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Ford Raptor : Ranger en folie Imprimer Envoyer
CONSTRUCTEURS - ESSAIS
Mardi, 27 Août 2019 12:15

Le pick-up le plus en vue en Europe méritait bien une version extraordinaire. Le Raptor débarque sur nos terres, conquérant, sur la base technique du Ranger flanquée de performances hors du commun.

 

Ford-Ranger-Raptor-profil 

 

C'est l'Amérique à domicile ! Du brutal ! Clé en main - normale, classique, on se demande quel monde elle peut bien ouvrir alors que la masse ne cesse de grossir à son approche. Le nouveau monde, évidemment. Autrement dit, un essai automobile en forme d'escalade de la face Nord de l'Everest transportée au cœur de Jurassic Park ! Il y a de quoi pousser le cœur à battre la chamade. Raptor, c'est son nom, un patronyme que Ford exploite sur ses terres américaines où règne depuis de nombreuses années le pick-up F-150. Bodybuildé à l'extrême, bardé d'accessoires évocateurs, le Raptor captive le regard, excite les envies, pousse à l'aventure. Dans la bagarre que se livrent les constructeurs sur cet étroit créneau commercial, Ford ne pouvait plus se passer d'une formule extrême pour son pick-up de référence en Europe, titillé par un Nissan Navara AT32 de la lignée N-Guard ou encore un Isuzu D-Max AT35. Encore fallait-il accommoder la recette à la sauce européenne ; l'équipe Ford Performance s'en est chargée. Pas de V6 cependant pour ce Raptor mais un diesel 4 cylindres de 213 chevaux accouplé à une boîte automatique à 10 rapports. De quoi se perdre sous le capot.


Ford-ranger-Raptor-AR


Des gués de 85 cm

La modestie de l'attelage le dispute au gabarit de la bête. Plus de 5 mètres de long, 2 mètres de large et un toit inaccessible si ce n'étaient les deux marchepieds latéraux spécialement étudiés pour ce Ranger très spécial. La calandre en impose, les pneus étudiés par BF Goodrich aussi : tout paraît hors de proportion. La démesure prend toute sa valeur à l'énoncé de la fiche technique. Dernière les jantes alu, la benne couverte, l'arceau intégré se cache un arsenal permettant d'envisager des hors-piste que l'on imagine de folie. Boîte longue, boîte courte, contrôle de vitesse en descente, blocage de différentiel, tout à portée de main dans ce grand poste de conduite perché à près d'un mètre du sol. Le Raptor peut ainsi se vanter de passer des gués de 85 centimètres avec sa garde au sol de 28,3 cm soit 5,4 de mieux que le Ranger des familles. J'avoue ne pas avoir essayé mais on sent au moindre écart poussiéreux et caillouteux à souhait que le Raptor est prêt à relever tous les défis. Son programme 4x4 se laisse aller jusqu'à afficher une séquence « Baja », du tout-terrain de compétition !


Ford-ranger-Raptor-seuil

Petit porteur

Le Raptor intimide au premier abord mais très vite on trouve ses marques en prenant soin de limiter son élan au détour d'une rue étroite. Mais la relance est facile, animée par le rugissement du diesel prêt à se coltiner de lourdes charges (620 kg) dans une benne bien revêtue et fermée par un hayon facile à relever. Son volet roulant horizontal, un peu moins. Le Raptor n'en joue pas moins les frimeurs. En témoigne une capacité de traction de 2,5 tonnes contre 3,5 pour le plus humble Ranger. Il assure aussi sur la route et l'autoroute, sans hésiter, sans louvoyer, confortable. Là encore, avec sa cabine à quatre portes latérales, il accueille facilement une famille, vitres arrière teintées, sièges avant façon baquet, cadrans, écran et commandes à portée de main. Ford y a glissé tous ses systèmes d'information et de divertissement. Ce qui fera apparaître au gré des menus déroulants, complets et complexes, une consommation moyenne de 9,6 litres aux 100. Pour une telle masse en mouvement, on reste dans le raisonnable pour un engin qui ne l'est vraiment pas. Le Raptor roule sur une autre planète. De quoi faire tourner les têtes.

Bernard Méaux
Photos estautomag et constructeur


Produits d'appel

Que vient faire dans cette affaire le Raptor ? Quelle affaire ? Une passe difficile pour le constructeur américain en Europe, un terrain sur lequel il avait pris ses aises, créé un réseau solide, développé un tissu industriel. Mais le marché commande et Ford n'a pas su lui apporter le juste produit au bon moment. L'Europe, longtemps source de développement devient alors pièce de rupture. L'usine belge de Genk en a fait les frais en 2014. Celle de Blanquefort, près de Bordeaux, va suivre. Et Sarrelouis, fleuron de la marque et bastion allemand de la Focus, va réduire la voilure. En Sarre, c'est le monospace C-Max qui n'est plus dans le vent. A Genk, c'était la Mondeo. Ford ne manque évidemment pas de moyens pour résister. Après la très récente nouvelle Focus largement déclinée, le Kuga restylé va réintégrer le bal des SUV que le plus petit Puma rejoindra dans quelques semaines. Dans ce contexte, l'introduction du Raptor apparaît un peu en décalage si on oublie que le Ranger, sa base technique, est leader sur le marché des pick-up avec 13 600 ventes sur le premier trimestre 2019 en Europe. Tout comme l'introduction de la très sportive Mustang, l'an dernier au catalogue officiel du réseau européen de l'ovale bleu. Et ça marche. L'un et l'autre, au-delà de leurs valeurs propres, s'imposent en formidables produits d'appel pour une gamme plus sage qui cherche ses nouveaux points d'appui.

 

Le Ford Raptor en bref



Moteur : 1 996 cm³

Puissance : 157 kW (213 ch)

Vitesse maxi : 170 km/h

Dimensions : L: 5,37 m; l: 2,02; H: 1,87
Masse : 2 510 kg
Benne : 2,6 m²
Consommation moyenne : 8,9 l/100


Émissions de CO2 : 233 g/km

Malus écolo : 10 500 €


Prix : 56 550 €


j'aime plus

  • Le look franc et massif

  • Le poste de conduite

  • L'arsenal tout-terrain

  • La cabine 5 places  

j'aime moins

  • L'accès à bord

  • La couverture de benne

  • Le gabarit en ville

  • La motorisation limitée

 

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