Pour repérer la nouvelle venue dans sa gamme, il faut l’approcher, tourner autour, s’armer de la perspicacité requise au jeu des 7 erreurs. Sur le hayon, respectivement à gauche et à droite, l’usine a placardé « Jazz » et « Hybrid », mais sans fanfare.
Distinctifs, mais à titre anecdotique, les optiques de cette Jazz. A l’arrière, chez l’Hybrid, les « feux rouges » ont l’éclat du diamant.A l’avant de cette citadine, « la première au monde qui fonctionne à l’essence et à l’électricité », un liseré bleu entoure les phares et, dans la calandre, le chrome vibre d’un flamboiement bleuté.
Non, c’est au poste de conduite que l’exotisme du modèle saute aux yeux. A droite des deux instruments familiers, compte-tours (avec du rouge à 6000) et compteur de vitesse (de 0 à 220), le cadran CHRG ASST affiche les réserves d’énergie : électricité dans la batterie, hydrocarbure dans le réservoir. Fait durer le double stock, la touche rectangulaire verte, marquée ECON, à gauche du volant.
Apprentissage en couleurs de l’éco-conduite
En mode ECON, la Jazz Hybrid se propulse « petit bras ». Puissance limitée, couple écrêté de 4%, gestion « avare » des périphériques.
Exemples : le moteur thermique ne prend pas intégralement en compte toutes les variations d’angle de la pédale d’accélérateur ; la boîte automatique à variation continue (CVT) adopte des lois de passage économiques ; la ventilation de l’habitacle ralentit fréquemment son flux ; la clim’ s’éteint aux feux rouges.
A l’inverse, le cran S dans la grille des vitesses met le feu. Levier descendu de D en S, le régime moteur bondit. Une autre voiture attaque l’asphalte. En S seulement, les palettes sous le volant opèrent. Elles donnent le choix entre 7 rapports de boîte qui s’enclenchent à la volée, par 2 si nécessaire. Voire par 3.
Illustration : à 100 km/h compteur, boîte sur D, le 4-cylindres se prélasse à 2000 tours-minute. Levier basculé sur S, l’aiguille du compte-tours saute à 3000 sans que l’allure change. De quoi voir venir. Entre autres : changer de file sans tarder, déboîter-doubler en sécurité.
Sans déchirement, sans regrets, sans s’en rendre compte en vérité, le pilote de la Honda Jazz Hybrid se convertit à l’éco-conduite. En route, des couleurs l’en pressent. Illuminé en bleu à la mise en marche, le compteur de vitesse passe au vert par consommation d’essence raisonnable. Surconsommation : le cadran principal vire au bleu. Comment ne pas culpabiliser ?
Jusqu’à 1,30 m, les arbustes voyagent debout
Par rapport aux autres Jazz (1.2 et 1.4 i-VTEC), celle-ci enrichit sa machinerie d’un moteur électrique, d’une batterie de 100 volts et d’une centrale de pilotage des énergies. Soit 70 kg ajoutés.
Elégance de la technologie Honda : aucun des organes supplémentaires ne se voit ni n’empiète sur la « vie à bord ». Inchangées la liberté de mouvement à toutes les places, la capacité du coffre, la modularité des « sièges magiques » de la Jazz.
Dans ses moins de 4 m, l’Hybrid accueille des colis qui cotent jusqu’à 2,40 m de longueur, d’autres jusqu’à 1,28 m de hauteur. La commodité et l’élégance technologique ont permis à la Jazz de redevenir la voiture préférée des Japonais. Ils l’appellent Fit. Depuis le mois de mars, la Honda Fit devance la Toyota Prius vissée en tête des ventes dans l’archipel un an et demi durant.
La garantie 3 ans/100.000 km s’étend à 5 ans pour le système hybride.
Pour mémoire, le tarif Jazz court de 14.300 à 21.000 €.
Dominique Faivre-Duboz

Identité Honda Jazz Hybrid : citadine à propulsion thermique-électrique, 5 portes, 5 places, 3,90 m, 1162 kg, coffre 300/848/1320 dm3, Ø de 10,22 m, réservoir 40 litres. Moteur thermique essence 1.3 i-VTEC, 4, 88 ch à 5800 t/m, 121 Nm à 4500 t/m. Moteur électrique 14 ch à 1500 t/m, 78,5 Nm à 1500 t/m. Thermique+électrique = 98 ch, 167 Nm à 1000 t/m. Boîte CVT 7 rapports. Performances 177 km/h, 12’’6 au 0-100 km/h. Consommation mixte 4,5 litres au cent(ville 4,6 litres, route 4,4). CO2 104 g/km. Prix 18.900-21.00 €, bonus écologique (2000 €) à déduire.
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