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Pierre Thiriet : l’endurance lui va bien Imprimer Envoyer
SPORTS - RENCONTRES
Mardi, 16 Avril 2013 16:56

Le pilote vosgien a entamé sa cinquième saison de compétition à Silverstone. L’occasion de faire le point avec lui sur son évolution et ses attentes.

Thiriet-Silvertsone-2013Silverstone le 13 avril 2013, coup d’envoi d’une nouvelle saison de Pierre Thiriet en endurance . « Je ne me verrais pas dans des courses de sprint et surtout pas dans une monoplace. »

 

A Silverstone, où vient d’être donné le coup d’envoi de la saison d’European Le Mans Series, Pierre Thiriet n’avait plus rien de celui qui tout jeune débutant dans le sport auto reconnaissait les circuits à pieds pour en découvrir toutes les subtilités. Aujourd’hui, c’est un pilote aguerri qui s’installe dans le baquet de l’Oreca-Nissan de l’écurie Thiriet by TDS Racing, plus conscient de ses capacités au volant et même passionné par les réglages. L’endurance lui apporte toutes les satisfactions  qu’il en attendait.


Pilote dans le team qui a remporté le titre européen en 2012 et qui a signé une deuxième place en LMP2 au Mans : on peut supposer que tu n’es plus tout à fait le même qu’à tes débuts ?


« C’est vrai que j’ai changé. J’ai sans doute progressé dans mon pilotage mais j’ai surtout appris beaucoup de choses sur les réglages et je peux donc m’impliquer beaucoup plus que par le passé dans ce domaine. Durant les premières années, j’ai écouté mes coéquipiers, j’ai profité de leur expérience, mon but étant de parvenir à être au moins à armes égales avec eux. Aujourd’hui, je comprends mieux comment fonctionne une auto, l’influence de telle ou telle modification sur l’aérodynamique ou les suspensions, je trouve même cela passionnant. De ce point de vue, je suis loin effectivement du temps de mes débuts quand  je faisais systématiquement le tour des circuits à pieds pour les découvrir, quitte à ce que cela prenne trois heures.


Vois-tu le sport auto différemment aujourd’hui ?


« Non, le sport auto reste une passion et rien d’autre. Si la question est de savoir si j’envisage d’y gagner ma vie, la réponse est non. Quand j’aurai terminé mes études, je travaillerai. Je me verrais bien intégrer l’entreprise familiale tout de suite mais il se pourrait aussi que j’aille passer quelque temps ailleurs auparavant si je peux faire une expérience intéressante ; étant précisé qu’il ne s’agirait pas d’une «année sabbatique » pour courir mais pour aller travailler. Evidemment, je changerais d’avis si Porsche me proposait en volant en LMP1 mais on va dire que les chances sont faibles non ? (il se marre). Pour revenir à mes objectifs, je serai déjà très content si à l’avenir je peux continuer à rouler gratuitement. »


Tu penses au sport auto pendant tes cours ?


« Oui, trop… »


Penses-tu toujours que courir en endurance était le bon choix ?


« Plus les années passent, plus je me dis que nous avons bien fait. En tout cas, je ne me verrais pas dans des courses de sprint et surtout pas dans une monoplace. »


Ce n’est un secret pour personne que ton père est très impliqué dans tes projets. Fais-tu la carrière dont il aurait eu envie ?


« Non, je ne crois pas. Il est sportif, aime le tennis, mais en réfléchissant bien, je ne le vois pas trop en compétiteur. Qu’il soit passionné par les voitures, ça en revanche c’est une certitude. »


Est-ce lui qui t’a amené au sport auto ?


Thiriet-portrait-2013 « Le sport auto reste une passion et rien d’autre. »« Oui, et ça remonte à très loin.  J’avais peut-être 6 ans, peut-être 7 quand il m’a offert mon premier kart. C’est moi qui le lui avais demandé après avoir vu le circuit de Juvaincourt où nous allions prendre un avion. Comme par hasard, nous allions aux 24 Heures du Mans. Ceci dit, je ne pense pas qu’il avait l’intention de faire de moi un pilote en m’offrant ce cadeau. J’étais un enfant hyper actif et son idée était plutôt de canaliser mon trop-plein d’énergie. »


Son influence ne s’est pas démentie par la suite.


« A tel point que je ne me connais aujourd’hui qu’un seul manager, lui. C’est toujours lui qui a trouvé les bonnes solutions pour moi, avec le même flair que celui dont il a fait preuve dans les affaires. »


Revenons au championnat 2013. Que t’inspire le retour d’Alpine ?


« Pour l’instant en tout cas, c’est une belle opération de communication. L’Alpine en question n’est jamais que le châssis Oreca et le moteur Nissan qui roulaient déjà la saison dernière en Championnat du Monde sous les couleurs Signatech. A priori, il n’y a pas de raison particulière de craindre cette équipe plutôt qu’une autre mais c’est vrai, restons prudents. »


Pourtant, c’est bien cette même Alpine qui a réalisé le meilleur chrono lors des essais officiels au Castellet. Et Thiriet by TDS Racing n’avait signé que le cinquième temps…


«  Nous avons fait les trois-quarts des essais avec de mauvais réglages. Quand nous avons compris notre erreur, nous avons alors réalisé le meilleur chrono mais nous étions déjà dans la dernière session de tests, si bien que nous n’avons pas pu affiner. C’est clair que nous nous sommes loupés. »


Loeb s’est désisté à la fois de l’ELMS et des 24 Heures du Mans. Une déception pour toi ?


« Plutôt de l’incompréhension qu’une déception. Faire rouler des GT, des Porsche et laisser deux protos au garage, j’avoue que ce n’est pas le choix que j’aurais fait. Je ne comprends pas plus son renoncement aux 24 Heures du Mans. Il ne viendra pas alors qu’il disposait d’une invitation. Pendant ce temps-là, d’autres se morfondent sur une liste d’attente... »


Thiriet-LeMans-2012Les 24 Heures du Mans. « Une course exceptionnelle mais pas plus importante que le championnat. » Photo GaazMaster Motosport.


Participer aux 24 Heures du Mans, c’est un aboutissement ?


« Cette course n’est pas plus importante à mes yeux que ne l’est le championnat. Nous avons fini 2e des LMP2 au Mans en 2012 mais ce résultat ne nous aurait pas suffi si nous n’avions pas remporté également le titre européen. Maintenant, je reconnais que Les 24 Heures du Mans c’est vraiment un événement, avec une ambiance et des sensations exceptionnelles. C’est aussi un rendez-vous très important pour resserrer ses liens avec ses partenaires. »


Une autre course te ferait-elle envie ?


« A priori ce serait aux Etats-Unis et en particulier pour disputer les 24 Heures de Daytona. Notre escapade de l’an dernier à Road Atlanta m’a mis l’eau à la bouche, j’adore les courses américaines. »


Thiriet by TDS Racing en LMP1, c’est envisageable ?


« Il n’y a rien de ce genre en discussion. Nous nous sentons bien en LMP2. »


Douche à Silverstone

La première course de la saison a été totalement bouleversée par la pluie. Thiriet by TDS Racing a dû se satisfaire de la 3e place.
Les 3 Heures de Silverstone n’auront duré que deux heures et vingt minutes, la direction de course décidant en effet de stopper l’épreuve avant son terme à cause de la pluie. Les conditions météo il est vrai étaient déplorables puisque les voitures roulaient déjà depuis 50 minutes derrière le safety car au moment de leur arrêt définitif. L’écurie Jota Sport, alors pointée en tête, héritait donc de la victoire, Race Performance de la deuxième place et Thiriet by TDS Racing de la troisième.


« Aurait-on arrêté la course aux 24 Heures du Mans ? » demande Xavier Combet, team manager de Thiriet by TDS Racing, qui visiblement a jugé la décision de la direction de course inopportune. Conséquence de cet arrêt prématuré pour son équipe, l’obligation de se satisfaire de la troisième place alors que la première était dans ses cordes. Pourtant parti en 6e position, Jonathan Hirschi, à qui avait été confié le départ, l’avait bien montré en se hissant en tête grâce à une course impeccable sous la pluie (déjà…) alors que d’autres au contraire partaient à la faute.

 
A mi-course, le safety car entrait en scène et Hirschi rentrait à son stand pour passer le volant à son équipier. Pierre Thiriet revenait sur la piste en 3e position. Et la course s’arrêtait là. Réaction modérée du pilote vosgien : « Ce n’est pas à nous de faire les règles ni de décider. C’est certain que si on arrête la course dés qu’il pleut, on ne fait pas de sport auto. Mais la décision a été prise, elle ne nous est pas favorable. Espérons que la prochaine fois elle sera dans notre sens… »

 

Classement des 3 Heures de Siverstone


1.    Jota Sport (Dolan-Turvey) Zytek-Nissan
2.    Race Performance (Frey-Niederhauser) Oreca-Judd
3.    Thiriet by TDS Racing (Thiriet-Hirschi) Oreca-Nissan
4.    Signatech Alpine (Rague-Panciatici) Alpine-Nissan
5.    Proton Compétition (Ried-Roda-Tandy) Porsche 911 GT3 RSR

Prochaine épreuve : Imola (17-18 mai)

 

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