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Les connaisseurs retenaient leur souffle. Depuis le 8 mars, les uns et les autres respirent librement. Ce jour-là paradait sur le stand Volvo du Salon international de Genève une familiale compacte jamais vue, fébrilement attendue : la V40.
C’est qu’il s’agissait du premier modèle lancé depuis que Volvo fonctionne sous capitaux majoritaires non plus américains mais chinois. Après 11 ans passés dans la galaxie Ford (1999-2010), le constructeur de Göteborg a rejoint Geely, dans l’Empire du Milieu.
Verdict : elle n’a pas eu de mal, la V40, à rassurer. Dehors comme dedans, il saute aux yeux qu’elle a tout d’une Volvo. Mieux : elle confirme à chaque tour de roues.
Criante qualité de fabrication
Les points forts de la marque rappliquent à l’instant de boucler sa ceinture. En priorité la protection des occupants. Haute, sculptée, la planche de bord fait rempart. Contre quoi ? Tout ce qui peut advenir de fâcheux par l’avant.
Profiter de la belle saison pour voyager le coude à la portière ? N’y pas compter. Dans cet habitacle-cocon évidemment truffé de coussins et rideaux gonflables, les occupants ont l’épaule au-dessous du vitrage latéral.
Le conducteur, lui, empoigne les commandes familières avec un surcroît de confiance. Le volant à la jante consistante, le levier de vitesses, l’éloquent frein de parking près de la jambe, à l’anglaise, expriment la robustesse et la qualité de fabrication qui ont établi la réputation de Volvo.
Plus expressive qu’une Volvo
A Göteborg, les stylistes n’ont pas mis une goutte de thé au jasmin dans leur jus d’airelles. Les ingénieurs non plus.
Chez la V40 persiste l’ADN Volvo. Tout au plus le physique a-t-il évolué vers moins d’austérité, plus d’expression. D’abord dans le « regard », les phares. Et puis dans les flancs, évidés à l’exact endroit pour camper l’automobile athlétique.
Sitôt présentée à Genève, la V40 a rejoint dans la renommée la PV 544 de 1959. Cette Volvo séjourne au musée sous l’étiquette : « Première voiture au monde équipée de ceintures de sécurité trois points ». La V40, elle, intègre en première mondiale l’airbag piéton.
Un airbag unique au monde
Scénario : à l’impact en façade, le capot moteur s’infléchit pour amortir le choc. En même temps, il s’entrebâille à l’arrière. L’espace libéré dessous permet le gonflage et l’étalement sur le pare-brise et ses piliers d’un coussin d’air assigné à réceptionner en douceur le marcheur – voire le cycliste – heurté.
Au passage, l’airbag piéton abolit les blessures imputables aux essuie-glace.
La finition de base (Kinetic) inclut aussi le City Safety. N’a plus cours, la collision en ville due à un freinage tardif. La V40 prend l’initiative. Conducteur inopérant à l’approche de l’obstacle, elle active d’elle-même ses freins jusqu’à immobilisation.
Le système fonctionne entre 50 et 20 km/h (+20 km/h par rapport à la norme jusqu’à aujourd’hui).
Le détail scandinavissime
De série encore sur la gamme entière, pêle-mêle : le correcteur électronique de trajectoire, le roulis stabilisé, le limiteur de vitesse, la fonction Stop & Start sur tous les moteurs et, scandinave en diable, les buses de lave-glace chauffantes.
Les cinq 4-cylindres disponibles débitent de 115 à 177 ch en diesel. En essence, le conducteur a sous les pieds 150 ou 180 ch. Le modèle d’accès (D2) manque d’agilité pour le prix (12’’3 au 0-100, 24 980 €) mais se prévaut d’étourdissantes homologations ville-route : 3,6 litres de gazole et 94 g/km de CO2.
Au-dessus, la V40 D3 (+35 ch) s’avère plus chère à la pompe mais étale un brio qui exalte les talents du châssis : direction, accroche, stabilité. Le tarif culmine à 37 220 € en diesel et 33 420 € en essence.
Dominique Faivre-Duboz
Spécimen
Volvo V40 D3 : familiale compacte 5 places, 5 portes, 4,37 m, 1404-1423 kg, coffre 335 dm3, Ø de braquage 10,8 m, réservoir 60 litres. Moteur : diesel 2.0, 150 ch à 3.500 t/m, 350 Nm à 1500-2750 t/m. Boîte 6 manuelle. Performances : 210 km/h, 9’’6 au 0-100 km/h. Consommation mixte : 4,3 litres au cent. CO2 114 g/km. Prix : 26 600 – 33 220 €. |