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Un air d'Alpine sur Le Mans Imprimer Envoyer
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Mardi, 16 Avril 2013 14:20

Six mois après l'annonce de la relance de la célèbre marque sportive, Alpine retrouve les circuits européens avec, entre autres, celui des 24 Heures du Mans. Une prouesse qui doit tout à la passion d'un homme et au savoir-faire de Nissan.

Alpine-Atelier-RenaultLa nouvelle Alpine préparée par l'écurie Signatech-Nissan et ses pilotes lors de leur présentation officielle à l’Atelier Renault.

 

Coup d'essai, coup de maître le 27 mars sur le circuit Paul Ricard au Castellet, dans le midi de la France. Un engin inattendu, drapé de bleu et d'orange, portant le n°36, s'est adjugé le meilleur temps (1 mn 47 s, 652) des essais officiels des European Le Mans Series. Au volant, Nelson Panciatici, l'un des trois pilotes de cette voiture, qui a mené 160 des 252 tours composant les 1 459 km de ces essais. Premier acte d'une aventure qui, à peine démarrée, nous promet déjà quelques belles pages de l'histoire de l'automobile sportive, Alpine oblige. Dans cette équipe naissante, tout le monde a en tête, vue, lue ou entendue, la victoire de l'Alpine- Renault A 442B au Mans en juin 1978. Après plusieurs belles médailles récoltées au gré des classements intermédiaires, Jean-Pierre Jaussaud et Didier Pironi ont enfin décroché la première place absolue. Ça valait bien une descente des Champs Elysées ! L'A442B vient d'y retourner pour un bref séjour à l'Atelier, l'antre new look, multiforme et branché de Renault à Paris.

 

Alpine-silverstoneLa voiture s’est classée 4e lors de l’ouverture de la saison d’ELMS à Silverstone mais ce résultat ne veut rien dire car la course a été totalement bouleversée par les conditions météo.


La filière Renault

En 2013, personne ne songe évidemment à la victoire face à une adversité redoutable, la horde des LMP1 notamment, Audi en tête. Alpine ne s'y prépare pas moins avec un grand soin, en témoigne ce premier chrono. C'est que, bien avant l'annonce officielle du renouveau de la marque Alpine, le 5 novembre 2012, Bernard Ollivier, PDG des Automobiles Alpine-Caterham, Philippe Sinault, manager du team Signatech-Alpine, et quelques autres, ont posé les jalons de cette reconquête. Un joli programme sportif destiné à faire patienter les plus mordus et à susciter des vocations chez d'autres amateurs. La première Alpine du XXIe siècle, ne sera en effet pas commercialisée avant 2016.

En annonçant le 8 mars dernier l'engagement d'Alpine aux 24 Heures du Mans, et aux épreuves de l'European Le Mans Series, l’équipe Signatech-Alpine avait déjà lancé sur la piste son prototype qui portera le n°36 tout au long de la saison 2013. Juste de quoi marquer les 35 ans la séparant de la victoire de 1978.  Et sans attendre, aux premiers pilotes retenus, Nelson Panciatici (24 ans) et Pierre Ragues (29 ans), venait déjà s'adjoindre Tristan Gommendy (34 ans), trois lascars bien décidés, tous issus de la filière monoplace Renault. Un pilote junior, Paul-Loup Chatin complète l'équipe.

Un moteur Nissan

Pour réussir le pari du retour d'Alpine en compétition, il y fallait quelques ingrédients majeurs sous le signe des alliances. Carlos Tavares, directeur général de Renault, grand initiateur de ce retour, y veille avec le soin jaloux d'un amoureux. Pour l'Alpine qui prendra la route en 2016, c'est avec le britannique Catheram que le Losange a scellé un accord. Pour le bolide d'endurance, il a fait appel à Signatech qui, sur la base du châssis Oreca, s'est assuré la collaboration précieuse de Michelin, pour les pneumatiques et, autres industriels français de renom, Total pour le carburant et les lubrifiants. Le choix du moteur n'a pas été trop long ; il suffisait de puiser dans la banque d'organes de l'Alliance Nissan-Renault. Le V8 Nissan VK45 s'imposait. En 2012, Nissan équipait déjà 13 des 20 équipes engagées au Mans en LMP2 !

 

Alpine-LeMans-1969Aux 24 Heures du Mans 1969, l'écurie officielle Alpine confiait l’une de ses A220 à Jean-Claude Andruet et Henri Grandsire. La voiture hélas renonçait au bout de 48 tours.


500 chevaux en piste

La version 2013, réactualisée par Nismo, la division sport de Nissan, a été retenue par 10 des 13 LMP2 du Mans. L'entreprise fournit en outre des moteurs à ADR-Delta, Boutsen Ginion Racing, Gulf Racing Middle East, Jota, Murphy Prototypes, Oak Racing, Pecom Racing et Thiriet by TDS Racing. La boîte séquentielle à 6 rapports sort des ateliers du britannique Xtrac alors que les freins, carbone évidemment, sont estampillés Brembo. Ce bel attelage, apparemment bien né, n'a donc pas eu beaucoup de temps pour se mettre en ordre de bataille et d'autant plus que le premier rendez-vous de Silverstone est inscrit au calendrier d'avril.

Le moteur en aluminium développant 500 chevaux est prêt à entrer en piste. Un bloc étonnant qui rugit depuis quelques années déjà, développé à l'origine pour les GT 500 de Nissan engagées dans  le championnat japonais. Le V8 et ses variantes équipent ainsi des Skyline, des GT-R mais aussi des Patrol et des Infiniti (Q45). Sa dernière évolution porte le matricule VK56DE, sa cylindrée ayant été portée à 5,6 litres et pousse sans peine jusqu'à 600 chevaux.

Autant de signes positifs pour un retour sur un plateau sportif qu'Alpine a souvent fréquenté. On connaît les petites berlinettes, agiles et nerveuses, sur les routes des rallyes. On se souvient aujourd'hui des voitures taillées pour l'endurance et l'indice énergétique. A onze reprises, entre 1963 et 1978, Alpine a inscrit 55 voitures d'usine à la feuille de présence des 24 Heures du Mans. Une présence active jusqu'à la victoire totale en 1978. L'engagement d’Alpine en 2013 marque de la plus belle des façons son retour en piste.

Bernard Méaux  

 

La n°36 en bref

Moteur : V8, 4 494 cm3
Puissance : 367 kW (500 ch)
Couple : 570 Nm
Vitesse maxi : 330 km/h
Dimensions : L: 4,61 m; l: 1,99 m
Poids : 900 kg

 

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