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Francis Roussely : grande époque, grand talent Imprimer Envoyer
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Dimanche, 02 Décembre 2012 10:42

Il rivalisait avec les pros dans les années soixante-dix et ne s’est pas arrêté là. Vous envierez le palmarès de Francis Roussely, sa carrière, ses souvenirs. Son épopée.

Roussely-Francis-montageR8 Gordini, Alpine, Porsche : trois grandes époques de la carrière de Francis Roussely, vainqueur d’une trentaine de rallyes. Sans oublier d’innombrables victoires de groupe et de classe glanées aussi bien en rallye qu’en course de côte.


Les rallyes des années soixante ont peu de choses à voir avec ceux d’aujourd’hui. Les voitures et les courses coûtent moins cher et ceux qui les disputent en ont les moyens sans avoir à rechercher le concours de sponsors, d’où une ambiance générale très décontractée. La réglementation elle-même fait preuve de la plus grande insouciance puisqu’elle n’oblige à rien en matière de sécurité : ni arceau, ni combinaison, juste un casque dont il vaut mieux toutefois ne pas tester la résistance aux chocs. On ne perd pas son temps à passer une nuit au bord d’une spéciale. Un Rallye de Lorraine par exemple peut réunir un plateau de Grand Tourisme apte à faire baver les plus blasés : Ferrari 250 GTO, AC Cobra, Porsche 904, Alfa GTZ Tubolare…

Roussely-Francis-Alfa-Turckheim-1964Sa première voiture de course, une Alfa 1600 Ti (ici à Turckheim).

Cette époque est celle des débuts de Francis Roussely. La région compte alors quelques très grosses pointures capables de tenir tête aux « pros » au Rallye de Lorraine : Hugues Hazard (vainqueur en 1961), Christian Poirot (1964), Jo Schlesser (1965). Des personnalités fortes. Andruet, Thérier, Darniche, Ragnotti font aussi leurs première armes.

En 1964, Christian Poirot est d’ailleurs présent à la course de côte de Maron. « Je t’ai vu passer, tu n’iras pas loin comme ça » lance-t-il sans ménagement à Francis Roussely qui vient d’aligner pour la première fois son Alfa 1600 Ti dans une compétition officielle. Son expérience du pilotage se résume il est vrai à peu de choses, pour tout dire, aux quelques notions de trajectoire que lui a enseignées Jean-Claude Bernard, un de ses copains d’Epinal où le jeune Francis, né à Nancy, a passé ses premières années avec ses parents, propriétaires de deux affaires. Jean-Claude Bernard lui, court déjà. Il a été le premier à mesurer son talent. Jean-Pierre Bugnot a été le deuxième : après s’être assis un jour à sa droite, il l’a engagé à son tour à « faire des rallyes ».

Roussely-Francis-1964-Alfa-LorraineRallye de Lorraine 1964 : Jean-Claude Bernard est au volant, Francis Roussely occupe le baquet de droite pour donner le change aux officiels.

Pourquoi pas, se dit Francis Roussely avec le détachement de celui qui n’a jamais envisagé de passer du temps à une telle occupation. C’est peu dire qu’il s’y avance prudemment. En 1962, il est à deux doigts de disputer le Rallye de Lorraine mais il y renonce au dernier moment, persuadé que l’Aronde Monthléry de son père, qu’il compte emprunter « ni vu ni connu » n’y survivra pas. Il faut dire que cette Aronde, il l’a déjà mise une fois sur le toit avec cinq personnes dedans. Il s’essaye également à la navigation avec un certain Azemberg au Rallye de Bourgogne mais regrette très vite de s’être lancé dans cette aventure tant il se perd dans ses notes. « Je n’étais vraiment pas fait pour ça, moi, je voulais être au volant » concède le pilote, résolu à attendre que toutes les conditions soient réunies pour se lancer dans la bagarre. Elles le sont donc en 1964 lorsqu’il devient propriétaire d’une Alfa 1600 Ti, voiture suffisamment compétitive pour qu’il s’amuse à son volant. Premier Rallye de Lorraine avec Jean-Claude Bernard : 8e scratch. Bien que ne disposant pas de la licence nécessaire, Francis Roussely a conduit la plupart du temps.

Roussely-Francis-R8G-Vosges-1969La R8 Gordini 1300 au Rallye des Vosges 1969 (victoire en groupe 1 et 3e scratch). La même année, cette voiture lui avait offert sa première victoire scratch au Rallye de Printemps.

La R8 Gordini, en costume, cravate et chaussures de ville

« J’ai toujours eu les voitures qu’il fallait pour gagner » indique-t-il comme si tout le mérite leur en revenait. En 1966, décidé à se lancer dans sa première année de compétition (en 1965, l’achat d’une brasserie à Nancy l’a totalement occupé), son choix se porte donc naturellement sur une R8 Gordini 1100, « la voiture du moment », dont il devient propriétaire pour 8000 Francs - pour mémoire, 1221 euros.  « A ce prix-là aujourd’hui, inutile de chercher, tu ne trouveras pas » poursuit Francis Roussely en se remémorant les conditions de course de l’époque, l’absence d’arceau, les pneus Dunlop SP Sport 135x15 à 60 Francs pièce, le costume, la cravate et les chaussures de ville. Sans oublier son casque qui est celui qu’il met pour rouler en Vespa. Pour autant, cet équipement minimaliste ne l’empêche pas d’être très performant au Rallye de Printemps et au Rallye de Lorraine. Mais personne ne s’en aperçoit. A deux reprises, son navigateur et beau-frère, Jean-François Grobot, commet des erreurs de parcours et entraîne leur plongée dans le classement.

Roussely-Francis-herival-1969Comme la plupart des rallymen de l’époque, Francis Roussely courait aussi en courses de côtes et la région n’en manquait pas. A la course de côte des Hautes-Vosges en 1969, il conduisit même deux voitures : sa R8 Gordini et la barquette que lui confia Dangel (à droite).

« La R8 demandait un pilotage très fin vu les pneus de l’époque et son carrossage positif. Tu faisais la moindre erreur, tu étais sur le toit, j’adorais » poursuit Francis Roussely, de nouveau en congé de sport auto en 1965 et 1966 pour se consacrer au développement de son affaire. Il revient toutefois en 1967 avec une nouvelle auto, une 1300 groupe 1 qui lui offre sa première victoire scratch au Rallye de Printemps. Ce sera la seule avec la R8 mais les places d’honneur s’enchaînent, assorties parfois de la victoire dans le groupe. A la fin des années soixante, il est devenu l’un des ténors de la région, que craignent même les pilotes officiels Renault lorsqu’ils viennent disputer le Rallye de Lorraine. Ainsi du Belge Jacquemin qui, en 1968, ne doit sa victoire dans le groupe (pour 4’’) qu’à la spéciale du Rainkopf où manifestement il voit mieux que le Lorrain dans le brouillard. Ainsi de Jean-Luc Thérier en 69, (écart de 8’’) après un mano à mano indécis jusqu’au bout sous une pluie battante. « C’était à toi à moi, personne ne savait qui allait gagner » se souvient Francis Roussely, d’autant plus marqué par cette course que celle-ci a donné lieu à un changement de navigateur difficile à oublier : « Je devais partir avec Guy Villeminot mais celui-ci m’a demandé au dernier moment s’il pouvait dépanner Christian Poirot dont le copilote s’était désisté. Il a trouvé quelqu’un pour le remplacer, c’était Guy Matti. J’ai pointé à sa place durant toute l’épreuve, il avait un pied dans le plâtre… » Sous les averses du Critérium des Cévennes, Francis Roussely signe aussi une nouvelle victoire de groupe devant un petit jeune homme du nom de Jean Ragnotti.

Roussely-Francis-navigateurs-1972De ces quatre joyeux drilles, un seul n’a pas navigué Francis Roussely : Jean Ragnotti. Ce qui veut dire que Jean-François Grobot, Bernard-Etienne Grobot et Michel Borens (de gauche à droite) eux, l’ont fait.

Trois saisons fabuleuses en Alpine

En 1970, comme ses résultats lui ont apporté la conviction qu’il peut viser plus haut, il achète donc une Alpine 1600 S groupe 4 avec laquelle il peut désormais jouer dans la cour des grands. Après s’être fait la main au Rallye de Lorraine (2e derrière Andruet), il signe ses premières victoires au Tour de l’Aisne et au Rallye des Vosges. Il se classe une autre fois 2e au Vercors-Vivarais derrière Vinatier. « Mais cette auto était limitée par rapport à celles des pros qui avaient des moteurs 1800, indique Francis Roussely. Moi qui n’étais pas mécano, je ne pouvais pas non plus rivaliser avec les spécialistes de la préparation, donc, j’ai abandonné cette auto pour reprendre une 1600 groupe 3, moins compliquée ».

Roussely-Francis-Alpine-Lorraine-1970Costume-cravate, pull à col roulé, pantalon et chaussures de ville : en 1970, l’équipement du pilote reste encore très éloigné de ce qu’il est aujourd’hui.

Un bon choix si on en juge par son palmarès des deux années suivantes. En 1971, trois victoires scratch : le Rallye du Maine, le Rallye des Vosges et le Rallye Yonne-Morvan qu’il ne sait pas avoir gagné quand il franchit la ligne d’arrivée : « J’étais venu avec mon mulet et j’étais persuadé que je n’avais rien fait de bon. En fait, j’ai découvert le lendemain que  j’avais gagné ». La même année, il signe aussi quatre victoires de groupe au Lorraine, en Franche-Comté, au Tour de l’Aisne et aux Cévennes.

Roussely-Francis-Alpine-gr3-1971Avec l’Alpine 1600 groupe 3, Francis Roussely décroche le titre de Champion de France groupe 3 en 1972. Ce sera sa meilleure saison.

En 1972, il fait encore mieux puisqu’il termine 5e du Championnat de France et est sacré Champion de France groupe 3 au terme d’une saison assez exceptionnelle : quatre victoires scratch (Rallye de Printemps, Rallye du Maine, Critérium de Touraine et Rallye des Vosges) et six victoires de groupe (Lorraine, Jeanne d’Arc, Ardennes, Vercors-Vivarais, Bayonne – Côte Basque et Ronde Cévenole). Lors de cette saison qui est sa plus complète, il court même deux fois en un seul week-end, s’alignant le samedi au Tour de l’Aisne avec le buggy 1300 de son copain Delacote (4e scratch) et le dimanche au Critérium de Touraine avec l’Alpine (victoire). « Mais j’ai eu du mal avec l’Alpine dans les premiers kilomètres, se rappelle-t-il, le buggy tenait tellement bien la route que ça m’a perturbé ».


Roussely-Francis-buggy-Aisne-1972Deux courses en deux jours : le samedi avec le buggy Delacote (photo) et le lendemain avec l'Alpine.


Jamais ambitionné de passer pro

Francis Roussely est au sommet de son art. Avec cette Alpine qui aujourd’hui lui laisse le souvenir d’un « jouet », il ne nourrit aucun complexe quand il croise la route des Fiorentino, Andruet, Larousse, Darniche et consorts qui tiennent alors le haut du pavé chez les pros ; sans oublier Jean-Luc Thérier qui reste pour lui « le plus doué naturellement, l’un de ceux qui étaient les plus capables d’aller très vite sans reconnaître ». Pourquoi d’ailleurs Francis Roussely est-il encore amateur, lui dont les résultats devraient pourtant lui permette de rejoindre une équipe officielle ? Il se défend d’avoir manqué le coche en 1970 lorsque Renault lui a confié le volant d’une R8 Gordini au Tour de Corse où il n’a roulé en tout et pour tout que 32 km, stoppé par un court-circuit : « Renault ne m’avait rien promis, explique-t-il, j’avais été embauché pour une seule course. De toute façon, devenir pro ne me faisait pas rêver. Il faut se remettre dans cette époque où les pilotes officiels devaient gagner le smic. Rien à voir avec les pactoles qui leur sont offerts aujourd’hui. Par ailleurs, je n’étais pas à la rue, j’avais ma propre affaire et je n’avais pas envie de l’abandonner. Je cassais rarement, je gagnais des primes, alors… » D’ici à penser que d’autres ont entendu cette confidence il n’y a qu’un pas : fin 1971, les noms de Roussely et Piot ont circulé pour constituer l’équipe officielle Ford de 1972. Mais seul Piot a été retenu.

Roussely-Francis-R8G-TourCorse-1970Au Tour de Corse 1970. La R8 Gordini officielle n’a tenu que 32 km…

La saga Porsche commence

La R8 Gordini a eu son temps, l’Alpine aussi. Le temps de comprendre que le projet de monter une R12 Gordini avec Jacques Cheinisse n’aboutira pas et Francis Roussely bascule dans l’univers Porsche ; un univers que d’ailleurs il ne quittera pas jusqu’à la fin de sa carrière environ une dizaine d’années plus tard après avoir roulé avec belle collection de modèles différents (« j’ai dû en conduire vingt ou vingt-cinq » dit-il), les unes étant achetées, les autres louées. Leur point commun, une voiture moins amusante que l’Alpine, à la direction plus lourde mais souvent gorgée de chevaux. « Il fallait la conduire très finement mais elle correspondait à mon style de pilotage plutôt coulé » indique Francis Roussely, venu à cette marque, « tout simplement parce que c’était désormais celle qui gagnait ».

Roussely-Francis-Porsche-gr3-1973La Porsche 911 SC 2,4 l : la première d’une très longue liste.

La première, c’est, en 1973, une 911 SC 2,4 l groupe 3 qu’il conduit avec le statut de « pilote officiel Sonauto » du fait que l’entretien et l’assistance lui sont payés par l'importateur. Il dispose par ailleurs d’un soutien financier de BP. Avec cette voiture, il remporte le Rallye de Lorraine et le Rallye du Touquet et signe deux victoires de groupe au Critérium de Touraine et à la Ronde Cévenole où il se souvient avoir roulé pour la première fois avec des slicks prêtés par Michelin. En fin d’année, on le retrouve déjà avec une autre version, à savoir une Carrera RS 2,7l avec laquelle il se débrouille plutôt bien au Tour Auto jusqu’à ce que son navigateur oublie de pointer à l’entrée d’une spéciale…

Roussely-Francis-Porsche-RSR-Herival-1975La Porsche Carrera RSR : une auto de légende.

La RSR : trop large pour les plateaux

Nouvelle interruption en 1974, lendemain d’un premier choc pétrolier retentissant, mais il revient en 1975 avec une véritable bombe roulante, une RSR groupe 4 de 330 chevaux ayant appartenu à Bob Wolleck. « Enfin, Wolleck roulait avec, précise Francis Roussely, la voiture était en réalité la propriété d’une de ses ferventes supportrices parisiennes et c’est à elle que je l’ai achetée ». Quoiqu’il en soit, cette auto est devenue aujourd’hui objet légendaire car, comme le précise Francis Roussely, « elle a été fabriquée à 50 exemplaires seulement et doit se négocier maintenant dans les 400 000 euros ». Tirer parti de ce monstre dont il fallait ôter les roues arrières pour la hisser sur un plateau est une autre histoire. Francis Roussely finit par la revendre, non sans avoir disputé avec elle le Tour Auto en compagnie de Thierry Sabine, « personnalité exceptionnelle ».

Roussely-Francis-Porsche-Giro-Italie-1976Tour d’Italie 1976 : les slicks de la Porsche sont tellement costauds que Francis Roussely n’en change pas de toute la course.

La suite ? La raconter avec précision tient de l’exercice de haute voltige, tant le pilote a changé de monture d’une année à l’autre et parfois même dans la même année. Lui-même convient qu’il n’a pas gardé tous les détails en mémoire et, faute de mieux, sort la feuille de papier sur laquelle est consignée la liste de ses victoires scratch. De 1976 à 1988, quatre au Rallye des Vallées et à la Ronde Luronne, deux au Rallye Jeanne d’Arc et au Rallye de Picardie, une au Rallye de Lorraine et à la Ronde Ruppéenne. On ne parle même pas des victoires de groupe, ni des victoires en courses de côte. Quant aux voitures qu’il a utilisées, le catalogue des Porsche de course y est passé (plusieurs 2,7 l et 3 l groupe 3, 3 l groupe 4, 3l groupe F, etc) d’autant plus difficiles à identifier qu’elles ont parfois changé de couleur.

Roussely-Francis-Porsche-gr4-1982Cette Porsche 3l groupe 4 était un caméléon. On l’a vue en bleu et rouge, en blanc et rouge, toute blanche…

Souvenirs, souvenirs…

A chaque course sa petite histoire. Francis Roussely cite celle du Rallye de Lorraine 1976 où il a terminé derrière Fréquelin malgré une hépatite ; celle du Tour d’Italie de la même année où ses slicks étaient tellement costauds qu’ils ont tenu toute la course ; celle de ses deux victoires remportées coup sur coup en 1977 à la Luronne et au Lorraine alors que quelques semaines auparavant il s’était envolé dans les arbres et  promis de tout arrêter ; celle du Tour Auto, toujours en 1977 où il s’est classé troisième derrière Bernard Darniche et Michèle Mouton avec une Porsche de circuit « lourde comme un camion en spéciale » ; celle de la Ronde Luronne 1978 qu’il a remportée devant Jacques Henry qui alignait pourtant une groupe 4 turbo Aberthur de 360 chevaux ; celle du Rallye des Vallées 1978 qu’il a gagné avec sa fille Valérie dans le baquet de droite ; le Rallye des 1000 Lacs 1988 qu’il a disputé avec une Lancia HF et au cours duquel, parti dans les cinquantièmes, il a roulé « dans un vrai champ de mines ».

Roussely-Francis-et-Poirot-Tour-Auto-1974Au Tour de France Auto 1974 avec Christian Poirot (à droite). Francis Roussely n’était pas rancunier envers celui qui le chambrait à la course de côte de Maron dix ans plus tôt.

Encore une petite pour la route ? Elle remonte à la fin des années soixante, quand Christian Poirot  demanda à son copain Roussely de l’aider à rapporter en Allemagne la DKW avec laquelle il venait de disputer le Rallye Monte-Carlo. Problème, le moteur était cassé. « Mais Poirot avait toujours une solution, raconte Francis Roussely, il m’a installé au volant de la DKW, s’est mis derrière moi avec une Mercedes et m’a poussé comme ça jusqu’en Allemagne. Je dis bien : il m’a poussé. Entre les deux voitures, il avait juste mis un pneu pour éviter d’abimer les deux voitures… » « Il nous a toujours fait rigoler, avec lui chaque course devenait un roman. Dirand aussi était marrant. Il lui arrivait toujours des choses incroyables, comme ce jour où il nous a raconté, étant sorti de la route, que ses plaquettes de freins s’étaient soudées aux disques. Je ne compte pas le nombre de fois où il s’est cassé la figure. Pour lui, il n’y avait qu’une stratégie : à fond ! Résultat, tous ceux qui ont été ses navigateurs ont des dents neuves…»

Roussely-Francis-portrait2-2012Chez Francis Roussely, il n’y a plus de place pour de nouvelles coupes sur les armoires.

Un calme qui pouvait se mettre en colère

Lui en revanche est peu sorti : quatre ou cinq fois maximum tout au long d’une carrière qui pourtant a été longue. « Logique, confie-t-il, car je n’ai jamais été un kamikaze. Il fallait vraiment des circonstances exceptionnelles pour que je me mette en danger, pour que je renonce à la marge de sécurité que je conservais justement pour ne pas sortir de la route. Lorsqu’il m’est arrivé de partir à la faute, cela veut dire que j’ai renoncé à cette marge de sécurité, que je me suis laissé envahir par la colère, moi qui n’avais pourtant pas ce trait de caractère. J’étais au contraire d’un naturel calme, et il fallait vraiment que je me conditionne pour entrer dans la peau de celui qui veut bouffer tous les autres. Parfois, c’est un événement extérieur qui me mettait hors de moi ; rouler dans le brouillard en ayant l’impression de ne pas avancer par exemple. Là, j’étais capable de tout oublier et je me mettais à attaquer comme un malade. Puisque nous parlions de Christian Poirot, je me souviens l’avoir doublé par la droite au Champ du Feu alors que la visibilité était nulle. C’était insensé dans ces conditions mais à ce moment je ne pensais plus au risque, je n’avais plus que deux choses en tête : doubler et faire un temps ».

Pour terminer, un conseil pour les jeunes pilotes : « Tu attaques à bloc pendant les trois ou quatre premières spéciales, tu n’écoutes rien de ce qui se dit et après tu fais les comptes. Si tu es en tête, tu n’as plus qu’à gérer ton avance, et c’est toujours plus facile qu’essayer de refaire son retard. L’intérêt d’être en tête rapidement, c’est non seulement les secondes d’avance mais aussi l’avantage psychologique : dans le même temps, les autres prennent un coup au moral. J’ai toujours fait comme ça et ça m’a plutôt bien réussi ».

Michel THIRIET


Avec les photos de la collection privée de Francis Roussely

Le petit musée Porsche de Francis Roussely

Francis Roussely estime avoir conduit une bonne vingtaine de Porsche différentes. Extraites de ses albums photo, en voilà dix pour la bonne bouche.

Roussely-Francis-collection-2

 

Commentaires 

 
#11 Philippe 2014-09-12 20:07 Que de souvenirs en lisant cet article.Déodatien de naissance je suivait également Bernard Etienne et Jean François.Quel trio.Bravo encore. Citer
 
 
#10 ANDREUX Philippe 2014-02-26 18:16 Un grand pilote, un grand monsieur,un exemple que beaucoup de nouveaux pilotes devraient prendre.Bien sur,tout à changé,
mais l'attaque,le plaisir est la simplicité devraient en inspiré plus d'un.
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#9 Roussely Francis 2014-02-25 16:52 Je suis désolé que Aimé Dirand soit vexé par cette anecdote,ce n'était pas mon but.
Amicalement Francis Roussely
Multi-citer Michel Thiriet:
Aimé Dirand nous a fait parvenir le commentaire suivant/ "Des amis m'ont fait découvrir votre site
et les commentaires de Mr Francis ROUSSELY à mon égard. A savoir que tous mes coéquipiers ont des dentiers neufs.
Je peux vous assurer qu' aucun de mes coéquipiers n'a été blessé à mes côtés. Je vous prie donc de rectifier ces mensonges qui n'ont que trop duré.
Merci à l'avance Aimé DIRAND"
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#8 Michel Thiriet 2014-01-08 17:35 Aimé Dirand nous a fait parvenir le commentaire suivant/ "Des amis m'ont fait découvrir votre site
et les commentaires de Mr Francis ROUSSELY à mon égard. A savoir que tous mes coéquipiers ont des dentiers neufs.
Je peux vous assurer qu' aucun de mes coéquipiers n'a été blessé à mes côtés. Je vous prie donc de rectifier ces mensonges qui n'ont que trop duré.
Merci à l'avance Aimé DIRAND"
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#7 Maurier 2013-09-03 16:47 Bonjour et bravo pour cette carrière.
En 70 je participais au Tour de l'Aisne National en R8G Groupe 1.
Je cherche les résultats des spéciales. Les avez-vous gardés ?
Merci.
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#6 Marie-Neige 2013-03-11 16:40 Que de souvenirs merveilleux de cette époque du Rallye des Gaves …l'émotion est toujours aussi présente …
Quel long palmares ,Francis ! MAGNIFIQUE

Une admiratrice du Sud et du soleil
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#5 NICOLE 2013-02-24 22:49 Que de souvenirs de cette époque.Quelle gentillesse et quel palmarès pour un amateur. Mille bravos. Citer
 
 
#4 Pierre Straumann 2013-02-19 18:43 Beau palmarès, souvenirs sympas. Clin d'oeil d'un vieux pote de l'autre côté des Vosges. Citer
 
 
#3 Alain BEGEL 2012-12-18 21:17 Souvenirs, souvenirs. Bravo et encore ! Citer
 
 
#2 Dominique 2012-12-04 09:29 Excellent article! Citer
 

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