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Alfa Romeo : Giulia très Veloce Imprimer Envoyer
CONSTRUCTEURS - ESSAIS
Jeudi, 24 Octobre 2019 13:13

La firme de Milan a retrouvé des couleurs au sein du groupe Fiat Chrysler. La reconquête mondiale a pour noms Giulia et Stelvio. Quadrofoglio ? Non, mais Veloce, avec 280 chevaux, la bien nommée.

 

Alfa-Giulia-Veloce-AV

 

Veloce ? Pléonasme, même sans accent, serait-on tenté de répondre alors que s'avance l'une des dernières versions de la sémillante italienne frappée du célèbre biscione de Milan et prénommée Giulia. Une Alfa Romeo c'est forcément véloce, avec accent prononcé. Au cœur de l'empire Fiat Chrysler, on avait pu craindre le pire, l'abandon comme l'a fait le groupe italo-américain avec une autre marque célèbre, Lancia. Alfa Romeo a trouvé grâce aux yeux des actionnaires et des dirigeants d'un groupe complexe. Mieux, et même si les résultats restent timides, la marque a retrouvé son lustre, défendant même ses couleurs en F1, armé brillamment par l'autre référence de la galaxie aux reflets rutilants. Et quoi de plus représentatif d'un style, d'une histoire, que la berline familiale et néanmoins sportive, la Giulia ? Certes, le SUV Stelvio, conçu sur la même base, bénéficie des vents porteurs du marché mais la Giulia reste le pivot d'une lignée célèbre. Fruit d'une longue gestation, proposée d'abord en Quadrofoglio, le célèbre trèfle sportif, nantie de 510 chevaux, la Giulia s'avance donc depuis peu, Veloce.

 

La bien nommée

En proposant cette version dotée de 280 chevaux, Alfa a fait le choix raisonnable. Du nerf, du muscle au service d'une silhouette qui ne laisse jamais indifférent, telle est la Veloce, la bien nommée. D'abord, c'est écrit dessus. Ensuite, la calandre noire, le diffuseur arrière cerné par les échappements évocateurs, les étriers de frein rouge, donnent le ton qui va de pair avec Alfa. Tout le reste, en particulier le volant bien tourné et les sièges sport, est à l'unisson. Le bouton de démarrage sur le volant, devant les deux larges palettes de la boîte de vitesses automatique, s'inscrit tel un clin d’œil vers d'autres machines de la galaxie italienne. C'est dire qu'on l'aurait aimé en robe rouge. Seul le cuir a été traité ainsi ; pas forcément élégant.

Alors Veloce ? Molto vivace, certamente... Il suffit d'y aller franchement sur la pédale de droite, pichenette sur le court levier central, pour s'en convaincre. Et ça pousse, et ça tire encore, et ça n'en finit pas de déployer la cavalerie sur l'asphalte tenu en respect par une transmission intégrale (Q4) de rigueur sur cette version. Les 200 km/h ne sont qu'une formalité, et plus en fonction de l'horizon, forcément plus à l'Est. Que les âmes sensibles se rassurent, en toute légalité. Suivez mon regard... et la Veloce si vous pouvez.

 

Alfa-Giulia-Veloce-Calandre

 

Confort au long cours

Prompte à l'envolée autoroutière, cette Giulia sait se faire douce pour parcourir les rues de la ville, accueillir la famille à bord ou se glisser sur une place de parking malaisé. Elle est la berline familiale à laquelle on ne pense pas toujours. Mieux, même traitée sportivement, elle offre un confort au long cours que peuvent lui envier certaines concurrentes. Seul le coffre, architecture trois volumes exige, paraîtra un peu étroit mais pas tant que l'écran central effectivement tout riquiqui. Pas de quoi renoncer à cette attachante Giulia au demeurant peu dispendieuse puisque la moyenne de consommation relevée au terme d'un galop soutenu s'est tenue sagement sous les 10 litres. On peut faire mieux avec une version équivalente en diesel 210 chevaux. Freinage sans faille, tenue de cap rigoureuse, stabilité en virage et relance vigoureuse composent un menu complet auquel on ne se lasse pas de goûter.

Bernard Méaux
Photos constructeur  

 

L'alliance incontournable

Autant la Giulia, dans la foulée de la plus petite Giulietta, a réconcilié Alfa Romeo avec son précieux passé, autant on s'interroge sur l'avenir du groupe Fiat Chrysler (FCA). Depuis la tentative de rapprochement avec l'Alliance Renault-Nissan, alors en pleine tourmente, mais aussi avec l'autre groupe français, PSA, c'est silence radio tant du côté de Turin que de Auburn Hills. Que veut John Elkann, l'héritier de la dynastie Agnelli ? Que peut Mickael Manley, le successeur de l'homme à l'éternel pull-over, Sergio Marchionne, foudroyé en 2018 avant d'avoir pu nouer le destin de son groupe ? Le pilier européen de FCA, Fiat, semble lui-même se chercher dans ce monde automobile en pleine mutation alors que l'essentiel de l'édifice plus que centenaire repose sur une néo-500 lancée en 2007, démultiplié à l'envi et dont l'opus X, formule SUV compact, connaît un nouveau développement. Certes le label sportif Abarth a bien été relancé mais Lancia, une pointure naguère en rallye, n'a pas résisté à la refonte de part et d'autre de l'Atlantique. Par chance, Jeep a joué sur du velours à l'heure du SUV-roi et Alfa Romeo a retrouvé le tempo au bon moment, mais le groupe doit sortir en urgence de nouvelles cartes pour bien négocier le virage imposé de l'électrique et de la voiture autonome. Même l'hybride tarde à venir à tel point que le groupe a dû négocier des « droits » de CO2 avec Tesla (2 milliards d'euros !) pour afficher un bilan écologique réglementaire plus convenable. C'était là aussi tout l'intérêt d'une nouvelle alliance élargie. Option incontournable pour un avenir plus sûr.

 

Alfa Giulia Veloce 2.0 l turbo Q4 en bref



Moteur : 1 995 cm3
Puissance : 206 kW (280 ch)
Vitesse maxi : 240 km/h
Dimensions : L: 4,65 m; l: 1,86; H: 1,43
Poids : 1 605 kg
Coffre : 480 dm3
Consommation moyenne : 7,7 l/100
Émissions de CO2 : 177 g/km
Malus écolo : 6 553 €
Prix : à partir de 58 500 € (34 100 € en 2,2l 136 ch)


j'aime plus

  • Le style Alfa

  • Le moteur vivant

  • Le comportement routier

  • La position de conduite

j'aime moins

  • Le petit écran GPS

  • Les places arrière

  • Le volume de coffre

  • Le cuir rouge

 

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