnat de France des Rallyes 1989 se disputera sans Didier Auriol puisque celui-ci a été engagé par Lancia pour disputer Championnat du Monde. Pour autant, les « BMW boys », Béguin et Chatriot, ne sont pas débarrassés de toute concurrence. Bruno Saby, dont le nouveau navigateur n’est autre que Daniel Grataloup, se lance aussi à l’assaut du titre national avec la Lancia Delta HF Integrale qu’il a amenée à la troisième place du Monte-Carlo (1er Biasion, 2e Auriol). Autre client sérieux, César Baroni « monte » en groupe A avec l’ancienne Sierra d’Auriol. Enfin, des informations élogieuses circulent à propos des Alfa 75 turbo de Panciatici et Mourgues. Coup d’envoi en avril au Rallye Alpin-Behra où Eric Mauffrey est annoncé sur une Golf groupe A et Guy Deybach sur une Ford Sierra Cosworth groupe N de l’écurie Action Racing.

Formule Renault : Grégoire dans le coup, sa voiture beaucoup moins. Encouragé par ses excellents débuts en Coupe Citroën et en Coupe Porsche, Stéphan Grégoire a participé durant l'inter saison au Volant Motul dont la récompense est une saison en Championnat de France de Formule Renault. Et ce Volant Motul, Grégoire l'a gagné.


A Nogaro, où débute la saison le 27 mars, son moral est au plus haut après des essais libres qui confirment son niveau de performance. Mais tout le monde retombe sur terre lors des essais chronométrés où il ne réussit que le onzième temps. Puis en course, Grégoire ne termine que cinquième. Grosse déception pour le pilote et surtout gros embarras pour le préparateur de sa voiture, Daniel Gache, sur les épaules duquel pèse ce mauvais résultat. Pour une raison que lui seul connaît, Gache a en effet décidé de démonter le moteur dont Grégoire disposait lors des essais libres et d'en monter un autre, paraît-il neuf, pour les essais chronométrés et la course. Grégoire a perdu au change car le moteur en question est loin d'être aussi performant que le précédent. "Problèmes de boîtier électronique" explique Daniel Gache, d'autant plus mal à l'aise qu'il concède "ne pas être un spécialiste de la question".  


Seules consolations pour Grégoire lors de la course, il a sauvé les meubles en dépit de son départ en sixième ligne. Tout d’abord il a pris un excellent départ, puis il a profité d’un carambolage impliquant plusieurs pilotes partis devant lui. Ayant réussi à se faufiler au milieu des débris, il a réussi à revenir aux avant-postes et a ensuite géré le plus sagement possible sa position en fonction de ses pneumatiques.  


" A la fin de la saison, il sera sur le podium" assure Daniel Gache. "Mais pour cela, nous devrons régler nos problèmes de mise au point" complète Stéphan Grégoire, impatient d'en découdre de nouveau, mais cette fois dans de bonnes conditions, avec le vainqueur du jour, un certain Olivier Panis.


Montagne : Marcel Tarrès démarre en trombe. Affronter Marcel Tarrès nécessite une belle dose d'abnégation. Que faire contre ce pilote hors norme qui, en s'imposant au Col Saint-Pierre, remporte non seulement la manche d’ouverture du Championnat de France 89 de la Montagne mais aussi son quatrième succès de la saison ? Les deux premiers, hors championnat, ont eu lieu lors du week-end de Pâques - où le pilote s'est déplacé coup sur coup en Normandie et en Savoie, et le troisième une semaine plus tard dans le Gard. Tarrès version 1989 ressemble comme deux gouttes d’eau à la version 1988 : invincible. MT