Bertrand Pierrat, de départs en retours Imprimer
SPORTS - L'ACTUALITE
Mardi, 22 Septembre 2009 21:47
Pierrat Rallye Vosgien vue 1Bertrand Pierrat vient de remporter le Rallye National Vosgien. Retour sur la carrière à rebondissements d’un pilote qui fêtera l’an prochain ses 35 ans de compétition.
Il fut un temps où Bertrand Pierrat, sur un Buggy à moteur Volkswagen, affrontait Alain Vauthier qui courait en Dauphine. Bien des années plus tard, les deux hommes se sont retrouvés au Rallye National Vosgien et Bertrand Pierrat l’a emporté avec sa Toyota Corolla WRC. Alain Vauthier a fini quant à lui deuxième sur une 206.
Le pilote vosgien, qui se destine à l’origine au ski, s’essaie au sport auto en 1975. Pour ses 20 ans, il acquiert une Ford Capri RS dans une casse et s’engage au Rallye des Vallées : « Je l’ai remontée avec les moyens du bord. Mon sponsor était une marque de fixation de skis ».
Il termine deuxième de l’épreuve et le virus est contracté. Pendant quelques années, il court soutenu par quelques sponsors et s’essaie même aux sélections du Volant Elf dont il dispute la finale.
En 1979, c’est le drame au Rallye de la Plaine,: « A la réception d’une bosse, sans que je sois sorti de la route, ma voiture s’est enflammée et je n’ai pas pu en sortir ». Souffrant de nombreuses brûlures, il passe trois mois dans un hôpital pour grands brûlés : « Pour des raisons à la fois familiales et professionnelles, j’ai décidé de tout arrêter. Je suis resté intime avec tous mes copains pilotes mais je n’ai plus remis les pieds sur une épreuve et durant plusieurs années je n’ai jamais acheté un magazine spécialisé. Les seuls  moments où je retrouvais ce milieu étaient les championnats de ski des pilotes auto moto ».

Une interruption de 6 ans

Mais ses amis le harcèlent régulièrement pour qu’il fasse son retour à la compétition. Désormais bien installé dans son métier d’expert, il choisit en 1985 de disputer des épreuves « haut de gamme ». C’est d’abord le Rallye de Madère au volant d’une Fiat Ritmo Abarth. Il abandonne dans la dernière spéciale.
Puis c’est le Rallye de San Remo en Championnat du Monde. Il est en tête du groupe N jusqu’à la dernière spéciale : « Je n’avais pas reconnu cette spéciale. Juste dernière moi, il y avait un Italien qui la connaissait par coeur. Je n’ai pas voulu prendre de risques. J’ai fini deuxième de groupe de ce rallye où je terminais entre la treizième et la seizième place scratch danse chaque secteur. C’était la grande époque de Walter Rohrl ».
 « J’ai décidé de penser un peu à moi. Je suis revenu progressivement par les épreuves historiques avec la mythique BMW de Jan-Hug Hazard en Championnat de France de la Montagne. Je gagnais presque tout mais la discipline ne me convenait pas ».

Pierrat Rallye Vosgien vue 2
Le grand retour, le vrai

En fait c’est le rallye, et particulièrement le groupe A, qui intéresse le pilote. En 2004, Il achète une Ford Escort Cosworth avec laquelle il réalise des temps exceptionnels. Seul problème, l’auto est fragile et les pépins s’accumulent.
Fin 2005, aidé par ses sponsors il acquiert une Toyota Corolla WRC (ex Sainz) en Belgique. Il crée aussi sa propre structure avec son staff d’assistance. Il court néanmoins en fonction de ses disponibilités. Sa région de prédilection est le Vercors où il remporte une dizaine de victoires.
En 2008, au volant d’une Subaru groupe N, Bertrand Pierrat décide de s’engager au Rallye de Suède qu’il termine : « Si je ne devais faire qu’une course par an, ce serait en Championnat du Monde ».
Toujours sur Subaru, il participe au Monte Carlo 2009, qui cette année compte pour le championnat IRC : « Le rallye retrouvait à la fois les spéciales de l’Ardèche et du Vercors et les conditions météo qui ont fait sa réputation. Nous avons connu plein d’ennuis. Pourtant nos temps nous permettaient de nous classer dans les dix premiers et nous avons rejoint l’arrivée ».
Jusqu’à maintenant c’est Isabelle Galmiche qui partageait le baquet de droite de l’auto. Mais Isabelle navigue aussi son frère. Pour le Rallye Vosgien, Bertrand a donc couru avec Aurélia Chevalier avec qui il a signé une victoire qui a pourtant bien failli lui échapper au dernier moment : « Pendant les deux dernières spéciales, je n’avais plus de levier de vitesses. Je n’aurais pas pu disputer une spéciale supplémentaire ».
Sa saison n’est pas finie pour autant puisqu’il disputera encore le Rallye de la Noix de Grenoble dans le Vercors et probablement le Rallye de La Rochelle, chez Aurélia.
Certitude, malgré une auto qu’il estime dépassée au niveau des performances moteur, mais agréable à piloter, Bertrand Pierrat, 55 ans, a encore de sérieuses ambitions.

Bruno Navarre