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Jean-Louis Kayser, le Losange en tête Imprimer Envoyer
SOCIETE - DECIDEURS
Lundi, 26 Avril 2010 14:11
Il est tombé dedans quand il était petit. Aujourd'hui, à 59 ans, Jean-Louis Kayser y baigne toujours avec bonheur et Renault ne quitte pas son quotidien, avec Dacia, en prime, pour faire bonne mesure. Un petit empire automobile taillé à force de travail et d'expérience, entre grès des Vosges et rives de Moselle.
« On observe un rétablissement du marché. Les marges sont en train de se reconstituer ». En ce mois d'avril 2010, Jean-Louis Kayser, en bon Vosgien pragmatique, garde le ton qui s'impose lorsque rien n'est joué d'avance. Mais les bons chiffres s'alignent sur ses tableaux de bord. Les récentes journées portes ouvertes sous le signe de Renault, et peut être plus encore avec Dacia, Duster oblige, ont donné du grain à moudre à ses équipes.

En ce jour un peu gris, il avait posé son coupé Laguna à Pont-à-Mousson pour faciliter le rendez-vous. Sans tarder, Jean-Louis Kayser reprendra la route de Lunéville, sa base sous le signe de SODIAL. Comme il sera demain à Saint-Dié-des-Vosges ou à Dombasle. Ici, il serre la main d'un client fier de croiser le patron. Là, il encourage le commercial sur un bon coup. Jean-Louis Kayser a pourtant pris un peu de champ. Prendre le recul nécessaire à une vision plus large des affaires, du marché, des opportunités. Il a donc nommé Didier Maillard à la direction générale du groupe. Pour coiffer le groupe Kayser et ses 200 salariés, il a créé une holding (Société Financière Automobile) forte d'une vingtaine de personnes où chacun, transversalement, veille sur quelques grands domaines communs à toutes les affaires: informatique, marketing, qualité, VO, etc. Un couronnement ? Non, une nouvelle étape, car pour Jean-Louis Kayser « une affaire commerciale ça s'achète et ça se revend. Vous y laissez forcément votre empreinte mais il faut aussi savoir tourner une page. » Une règle pour une vie professionnelle ouverte il y a près de 40 ans.

Au départ, Lunéville

« A l'origine, mon père était agent Renault, près de Mirecourt. J'ai pensé qu'il fallait que ça continue. » Baigné dans l'ambiance familiale et après des études commerciales, il débarque en 1971 comme vendeur à Épinal. Chez Renault, naturellement. Une succursale qu'il retrouvera en 1990 pour la suite de l'aventure. Mais d'abord, Jean-Louis Kayser apprend le métier sur le terrain, puis à la direction régionale à Nancy avec l'idée en tête de la direction d'une concession. Lunéville s'offre à lui en 1978. Bonne pioche avec 600 véhicules neufs par an. A l'époque, déjà, les affaires sont dures et Renault vit des heures difficiles. Baccarat n'en tombe pas moins dans son giron. Puis il acquiert une franchise sur le véhicule de location, Europcar, une filiale de Renault, cette fameuse Régie qui commence à détricoter son capital d'état. Là encore, Jean-Louis Kayser est aux avant-postes. Dix-huit mois de négociations ne seront pas de trop pour sortir Épinal du périmètre nationalisé. Le 1er janvier 1990, l'affaire quitte le secteur de la métallurgie pour rejoindre le régime syndical du commerce automobile. Des locaux neufs sortent de terre dans la foulée, à deux pas de la voie de contournement, pour tourner définitivement la page. La vallée de la Meurthe reste cependant sa vraie terre de conquête et d'action. Il revend Épinal en 1994, mais conforte ses positions sur Raon-l'Étape et Baccarat avant d'investir à Saint-Dié en 1999.

Bleu sur fond blanc

Dans la foulée, il sent que le véhicule d'occasion a besoin d'un nouveau souffle. Reprenant des locaux Renault débadgés à Dombasle, toujours la Meurthe, il crée « est automobiles », une affaire indépendante et exclusive de VO. Une belle affaire de 1 500 VO/an vers laquelle converge une part des occasions du groupe Kayser.  Une étape aussi sur la route de Nancy où la famille Arduini cède Nissan, le nouvel allié de Renault. Kayser délocalise vers la périphérie. Il en profite pour planter le nouvel étendard japonais à Saint-Dié, à Lunéville puis, en 2003, lui redonner du souffle à Metz et à Thionville. Kayser s'inscrit ainsi dans le top ten des vendeurs Nissan. En 2009 cependant, découragé par la politique de vente et le choix des modèles, fidèle à sa politique, il revend. Du même coup, inclus dans un contrat local, il cède Suzuki (350 VN) et Chevrolet (150). C'est qu'entretemps, il avait élargi le périmètre du Losange, prenant position à la concession de Pont-à-Mousson, argent sur fond jaune. C'est que Dacia avait aussi montré le bout de sa calandre low cost. Les bâtiments Nissan de Saint-Dié et Lunéville feront ainsi désormais l'affaire en bleu sur fond blanc.

Membre actif du CNPA

La belle aventure commerciale ne saurait s'arrêter en si bon chemin. Jean-Louis Kayser observe, écoute, analyse. Il aurait même quelques pistes intéressantes, « des propositions sur des marques nationales » précise t-il. Pas question cependant de tenter des aventures qui ne s'inscriraient pas dans une logique de synergies. Alors pourquoi pas un retour  à Épinal ? Une incursion en Alsace ? Jean-Louis Kayser n'en dit rien, mais on sent que, le Losange toujours en tête, il fonde aussi de gros espoirs sur Dacia. « J'ai pu enregistrer 50% de ventes en plus dans des locaux indépendants » note-t-il incidemment.

Jean-Louis Kayser n'en oublie ses nombreux engagements au service des hommes et des organisations de l'automobile. Durant dix ans, il a ainsi assumé la présidence du CNPA (conseil National des Professions de l'Automobile) en Meurthe-et-Moselle. Il en est toujours vice-président, comme il l'est au CNPA de Lorraine. Membre du directoire national du CNPA, il représente aussi le secteur automobile au sein de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Meurthe-et-Moselle.

Dans ce contexte généreux, la famille ne manque pas de jouer son rôle. Père de trois enfants, Jean-Louis Kayser a ainsi déjà confié les rênes du véhicule de location à son fils Grégory. Il y a peu, sa fille Lætitia s'était essayée, à Metz, à la direction de la concession Nissan. Aujourd'hui, à Paris, elle peaufine son parcours initiatique. Chez Renault, évidemment. Le nom de Kayser restera ainsi sans doute attaché encore longtemps au commerce automobile en Lorraine.

Bastien Georges

« Le respect des synergies »


Le groupe Kayser a ses bases en Lorraine du sud. Une extension vous semble-t-elle indispensable ?

-    Il y a toujours des opportunités ici et là. Avec Renault bien sûr, mais j'ai aussi d'autres propositions sur des marques nationales. Je regarde les choses et les affaires dans le respect des synergies. Ensuite nous verrons.

Vous semblez avoir bien assimilé la marque Dacia. Y a t-il eu cependant des problèmes ?

-    Il n'y a pratiquement pas eu de problème d'intégration dans la mesure où ce sont les mêmes techniques, les mêmes canaux de commercialisation que Renault. Nous avons créé des « dacia box » et même des locaux indépendants comme à Saint-Dié ou un bâtiment neuf comme à Lunéville en 2009. Nous pouvons ainsi vendre 600 véhicules par an avec un beau potentiel de développement, jusqu'à 50% de plus quand nous offrons des locaux séparés. Nous touchons ainsi une nouvelle clientèle. Et environ 75% de cette clientèle vient de concurrents de Renault. Il fallait donc le faire.

Les comptes ne sont pas bons, dit-on à propos de l'automobile. Y-a-t'il encore des affaires rentables ?

-    C'est vrai, nous avons observé une baisse du chiffre d'affaires l'an dernier malgré un marché en hausse. La clientèle descend de plus en plus en gamme, mais depuis quelques mois les marges se reconstituent. On observe par exemple une amélioration des ventes de Mégane et de Laguna alors que l'an dernier Twingo et Modus représentaient 35% de nos ventes.

Quelles sont les recettes pour tenir ?

-    Il faut assurer nos fondamentaux. Nous possédons nos bâtiments, nous avons un personnel de qualité et il faut investir au bon moment. Dans la formation, bien sûr, c'est important. Dans le matériel et les locaux aussi, ce que nous faisons régulièrement.

La voiture électrique est un axe majeur chez Renault. Etes-vous prêt ?

-    Pour l'instant, c'est un peu difficile d'appréhender le marché. On ne connait pas encore bien les produits, leur autonomie, la capacité des batteries, mais nous savons déjà qu'il y a des clientèles probables, des gens qui ont le profil. Le véhicule électrique, c'est ni irréaliste, ni insurmontable. Tout comme pour les véhicules hybrides. Je reste serein face à cet avenir.

Et confiant sur l'année 2010 ?

-    Le premier semestre devrait être plutôt bon. A la faveur des récentes portes ouvertes, les prises de commande ont grimpé de 5%. Sur le véhicule industriel et le marché des sociétés, ça commence à redémarrer et nous avons de nouveaux produits comme le Master. Et avec Dacia qui continue de bien fonctionner, là encore je suis serein.  
    
Propos recueillis par Bastien Georges

Le groupe Kayser


Marques : Renault, Dacia, Europcar, est automobiles
Implantations : Pont-à-Mousson, Lunéville,  Raon l'Étape, Saint-Dié-des-Vosges, Dombasle-sur-Meurthe.
Salariés : 200
Véhicules neufs : 2 200
Véhicules d'occasion : 1 500
Location : 400 véhicules, 12 sites
Chiffre d'affaires : 70 millions d'euros
 

Commentaires 

 
#4 dacia casablanca 2015-05-17 06:22 bravo pour cette biographie. Renault est une grande firme qui mérite ces compétences. Citer
 
 
#3 barbier 2013-08-19 10:20 Bonjour Jean Louis.
vous rappelez vous de moi,je vous ai acheté une R 15 en 1977 0 Epinal.

Bravo pour votre réussite professionnelle .

Claude Barbier
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#2 FRADET Daniele et Be 2011-10-12 10:33 En 1972, nous étions en vacances à Canet Plage. A l'époque notre fille avait 2 ans…Nous avions sympathisé avec J L Kaiser et sa femme. Ils avaient une petite fille très blonde de l'âge de notre fille Agnès…Nous avons toujours gardé la carte de visite "JL Kaiser renault Epinal 58 rue d'Alsace"Peut-être êtes vous cette personne ? D FRADET Citer
 
 
#1 GOURDON Marie-Hélène 2010-08-12 12:56 Bonjour, mon cousin!!!

Eh bien dis donc, tu es une véritable star!
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