Octobre 1988 : Jan-Hug Hazard sur un nuage Imprimer
SPORTS - RETRO SPORTS
Lundi, 21 Octobre 2013 13:14

En moins d’un mois, le Nancéien remporte la Ronde Sud-Alsace, le Rallye Stanislas et la Ronde de Sewen. Même le brouillard ne l’arrête pas.Hazard-Brimbelles-2-1988En 1988, Jan-Hug Hazard disposait d’une très bonne voiture mais aussi d’un excellent navigateur en la personne de Gérard Caizergues. Il lui a rendu un hommage mérité au Rallye Sud-Alsace.
Il fait nuit et une véritable purée de pois recouvre la Route des Crêtes lorsque débute la première Ronde Nationale Sud-Alsace. « On n’y voit pas à trois mètres » lance Jan-Hug Hazard, leader à l’issue d’un premier tour qui a déjà sonné la fin des illusions de son principal adversaire, François Grandjean. Notes insuffisantes ou problèmes de vision de nuit, le Haut-Saônois n’est plus en piste pour la victoire puisqu’il a concédé 2’28’’. Sa Porsche est même devancée par plusieurs petites cylindrées, notamment par la Citroën AX groupe N de l’étonnant Gilles Ruer, héros du jour avec le deuxième temps scratch. Courtois et Valet sont troisième et quatrième avec des R5 GT Turbo, Stéphane Laigle cinquième avec une 205. Un classement inédit.


Ruer-Gilles-Brimbelles-1988Gilles Ruer et Valérie Didierlaurent ont créé une grosse sensation le premier jour.Le brouillard est toujours là le lendemain mais cette fois on court de jour, ce qui facilite tout de même un peu les choses. Grandjean, qui manifestement se sent mieux, aligne les meilleurs temps et parvient à avaler tous ceux qui le précédaient la veille, à l’exception de Hazard sur lequel son retard était trop important. Jan-Hug Hazard rend hommage à son navigateur, Gérard Caizergues, qui lui a quasiment offert la victoire la veille dans le brouillard : «  sans lui je n’y serais jamais arrivé » reconnaît le Nancéien.


Dans l’histoire, le grand malchanceux a été Gilles Ruer puisqu’il a été éliminé par un surrégime lors d’un saut sur un pont. Sans cela, le Vosgien et sa navigatrice Valérie Didierlaurent (elle aussi avait de bons yeux) auraient signé leur septième victoire de classe de la saison, assortie de surcroît d’une victoire en groupe N.


Classement scratch


1.    Hazard-Caizergues (BMW M3), 1 h 07’ 46’’, 1er groupe A
2.    Grandjean-Mauffrey (Porsche 911), 1 h 09’ 35’’, 1er groupe B
3.    Hot-Cattant (Opel Kadett GSI), 1 h 11’ 45’’
4.    Courtois-Grassler (R5 GT Turbo), 1 h 12’ 23’’, 1er groupe N
5.    Fritsch-Guehery (Peugeot 205 GTI), 1 h 14’ 56’’
6.    Laigle-Coichelin (Peugeot 205 GTI), 1 h 15’ 23’’
7.    Jacques-Boilloz (Peugeot 205 GTI), 1 h 15’ 25’’
8.    Brugler-Leonate (Renault 11 turbo), 1 h 16’ 32’’, 1er groupe F
9.    Goettelmann-Keller (VW Golf GTI), 1 h 17’ 26’’
10.  Jung-Mure (Citroën AX Sport), 1 h 18’ 25’’


Deux semaines plus tard, Hazard allonge encore son palmarès en remportant le Rallye Stanislas. Gérard Werguet (R5 Turbo) a certes occupé la tête en début de course mais il a fini par s’incliner, vaincu d’après lui par un souci de suralimentation. Les Ruer et leurs Rallye 3 réussissent un joli tir groupé avec Dominique classé troisième et Pascal quatrième. Quant à Daniel Gabrion, il remporte le groupe N d’un souffle devant la R5 GT turbo d’Olivier Virlat.


Classement scratch


1.    Hazard-Caizergues (BMW M3), 11’11’’ 53, 1er groupe A
2.    Werguet-Werguet (R5 Turbo), 11’18’’69, 1er groupe F
3.    D. Ruer-Hatton (Talbot Rallye 3), 11’32’’96
4.    P. Ruer-Rosi (Talbot Rallye 3), 11’35’’54
5.    Hot-Pareja (Opel Kadett GSI), 11’35’’91
6.    Kirscher-Meekel (Peugeot 104 proto), 11’37’’18
7.    Vauthier-Boulay (Alpine A110), 11’39’’82
8.    Gabrion-Coinchelin (BMW M3), 11’45’62, 1er groupe N
9.    Virlat-Grignon (R5 GT Turbo), 11’46’’93
10.  Durr-Chary (R5 GT Turbo), 11’49’’19


Mais à cette époque, une R5 GT turbo peut toujours en cacher une autre et à la Ronde de Sewen, il y a celle d’Olivier Courtois et cette fois Gabrion est battu. Jean Briche, sans adversaire à son niveau pour le scratch,  impose sa R5 Turbo devant l’Opel Kadett de Christian Hot et  l’Alpine A310 de François Brocard. Le plateau du groupe B agonise : Yves Ehrhardt est le seul concurrent avec sa Samba…


Classement scratch


1.    Briche-Briche (R5 Turbo), 13’04’’93, 1er groupe F
2.    Hot-Caizergues (Opel Kadett GSI), 13’33 ‘’88, 1er groupe A
3.    Brocard-Sergent (Alpine A310), 13’47’’93
4.    Ehrhardt-Ehrhardt (Samba Rallye), 13’48’’45, 1er groupe B
5.    Couturier-Lorgeou (Peugeot 205 GTI), 13’50’’12
6.    Fritsch-Guehery (Peugeot 205 GTI), 13’51’’28
7.    Kirscher-Ciret (Peugeot 104 proto), 13’51’’28
8.    Courtois-Grassler (R5 GT Turbo), 13’54’’84, 1er groupe N
9.    Gabrion-Coinchelin (BMW M3), 14’08’’86
10.  Mosser-Probst (R5 GT Turbo), 14’04’’30


Au Rallye de Haute-Saône, Alibert est leader mais son navigateur pointe en avance au regroupement à Vesoul. Du coup, le pilote de la R5 Turbo décide de plier bagage, laissant Fabien Doenlen et sa 205 GTI s’expliquer avec l’Alpine A110 de René Serrière. La course peut basculer à tout moment tant les deux hommes sont proches. Et elle bascule effectivement dans la dernière spéciale quand une fusée de l’Alpine casse. Victoire de Doenlen, deuxième place pour Benoit Duchene (qui effectue son retour à la compétition après un accident), et troisième place pour Gérard Werguet.


Classement scratch


1.    Doenlen-Merciol (Peugeot 205 GTI), 13’31’’50, 1er groupe A
2.    Duchene-Laderach (R5 GT Turbo), 13’43’’00, 1er groupe N
3.    Werguet-Werguet (R5 Turbo), 13’43’’00, 1er groupe F
4.    Kirscher-Ciret (Peugeot 104 proto), 14’04’’40
5.    Chanet-Aubiat (R5 GT Turbo), 14’04’’50
6.    D. Ruer-Hatton (Talbot Rallye 3), 14’06’’00
7.    Bresson-Henry (Samba Rallye), 14’13’’10, 1er groupe B
8.    Creusy-Billet (Alpine A110), 14’14’’10
9.    Cuynet-Cuynet (R5 GT Turbo), 14’14’’10
10.  Thomet-Benoit (R5 GT Turbo), 14’20’’50


En octobre toujours


Les esprits s’échauffent en Coupe Renault Sport des rallyes. La Coupe Renault Sport des rallyes approche de son terme et le moins qu’on puisse dire est que la température monte sous les casques. A l’issue du Rallye de Picardie où ils ont fait l’objet d’un contrôle de la part de Renault, Eric Mauffrey et Sylvain Polo sont déclassés pour non-conformité de leur essence et perdent les points acquis lors de cette course. « Maintenant, on va démonter tout le monde et on verra qui est conforme » réagit Eric Mauffrey, pas du tout disposé à se laisser faire. Il faut dire que le Vosgien, comme bien d’autres en Picardie, Mauffrey a été très surpris – et énervé- de voir le vainqueur du jour, Christian Gazaud, coller 20 secondes à tout le monde dans les 13 kilomètres d’une spéciale, ce qui est pour le moins étrange. Mais Gazaud, lui, n’a pas été contrôlé…


Coupe Citroën AX : Stéphan Grégoire titré. Totalement inconnu en début de saison, Stéphan Grégoire l’est déjà beaucoup moins en octobre. A Lédenon, pourtant parti de la deuxième ligne, le jeune Vittellois signe en effet sa troisième victoire de l’année après celles remportées à Rouen et La Châtre, ce qui en fait désormais un client potentiel pour le titre. Lors de la course suivante, à Croix-en-Ternois, pas de chance, son moteur casse. Mais il prend sa revanche à Pau où sa victoire lui vaut de remporter le championnat. Sa fin de saison en Coupe Porsche est certes moins enthousiasmante  (huitième place à Monthléry, onzième à Croix-en-Ternois et abandon à Dijon) mais Grégoire est lancé : l’année prochaine, il sera en Formule Renault.


Bernard-Etienne Grobot au sommet de la Montagne. En remportant sa neuvième victoire de groupe de la saison, Bernard-Etienne Grobot est sacré Champion de France groupe N de la Montagne. Comme Marcel Tarrès, le pilote déodatien a totalement dominé son sujet. Il annonce aussitôt son objectif pour la saison suivante, le groupe A, auquel il s’attaquera encore avec une Ford Sierra Cosworth.


Lors de la clôture de la saison régionale à Belleau, l’Ardennais Sylvain Jot s’engage à la dernière minute et est à deux doigts de le regretter puisqu’il se fait une grosse chaleur lors de la première montée. Pour autant, le champion de la Ligue Champagne-Ardenne ne se laisse pas démonter puisqu’il signe ensuite le meilleur chrono devant Daniel Eyler. MT