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Citroën C5 Aircross : plaisir utile Imprimer Envoyer
CONSTRUCTEURS - ESSAIS
Samedi, 06 Avril 2019 17:53

Le Double Chevron célèbre de belle manière son 100e anniversaire avec un SUV bien suspendu, dans la tradition de la marque. Avant une version hybride, le C5 Aircross se partage entre essence et diesel, 130 et 180 chevaux.

 

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Cent ans, ça se fête ! L'année 2019 s'annonce ainsi particulièrement chargée pour le Double Chevron, cet emblème qu'André Citroën avait exhibé dès la création de sa société automobile. C'est dire que le C5, nouveau véhicule-amiral de la marque, arrive à point nommé. Pas tout à fait la C5 d'hier, berline statutaire dans l'esprit de la DS, des CX et autres XM d'antan. Et pour cause, les temps ont bien changé semble nous dire Citroën qui n'hésite pas à sacrifier sa célèbre suspension hydropneumatique sur l'autel de la modernité... et de la rentabilité. Le C5 s'inscrit au club des SUV qualifié ici d'Aircross. Au masculin, comme le C3. La voiture est élégante avec sa calandre à étages lumineux sans pour autant se prendre au sérieux avec ces curieuses taches colorées en forme de marchepied, réinterprétation des protections latérales dites Airbump... Rassurez-vous, ceux qui souhaitent un profil plus sobre, Citroën a de la ressource dans la palette de couleurs au gré de sept versions, de Start à Shine en passant par Business.


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Effet « tapis volant »

En abordant cette nouvelle Citroën à la silhouette avenante, on ne peut s'empêcher de songer à son très proche cousin, le DS7 Crossback, le plus souvent à quelques pas de là dans les show-rooms du groupe. Plus ludique, moins cher et différent sur divers points cette C5. Jusqu'à ne pas adopter exactement la même suspension. Chez Citroën c'est « advanced comfort ». Non seulement la marque a mis au point des suspensions avec butées hydrauliques progressives mais ses sièges relèvent d'une conception spécifique selon un jeu de mousses de différentes densités. Le confort acoustique et les agencements divers ont été accordés à cette excellente recette de base. Sans aller jusqu'à parler d'effet « tapis volant », on apprécie l'absorption de toutes les aspérités de la route. Jusqu'à regretter au fil des kilomètres une assise de fauteuil trop courte. Le voyage se déroule en toute quiétude, seul un léger roulis invite à lever le pied. Il est vrai que notre C5 Aircross d'essai était équipé du moteur essence PureTech de 180 chevaux accouplé à la boîte automatique à 8 rapports (EAT8). Ces deux-là sont faits pour bien s'entendre pour un dialogue utile avec le régulateur de vitesse. Prudence toutefois à la remise en route car la bête est vive.


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Grip Control en renfort

On peut aussi opter pour une version 130 chevaux, moins onéreuse, à boîte manuelle mais, en fonction de ses besoins bien sûr, il ne faut pas manquer l'option diesel, toujours pertinente, proposée également en 130 et 180 chevaux HDi. Mais ni les unes, ni les autres ne bénéficient d'une transmission intégrale, le grand SUV de Citroën, comme toute la famille PSA, doit se contenter d'un Grip Control, un système électronique affiné de gestion de la traction en fonction du terrain. Une option pour quelques centaines d'euro, selon les versions, sûrement utile sur la neige ou quelque chemin glaiseux ou sablonneux. Pour d'autres aventures plus osées mieux vaut s'abstenir. Hormis cette dimension, le C5 Aircross a vite fait de vous convaincre de ses capacités. Le volume permet d'accueillir confortablement une famille, notamment avec ses trois sièges arrière séparés. Le seuil de coffre paraîtra un peu élevé alors que le hayon aurait mérité un peu plus de développement à l'ouverture ; grandes tailles, prudence. En revanche, le poste de conduite répond à toutes les questions. Les commandes essentielles (radio, climatisation) sont à portée de main sans gesticulation sur écran. C5 Aircross sait joindre l'utile à l'agréable.

Bernard Méaux
Photos constructeur


Citroën 1,6 PureTech 180 EAT8 en bref



Moteur : 1 598 cm3

Puissance : 132 kW (180 ch)


Vitesse maxi : 219 km/h


Dimensions : L: 4,50 m; l: 1,96; H: 1,65

Masse : 1 540 kg

Coffre : 520 à 1 630 dm3


Consommation moyenne : 5,7 l/100


Émissions de CO2 : 129 g/km


Malus écolo : 90 €


Prix : à partir de 29 400 € (24 700 € en 1,2 PureTech 130)


j'aime plus

  • Le confort assuré
  • Le duo moteur-boîte
  • Le tableau de bord
  • La direction urbaine

j'aime moins

  • La carrosserie fantasque
  • Le seuil de coffre
  • L'absence de 4x4
  • La longueur d'assise


La centenaire à la fête

Citroën a mis du temps à conjuguer son passé au présent pour mieux affronter le futur. Jusqu'à se souvenir de DS devenue une marque. Pour Citroën, l'heure du centenaire a sonné en cette année 2019. Et le Double Chevron a concocté un vaste programme pour célébrer dignement l'événement. A Rétromobile, en février à Paris, elles étaient toutes là. La 2 CV bien sûr, la Traction évidemment, la DS aussi à ne plus savoir où donner de la tête, mais aussi la petite AX, la grande SM présidentielle et la très lointaine Type A, la Citroën originelle. Elles seront 5 000, au moins, du 19 au 21 juillet, à La Ferté-Vidame, petite commune à l'ouest de Paris, centre d'essais du constructeur. Citroën y attend plusieurs dizaines de milliers de fidèles de la marque, entreprises, clubs, particuliers, pour  ce temps fort comme sans doute André Citroën, très attaché à son image, aurait aimé le réaliser.

Pilier du groupe PSA depuis 1974 après son rachat par Peugeot, Citroën a pris corps le 4 juin 1919 avec cette Type A, 10 chevaux sous le capot, le début d'une grade aventure. Exploitant un brevet sur des engrenages en chevron, le futur logo de la marque, André Citroën avait goûté à l'automobile dès 1912, chez Mors. La guerre lui avait jeté un nouveau défi : fabriquer des obus. Il en visait 10 000 par jour, il en fera 50 000 ! L'automobile suivra ce rythme. La Type A sera la première d'une longue lignée, la 5 HP un pas décisif vers la démocratisation. Citroën innove encore pour son personnel avec une cantine, une crèche, le 13e mois de salaire. La publicité aussi. Le nom de Citroën écrit en lettres lumineuses dès 1925 sur la Tour Eiffel va pourtant s'éteindre 10 ans plus tard. La société manque de capitaux pour le lancement de la première vraie voiture à roues avant motrices, la célèbre Traction Avant. Un fournisseur renâcle. Les banques aussi.

 

Une idée en forme de DS


Michelin prend l'affaire en main mais la force des idées d'André Citroën demeure au quai de Javel, le fief parisien. Les hommes feront le reste. La Traction roule, la  2 CV se profile, cette TPV (très petite voiture) réclamée par le nouveau patron, Pierre Boulanger. Il faudra attendre 1948 pour la mettre sur la route. Mais déjà Javel prépare une idée révolutionnaire, la DS (1955), premier tour de roue démesuré dans l'ère moderne avec sa ligne fuselée, sa suspension oléo-pneumatique. La 2 CV résistera jusqu'en 1990, la DS jusqu'en 1974 mais la roue tourne vite. Certes, le Double Chevron a absorbé Panhard, mais Citroën n'a pas digéré le rachat de Maserati et l'étonnant coupé SM à moteur italien, 6 cylindres, verra son élan brisé par la première crise pétrolière (1973). Les comptes virent au rouge. Peugeot, le rival de Sochaux, vient à la rescousse. L'Histoire s'écrira désormais sous le signe de PSA. Une histoire en perpétuel mouvement dans lequel les usines se confondent et les réseaux se concentrent. On partage les moteurs, on unifie les moyens. L'usine de Rennes retrouve ainsi avec la C5 Aircross, le haut de la gamme Citroën. Créée en 1961 pour le lancement de l'Ami 6, le site d'assemblage breton aura vu passer GS, Visa, BX, XM, Xsara et Xantia, mais aussi les Peugeot 407, 508 et 5008. La DS a pris un autre chemin, celui d'une marque à part entière.

 

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