HOME SPORTS RETRO SPORTS Juin 1988 : BMW choisit le vainqueur du Rallye Alsace-Vosges
Juin 1988 : BMW choisit le vainqueur du Rallye Alsace-Vosges Imprimer Envoyer
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Mardi, 18 Juin 2013 15:41

Vite débarrassée de Didier Auriol, l’équipe BMW fige aussitôt les positions en faveur de François Chatriot. Pour Bernard Béguin, on aurait pu attendre.

Chatriot-Alsace-Vosges-1988François Chatriot dans la forêt vosgienne. Le petit avantage pris sur Bernard Béguin dans les premières spéciales a suffi pour que David Richards lui offre la victoire sur un plateau.

Le Rallye Alsace-Vosges est à peine lancé que le suspense est déjà terminé. François Chatriot et Bernard Béguin n’ont plus d’adversaire depuis l’abandon de Didier Auriol, éliminé par une sortie de route dans le troisième tronçon chronométré.

Le patron de l’équipe Prodrive, David Richards, fige immédiatement les positions : Chatriot est en tête, il le restera. Pour lui, il n’est pas question de laisser les deux pilotes s’entre-déchirer. Il ignore donc les protestations de Béguin qui, sans contester la volonté de BMW de protéger le résultat, aurait souhaité que la décision soit prise plus tard. Arguments du pilote : « On aurait dû nous laisser nous expliquer durant un moment à la régulière, au lieu de ça, on tranche avant même que la course commence ».

Béguin n’a peut-être pas tort mais il est le seul à penser de la sorte. Même Didier Maitret, PDG de BMW France, est d’accord avec David Richards. Alors…

Alors la suite du Rallye Alsace-Vosges est sans surprise, qui voit Chatriot et Béguin gérer consciencieusement leur écart. Bien sûr, on s’interroge en voyant Béguin signer trois temps scratch en l’espace de six spéciales, et les déclarations de l’un et l’autre laissent planer le doute sur leur parfaite entente mais à Strasbourg, les choses sont dans l’ordre voulu par BMW : Chatriot a gagné et Béguin est deuxième.

Hazard-Alsace-Vosges-1988Avec Jan-Hug Hazard à la troisième place, le triomphe BMW est total.
 
Jan-Hug Hazard sur le podium

Avec Jan-Hug Hazard troisième, BMW signe même un triplé en lequel le Nancéien voit une sorte de revanche sur celui réussi par les Ford Sierra Cosworth au récent Rallye de Lorraine. Le Nancéien que personne n’a pu approcher a réalisé une course impeccable dans le sillage des deux BMW officielles. De surcroit, les abandons de ceux qui auraient pu être éventuellement ses adversaires ont fait le vide derrière lui : Philippe Kruger (BMW M3) est sorti de la route dès la troisième spéciale, Yves Loubet (Alfa 75) a connu le même sort dans la septième et Jacques Panciatici a cassé le moteur de l’autre Alfa dans la dixième. « Ce résultat me comble ! » avoue Jan-Hug Hazard qui ne pouvait espérer mieux avec une voiture qui s’apparentait plus à une groupe N qu’à une groupe A. Rien à voir en tout cas avec les deux M3 officielles.

En groupe N, la victoire de César Baroni n’a surpris personne tant elle était attendue. Le pilote Ford n’a eu aucun mal à imposer sa Sierra devant la Renault 21 turbo de Philippe Bugalski, plus concentré il est vrai par son duel avec Alain Oreille (R5 GT turbo) que par une conquête très hypothétique de la première place. En l’absence de consigne d’équipe, les deux pilotes Renault s’en sont donné à cœur joie, le dernier mot revenant cependant à Bugalski grâce à une fin de course époustouflante.  Stéphane Mougel ne pouvait pas rivaliser avec eux, il a donc accepté sa quatrième place comme un très bon résultat, ce qui était le cas, même si les abandons des Ford Sierra de Daniel Hoffner (transmission) et Jean-François Grobot (turbo) lui ont facilité le travail.

Classement scratch

1. Chatriot – Périn (BMW M3), 2h 54’ 02’’ 1er groupe A
2. Béguin – Lenne (BMW M3), à 50’’
3. Hazard – Caizergues (BMW M3), à 6’ 36’’
4. Baroni – Rousseau (Ford Sierra Cosworth), à 8’ 55’’ 1er groupe N
5. Bugalski – Andrié (Renault 21 turbo), à 9’ 34’’
6. Oreille – Oreille (R5 GT turbo), à 11’ 16’’
7. Bos – Jung (Ford Sierra Cosworth), à 11’ 30’’
8. Ivens – Croquesel (Peugeot 205 GTI), à 12’ 40’’
9. Pradelle – Giraudet (Peugeot 205 GTI), à 13’ 44’’
10. Mougel – Mougel (R5 GT turbo), à 16’ 18’’
11. Doenlen – Merciol (Peugeot 205 GTI), à 19’ 53’’
12. Hot – Cattant (Opel Kadett GSI), à 19’ 58’’
13. Riblet – Poirot (Peugeot 205 GTI), à 22’ 14’’
14. Reguillon – Reguillon (VW Golf GTI), à 22’ 15’’
15. Patrois – Sergent (R5 GT turbo), à 23’ 49’’

Hazard en démonstration au Rallye de Nancy

Deux semaines avant l’Alsace-Vosges, Jan-Hug Hazard s’est fait la main au Rallye de Nancy ; et tranquillement il faut le dire, tant sa supériorité a été indiscutable sur le reste du plateau : prologue + huit spéciales = neuf fois le meilleur chrono. Ni Kruger, ni Briche n’ont réussi à le suivre. Ils auraient même fini derrière Alain Vauthier si celui-ci n’avait abandonné dans la dernière spéciale, levier de vitesses cassé.

L’arrivée franchie, le Rallye de Nancy n’est pas terminé pour autant car Jean Briche, auquel l’épisode du Rallye de la Plaine n’a pas échappé (on pourra relire à ce propos notre rubrique consacrée au mois d’avril 1988), décide de déposer une réclamation contre Philippe Kruger pour non-conformité de ses pneumatiques.  Sauf que le Nancéien cette fois contre-attaque en faisant appel, son objectif étant « d’en terminer une bonne fois pour toutes avec ce problème ». Pour Philippe Kruger, « le temps est venu de demander à la FFSA de trancher ».

A la quatrième place, Dominique Ruer ne dissimule pas sa satisfaction d’avoir pris sa revanche sur Denis Ehlinger qui l’a battu au Rallye de la Plaine. Daniel Gabrion quant à lui remporte le groupe N devant Jean-Marc Durr.

Classement scratch

1.    Hazard – Caizergues (BMW M3), 18’ 49’’ 1er groupe A
2.    Kruger – Tassel (BMW M3), 19’ 10’’
3.    Briche – Briche (R5 turbo), 19’ 13’’ 1er groupe F
4.    Ruer – Hatton (Rallye 3), 20’ 09’’
5.    Ehlinger – Bollinger (Talbot Lotus), 20’ 14’’
6.    Gabrion – Coinchelin (BMW M3), 20’ 28’’ 1er groupe N
7.    Durr – Messmer (R5 GT turbo), 20’ 41’’
8.    Colin – Galmiche (R11 turbo), 20’ 49’’
9.    Bresson – Henry (Samba Rallye), 20’ 57’’
10.    Vanneyre – Vanneyre (R5 turbo), 21’ 00’’


En juin toujours…

Stéphan Grégoire au top. Estimant que Stéphan Grégoire a été servi par la chance, les pilotes de la Coupe Porsche haussent les épaules de dédain lorsque le jeune Vosgien s’impose à Monthléry. Ils ont tort car un mois plus tard, Grégoire signe non pas une, mais deux victoires consécutives en Coupe Citroën AX, et cette fois sans qu’une quelconque intervention du hasard – en particulier la météo - influe sur le résultat. La première victoire a lieu à La Chatre où le Vosgien termine avec plus de onze secondes d’avance sur le deuxième après avoir réussi la pole position et signé le nouveau record du tour. Une semaine plus tard, il récidive à Rouen et bat encore le record du tour à trois reprises. Bien sûr, il lui manque encore une victoire en Coupe Porsche (il a fini 6e à Pau et a abandonné à Dijon où il a été sorti par un autre concurrent) mais le plus dur est fait : tout le monde a compris qu’il a du talent. Seule mauvaise nouvelle pour lui car elle ne l’arrange pas financièrement, la compétitivité en Coupe AX passe par un moteur révisé à neuf à chaque course...


Bernard-Etienne Grobot : bien au Beaujolais, mal à Fouchy. Avec deux victoires consécutives au Beaujolais et à Fouchy, Marcel Tarrès fait comprendre que ses cinq titres de Champion de France de la Montagne n’ont pas entamé sa motivation. Si Daniel Boccard a fini sur les talons du « roi Marcel » au Beaujolais, il s’est complètement loupé à Fouchy où Christian Debias et Anne Baverey ont sauté sur l’occasion pour monter sur le podium. La manche alsacienne n’a pas réussi non plus à Bernard-Etienne Grobot puisque celui-ci est sorti de la route dans les première et troisième montées. Signer le meilleur chrono du groupe N lors de la deuxième manche n’a donc servi à rien au Déodatien, pourtant toujours en tête au classement général du championnat du fait de sa victoire au Beaujolais.


A Remiremont, où la Course de côte du Fiscal fête son vingtième anniversaire, Christian Debias l’emporte devant Michel Arbeit après une bagarre de très haute volée. Poussé par la qualité de son adversaire, le Nancéien bat son record personnel à trois reprises. MT

 

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