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Fiat Freemont : Oncle Sam en Italie Imprimer Envoyer
CONSTRUCTEURS - ESSAIS
Jeudi, 07 Juin 2012 13:51
Fiat Freemont vue avantJusqu'où ira Sergio Marchionne dans sa volonté de constituer un grand groupe automobile mondial ? Les premiers fruits de l'union avec Chrysler prennent corps au bénéfice de Fiat d'abord. Étonnant contraste entre la petite 500 et le sculptural Freemont.

En quelques mois, les ingénieurs de Fiat et de Chrysler, aiguillonnés par les financiers en mal de résultats ont été priés de mettre sur le marché, et à bon compte, des véhicules (presque) nouveaux. C'est ainsi que lorsque le Dodge Journey devient Fiat Freemont, il joue du diesel Multijet sur des suspensions affermies et une transmission intégrale. Un bel exemple de transfuge d'ouest en est. C'est que l'Amérique est en train de retrouver son salut dans une reprise avérée alors que l'Europe cherche toujours un second souffle.

Fiat Freemont vue arriereDans le grand mouvement engendré par la prise de contrôle de l'américain Chrysler par Fiat l'italien, on a vu débarquer Oncle Sam en Italie, opération commando pour parer au plus pressé. Tête de pont, le Freemont propulsé l'an dernier dans l'écurie Fiat. Une vieille connaissance dont les retouches apportées par Turin ne peuvent masquer la silhouette massive du Dodge Journey. Un beau gros bébé qui ne craint pas de friser les 5 mètres de long, typique croisement d'un break et d'un SUV qui offre les services d'un monospace. Un vrai profil américain pour des espaces sans fin, des voies et des parkings adaptés. Mais avait-on prévu au siècle dernier l'arrivée massive du genre 4x4 déguisé en SUV dans les ruelles et les arrière-cours de nos grandes cités ? Fiat n'a donc pas hésité très longtemps.

Fabriqué au Mexique

Le Freemont paraît plus que jamais comme l'expression d'une mondialisation intégrale. Toujours fabriqué dans une usine du groupe Chrysler au Mexique, à Toluca, le Freemont-Journey ménage toutes les susceptibilités. Il adopte quelques traits inédits pour mieux coller aux goûts du Vieux Continent. Juste de quoi ne pas décourager les amateurs de produits typé US, juste assez pour susciter l'intérêt d'un public habitué à des concepts souvent plus rigoureux que ceux en usage Outre-Atlantique.

Fiat a donc procédé à de légères retouches sur la face de l'engin pour bien intégrer le logo de la marque. Planche et tableau de bord ont bénéficié d'un traitement plus profond avec l'adoption de revêtements souples qui jouent la carte du sérieux. L'ensemble s'inscrit cependant dans une démarche sérieuse avec des commandes faciles d'accès même si on a du mal à trouver le bon réglage des essuie-glace. Ou la bonne fenêtre des informations qui s'ouvrent et défilent au centre du tableau de bord.

Cette volonté de jouer sur plusieurs tableaux s'exprime dans les motorisations. Fiat a gardé le V6 essence de 276 chevaux mais a réussi à greffer son diesel Multijet, en 140 et 170 chevaux. Mais, notamment pour la version 4x4, la plus intéressante, livrée exclusivement en automatique, il a fallu conserver la boîte américaine à 6 rapports. Pas question de changer l'architecture de la plate-forme, ça coûte trop cher a tranché Marchionne.

Fiat Freemont rehausseur de siegeL'ami des familles

Le couple fonctionne assez bien mais dans un silence et un entrain relatif dès lors qu'on souhaite forcer la cadence ; on est loin de la huitième merveille du monde. C'est un peu dommage alors que l'ensemble progresse sans heurt osant même s'aventurer sur des terrains pentus et malaisés, l'électronique gérant automatiquement le tout. Fiat y a ajouté un joli lot d'équipements pour un prix de conquête. Nous citerons au tableau d'honneur un rehausseur de siège intégré pour les enfants. Naguère imaginée par Volvo puis reprise par Renault, cette très bonne formule ne s'est malheureusement pas développée.

Ce dispositif souligne s'il en était besoin le rôle familial du Freemont avec ses 7 places et son volume arrière transformable. Fiat en profite pour rappeler un dispositif fiscal trop souvent méconnu. Avec trois enfants et plus, vous pouvez en effet bénéficier d'un abattement de 20 grammes sur le malus écologique. Dans ce cas, au minimum, le Multijet 170 entre dans la zone neutre du barème écolo. Encore faut-il faire une demande spécifique auprès de l'administration fiscale. Grâce soit donc rendue à Dodge-Fiat qui vous permet d'ajouter une note de luxe en choisissant la version Lounge et son cuir bon teint... Le Freemont s'avance ainsi en un bel ensemble singulier, déjà diffusé à plus de 30 000 exemplaires en Europe.

Lancia Flavia decapotableLa Flavia se découvre

L'ambition du patron sans cravate de Fiat-Chrysler, « un acteur majeur de l'industrie automobile mondiale », ne peut évidemment s'arrêter au seul Freemont. Déjà la Chrysler 300C a pu bénéficier de la flatteuse et méritée réputation de la Théma. On n'est évidemment plus sur le même registre mais l'idée de berline de haut de gamme est bien là. Pas question en revanche de coller une autre étiquette sur le grand monospace Voyager, une marque à lui tout seul et un produit reconnu en Europe. Il se contente donc de gonfler encore un peu plus le catalogue Lancia. Une très prochaine étape, dévoilée en début d'année, prend les contours du cabriolet Sebring. C'est encore pour Lancia qui, du même coup, ressort de ses tiroirs le nom de Flavia.

Voilà donc, en trois coups de cuiller à pot, Lancia requinquée pour quelques mois en attendant les vraies nouveautés. Nanti d'un premier bilan positif de 4,2 millions de véhicules l'an dernier, Marchionne peut alors tenir son objectif de 6 millions prévu pour 2015, notamment grâce à la croissance retrouvée du marché américain. C'est là que la branche européenne de Fiat-Chrysler, le nouveau groupe né en juin 2009, espère placer quelques billes.

Tout au plus le lancement mitigé de la petite 500 impose plus de rigueur et de pragmatisme. Alfa Romeo devrait ainsi retrouver là-bas une place plus imposante. A un détail près. Tout le monde aura remarqué qu'Alfa n'a rien reçu en partage de l'union. Bien revigorée ces dernières années avec Mito et Giulietta, Alfa Romeo vit sa vie. Certains n'hésitent pas à prédire que cette relative indépendance permettrait une cession. Le groupe Volkswagen a même été pressenti. Côté américain, Dodge et Chrysler n'ont plus droit de cité en Europe occidentale, seule Jeep et ses produits fortement identifiés y poursuivent leur route. C'est dire et souligner que nous n'en sommes qu'au tout début d'une nouvelle aventure.

Bernard Méaux

Le Freemont 4x4 en bref

Moteur : 1 956 cm3
Puissance : 125 kW (170 ch)
Performances : 0 à 100 en 5,6 s
Vitesse maxi : 184 km/h
Consommation moyenne : 7,3 l/100
Émissions de CO2 : 194 g/km
Dimensions : L: 4,88 m; l: 1,87; H: 1,69
Malus écolo : 2 300 €
Prix : à partir de  31 600 €  (26 900 € en 4x2 et 140 ch)
 

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