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Jeep : 70 ans hors pistes Imprimer Envoyer
CONSTRUCTEURS - L'HISTOIRE
Lundi, 21 Février 2011 16:58

LE monument incontournable de l'automobile mondiale ! LA Jeep ! Une voiture devenue marque, un pilier qui défie le temps et les hommes. 70 ans déjà. Jeeeep pee pee hurrah !


Entre novembre 1940 et mars 1941, au sein du camp Holabird dans le Maryland, l'armée américaine ouvre la plus étonnante saga automobile connue à ce jour. Conquérante, aventurière, bonne à tout faire, objet de loisirs, enjeu industriel, MA, MB, Wagoneer, Wrangler, elle a tout vu, tout subi, tout fait et plus encore. Vecteur des étoiles de la liberté, elle a levé le joug nazi avant de conquérir les armées du monde. Avec LA Jeep, est né un nouveau monde automobile moderne, aux accents de 4X4, de SUV et d'une autre façon de vivre. Une histoire qui tourne une nouvelle page avec l'ultime développement de la Wrangler, dernier modèle d'une lignée qui s'inscrit, cette fois, dans le giron du nouveau groupe automobile Fiat-Chrysler.

Bantam, Wyllis et Ford

Jeep capote d'origineL'histoire commence en juillet 1940. L'Europe vibrait au son sinistre du canon. Pour les USA et son armée, c'était encore le temps de la Ford T en guise de véhicule de reconnaissance. Il fallait bien que ça change. Tout ce que l'Amérique comptait de spécialistes (135 entreprises) susceptibles de répondre à un appel d'offres serré fut sollicité. Trois ont répondu pourvoir faire un véhicule d'un poids total de 590 kg, capable d'en embarquer 272 (600 livres) à 80 km/h dans un ensemble rectangulaire, comportant trois sièges et un pare-brise rabattable. Le tout monté sur quatre roues motrices...  

jeep natureFord a rapidement rejoint Willys-Overland et American Bantam Car Manufacturing Company, les premiers signataires d'une aventure industrielle qui allait prendre un tour nouveau avec l'entrée des USA dans la Seconde Guerre Mondiale. L'histoire retient que Bantam, en 49 jours, a réussi à monter son prototype. Puis vinrent la Willys Quad et la GP (General purpose) de Ford, surnommée Pygmée.  Et tous de se retrouver au camp Holabird avec 70 véhicules chacun pour un test en vraie grandeur. Une bonne occasion de comprendre que la limite de 590 kg ne pouvait pas tenir.

En mars 1941, le ton monte. Chaque concurrent est prié de livrer 1 500 véhicules, revus et corrigés. Willys l'emporte finalement ; le Quad devient le modèle MA, puis MB. Mais déjà le GP (dji-pi) de General Purpose (tous usages) trotte dans les têtes, peut-être amplifié par un dessin animé de Popeye. La Jeep est née en livrée vert olive de rigueur.

 



Cette fois, l'industrie prend le relais. Willys se lance dans un programme qui va atteindre 368 000 véhicules. Ford, sous licence, en livrera plus de 277 000. On frise cette fois la tonne, mais l'engin s'est aguerri prêt à affronter tous ses nouveaux théâtres d'opération. Avec les armées en campagne, Willys s'offre un buzz mondial. Il dépose le nom de Jeep et se propose d'en faire un nouvel allié de l'agriculture. Les besoins de l'après-guerre et les surplus militaires feront le reste.

Toujours à l'œuvre

Kaiser JeepCombien sont-elles aujourd'hui ces valeureuses de la première génération ? Difficile à dire. Tout le monde en connait ici et là. Pour un seul petit village de la région de Saint-Dié-des-Vosges, j'en connais pour ma part au moins deux. Toujours actives entre corvée de bois et mission de chasse... Beaucoup proviennent d'ailleurs non pas de la lointaine Amérique mais d'une usine bien de chez nous, à Stains, où la production s'est développée dans les années cinquante. Dès 1946, Willys, dans sa volonté de diffuser largement sa petite merveille, a passé un accord avec le français Hotchkiss. Et en 1955, l'armée française, en mal de solution locale a passé commande. Le modèle M201 fut ainsi construit en France à 27 628  exemplaires jusqu'en 1966 pour, plus tard, être relayé par le P4 Peugeot aujourd'hui à bout de souffle...

Jeep postier americainCombien de jeunes français ont-ils ainsi fait leurs premiers exercices de conduite au volant de la Jeep ? Double débrayage face à des syncros incertains, anticipations osées pour contrer une direction approximative, godasse de plomb pour freiner le mouvement des tambours, col relevé pour surmonter les vents coulis dans la capote, la Jeep c'est tout cela et plus encore. Du marche-pied pour l'embarquement à la volée à la commande manuelle de l'essuie-glace en passant par la remorque bâchée, tout était calculé pour un rendement adapté. Les pneus étroits aux sculptures rudimentaires faisaient merveille dans la boue et la poussée des équipages le reste pour accomplir la mission.

Aujourd'hui, Club Jeep France (300 membres), associations patriotiques et collectionneurs divers entretiennent la passion autour de ce véhicule mythique qui a vécu hors des pistes habituelles. Et Jeep survit dans ce souvenir qui anime encore des gammes modernes en constante évolution.

Bastien Georges

Wrangler Unlimited


Qui porte mieux les gènes de la Willys que la Wrangler ? Née en 1997, dans la foulée de la CJ-7, la Wrangler a été profondément modifiée en ce début 2011. Jamais une Jeep de cette catégorie n'a été aussi bien équipée dans l'esprit de la Rubicon, proposée dès 2003 avec blocage de différentiel et boîte courte. Autant d'agréments que retrouvent aujourd'hui les amateurs de terrains difficiles puissamment aidés par la dernière version du 2,8 litres CRD diesel (200 ch) également monté sur la version Unlimited à empattement plus large et volumes plus généreux. De quoi aborder aussi l'autoroute sans crainte, l'insonorisation ayant été elle-même renforcée. Jeep a d'ailleurs tout changé le mobilier, avec un tableau et une planche de bord aux formes arrondies et un équipement de premier rang.

ABS, ESP, Stop/Start en boîte manuelle, climatisation, toit ouvrant, il ne lui manque rien des atouts d'une voiture moderne. La descendance de la Willys a grandi (4,75 m en 4 portes), grossi pour un premier prix à 28 200 €, mais elle ne rechigne jamais à grimper vers de nouvelles conquêtes.

Gros moteur petite boîte


A l'origine, la Jeep était propulsée par le moteur L134 fabriqué par Willys et surnommé Go-Devil, le nom que porte aujourd'hui une firme de Louisiane spécialisée dans les moteurs d'engins aquatiques divers.
Quatre cylindres à essence (2 199 cm3), le L 134 d'origine développe 60 chevaux (45 kW) à 3 000 tours/minute. Il est accouplé à une boîte à trois vitesses et réducteurs. Le conducteur dispose ainsi de trois leviers, le 4X4 étant à enclenchement manuel. D'une longueur de 3,37 mètres sur ses ressorts à lames, la Willys mesure 1,57 m de large et 1,93 m de haut avec la capote.

Une longue descendance


Née Willys MA, la Jeep est devenue CJ-2A  (1945-49) dans une définition grand public avec le même 4 cylindres mais un essieu avant flottant. Puis on vit apparaître la Jeepster (48-51) avec des panneaux latéraux en guise de protection. Un 6 cylindres pouvait aussi animer ce 4X2. Suivirent les CJ 3A (49-53), 3B (53-68), puis la 5 (55-83), la 6 (56-75) et il fallut attendre 1976 pour connaître la 7 (76-86). La 8 Scrambler fut la dernière (81-85) de cette série CJ.

La Wrangler, dès 1987, a pris le relais pour porter jusqu'à nous l'esprit originel de Jeep. Mais l'histoire s'est enrichie de nombreux autres véhicules et notamment la tribu des Cherokee, petits et grands. Le XJ est apparu en 1984 pour laisser la place à d'autres générations au début du siècle.  Le Grand Cherokee (1993) faisait entrer la marque dans le cercle des grands 4X4 luxueux. Sa dernière version vient de prendre la route. Avec les Commander (2006), les Compass et Patriot (2007), l'aventure commencée il y a 70 ans ne cesse de se perpétuer.   
 

Le bal des prétendants


Mythique, la marque peut également s'enorgueillir d'avoir survécu à bien des tourmentes. Née sous Willys Overland Motors en 140, elle poursuit son chemin (53-62) sous le sigle W Motors avant de passer aux mains de Kaiser Jeep Corporation (62-70) pour s'imposer plus simplement en Jeep entre 1970 et 1987 mais avec une réalité moins simple puisque la marque est tombée dans le giron d' American Motors Corporation.

Plus encore, dès 1980, c'est Renault qui prend le contrôle d'AMC. Une grande époque pour le constructeur français qui glisse ses moteurs diesel sous le capot des américaines. Le Cherokee devient ainsi un grand classique des véhicules de dépannage du Losange.

En 1987, Renault renonce et Chrysler prend le relais pour mieux céder aux charmes de l'allemand Daimler en 1998 qui abandonne la partie en 2007. Mais Jeep sait préserver ses particularismes. Il maintient toujours le cap, renforcé dans son identité par Fiat, entré au capital de l'Américain en 2009.
 

Commentaires 

 
#5 le-credit-auto.com 2013-02-12 09:52 Un véhicule mythique, que je revois à chaque fois avec nostalgie dans les films de guerre Citer
 
 
#4 Narin 2011-10-11 21:31 L'article est aussi très instructif.merci. Citer
 
 
#3 Narin 2011-10-11 21:29 Ah oui,le temps n'a rien pu faire devant la Jeep,c'est fantastique ce qu'elles ont vecu. Citer
 
 
#2 Ralph Rami 2011-10-07 23:49 L'une de mes marques favorites!
merci pour l'article.
Citer
 
 
#1 Casi G 2011-08-28 18:40 C'est sure ils ont fait du chemin depuis … Citer
 

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