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Suzuki Swift Sport : l’art du compromis Imprimer Envoyer
CONSTRUCTEURS - ESSAIS
Mercredi, 25 Juillet 2018 15:55

Plus agile avec un plus petit moteur. Plus spacieuse, habitacle et coffre, bien que raccourcie de 10 cm. Moins pesante sur l’asphalte en dépit d’un confort amélioré, de sécurités ajoutées et d’aides à la conduite multipliées. Comment ont-ils fait ?


Suzuki-Swift-Sport-Photo-1La Swift Sport 3e génération : plus performante, plus douée pour les déplacements de tous les jours.
 
Aux ingénieurs, designers et architectes, Masao Kobori le chef du projet Swift Sport 3e génération avait réclamé « des idées nouvelles ». Mais pas en vrac.

   Il attendait des « sources de performances et émotions ». Ils ont changé de plate-forme, et remplacé le moteur. La caisse seule ne pèse pas 200 kg. Remarquable dans cette catégorie d’automobiles : sportive de 4 m et 5 portes.

   Globalement allégée de 80 kg la Swift Sport a accru sa rigidité et son aptitude à disperser l’énergie en cas de choc.


Suzuki-Swift-Sport-dyn-Photo-2Empreinte au sol agrandie (empattement +2 cm, voies +4 cm), caisse abaissée de 1 cm, la nouvelle Swift Sport limite la prise de gîte à l’attaque.


Une sportive ni énervée ni énervante

   Sous le capot, un 4-cylindres 1.3 (1.6 en génération 2) délivre 140 ch (+4) et 230 Nm (+70). La puissance maxima afflue 1300 tours/minute plus bas que précédemment. Autrement coopératif, le couple. Il culminait à 4400 tours/minute, le voici à son pic sur la plage 2500-3500.

   La conduite appelle moins de gestes, notamment en ville. La musique modulée dans les graves par les deux sorties d’échappement chromées permet, en croisière, de converser à bord comme à la maison. Les voies rapides qui autorisent le 110 s’avalent en 6e à 2500 tours/minute.

   Sans normaliser la boîte automatique comme Renault sur l’Alpine, Suzuki lance une sportive ni énervée ni énervante. Sans contrepartie.


Suzuki-Swift-Sport-dyn-Photo-3-Loin de se cacher sous le bouclier, les canules d’échappement accrochent le soleil.


Une couleur qui castagne

   Pouls assagi, la Swift Sport dernier cri améliore ses performances, vitesse de pointe et accélération (210 km/h, 8’’1 au 0-100) ; la consommation homologuée de super a chuté de 0,8 litre (0,7 selon la norme WLTP). L’émission de CO2 n’a pas baissé mais dégringolé : 175 g/km en 2007, 147 en 2011, 125 en 2018 (WLTP 135).

   Au parking, la voiture envoie des signaux. Roues noir et argent de 17’’ ; entrée d’air faciale dilatée ; calandre noire à l’inclinaison inversée, basculée vers l’avant ; becquet au-dessus de la lunette arrière ; deux sorties d’échappement chromées et d’un diamètre supérieur à la moyenne.

   La nouvelle Swift Sport, même sa couleur de lancement castagne : un jaune à la fois profond et acidulé, qui déflagre au soleil. Champion Yellow dans l’éventail des 7 teintes de carrosseries au catalogue.   


Suzuki-Swift-Sport-int-Photo-4Au poste de conduite, volant et levier de vitesses invitent au tourisme plus qu’à la compétition.


Fauteuils talentueux

   L’intérieur déroute. Introuvables les teasers « hautes performances ». Pas d’aiguilles rouges dans les cadrans ; pas de petit volant ; pas de levier de vitesses format cigarette ; pas de baquets ostensiblement sculptés pour bloquer l’occupant des hanches aux omoplates.

   S’installer et sortir de voiture s’accomplissent sans y penser. Captivent d’emblée, dans cette automobile de 3,89 m, l’espace aux jambes, la largeur aux coudes, la capacité du coffre (265/947 dm3) mais par-dessus tout les fauteuils. Leur talent. A l’usage, mystérieusement, assise et dossier conjuguent amplitude et maintien.

   En route s’évanouit définitivement la suspicion rampante de sportive castrée. Précis, le grand volant se révèle expressif jusqu’à devenir amical. A défaut de plaquer les occupants au fond de leur siège, l’accélérateur octroie des poussées clairement ressenties pour peu que le conducteur use de la boîte empressée et étagée à souhait.

   Leste et réactive, confortable et feutrée : tous les jours, sans user les nerfs, la nouvelle Swift Sport offre à déguster l’association d’un couple moteur prodigue à moyen régime et d’une masse roulante abaissée sous la tonne (970 kg). « 4,2 kg par Nm » abrègent-ils. Aucune de ses rivales autour de 20 000 € n’argue d’un si bénéfique rapport poids/couple.

 

Une version, zéro option

   L’acheteur n’a que le coloris à choisir. Unique version, zéro option. Ils le prétendent sans trop de risques : « Elle a tout ». Oui, de la clim’ automatique à la correction de trajectoire ; de la caméra de recul aux sièges avant chauffants ; du Bluetooth à la peinture métallisée ; de la gestion automatique des feux de croisement/de route au régulateur de vitesse adaptatif, sans oublier le freinage d’urgence actif entre autres aides à la conduite.  

   Ne déplairait pas, malgré tout, un affichage numérique des km/h. Par exemple dans la lucarne blottie entre compte-tours et compteur de vitesse. Et les rétroviseurs extérieurs, pas minuscules, gagneraient à intégrer des miroirs qui élargissent le champ.

   Suzuki France programme entre 800 et 1000 immatriculations de Swift Sport en année pleine. Tous modèles additionnés, la marque vise 30 000 ventes en 2018 dans l’Hexagone, contre 25 939 en 2017. Le japonais en grande forme peine à cacher son euphorie. Sur un marché hexagonal à +4,8%, sa progression tourne autour de +20%.

   Prix de la Swift Sport 20 700 €.
   
Dominique Faivre-Duboz   

 

Identité

Suzuki Swift Sport : citadine performante 5 portes, 5 places, 3,89 m, 970 kg, coffre 265/047 dm3, Ø de braquage non communiqué (10,5 m estimé), réservoir 37 litres.
Moteur essence 1.3 turbo, injection directe, 140 ch à 5500 tours/minute, 230 Nm à 2500-3500 tours. Boîte 6 manuelle.
Performances 210 km/h, 8’’1 au 0-100.
Consommation mixte homologuée 5,6 litres au cent (WLTP 5,7). CO2 125 g/km (WLTP 135).
Prix 20 700 €.

 

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