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Première station bio pour « 38 tonnes » verts Imprimer Envoyer
SOCIETE - ACTUALITE
Vendredi, 08 Juillet 2016 14:26

Des camions qui ratissent l’Europe sans une goutte de gazole dans le réservoir : hallucination ? La séquence tient la route. Circulent ainsi, de jour comme de nuit,  des milliers de colis. Une escale futuriste assure même le plein d’énergies propres.


Air-Liquide-station-FlevilleLa première station multi-énergies propres débite, à Fléville-devant-Nancy, du gaz naturel comprimé, du gaz naturel liquéfié, enfin de l’azote liquide.

 

Particules fines, dioxyde d’azote (NOx), pollution sonore, CO2 : autant de nuages qui plombent l’horizon du transport de marchandises, tiré à pas loin de 100% par le moteur diesel. Promue énergie privilégiée de remplacement, l’électricité fait une percée dans l’automobile, lente mais prometteuse. S’en accommode aussi, à petits pas, le van voué au cabotage en agglomération.  

   Le poids lourd au long cours résiste. Les masses qu’il déplace, les kilométrages qu’il abat disqualifient l’électricité pour sa propulsion. Il y faudrait d’envahissantes et écrasantes batteries.


Air-Liquide-Fleville-postesDe gauche droite, les postes distribuent du gaz naturel comprimé, du gaz naturel liquéfié, de l’azote liquide.

 

Avec remorque figorifique

   Dans la Zoe première génération de Renault, l’énergie électrique leste la voiture de 290 kg pour 150 km d’autonomie. Tesla promet 450 km sans arrêt à la borne de recharge, oui, mais avec 400 kg de batteries. Vertigineuses les péréquations appliquées au camion de 19 tonnes, appelé « porteur ». Ne pas y penser pour les ensembles articulés de 38 et 44 tonnes.

   L’horizon, pourtant ne se présente pas opaque. Une autre énergie verte fait ses  preuves dans le transport routier de marchandises. Le gaz, extrait notamment de la biomasse.

   A la sortie Est de Nancy, la flotte de Transalliance compte 14 véhicules (8 porteurs et 6 tracteurs) affranchis du gazole. Une goutte d’eau. L’entreprise forte de 3 500 collaborateurs dont 2 300 conducteurs se réclame de « 5 200 cartes grises ». Elle opère à travers l’Europe mais également en Russie, en Turquie, au Maroc.

   Sa naissante diversification énergétique se veut démonstrative. A chacun des 6 tracteurs sa remorque frigorifique verte également. A l’arrêt comme sur la route, le maintien de la marchandise à basse température n’implique aucun moteur. Aucun carburant, nulle émission de gaz à effet de serre, pas de bruit.


Air-Liquide-Fleville-pleinLe plein de gaz naturel liquéfié : plus méticuleux et un peu plus long que le plein de gazole.

 

Première mondiale à Fléville-devant-Nancy

   A Fléville-devant-Nancy où Transalliance a sa base, personne ne doute de l’avenir du camion bio. Le parc mis en service ce mois de mars passera de 14 à 28 véhicules d’ici à la fin de l’année. Autrement révélateur de la confiance dans le transport déconnecté du pétrole : depuis le 21 juin, les porteurs et tracteurs échappés du tout-diesel font le plein sur place.

   Transalliance dispose d’une station unique au monde. La réalisation sans précédent résulte d’un partenariat avec le spécialiste planétaire des gaz liquéfiés pour l’industrie, la santé, l’environnement : Air Liquide. Créée en France en 1902, cette société prit un irrésistible essor loin de ses bases.

   Aujourd’hui, Air Liquide s‘active dans plus de 80 pays. Sa présence au Japon, au Canada, à Hong Kong remonte à plus de 100 ans. Portent sa marque, 40 stations d’hydrogène gazeux à travers le monde, 50 stations de gaz en Suède, 10 dans l’Hexagone.


Air-Liquide-Fleville-azote-liquideA ce poste se branchent les tracteurs avec remorque frigorifique pour le plein d’azote liquide. Les conducteurs nettoient systématiquement le « pistolet » des glaçons laissés par le flux à -196°.

 

Carburant débité au kilo

   Blancs, mais d’un blanc chirurgical, immaculé, aveuglant, les cinq postes installés par Air Liquide chez Transalliance à Fléville-devant-Nancy approvisionnent les camions futuristes en énergies propres. Gaz naturel comprimé à 300 bars (GNC), gaz naturel liquéfié (GNL) bio ou non, azote liquide à –196° (N2).

   Débités non en litres mais en kilos, le GNC convient au transport régional, le GNL au long courrier. Recueille l’azote liquide dédié à la réfrigération de la remorque, un réservoir spécial ajouté sur le côté du tracteur : cylindrique, chromé, à double paroi. « Qui veut poser la main dessus ? » lança le démonstrateur  le jour de l’inauguration de la station multi-énergies propres.

   Même pas froid. Hyper isolé, le cylindre qui renferme l’azote à -196°.


Air-Liquide-Fleville-tracteurLe tracteur Iveco NP 400 : dans ses profondeurs, le plus puissant moteur à gaz du monde pour le transport routier. 400 ch, 1700 Nm

 

1 600 km d’autonomie, -85% de particules fines

   Le plein terminé, le camion alimenté au gaz naturel rivalise avec le diesel norme Euro V. Punch comparable (400 ch, 1700 Nm), égale autonomie (1600 km). Ses 44 tonnes, il les tracte à un coût environnemental laminé : - 70% de NOx, le polluant majeur de l’atmosphère  terrestre ; -85% de particules fines ; -85% de CO2 ; -50% d’émission sonore.

    L’Iveco NP 400 consommateur de GNL, Transalliance l’a payé 30% plus cher que l’originel à moteur diesel. Une rallonge qui se résorbera au fil des kilomètres. La France se signale par une biomasse disponible record.

   L’azote, coupable de zéro pollution, ne risque pas de manquer. Présent à 80% dans l’air que chacun respire, ce gaz fait partie des ressources providentielles. Gratuites et intarissables.

 

Dominique Faivre-Duboz

    
   
        
    


 

 

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