Alpine A110 : Légende en marche Imprimer
CONSTRUCTEURS - ESSAIS
Vendredi, 20 Septembre 2019 13:45

Pari tenu pour l'une des branches sportives de Renault. Alpine ravive les mots et les accents d'une épopée ouverte en 1955. Une version S, plus musclée complète la mise. Remise en jantes avec une Légende.

 

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Ils ont osé ! Alors que montent joyeusement les tours sous un soleil de plomb, on ne peut s'empêcher de penser à cette décision. Réanimer une marque mythique, ça passe, mais vouloir en faire un objet commercial rentable, c'est bien autre chose. Le groupe Renault a osé ; et déjà paraît la quatrième version de l'Alpine A110, une S, plus puissante, dotée de 292 chevaux. Pari tenu. Et ça roule ! Une bonne occasion parmi d'autres pour renouer avec le rêve devenu réalité d'un garagiste passionné. Une « Légende » en l'occurrence, la proposition la plus confortable de la gamme face à la « Pure », plus dépouillée, plus sportive, moins chère. Mais sous le capot, la même envie de mordre le bitume, d'avaler les kilomètres, de redresser les virages. Le contrepoint parfait au régime universel de la chenille processionnaire, qualifiée d'autonome pour mieux lui imposer la contrainte... Monter dans les tours, encore. Enfiler les lacets, toujours. Relancer, encore et toujours.

 

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Une écurie de course

Lancée fin 2017 avec une série limitée de 1 955 véhicules, en référence à l'année de création de la marque, l'A110 moderne tient toutes ses promesses. Vous aviez aimé sa ligne néo-rétro sans fausse note, vous allez adorer cette cigale française, coupé sportif de naissance. A un détail près. Comme pour toutes les cigales, le chant agace parfois. Alpine a cru bon en effet de diffuser, plein pot, une mélopée très artificielle pour accompagner la montée en régime. Pied dedans en mode sport (bouton rouge !), c'est parfait. A régime et relance moyens, c'est indigne de l'écurie de course qui a été aménagée en position centrale arrière. Plus de 250 chevaux montés très court, ça mérite d'autres résonances. S'il vous plaît... En attendant, à chacun de trouver le bon rythme pour ravir pleinement l'oreille. Les petites routes entrelacées s'y entendent à merveille tout comme la longue envolée autoroutière en terre proche mais cependant étrangère pour oser le bout du bout. Non, vraiment, quiconque dirait s'en lasser ne mériterait pas un brevet de conduite automobile.

 

Alpine-A110-Legende-Tab-2019Confortable et sage

Non seulement Alpine a conçu un engin sportif plaisant mais il l'a fait confortable et bien agencé. On se glisse derrière le volant pour y trouver facilement ses aises dans un authentique coupé 2 places. Ne cherchez pas le levier de vitesse mais appréciez sur la console la commande simplifiée à trois touches rondes (D-N-R) relayées, le cas échéant, par les larges palettes, fixes, sous le volant. Il y règne comme un petit air d'Italie, façon Modène... La boîte automatique peut très bien faire le travail toute seule, les 7 rapports s'enchaînant avec brio. La direction relève de la même facture, bien balancée, précise, sans effort. Au final, seul le freinage demande une plus forte contribution du conducteur qui tente alors de se hisser au rang de pilote. Il lui faut livrer la bonne pression pour tenir son rang. Sportivement. Mais l'A110 sait ainsi se faire sage. Son gabarit épouse même les limites de la ville. Pas question pour autant de céder aux tentations de l'hypermarché. Les vide-poches, filets et cachettes intérieures suffisent aux besoins élémentaires mais, même à deux (96 dm3 à l'avant et 100 dm3 à l'arrière), les coffres rendent vite les armes. Excellente raison d'y retourner plusieurs fois au gré des routes buissonnières.

Bernard Méaux
Photos estautomag

 

1955 à Dieppe

En croiser une tient d'une chance extraordinaire. En croiser six d'un seul coup frise l'exploit. Ce jour-là, six petites Alpine, emmitouflées dans une cape blanche comme des princesses préservant leur robe de bal à la porte d'un concessionnaire arrivaient en droite ligne de Dieppe. On imaginait alors les bienheureux qui allaient recevoir le coup de téléphone libérateur. La fin d'une longue attente de plusieurs mois... Près de deux ans après la relance de la petite marque française, les prétendants énamourés n'ont cependant pas renoncé face à une production forcément limitée.

 

Roussely-Francis-Alpine-gr3-1971Tout avait donc commencé en 1955 chez un concessionnaire Renault, Jean Rédélé, établi à Dieppe. Passionné, il enchaîne les rallyes au volant d'une 4 CV modifiée de la marque. Il s'en inspire pour créer un bolide léger, carrosserie plastique, mécanique en position arrière. L'A106 est née, Alpine tout simplement, pour évoquer son terrain de prédilection. Dix ans plus tard, Renault s'associe directement à l'aventure, ouvrant du même coup son réseau de distribution à l'A110, la plus connue des berlinettes françaises. Les titres s'accumulent en rallye mais aussi aux 24 Heures du Mans. Renault prend l'affaire en main en 1978 mais abandonne la partie en 1995 après une ultime A610 à moteur V6, jusqu'à 280 chevaux. Il faudra attendre 2012 pour un retour, encore incertain mais encouragé par Carlos Tavares, alors bras droit de Carlos Ghosn et aujourd'hui patron du groupe PSA. Dieppe a retrouvé des couleurs, celles que porte aussi l'A470, le destrier très sportif d'une équipe Signatech Alpine Elf, engagée au championnat d’Endurance (FIA WEC). En attendant un SUV.

 

Alpine Légende en bref



Moteur : 1 798 cm3


Puissance : 185 kW (252 ch)


Vitesse maxi : 250 km/h


Dimensions : L: 4,18 m; l: 1,79; H: 1,25
Poids : 1 123 kg
Coffres : 96 + 100 dm3
Consommation moyenne : 6,2 l/100
Émissions de CO2 : 141 g/km
Malus écolo : 773 €
Prix : à partir de 59 700 € (55 800 € en Pure)

j'aime plus

  • La renaissance de la marque

  • Le style

  • La tenue de route

  • Le confort sportif

j'aime moins

  • Le vrai-faux son

  • Le freinage

  • Le repose-pied vertical

  • Les vide-poches acrobatiques