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CONSTRUCTEURS - ESSAIS
Mardi, 18 Septembre 2018 15:56

Chez Nissan, ils ne disent pas « autonome ». Ils recommandent même de ne pas lâcher la direction. Le crossover dernier cri maîtrise pourtant sa trajectoire. Sans un geste du pilote, il se maintient dans sa file. En ligne droite comme en virage.


Nissan-Qashqai-Drive-Edition-int-Photo-1Bien que le Qashqai Drive Edition maîtrise sa trajectoire, le conducteur garde impérativement une main sur le volant.

 

Ils parlent de « conduite assistée ». Succinctement badgé Drive Edition, le Qashqai ajouté à la gamme constitue, précisent-ils, la « première étape vers la conduite autonome de Nissan ».

   Le véhicule intègre le système ProPilot. Un équipement qui a fait ses preuves. Au Japon, le très populaire monospace Serena (50 000 immatriculations/an) l’a inauguré en 2016. Nissan a ensuite installé ProPilot dans l’X Trail ainsi que dans la Leaf, l’automobile électrique la plus répandue au monde.

   La clientèle a suivi.


Nissan-Qashqai-Drive-Edition-dyn-combine-Photo-2Dans le combiné, les voyants verts de la conduite assistée : volant automatique, distance de sécurité (programmable entre 3 barres et 1 barre), vitesse régulée (à 60 km/h).


130 000 véhicules Nissan déjà équipés

   A 75%, les acheteurs japonais du Serena optent pour la version avec conduite assistée. En France, font le même choix à 80% ceux qui passent commande d’une Leaf. Au total, 130 000 voitures particulières de la marque maîtrisent leur trajectoire pour peu que l’utilisateur le souhaite.    

   Hérite du ProPilot aujourd’hui, le bestseller des crossovers sur le vieux continent. Produit à raison de 1 exemplaire par minute à Sunderland, au Royaume Uni, le Qashqai vient de franchir la barre des 3 millions d’unités sorties de chaînes depuis 2007.

   Farouchement insoupçonnable d’élitisme, le modèle Drive Edition s’inscrit en milieu de gamme. Il ne s’approprie ni le moteur le plus puissant, ni la plus riche panoplie d’équipements. Dans le tarif, il ne campe pas au sommet. Nissan ne le propose qu’en diesel (130 ch) « parce que ça reste la motorisation la plus demandée dans la catégorie ».


Nissan-Qashqai-Drive-Edition-bouton-ProPilot-Photo-3Sur la branche droite du volant, le bouton bleu qui active ProPilot. Très voisin, le bouton du régulateur de vitesse.


Un bouton stratégique

   Caractérisée par l’adoption de ProPilot, la finition Drive Edition équivaut pour le reste à N-Connecta, plus deux avantages en matière d’éclairage : des feux de route directionnels à LED et des feux diurnes à LED avec clignotants intégrés et signature lumineuse.

   Extérieurement, le crossover à conduite assistée ne s’identifie que de tout près. Derrière la troisième vitre latérale, un badge circulaire noir, guère plus gros qu’une pièce de 2 €, énonce en petites lettres blanches : « Qashqai Drive Edition ».

   A bord, les éléments distinctifs occupent le volant. En bas, plein Sud, figure le mot Drive. A l’Est, le conducteur trouve sous son pouce droit un bouton marqué d’une vignette bleue. Stratégique.

   Au démarrage ou en marche, une pression sur le bouton bleu équivaut à lancer au Qashqai : « À toi de jouer, prends le volant ». A portée du pouce droit, un autre bouton familier celui-là active le régulateur de vitesse intelligent. Dès lors, le Qashqai Drive Edition gère, en plus de la direction, l’accélérateur et les freins.


Nissan-Qashqai-Drive-Edition-profil-stat-Photo-4Le Qashqai Drive Edition : semi autonome et le moins du monde exhibitionniste.


Obligatoire : tenir le volant qui tourne tout seul

   Le « changement de conducteur » échappe totalement aux passagers. Le servant donne l’impression de « faire comme d’habitude ». En réalité, la rotation du volant sous ses mains s’opère sans son intervention. Hors de sa décision. Sans que ses pieds touchent au pédalier, le véhicule ralentit, force l’allure, garde les distances de sécurité.

   Dans ces conditions, pourquoi s’astreindre à tenir le volant ? Le code de la route international l’impose. Avec un zèle tapageur, le Qashqai Drive Edition veille au respect de la réglementation. Lâcher le volant déclenche une sirène, puis un freinage qui secoue, enfin l’immobilisation sur le bas-côté.

   Dans le déroulé de ce processus, reprendre l’accélérateur annule le freinage ; l’alarme sonore ne désarme pas. Le silence revient avec le retour des mains – une suffit – sur le volant.


Nissan-Qashqai-Drive-Edition-badge-ext-Photo-5Entre troisième vitre latérale et hayon, le badge signalétique du Qashqai Drive Edition. Visible de près seulement.


Indispensable : le marquage au sol

   Actionner le clignotant rend le volant au conducteur. ProPilot s’investit à nouveau une fois l’automobile insérée dans la file choisie. Servi par des caméras et capteurs, le système guide le véhicules entre les bandes blanches (ou jaunes) qu’il « lit » sur l’asphalte ; continues ou chapelets de plots ; en ligne droite comme en courbe.

   Pas de marquage au sol, lignes à demi effacées : pas de conduite automatique.

   Les virages, ProPilot les négocie avant talent. En continu, sans perceptiblement louvoyer entres lignes extérieure et intérieure. Mises en travers impossibles : à 0,2 G de poussée latérale, le système repasse le volant au pilote.

   A tout moment, pour n’importe quel motif, se réapproprier la conduite à 100% prend une seconde. Même pas la peine d’y penser, les réflexes s’en chargent. Il suffit d’accélérer, freiner, braquer si peu que ce soit.


Nissan-Serena-ProPilot-2016-Photo-6Le monospace Serena, premier modèle Nissan commercialisé avec ProPilot. 


Sans changement : le plaisir de conduire

   ProPilot n’intervient qu’à la demande. Il faut le solliciter (bouton bleu, à droite sur le volant). ProPilot opère sans se montrer ni prioritaire ni autoritaire. Le service qu’il offre s’apprécie lorsque conduire devient rébarbatif. Voies quotidiennement embouteillées à l’approche des mégapoles, mornes autoroutes.

   Propilot peut mieux faire. Pour l’heure, il lit et projette au tableau les panneaux de limitation de vitesse. Pourquoi ne s’y conforme-t-il pas ?

   Rassurant dès aujourd’hui et dans l’attente échevelée d’automobiles sans volant, sans pédales, sans permis : personne chez Nissan ne tient le plaisir de conduire pour démodé, dépassé, enfui sans retour.

   Tarif Qashqai Drive Edition : 35 500 €. La gamme entière du crossover s’inscrit dans la fourchette 23 400 – 38 050 €.

Dominique Faivre-Duboz

 

Identité

Nissan Qashqai Drive Edition : crossover compact avec ProPilot, traction avant, 4,394 m, 1485 kg, coffre 430 dm3, Ø de braquage 10,72 m, réservoir 55 litres.
Moteur : diesel 1.6 dCi 130 Xtronic, 130 ch à 4000 t/m, 320 Nm à 1750 t/m. Boîte automatique (CVT) 7 rapports.
Performances : 183 km/h, 11,1’’ au 0-100 km/h.
Consommation mixte homologuée : 4,7 litres au cent.
CO2 : 122 g/km.    
Prix : 35 500 €.

 

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