HOME SPORTS RENCONTRES Patrick Henry : courir suffit amplement à son bonheur
Patrick Henry : courir suffit amplement à son bonheur Imprimer Envoyer
SPORTS - RENCONTRES
Mardi, 20 Octobre 2009 13:24
Cette saison, Patrick Henry s’engage dans les rallyes du Championnat de France au coup par coup. On a vu le pilote franc-comtois courir dans de meilleures conditions mais il ne se plaint pas car sa carrière, qui l’a vu évoluer constamment au plus haut niveau national, lui a déjà apporté bien des satisfactions.
Trahi par sa boîte de vitesses début octobre au Rallye du Touquet, Patrick Henry reste encore en course pour le titre de champion de France pilotes puisqu’il occupe la 3e place du championnat à deux épreuves de la fin. Pourtant, rien ne dit qu’il s’alignera dans ces épreuves - les Cévennes les 7 et 8 novembre puis le Var - car il court au coup par coup cette saison, autrement, dit, en fonction des aides de ses partenaires. Situation frustrante après tant d’années d’expérience au plus haut niveau national ? Même pas. Quand il regarde en arrière, Patrick Henry s’estime plutôt satisfait de son sort.

Si on prend en compte tes débuts en kart, tu as une carrière de pilote bien fournie…

Oui, j’ai commencé le kart en 1990 et j’ai disputé le championnat de France. A partir de 1996, j’ai débuté parallèlement le sport automobile sur circuit avec la Saxo Cup. La première année, je finis premier « Chevron » (les débutants) et douzième au général. En 1997, je deviens Champion de France.

Comment se sont déroulés tes débuts en rallye ?

Etant champion de Saxo Cup, je ne pouvais pas disputer le Challenge Saxo en rallye. Je me suis donc engagé dans le Trophée Saxo Kit-car. L’auto était un peu trop puissante à mon goût mais je n’avais pas le choix. Au final, je termine 2e derrière Bérenguer qui était une référence à l’époque. L’année suivante, en 1999, j’ai été contraint trois fois à l’abandon. Je termine 5e et c’est Sébastien Loeb qui gagne. En 2000, je finis 3e.

En 2001, tu fais l’expérience de la terre. Avec succès ?

Je me suis essayé au nouveau challenge Saxo T4 avec une 3e place à la clé. Mais heureusement qu’il y avait trois épreuves sur asphalte !

Tu reviens ensuite au Challenge Saxo. Un bon choix ?

C’est sûr puisque je gagne en 2002 et 2003.

Vient le championnat de France super 1600 avec Citroën. Quel souvenir en gardes-tu ?

Une année de rêve. J’ai été engagé avec une C2 en Super 1600 par Citroën. Comme la règle m’interdisait de courir avec ma compagne Magali Lombard, c’est Jean-Paul Chiaroni, un super copilote (ex Bugalski) qui m’a navigué. Cette année là, je n’avais rien d’autre à faire que courir. Mais la C2 n’en était qu’à ses débuts et Renault était présent en force avec des pilotes expérimentés ; Simon Jean-Joseph par exemple. De plus, en fin de saison, Citroën a décidé de prendre une année sabbatique en rallye. L’aventure n’a donc duré qu’une année.

Ceci explique une saison suivante plus délicate ?

Je disposais d’une Xsara WRC de chez Bozian, ex Sébastien Loeb. Mais j’ai eu tout de suite eu des problèmes de réglages à cause de la réglementation sur les pneumatiques. Au bout de trois épreuves (Le Lyon-Charbonnières, l’Alsace-Vosges et le Limousin) où j’ai fini à chaque fois 2e, j’ai préféré jeter l’éponge.

En 2007, tu décroches le titre sur tapis vert. Que s’est-il passé ?


Je disputais le championnat avec une 307 WRC toujours préparée par Bozian. J’étais en lutte pour le titre avec Jean-Marie Cuoq et celui-ci a été disqualifié en fin de saison pour reconnaissances interdites. Mais un de mes rêves restait de gagner le Rallye Alsace-Vosges, ce que j’ai fait l’année suivante. C’est d’ailleurs la seule épreuve que j’ai disputée en 2008.

Si tu es sacré cette année, tu égales le nombre de titres de ton père Jacques Henry. T’a-t-il soutenu dans ta carrière ?

Quand j’ai voulu commencer le kart, il n’était pas très chaud, j’ai dû me débrouiller tout seul. Quand je suis passé à l’automobile, il n’a pas non plus fait preuve d’enthousiasme. Pourtant, il m’a aidé à monter la Saxo. Et lorsque j’ai voulu courir sur route, j’ai senti qu’il n’était pas d’accord car il connaissait les risques de la discipline. Mais il m’a toujours laissé faire et maintenant il m’encourage.

Revenons au Championnat de France. Que penses-tu du fait que des constructeurs comme Peugeot, Citroën ou Renault ne soient plus engagés ?

Les usines n’ont plus pour priorité le Championnat de France. C’est dommage pour le prestige de la compétition mais aussi pour les pilotes car être pilote d’usine c’est le rêve. D’un autre côté, un pilote amateur - et je considère que je reste un pilote amateur - n’a quasiment aucune chance face à des usines. De ce point de vue, la situation actuelle permet d’avoir un championnat beaucoup plus ouvert.

Tu gardes une activité professionnelle en dehors de la compétition ?

Depuis trois ans je travaille sur le circuit de Chenevières où je donne essentiellement des cours de pilotage et de co-pilotage. Mais sur le site, il y a toute une partie formation et prévention pour les conducteurs d’autos et de poids lourds.

Si tu dois faire un bilan de ta carrière, penses-tu avoir réussi, avoir disposé des budgets nécessaires et avoir fait les bons choix ?

Je n’ai jamais trop fait de plan de carrière. Si l’on excepte l’année Citroën où je n’ai rien dépensé, j’ai toujours trouvé des budgets pour courir avec de belles autos, ce qui est déjà pas mal par rapport à d’autres pilotes qui rament. Franchement, je pense avoir fait les bons choix. Je n’ai pas de regrets, même si j’aimerais bien disputer un rallye de Championnat du Monde en WRC.

Propos recueillis par Bruno Navarre
 

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