Le Dakar de Willy Alcaraz : "Mon plus beau en Amérique du Sud" Imprimer
SPORTS - RENCONTRES
Jeudi, 24 Janvier 2013 17:29

De retour du Dakar, Willy Alcaraz est tout à sa joie avec sa quarantième place au général et ses victoires en T3 et pilote "solo".

Alcaraz portrait Dakar 2013Willy Alcaraz peut sourire. Il a fait mieux que l'an passé sur ce Dakar - Photo Nicolas Duclos Dakar.


De retour du Dakar, Willy Alcaraz a atterri mardi soir à l'aéroport de Strasbourg en provenance de Santiago du Chili. Au volant de son RZR Polaris du team Xtreme Plus, légèrement modifié par rapport à l'an passé, le Nancéien a fait encore mieux qu'en 2012 où il avait remporté la catégorie T3 Light, celle des pilotes "solo" et terminé 42e du classement général. Cette année, il a gagné deux places, réduit l'écart sur le vainqueur Stéphane Peterhansel, gagné la catégorie "solo", mais aussi la catégorie T3, toutes cylindrées confondues. Cerise sur le gâteau, il s'est fait plaisir sur un tracé technique propice au pilotage.


Ce Dakar 2013, c'est celui de 2012 en mieux ?

  C'était différent de l'an passé. D'abord parce qu'avec mes performances de 2012, j'étais un peu attendu. D'autre part, l'équipe Xtreme Plus avait trois RZR au départ, même si j'étais le seul à rouler en solitaire, les deux autres Polaris étant confiés à des équipages.


Le parcours aussi était différent ?

  Complètement puisque nous partions de Lima, où nous étions arrivés l'année dernière, pour rejoindre Santiago du Chili en passant par l'Argentine. Les étapes aussi étaient très différentes. Chaque jour je découvrais des paysages nouveaux plus enchanteurs les uns que les autres. Incontestablement, c'est mon plus beau Dakar en Amérique du Sud. Si l'on ajoute que les spéciales étaient plus techniques que d'habitude et qu'elles favorisaient le pilotage, j'avais tout pour me faire plaisir.

Alcaraz déser PérouCette année, le parcours était très varié avec des paysages magnifiques. - Photo Nicolas Duclos Dakar.
Avant de finir en beauté, il y a tout de même eu quelques galères ?

  Ça a commencé dès le deuxième jour avec une panne de régulateur. La batterie chauffait. J'ai perdu 45 minutes. C'est dommage car j'avais prévu de créer des écarts dès les premières spéciales. Je me suis rattrapé les trois jours suivants et ça a payé puisque personne n'a pu revenir sur moi.


Dans ce rallye, tu as constamment progressé au classement sauf dans le deux dernières étapes. Pourquoi ?

  Dans l'avant-dernière étape, j'avais le variateur qui chauffait et mon ventilateur fonctionnait mal. J'ai perdu deux places. Le dernier jour, la spéciale me convenait particulièrement. Malheureusement, J'ai pris une pierre, sans taper pourtant, et j'ai cassé deux rotules. Par chance, j'avais amené deux triangles de suspension avec moi et le camion d'assistance n'était pas loin. Nous avons perdu un minimum de temps pour réparer. Mais j'étais handicapé sur les derniers kilomètres et ça a été très chaud jusqu'à la ligne d'arrivée.


Quel bilan dresses-tu de ton 21e Dakar ?

  Je me suis régalé sur un magnifique parcours très varié, bien que les liaisons soient très longues, mais on ne peut pas faire autrement. Pour l'anecdote, quand nous avons franchi la Cordillière des Andes, il faisait -5° au sommet. La même journée au bivouac, la température était de 51°.

Alcaraz podium dakar 2013 Sur le podium, l'équipe Xtreme Plus savoure son doublé en catégorie T3 avec Willy Alcaraz et Nicolas Duclos. - Photo Nicolas Duclos Dakar.
  Au niveau des résultats je ne peux qu'être satisfait puisque l'équipe réalise un doublé en T3 avec la deuxième place de Nicolas Duclos, qui disputait son premier Dakar et a terminé premier des "rookies". Il y a eu une très bonne entente dans l'équipe et j'ai parfois conseillé Nicolas. Dommage que notre troisième pilote, le Brésilien Bruno Sperancini, malade, ait été contraint à l'abandon dans la sixième étape.


Tu es été nettement moins médiatisé que l'an passé, tu le regrettes ?

  L'an dernier, nous étions la nouveauté de l'épreuve. Cette année nous étions plus nombreux au départ. Et puis nous partions tard, donc nous arrivions tard. A chaque fois, les médias avaient remballé.

Alcaraz dans son buggy Tomaselli Les arrivées au bivouac sont souvent tardives.

  Par contre, je pense que nous avons ouvert la porte des rallyes-raids aux SSV (side by side vehicle : quadricycle à moteur à mi-chemin entre le buggy et le quad). Tous les organisateurs les acceptent et sur le marché Xtreme Plus est bien placé car les RZR sont performants et fiables. Le seul défaut de ces engins est leur manque de vitesse de pointe. Mais on ne court pas pour le scratch. C'est comme si on comparait une WRC et une groupe N en rallye traditionnel.


Justement, pour revenir sur terre ou plutôt sur asphalte, on va te voir au Rallye des Vins de champagne ? Et avec quelle auto ?

  Il y a des chances oui. Et si c'est le cas, ce sera avec la Mitsubishi. Ce rallye n'est pas fait pour la Porsche qui, de toute manière, n'est pas prête. Je n'ai donc rien de prévu avec pour l'instant.


Propos recueillis
par Bruno Navarre