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CONSTRUCTEURS - L'HISTOIRE
Jeudi, 10 Décembre 2015 15:20

Quatre anneaux célèbres dans le monde entier, cela méritait bien un beau livre. Cinquante-sept modèles pour tenter de définir une épopée qui court avec succès depuis plus de 100 ans.

 

Audi-histoireLa préhistoire d'Audi résumée en une image regroupant une Horch 830 BL de 1938, une DKW3 de 1953, une NSU Prinz de 1959, une Wanderer W25K de 1937 et une Audi 225 de 1936.


Telle est sans doute l'une des plus belles histoires de l'automobile mondiale, l'une des fortes en tout cas avec ses assemblages hors du commun, ses véhicules d'exception derrière lesquels se profilent des hommes exceptionnels. Audi est de celles-là, une légende pour reprendre le titre de cet imposant ouvrage qui nous dit tout. Presque tout. « Audi la légende » (Éditions Atlas) nous transporte en effet des origines de la marque allemande jusqu'à ces dernières années, un parcours étonnant puisque jalonné de 57 véhicules élevés au rang d'icônes par Matthias Kalusa, l'auteur de cette somme brillamment illustrée.

 

Audo-Wanderer-ImperatorA gauche : Wanderer W25 K de 1936 dans lequel un compresseur permet aux 6 cylindres de rendre 85 chevaux. A droite : Audi de 1929, l'un des très rares exemplaires du modèle Imperator doté d'un moteur à 8 cylindres.


Au total, 430 photos et 230 documents d'archives pour mieux nous faire comprendre ce parcours industriel exceptionnel chevauchant les frontières, de l'Est et de l'Ouest, rebondissant de guerre en guerre, triomphant, du circuit de l'Avus à celui du Mans en passant par le championnat du monde des rallyes. Quel périple ! Autant de modèles qui, à presque tous les coups, ont su allier la technique au style. Bois, chromes et cuivre hier, cuir, carbone, aluminium et céramique aujourd'hui, l'histoire d'Audi ne manque de rien.

 

Auto-Union-Type-CAuto Union Type C de 1936 emblématique du passé sportif d'Audi. Bernd Rosemayer en maîtrisait avec talent les 520 chevaux du moteur 16 cylindres.


Auto Union

Les histoires d'Audi devrions-nous écrire. Il suffit de regarder les quatre anneaux, emblèmes de la marque, pour renouer ce grand fil de l'histoire. Tout avait commencé à Zwickau, en Saxe, où un certain August Horch s'est mis en tête, dès 1904, de fabriquer son automobile. Cinq ans plus tard, il double la mise en créant Audi, transposition latine de son nom propre (horch = écoute). Daimler et Benz montent déjà en puissance, tout comme Wanderer créée dès 1896, à Chemnitz, à deux pas de Zwickau. Dès 1913, les trois marques font cause commune, rejointes par DKW (Dampf Kraft Wagen = voiture à vapeur) pour engendrer une très symbolique Auto Union (1932), fruit de la guerre et de la grande crise économique de 1929.

 

DKW-Romy-Schneider2L'actrice Romy Schneider sous le charme de ce cabriolet DKW F93 de 1957. Le moteur à trois cylindres avait le vent en poupe avec 38 chevaux pour 900 cm3.Les quatre anneaux sont désormais unis pour le meilleur et pour le pire. Le pire est déjà là malgré les 6 cylindres brillants, malgré les flèches d'argent ; le meilleur reste à venir. Il faudra attendre 1949 pour que brillent à nouveaux les anneaux chromés. Dans une Allemagne coupée en deux, le site d'Ingolstadt, en Bavière, s'impose en berceau d'une renaissance compliquée. Dix ans plus tard, Daimler-Benz prendra Auto Union sous son aile. Jusqu'en 1965 lorsque l'option Volkswagen (1965) s'impose à l'économie allemande. Le nom d'Audi prend alors le meilleur pour ouvrir, enfin, le grand livre de l'histoire moderne.

 

NSU-RO80NSU chantre du moteur à piston rotatif monté d'abord sur un cabriolet puis sur cette RO80, voiture de l'année 1967, inspiratrice des Audi modernes.


Le système Quattro

Cette fois, le mouvement s'accélère, les contours d'un grand groupe se précisent. Auréolé d'un patrimoine sportif et de références techniques, le constructeur de Neckarsulm, NSU, rejoint Ingolstadt (1969). Il y abandonnera le moteur à piston rotatif Wankel mais les lignes de sa R0 80 inspireront les créateurs des Audi 100 et suivantes. Audi semble ainsi imposer son rythme à l'ensemble du groupe Volkswagen.  

 

Audi-PikespeakL'Audi Quattro coupé a dominé le monde du rallye dans les années 80. Ici en version raccourcie pour s'imposer au célèbre Pikes Peak américain, en 1987, Walter Röhrl au volant.

 

Le style mais aussi la technique. Le Quattro par exemple, traduction d'une transmission intégrale qui va rafler la mise sur les grands rallyes mondiaux. Walter Röhrl y a excellé mais on se souviendra aussi qu'une femme, une Française qui plus est, Michèle Mouton, a tenu la dragée haute aux champions du moment. Sans oublier sa coéquipière, Fabrizia Pons. Le système Quattro a essaimé sur la voiture de Monsieur Tout Le Monde, de nombreux constructeurs ayant imité Audi. Le diesel aussi, porté au plus haut niveau jusqu'à vaincre aux célèbres 24 Heures du Mans. Engagé depuis 2000 dans cette épreuve mythique, en R8, R10, R15, en essence, TDI ou formule hybride e-tron, Audi ne s'est incliné que deux fois, en 2009, face à la Peugeot 908 HDi et en 2015, derrière Porsche, nouveau (re) venu. Car tout le monde sait que la Bentley victorieuse en 2003, tenait d'Audi toute sa capacité à bien faire. Tout comme les Lamborghini modernes, autre marque ayant rejoint le groupe, qui partagent les mêmes dessous que les R8 Coupé, véhicules sport de série.

 

Audi-TT2015Coupé ou roadster, le TT d'Audi s'impose en réplique moderne d'un certain NSU TT, redoutable machine des rallyes des années 60.

 

Un certain Ferdinand Piëch

Ainsi, au fil des ans, le groupe Volkswagen puise-t-il sa vitalité au plus fort d'une veine qui a pris corps il y a plus d'un siècle. Les images que nous vous proposons ici, toutes puisées dans la banque de données de la marque, évoquent autrement quelques unes des icônes exposées dans ce beau livre. Un seul détail, oh combien important, manque à l'appel, un nom, Ferdinand Piëch. Certes Matthias Kaluza a d'abord souhaité nous montrer surtout des machines mais sans Piëch, Audi ne serait sans doute pas la marque qu'elle est devenue aujourd'hui. Ingénieur brillant, ce petit-fils de Ferdinand Porsche, après avoir participé au développement de la 911, une autre icône, intègre Audi au début des années 70. C'est bal à Ingolstadt ! Le Quattro, c'est Piëch. La compétition, c'est encore Piëch. La diversification, c'est toujours Piëch. Patron d'Audi, zélateur du «Vorsprung durch Technik» (l'avance par la technique), il appliquera les mêmes principes en prenant la tête du groupe Volkswagen. Bentley, Bugatti, Lamborghini... c'est encore et toujours Piëch. August Horch ne l'aurait sans doute pas désavoué mais c'est une révolution de palais qui a scellé son destin, en avril 2015. Son successeur, Martin Winterkorn (68 ans) de dix ans son cadet, n'a pas profité longtemps de sa revanche sur son mentor. Il a dû lui aussi démissionner en septembre dernier, terrassé par un virus informatique, logiciel truqueur érigé en vérité d'entreprise. Mais ceci est une autre histoire.


Bernard Méaux


« Audi la légende » Édition Audi Tradition, Éditions Atlas.
Photos Audi AG

 

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