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Jean-Paul Bailly sous le signe du Lion Imprimer Envoyer
SOCIETE - DECIDEURS
Jeudi, 28 Janvier 2010 10:41
En Lorraine Nord, penser Peugeot, c'est traduire Bailly, un groupe familial, ancré à Metz depuis 1936. A la barre, Jean-Paul Bailly, « depuis 47 ans dans la boutique » dit-il. Avec Patrick, Stéphane et tous ceux qu'il entraîne aussi vers d'autres marques, d'autres terres.
 Un rendez-vous aux aurores... hivernales. On insiste un peu et derrière le sourire que l'on devine au téléphone, se profile l'agenda déjà modifié, nécessairement adapté. Toujours entre deux rendez-vous, deux idées. Entre le logement social et l'avenir de l'Europe. Entre son directeur général et le conseil économique et social. Entre conviction, passion et filiation. Le cap des 70 ans atteint, l'homme ne ralentit pas. « Quel bonheur pour moi de participer à la pérennité de cette affaire ! » lance t-il en guise d'excuse à ce débordement d'énergie. Il avoue, entre deux questions, que si son fils Stéphane (36 ans) n'avait pas pris goût à l'automobile, sans doute aurait-il négocié ces récents virages autrement.

Ainsi va Jean-Paul Bailly, ténor et pilier de l'automobile en Lorraine, personnage incontournable du paysage économique de ces quarante dernières années. Une institution qui aujourd'hui jette de nouvelles bases en Alsace, terre de conquêtes sous le signe du Double Chevron. Étonnante évolution pour celui qui ne prêchait naguère que par et pour le Lion de Sochaux.

Pour Jean-Paul Bailly, Peugeot reste cependant LA référence. Lorsqu'il rejoint son bureau de Mondelange, depuis de nombreux mois, c'est au volant de son coupé 407. Pourtant, à chaque jour de la semaine, il pourrait accrocher une autre marque à son porte-clés. Et en changer encore pour le dimanche. Sept logos au compteur, 29 sites de vente et de réparations automobile au bilan, sans compter la location et les pièces de rechange, 800 salariés, 13 000 véhicules neufs, dont 7 000 Peugeot en 2009, 6 000 occasions, pour un beau chiffre d'affaires global d'environ 330 millions d'euros. Un empire.

« Bien dans sa tête »

Prenant le relais de son oncle à la tête du garage Jacquot Peugeot de Metz, fraîchement diplômé de l'école de commerce de Nancy (ICN), Jean-Paul Bailly a rapidement élargi ses horizons, développant ou créant des structures professionnelles et amicales. Des essais de nouveaux modèles sur tous les terrains du monde aux échanges feutrés du club Charlemagne à Metz, il ne perd jamais l'occasion de dire son mot en direct. De Jacques Calvet et Jean-Martin Folz, patrons de PSA hier, à Michel Barnier, nouveau commissaire européen, il y a quelques jours.

Rien de ce qui se passe dans le monde de l'automobile n'échappe à Jean-Paul Bailly. A Paris, le président du conseil de surveillance du groupe Bailly se reconnaît tant au Groupement des concessionnaires Peugeot (GCAP) qu'au conseil des professions de l'automobile (CNPA) que préside aujourd'hui son frère Patrick. A Bruxelles, le Conseil européen du commerce et de la réparation automobile (CECRA) n'a plus de secret pour lui. A Metz, au Conseil économique et social de Lorraine (CES), il s'impose encore en référence. Sous une autre casquette, le 1% logement, il participe activement au rapprochement des trois organismes de Lorraine (CILEST), Alsace (DOMIAL) et Champagne-Ardenne (PLURIAL). Toujours ce souci de rationaliser, de viser juste, en chasseur averti. Mais l'auto reste sa passion.

« Je refuse de m'occuper du détail... »
dit Jean-Paul Bailly de ses affaires à Metz, Pont-à-Mousson ou, depuis peu, Colmar; mais chaque matin, « bien dans sa peau et dans sa tête », il épluche toujours les bilans. Les deux pieds sur le terrain pour mieux apprécier les mouvements du monde. C'est dire s'il estime à sa juste valeur le marché en 2009. « Bon, grâce aux aides ». Mais un marché qui lamine les chiffres d'affaires avec « un glissement des consommateurs vers les modèles plus petits. Et ça n'est pas terminé ». Autant de bonnes raisons pour le rencontrer sur les petits et grands dossiers du moment.

Bastien Georges

Estautomag : Après une année 2009 avec des volumes en hausse de 10,7% comment se présente 2010 ?

Jean-Paul Bailly : « L'année sera difficile. Les aides vont évidemment peser mais j'observe surtout que les résultats 2009, grâce aux aides, ont été obtenus avec les acheteurs particuliers. Dans le même temps, il faut savoir que les flottes ont chuté de 25 % ! Demain les professionnels auront aussi besoin de renouveler leurs parcs automobiles, mais on sait que les PME-PMI ont souffert. Alors que feront leurs banquiers ? »

Dans ces conditions, l'automobile est-elle encore rentable ?

« Oui, mais il faut faire attention. Pour l'année écoulée, le réseau Peugeot, globalement, peut miser sur 1% de rentabilité. Dans tous les cas, avec la crise que nous vivons, pour ceux qui dégageront 1%, ce sera bien. »   

Les voitures électriques arrivent ? Les réseaux sont-ils prêts ?

«  Nous aurons des Peugeot, la iOn, et des Citroën, la C-Zero, avant la fin de l'année, comme nous avions eu des véhicules électriques il y a 15-20 ans. Ce n'est pas un problème de réseaux. Dans nos ateliers, il n'y a pas grand-chose à changer. Mais si l'électrique fait 5% du marché en 2020, ce sera bien. En attendant, je vois qu'on n'arrête pas les progrès sur le moteur conventionnel. Regardez ce que va faire PSA, à Trémery, chez nous, en Lorraine. Un petit 3 cylindres qui consommera trois fois rien. »

Et les hybrides ?

« Tout le monde y travaille mais en ajoutant un moteur électrique et beaucoup de technique, on rajoute du coût. Je n'oublie pas que lorsque je faisais mes études, on nous disait que le pétrole en avait pour 50 ans. Alors, je pense que le moteur à pétrole a encore de belles années devant lui.  Rendez-vous dans 50 ans...»

La taxe carbone ?

« Il y en aura une un jour, mais ça ne m'empêche pas de dormir. »

L'avenir de la distribution passe par l'Europe. Où en sont les discussions communautaires ?

« Ça devrait aboutir cette année, en juin. Au CECRA, nous nous battons pour la reconduction du statut actuel qui date de 2002. Nous ne l'aurons plus dans son intégralité car les choses évoluent. Nous devrions garder un règlement spécifique car une automobile n'est pas un paquet de lessive. Même dans un cadre très libéral, il est important d'avoir un arbitre sur le terrain. Aussi, nous demandons que les rapports producteurs-consommateurs-distributeurs-réparateurs aient un règlement qui gère les équilibres. Là, tous les professionnels sont d'accord. Sinon, qui investira s’il n'y a pas un minimum de sécurité ? »

Le paysage de la distribution ne devrait donc pas changer...

« Il évoluera forcément comme il a évolué ces dernières années au fur et à mesure de l'arrivée de nouvelles marques. Partout en Europe, les constructeurs ont perdu du terrain, en volume, sur leur marché domestique, mais ils se sont développés ailleurs. Nous, distributeurs, faisons de même. »

Est-ce à dire que le groupe Bailly va encore se développer ?

« Il faut observer, regarder autour de soi. Nous sommes prêts à saisir des opportunités dans les périmètres actuels sur la Lorraine et l'Alsace. Partout, il y a des affaires à vendre mais pour réussir, il faut optimiser comme nous l'avons fait jusqu'à présent, rester concentré, ne pas se disperser. Sans oublier que ce qui compte le plus, c'est la gestion du personnel et sa formation. »

Et si c'était à refaire ?

« Je recommencerais. Je continue, avec mon frère, pour mettre la succession en place, toujours avec le même bonheur dans l'automobile. J'ai gardé la même foi dans ce que je fais avec une fidélité certaine à la région où je vis. »

GROUPE BAILLY
  • Président du conseil de surveillance : Jean-Paul Bailly
  • Président du directoire : Patrick Bailly
  • Directeur général : Stéphane Bailly
  • Salariés : 800
  • Marques : Peugeot (Bailly), Citroën (Oblinger), BMW-Mini (B57), Hyundai, Kia, Suzuki (Car Avenue)
  • Sites de ventes et de réparations : 29
  • Pièces de rechange (PR Bailly à Metz): 20 000 références
  • Location de véhicules : Bailly loc à Metz, Nancy, Strasbourg
 

Commentaires 

 
#1 HOELLINGER 2012-10-29 10:04 Bonjour,

Malgré plusieurs interventions, mon régulateur-limiteur ne fonctione pas correctement et déclanche par intermittence. je ne peut pas avoir confiance en mon régulateur.

Il s'agit d'une 207 HDI de 2007 - 63BVF 57

Faut-il s'adresser au SAV de la direction parisienne pour obtenir un résultat?

Le régul-limitateur vient d'être changé récemment sans résultat !

Le comportement du personnel d'accueil/technique n'est pas en cause, mais pas le résultat technique !

D'avance merci pour la réponse

Cordialement

Bernard HOELLINGER
06 30 86 24 52
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