Avril 1988 : histoire à la gomme au Rallye de la Plaine Imprimer
SPORTS - RETRO SPORTS
Mardi, 07 Mai 2013 15:46

Où l’on croise Jean Briche, Gérard Werguet, Stéphan Grégoire, Maurice Sutter, la Coupe Renault Sport et les pneus de Philippe Kruger.

Kruger-Philippe-Plaine-1988La première course de Philippe Kruger au volant d’une BMW M3 venue de chez Prodrive. Sans doute pas son meilleur souvenir…


La Course de côte hivernale des Hautes-Vosges remportée par Bernard-Etienne Grobot a lancé la saison en janvier. Pourtant, le véritable coup d’envoi du calendrier en Lorraine-Alsace n’a lieu qu’en avril avec la Ronde du Florival où Jean Briche se promet une promenade de santé en l’absence de Jacques Henry et Marcel Patrois, ses rivaux habituels. Le pilote meusien est d’autant plus confiant que sa R5 Turbo, qu’il a fait évoluer vers une définition « Tour de Corse », promet d’être encore plus performante que la saison précédente.


Briche-portrait-1987Jean BricheD’où son étonnement de ne pas être en tête à l’issue des premiers kilomètres. Briche ne prend en effet le commandement qu’à l’issue de la deuxième boucle, et plus précisément lorsque Dominique Ruer (rallye III) est victime d’une crevaison. Le Vosgien est très rapide ce jour-là, il l’a montré en surpassant Briche au début, il le montre encore lors de la dernière boucle où il repasse devant les Sunbeam de Deniset et Ehlinger derrière lesquels il a été relégué un temps par sa crevaison.


L’autre malchanceux du jour s’appelle Philippe Hingray (R11 turbo), contraint à l’abandon par son échangeur de turbo dans l’avant-dernière spéciale alors qu’il occupe la tête du groupe A. Jean-Marie Brogler, autre pilote de R 11 turbo, n’a plus qu’à se baisser pour ramasser la victoire devant Joël Strock (205 GTI).


Quant au groupe N, il est enlevé par Jean-Marc Durr (R5 GT turbo) devant Olivier Courtois et Jean-Marie Mosser.


Classement scratch


1. Jean Briche – Christine Briche (R5 turbo), 12’28’’
2. Dominique Ruer – Jean Hatton (Rallye 3), 12’45’’
3. Didier Deniset –Patrick Badoz (Talbot Lotus), 12’47’’
4. Denis Ehlinger – Dominique Wiss (Talbot Lotus), 12’52’’
5. Pascal Ruer – Anne-Marie Rossi (Rallye 3), 12’56’’
6. Jean-Marc Durr – Francis Graff (R5 GT Turbo), 12’59’’
7. Yves Ehrahrdt – Christina Jiost (Samba Rallye), 13’05’’
8. Olivier Courtois – Pierre-Paul Bollinger (R5 GT Turbo), 13’06’’
9. Jean-Marie Mosser – Gérard Probst (R5 GT Turbo), 13’13’’
10. ex-aequo Dominique Viard – Bruno Viard (BMW 1600) et Francis Klipfel – Eric Leroux (Samba Rallye),  13’15’’

Werguet-Gerard-Plaine-1988Gérard Werguet vainqueur du Rallye de la Plaine. Au chrono, il l’emportait quand même sur Philippe Kruger.

Gérard Werguet et les pneus de Philippe Kruger en vedettes au Rallye de la Plaine

Dominique Ruer prendra-t-il sa revanche au Rallye de la Plaine ? Possible car le Vosgien est aussi au départ de l’épreuve de l’ASA Mirecourt deux semaines plus tard. Ses adversaires toutefois ne sont plus les mêmes. Ils ont pour noms cette fois Gérard Werguet, toujours fidèle à sa R5 turbo, et Philippe Kruger qui, après trois ans d’absence de la compétition, revient aux affaires avec une BMW M3 ayant disputé le Championnat de France 1e division l’année précédente. Philippe Kruger a bataillé pour aligner cette voiture. Il s’est même offert un déplacement en Angleterre pour y rencontrer David Richards, le patron de Prodrive, qui a fini par lui procurer des pièces et des pneus, en l’occurrence, des Pirelli D6 et D4 utilisés le temps d’une spéciale par Béguin et Chatriot au Critérium Alpin.


Mais le Nancéien n’est pas au mieux de sa forme au Rallye de la Plaine. Peut-être en raison de ses trois années d’inactivité. Peut-être à cause de son inexpérience de cette voiture.  En tout cas, battu de 10 secondes par Gérard Werguet, il confie qu’il s’est « traîné ». Denis Ehlinger enlève la 3e place d’un souffle (2 secondes) devant Dominique Ruer qui paie une sortie de route dans le prologue.


Mais une autre bataille commence après l’arrivée avec la réclamation déposée par Pascal Colin contre Kruger pour pneus non conformes, l’enjeu pour le Vosgien étant de récupérer la première place du groupe A. En 1988, la nouvelle réglementation des rallyes régionaux a en effet interdit les slicks, d’où ce débat autour des pneus de la BMW. Kruger a beau montrer les sculptures de ses Pirelli, la décision des commissaires tombe : slicks retaillés.


Le Nancéien déclassé, Pascal Colin récupère donc la première place du groupe A et du même coup la 4e place du scratch devant Daniel Gabrion, lui-même vainqueur du groupe N à l’occasion de sa course inaugurale au volant d’une M3. « Il n’y a aucun problème avec cette voiture, tu te demandes s’il ne faut pas casser quelque chose pour faire plaisir à l’assistance » lâche le Spinalien qui a pris le dessus sur la R5 GT Turbo de Patrick François, la révélation du jour, et la 205 GTI de François Huot.


Classement scratch


1 Gérard Werguet – Lucette Werguet ( R5 turbo), 12’58’’ 1e groupe F
2 Denis Ehlinger – Dominique Wiss (Sunbeam Lotus), 13’11’’
3 Dominique Ruer – Jean Hatton (Rallye 3), 13’13’’
4 Pascal Colin – Denis Galmiche (R11 turbo), 13’31’’ 1er groupe A
5 Daniel Gabrion – Serge Coinchelin (BMW M3), 13’33’’ 1e groupe N
6 Pascal Causeret – P. Marangon (205 GTI), 13’36’’
7 Pascal Ruer – Anne-Marie Rossi (Rallye 3), 13’38’’
8 Patrick François – P. Audubert (R5 GT Turbo), 13’46’’
9 Philippe Hingray – Martine Hingray (R11 turbo), 13’47’’
10 François Huot – Bruno Kersten (205 GTI), 13’47’’

 

En avril toujours…

La Coupe Renault Sport est lancée. Le premier round de la Coupe Renault Sport des rallyes 1988, édition très mouvementée comme on le verra ultérieurement, a lieu au Rallye du Val d’Agout. Gazaud ouvre son compteur de victoires en s’imposant devant Benoit Duchene alors que, confronté à des problèmes de freins, Eric Mauffrey termine seulement 13e. Très malchanceux, Stéphane Mougel est éliminé par une sortie de route à quelques centaines de mètres de l’arrivé de la dernière spéciale.


Où l’on découvre le nom de Stéphan Grégoire. Jeune Vittellois de 18 ans, Stéphan Grégoire entame une carrière en circuit ambitieuse en s’alignant à la fois en Coupe Citroën AX et en Coupe Porsche (alors disputée sur des 944). Son premier rendez-vous, à Nogaro, est plutôt chaotique puisqu’il arrive trop tard pour les essais libres de la Coupe Porsche et, du coup, n’est pas qualifié pour la course. Puis, en Coupe AX, il tombe en panne d’essence, suite à une erreur de ses mécanos lors du remplissage de son réservoir. C’est donc lors du meeting de Lédenon, où  se dispute seulement la Coupe Porsche, qu’il obtient son premier résultat : 14e. Parti très loin sur la grille, le pilote estime qu’il ne pouvait pas faire mieux avec une auto qui selon lui n’était pas du tout réglée.


Sutter-Maurice-portrait-1988Maurice SutterSutter reste l’homme fort. La course de côte d’Epinal qui relance le calendrier régional de la montagne a un air de déjà-vu : déjà vainqueur l’année précédente, Maurice Sutter (Martini MK 32) l’emporte de nouveau et confirme qu’il sera encore l’homme à battre cette saison ; sauf évidemment si Daniel Eyler, l’un de ses principaux rivaux, qui est absent à Epinal en décide autrement. Jean-Bernard Peterhansel (Lola T 298) profite d’une erreur de Marcel Mayeur pour s’approprier la 2e place et Daniel Forès (Pygmée) la 3e.


Le Championnat de France reprend au col Saint-Pierre. Bernard-Etienne Grobot enlève le groupe N avec sa Ford Sierra Cosworth et Marcel Tarrès signe la victoire scratch devant Daniel Boccard et Christian Debias. MT