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Jeudi, 17 Décembre 2009 13:41 |
Reporter-photographe de sport auto depuis 20 ans, Marc Henry est une figure dans l’Est de la France. Depuis 2005, il goûte aussi aux joies du rallye historique mais « de l’intérieur ».
Après des années passées à photographier des voitures depuis le bord de la route, Marc Henry, a eu envie de s'impliquer directement. Il participe d'abord à des rallyes et à des courses de côte pendant quelques années, puis, en 2005, il se tourne vers les véhicules historiques. Depuis, avec Isabelle Esprit, sa coéquipière, il participe à des rallyes de navigation. Et avec bonheur puisque le duo vient de remporter les Boucles d’Automne.
Des années comme photographe au bord des spéciales des rallyes traditionnels, maintenant les véhicules historiques comme participant. Comment passe-t-on des uns aux autres ?
Après 20 ans de présence au bord des spéciales, j’ai eu envie de voir comment ça se passait de l’intérieur. Il y a 10 ans, je me donc suis essayé à la compétition avec une 106 qui m’a permis de participer à des courses de côte et des rallyes, notamment 3 Alsace-Vosges que j’ai terminés. Mais le coût du rallye moderne et la sortie de route d’Isabelle Esprit à la Course de Côte des 3 Lacs nous ont décidés à jeter l’éponge. Je disposais d’un budget avec lequel j’ai acheté une BMW 2002. Les rallyes historiques commençaient à être connus. J’ai donc franchi le pas en 2005.
Tu découvrais un univers différent. Comment as-tu trouvé l’ambiance ?
Excellente. Pour l’anecdote, j’ai découvert dans le règlement de notre premier rallye qu’aucune réclamation n’était acceptée. On n’y retrouve donc pas les problèmes de non-conformité qui peuvent parfois se poser dans les rallyes traditionnels. Les rallyes de navigation, ont un côté festif. On y retrouve d’anciens pilotes, Jean-Paul Bouquet par exemple. L’ambiance y est sereine, même s’il y a le chronomètre au bout.
Le copilote est primordial en rallye de navigation. On peut dire que les rôles sont inversés par rapport aux rallyes traditionnels ?
Le rallye de navigation est une discipline compliquée avec des règles qu’on ne retrouve pas ailleurs. C’est un peu une course d’orientation en auto. J’estime que le copilote fait 90 % du boulot. Il faut d’abord savoir lire une carte dans une voiture, ce qui n’est pas évident. En plus, la moindre faute d’appréciation dans la lecture du road-book peut faire perdre dix places au classement. C’est un exercice difficile et en cas de succès, l’essentiel du mérite revient au navigateur. Dans ce genre d’épreuve, il faut par ailleurs savoir supporter les « scènes de ménage » (rires).
Tu as remporté les Boucles d’Automne cette année. Que t’inspire ce succès ?
Très sincèrement, je n’y allais pas pour gagner. Sachant que la moindre faute peut être catastrophique, que je connaissais la qualité des concurrents et que l’épreuve était pleine de pièges, j’espérais une place dans les dix premiers. Les équipages ont tous commis beaucoup de fautes, y compris nous. Au bout du compte, Isabelle était très fière. Personnellement, j’ai le triomphe modeste. Je relativise notre performance en mesurant les aléas qui peuvent entrer en ligne de compte. Mais je suis tout de même très heureux.
Cette implication dans le milieu des voitures historiques ne t’empêche pas de continuer tes activités de photographe pour la presse spécialisée ?
Je collabore toujours avec « Compte-Tours » et « Le Républicain Lorrain ». J’interviens aussi occasionnellement pour « Rétro-Course » pour les épreuves de côte historiques de la région. Et je suis aussi organisateur. Je suis d’ailleurs en repérage d’épreuve, ce qui n’est pas simple avec l’hiver qui s’installe.
Propos recueillis par Bruno Navarre Photos Alain Brison et et Dominique Zarkrewski |