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Mai 1988 : une Luronne pour Grandjean et un Lorraine pour Rigollet Imprimer Envoyer
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Mardi, 04 Juin 2013 13:11

Pendant ce temps, Jean Briche continue sa moisson dans les rallyes régionaux, Bernard-Etienne Grobot devient le roi du groupe N en côte et Stéphan Grégoire s’affirme en circuit.

Grandjean-Luronne-1988François Grandjean à la Ronde Luronne. Cette fois, pas besoin du tapis vert pour l’emporter.

François Grandjean n’a déjà plus rien à prouver lorsqu’il prend le départ de la Ronde Luronne 1988. Rien, si ce n’est qu’il est capable battre Jacques Henry à la régulière et ainsi faire taire tous ceux qui ont glosé sur sa victoire sur le tapis vert l’année précédente. En 1987, Henry effectivement avait été le plus rapide mais avait été rétrogradé du fait d’une pénalité de 30 secondes pour avoir poussé sa voiture dans le parc fermé.

Au soir de l’épreuve, Grandjean a atteint son objectif. Jacques Henry ne lui a certes laissé aucun répit mais il est clair que des deux il était le plus performant et en tout cas doté de la meilleure voiture puisque sa Porsche 911 RS de 300 chevaux revendiquait une quarantaine de chevaux de plus que la R5 turbo, handicap de puissance  rédhibitoire pour négocier au mieux la portion ultra rapide située sur le haut du parcours. A dire vrai, Henry n’a pas été à la fête puisqu’il a même failli céder devant les  assauts de Jan-Hug Hazard et de sa BMW M3, le Haut-Saônois ne devant son salut qu’à une augmentation substantielle de sa pression du turbo pour repasser devant le Nancéien lors de la dernière boucle.

Jan-Hug Hazard, dont c’était la première course de la saison, reconnaîtrait plus tard qu’il s’était donné pour unique objectif de concurrencer les grosses groupe A. Objectif atteint car il termine très loin devant Philippe Kruger, lequel fait toutefois valoir qu’il ne pouvait pas mieux faire avec sa M3 sans une quantité suffisante de pneus slicks. Quant à la comparaison avec Pierre Bos, celle-ci a tourné court puisque le pilote de la Sierra Cosworth a cassé son moteur.

Benoit Duchene out pour la saison

Le niveau de performances des R5 GT Turbo de la Coupe Renault Sport est tel qu’il a permis à l’une d’elles de se hisser à la 5e place scratch. C’est en l’occurrence celle de Christian Gazaud qui a déjà gagné la manche d’ouverture au Val d’Agout et récidive à la Luronne, se récompensant lui-même de tous les efforts qu’il a fournis dans la semaine à limer le terrain avec un mulet. Mais soyons justes, il n’est pas le seul dans ce cas. Et s’il dispose de moyens importants, ils ne font pas tout. « Voyez Stéphane Mougel, il n’a pas de gros moyens et il termine deuxième » fait remarquer avec malice le patron de la Coupe, Jean-François Liénéré.
Bonne surprise, Stéphane Mougel est effectivement sur le podium. Eric Mauffrey lui en est très loin puisqu’il aligne une deuxième contre-performance consécutive (8e) avec une voiture manifestement pas dans le coup. Mais le plus malchanceux est de loin Benoit Duchene puisque celui-ci a pulvérisé sa voiture contre un arbre et a été évacué à l’hôpital en raison de plusieurs  fractures au tibia et au fémur de la jambe gauche et à une clavicule. Jean-Charles Brunella, son équipier est indemne mais Duchene est out pour la saison.

Classement scratch

1. Grandjean – Mauffrey (Porsche 911 SC), 1 h 01’ 01’’66 – 1er groupe F
2. Henry – Sainty (R5 Turbo), à 8’’45
3. Hazard – Caizergues (BMW M3), à 9’’2 – 1er groupe A
4. Kruger – Tassel (BMW M3), à 1’28’’45
5. Gazaud – Thorin (R5 GT Turbo), à 2’33’’82 – 1er groupe N
6. Mougel – Mougel (R5 GT Turbo), à2’43’’41
7. Balesi – Cirindini (R5 GT Turbo), à 2’49’’06
8. H. Depons – Lopez (R5 GT Turbo), à 2’54’’01
9. D. Depons – Mirambeau (R5 GT Turbo), à 3’09’’64
10. Virlat – Nagel (R5 GT Turbo), à 3’21’’83

Kruger-Lorraine-1988Philippe Kruger au Rallye de Lorraine. Impossible de faire mieux avec un contingent de pneus slicks aussi limité.

Lorraine : les locaux en échec devant Rigollet

Au sortir de la première spéciale, à Belleau, c’est à se demander si le Rallye de Lorraine ne va pas tourner à une bataille de pilotes du cru. Jan-Hug Hazard et sa BMW M3 ont en effet signé le meilleur chrono devant l’autre M3 de Philippe Kruger et la Sierra Cosworth de Pierre Bos. Même Hoffner, classé quatrième avec sa Sierra groupe N a fait mieux que Christian Rigollet, l’un des prétendants au titre en Championnat de France de 2e division. Quant à Stéphane Mougel, il a signé le même chrono que Gazaud, le leader de la Coupe Renault Sport.


A l’arrivée cependant, le classement ne ressemble plus du tout à cela. D’abord parce que Jan-Hug Hazard a été éliminé par une défaillance de son boîtier électronique dès la spéciale suivante. Ensuite parce que Rigollet a pris rapidement ses marques et, dès le deuxième jour de course, s’est mis à aligner les meilleurs chronos. Derrière lui, Pierre Bos et Philippe Kruger se sont accrochés mais sans jamais pouvoir l’inquiéter, Kruger cédant même la troisième place lors de la dernière journée à Tasso en raison d’un manque de pneumatiques.


Tasso, c’est le vainqueur du groupe N. Il a finalement eu raison de Dany Hoffner qui a abandonné des secondes ici et là à cause des problèmes de sa Sierra : le levier de vitesses s’est détaché, l’échappement a cassé et la rupture d’une attache de suspension a faussé la géométrie de la voiture. Et comme si ses problèmes de fiabilité ne suffisaient pas, le pilote alsacien a perdu une poignée de secondes supplémentaires en disputant la spéciale d’Hérival en slicks sous la pluie d’un orage baladeur. Mais Hoffner au moins a ramené la voiture à l’arrivée, ce que ne peuvent pas dire Thiry, sorti de la route à Tendon, ou Stéphane Mougel qui a subi le même sort mais chez lui, dans la spéciale du Lac des Corbeaux. Le Bressaud était alors pointé au deuxième rang de la Coupe Renault Sport derrière Gazaud qui abandonnait au tour suivant, et au même endroit, à cause de son embrayage. La victoire du coup revenait à Sylvain Polo devant Olivier Virlat et Eric Mauffrey, enragé à l’idée d’avoir ruiné une fin de course flamboyante (2e temps scratch à Tendon) en se mettant sur les portes dans l’avant-dernier tronçon alors qu’il était revenu à 6 secondes du leader. Le Vosgien évidemment avait pris tous les risques pour faire oublier ses deux premières courses décevantes.


Classement scratch


1.    Rigollet- Bathelot (Ford Sierra Cosworth), 1h 53’ 09’’ 1er gr. A
2.    Bos – Leuvrey (Ford Sierra Cosworth), à 56’’
3.    Tasso – Ranchoux (Ford Sierra Cosworth), à 1’38’’ - 1er groupe N
4.    Kruger – Tassel (BMW M3), à 1’53’’ – 1er groupe A
5.    Hoffner – Wrege (Ford Sierra Cosworth), à 2’01’’
6.    Polo – Roissart (R5 GT Turbo), à 5’01’’
7.    Virlat – Nagel (R5 GT Turbo), à 5’ 24’’
8.    Mauffrey – Grataloup (R5 GT Turbo), à 5’ 26’’
9.    H. Depons – Da Silva (R5 GT Turbo), à 5’ 52’’
10.  D. Depons – Mirambeau (R5 GT Turbo), à 6’ 12’’
11.  Grobot – Pebay (Ford Sierra Cosworth), à 9’ 41’’
12.  Campion – Naveau (R5 GT Turbo), à 10’ 53’’
13.  Roussely – Fromont (Lancia Integrale) à 11’ 34’’
14.  Laigle – Villeminot ( 205 GTI), à 12’45’’
15.  Causeret – Marangon (205 GTI), à 13’01’’


Briche continue sa moisson

Jean Briche n’a fini que 13e en début de mois à la Ronde Luronne et on ne garantira pas que le Meusien, plutôt habitué à jouer la première place, ait accueilli ce résultat avec indifférence, d’autant que sous le capot de sa R5  Turbo respire désormais un moteur « Tour de Corse » de 315 chevaux. Mais la concurrence qui lui est proposée au Rallye Plaine et Cimes n’est évidemment pas la même qu’à la Luronne. Du coup, Jean Briche peut de nouveau se régaler, s’adjugeant toutes les spéciales sans avoir l’air de forcer. Denis Ehlinger est deuxième alors que Jean-Marc Durr, troisième, réalise l’exploit du jour en imposant une R5 GT Turbo de série devant la R11 Turbo groupe A de Philippe Hingray.


Classement scratch


1.    Briche – Briche (R5 Turbo), 13’ 48’’ 46 - 1er groupe F
2.    Ehlinger – Wiss (Sunbeam Lotus), 13’ 04’’ 60
3.    Durr – Messmer (R5 GT turbo), 13’ 24’’ 85, - 1er groupe N
4.    Hingray – Hingray (R11 Turbo), 13’ 34’’ 36 - 1er groupe A
5.    Courtois – Bollinger (R5 GT Turbo), 13’ 34’’ 68
6.    Aubert – Voss (Sunbeam Lotus), 13’ 35’’ 56
7.    Rochelle – Graff (R5 GT Turbo), 13’ 36’’ 60
8.    Colin – Galmiche (R11 Turbo), 13’ 37’’ 20
9.    Weiss – Biehler (R5 GT Turbo), 13’ 38’’ 61
10.    Meyer – Schneider (Golf GTI), 13’ 45’’ 50


En mai toujours…

Grégoire surprend à Monthléry.  Le jeune Vittellois n’est pas le roi des essais et c’est le moins qu’on puisse dire en le voyant signer le 17e temps de la Coupe Porsche à Monthléry. En course en revanche c’est un malin. Après l’interruption de la course pour cause d’orage, il décide de repartir non pas en slicks comme tout le monde mais en pneus pluie au cas où une nouvelle averse venait à se produire. Bien vu car la pluie effectivement revient. Sur la piste détrempée, Grégoire dès lors est l’un des rares à pouvoir tenir un rythme acceptable, il double les autres concurrents comme à la parade et s’en va vers une victoire d’autant plus retentissante qu’elle est acquise devant Jean-Pierre Jaussaud soi-même.


Décidément très inspiré ce jour-là, on retrouve de nouveau Grégoire aux avant-postes de la Coupe AX (2e). Malheureusement il ne réalise pas le doublé car son allumage le trahit et l’oblige à abandonner.


Bernard-Etienne Grobot intouchable. Les hommes forts du Championnat de France de la Montagne se partagent les victoires : l’étape de Bourbach revient à Daniel Boccard et celle d’Aix-Saint-Antonin à Marcel Tarrès. En revanche, Bernard-Etienne Grobot, vainqueur en groupe N à chaque fois, ne partage pas. Le Déodatien du coup pointe à la troisième place du championnat.

 

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